Shaârghot, l'interview !


« Les Shadows commencent à sortir de terre pour foutre le bordel dans la cité ruche »

Un an après la sortie du EP « Break Your Body », Shaârghot dévoile « Vol.2 : The Advent Of Shadow » leur deuxième album. Nous avons rencontré Bruno (Guitares) et Etienne (Chant) au Hard Rock Café de Paris. Micro !


Shaârghot

Genre : Electro Metal / Indus

Ville d’origine : Paris

Album : Vol.2 : The Advent Of Shadow

Sortie : 08 février 2019

Label : Planète Nomade

 

Tracklist :

1. Miss Me

2. Black Wave

3. Now Die !

4. Wake Up

5. Bang Bang

6. Doom’s Day

7. Into The Deep

8. Break Your Body

9. Regrets

10. Z//B

11. K.M.B.

12. Kill Your God

13. Rage

14. Shadows

 

Membres :

Etienne : chant

Bruno : guitares

Clem : basse

Olivier : batterie    


Clip : Z/B

Avant d’aller plus loin, je précise que nous avions déjà rencontré Bruno pour la sortie du EP. Suite à une petite blague de ma part sur le fait que je suis content d’avoir quelqu’un d’autre, il se mets à bouder et m’annonce que pour la peine, il ne parlera pas avant le milieu de l’interview. Le bougre a tenu, mais ensuite…

 

Il y a un peu plus d’un an, je rencontrais Bruno pour la sortie de l’EP « Break Your Body », aujourd’hui c’est la sortie de l’album, c’est un an de travail ?

Etienne : Deux ans et demi de travail ! A la sortie du volume un, je commençais déjà à réfléchir à la composition du deuxième album, et les choses se sont très vite enchaînées.

 

Vu la richesse des arrangements, des sons, cela doit être un travail titanesque ?

Etienne : Oh que oui ! La grosse différence entre les deux albums, c’est que nous n’avions pas accès au même type de matériel, donc pour celui-ci, nous avons vraiment pu nous éclater et faire de la recherche sonore. Sur le premier album nous étions vraiment limité dans nos banques de sons, ici nous avons pu explorer de nouveaux horizons et pousser le délire un peu plus loin.

 

Et arriver vraiment à ce que vous vouliez…

Etienne : Oui, nous avons vraiment touché quelque chose que je juge personnellement beaucoup plus abouti par rapport au premier.  Le premier volume est un peu plus brut.

 

C’est toujours Godfather aux commandes ?

Etienne : Effectivement, c’est toujours lui qui mixe.

 

Il a toujours carte blanche ?

Etienne : (rire sournois) Oui, enfin ça se négocie en coulisse…

 

Certains titres font étrangement écho à l’actualité (gilets jaunes), ça t’inspire quoi ?

Etienne : (re-rire sournois) Je n’y suis strictement pour rien. L’histoire était déjà écrite depuis longtemps.

Bruno : tu n’es pour rien dans la coïncidence ou dans l’actualité ? (Rires)

Etienne : Alors je n’y suis pour rien dans l’actualité non plus ! (Rires)

Bruno : Fais gaffe à ce que tu dis, cela peu être très mal interprété, c’est la presse !

 

Ah mais je n’interprète rien, je retranscris, c’est tout !

Etienne : Non, je n’y suis foutrement pour rien, l’histoire était écrite depuis déjà un bail, et il se trouve que les évènements actuels s’inscrivent complètement dans le climat de guérilla urbaine qui se dégage de l’album.

 

Comment tu réagis face à cette coïncidence, c’est prémonitoire ?

Etienne : J’espère bien que non, sinon je jouerais au loto !

 

D’où t’es venue l’inspiration pour écrire cette histoire ?

Etienne : De très nombreuses choses absorbées lorsque j’étais plus jeune, que ce soit des comics, des films, des jeux vidéo, certains romans ou encore des dessins animés. Tout ça ingurgité lorsque j’étais môme et que j’ai « recraché » après les avoir correctement digéré pour obtenir une chose plus personnelle. L’idée n’était pas de refaire ce qui existe déjà, je voulais recréer un univers de A à Z.

 

Il y a tout de même un peu de vécu ?

Etienne : Dans toute création il y a une part du créateur, c’est indéniable. Maintenant je n’essaye pas de faire passer grand-chose de personnel non plus, j’essaye surtout de parler du personnage de Shaârghot à travers les albums. C’est lui qui s’exprime, c’est son état d’esprit, c’est lui qui a des choses à raconter, moi au final je suis un peu secondaire. C’est lui qui a le monopole de la parole, et nous ne somme pas toujours d’accord lui et moi !

 

Tu arrives à t’en sortir entre les deux ?

Etienne : Oh ! Plutôt bien. Enfin c’est ce que me dit mon psy !

 

Revenons à l’album, on y retrouve quatre des cinq titres du EP, pour quoi avoir écarter « Bucolikiller » ?

Etienne : C’était une bonus track. Un trip avec un ami qui voulait absolument faire un remix. Il nous avait fait écouter le morceau nous l’avions trouvé cool. Donc nous nous sommes dit « on ne va rien garder à part la voix, et on va recomposer entièrement le morceau ». C’était un petit défi entre nous et nous avons décidé de le garder comme petite sucrerie en plus pour le EP.

 

J’adore ce titre, il y a un côté glauque avec des ambiance qui font penser à « The Download Spiral » de Nine Inch Nail…

Etienne : Amusant ! Je vois ce que tu veux dire. Pour ne rien te cacher, « Bucolikiller » était aussi une petite démonstration de ce que nous pouvons faire d’autre. En gros, vous venez de prendre du bon gros Shaârghot classique dans la tronche, mais on peut aussi faire ça… ça laisse aussi la porte ouverte à d’autres pistes à explorer dans ce style pour d’autres albums… À la base, nous nous somme orienté sur ce genre d’ambiance car la voix de Loki (du groupe Tricksterland) se prêtait particulièrement bien à ce type d’univers. Ce mec à une voix de dingue ! J’étais parti sur un truc mélangeant du Igorr, de l’Indus Noise et du Black Metal. On met tout ça dans un shaker, on rajoute la voix de Lokki, et on voit ce que cela donne ! Sans oublier le clavecin au début.

 

Les quatre autres titres on été ré-enregistrés ou ils sont tels quels ?

Etienne : Non, ils sont juste remasterisés. Le mix reste le même. Nous les avons juste équilibrés pour avoir une cohérence avec le reste de l’album.

 

Bruno fait toujours la moue

Etienne : (Rires) Il va arrêter de bouder, c’est bon !

 

Vous avez trainé au Hellfest l’année dernière, c’était un gros coup de promo ?

Valentin : Complètement !

Bruno : Donc là, nous sommes à peu prés au milieu de l’interview ?

 

Oui je pense…

Bruno : D’accord, donc je vais juste parler au milieu de l’interview, et ensuite je me tais jusqu’à la fin. Donc oui, nous étions en pleine promo.

Etienne : Non mais il boude vraiment !

Bruno : Non, je respecte le choix de la presse, et je me plie ! (Rires).

 

C’est dingue ça, tu fais une petite blague et les gens prennent la mouche !

Bruno (se levant et faisant mine de partir) : Non, je ne prends pas la mouche !

Vince (hilare) : Bon allez, réponds à la question, c’est ton quart d’heure de gloire !

Bruno : Donc oui, nous étions en promo, avec plein d’interview. Et au final, nous nous sommes retrouvé à faire les festivaliers, mais en tenue de scène. On ne s’attendait pas à avoir autant de retours positifs, nous en avons donc rajouté un peu. Et sans le vouloir, nous avons été un peu l’attraction de cette édition. Au final, cela a surpris la production elle-même, et l’effet escompté est arrivé puisque nous y avons joué cette année en ouverture de la scène Temple. Mais ce n’est pas uniquement pour nos tenues, ils ont découvert un groupe Français en pleine ascendance, et c’est ce qu’ils recherchaient. Ajoute à cela le fait d’apprendre l’année dernière au Hellfest que nous faisions la première partie de Ministry à l’Elysée Montmartre, tout cela mis bout à bout, à créé une dynamique, et on se retrouve sur la Temple cette année. Et c’est très bien.

Etienne : Le truc drôle, c’est que certaines personnes nous on pris pour des cosplay de Shaârghot ! Certaines sont venues me voir en me disant « Pas mal vos déguisements de Shaârghot ! » (Rires)

 

Bref, c’est un bon concours de circonstances ?

Bruno : Oui, cela c’est fait tout naturellement. Aurait-on été sur scène cette année sans avoir été présent ? Je pense que oui, ils recherchaient un groupe comme nous, et nous avions déjà des contacts, on sentait bien qu’il se passait quelque chose. Nous avons fait notre job l’année dernière, et la bonne nouvelle est tombée en octobre. Mais il est sûr que le fait de se montrer a joué.

 

Pas trop de pression de jouer au Hellfest ?

Bruno : pas trop non, nous commençons à être bien rôdé, on fait notre job sur scène. Pour nous c’est un plaisir de jouer au Hellfest. La seule pression que l’on puisse avoir, c’est avoir notre nom sur le planning du Hellfest, mais nous sommes super content.

Etienne : Ça fait quelque chose ! Maintenant qu’il y ait cent ou cinq mille personnes, le job on le fera de la même manière.

 

Cela fait tout de même une belle carte de visite d’être programmé au Hellfest ?

Etienne : Ce n’est pas une fin en soit, mais c’est un passage, le début de quelque chose. Un groupe passé au Hellfest il y a 10 ans et un groupe qui y passe maintenant, ce n’est déjà plus la même chose.

Bruno : C’est vrai, de nos jours c’est de plus en plus difficile en tant qu’indépendant de pouvoir se placer sur une scène du Hellfest. Donc c’est vraiment notre travaille qui a été prit en compte, et je pense que c’est vraiment un coup de cœur de la production, et pour nous c’est encore plus important.

 

Mais qui a eu ce coup de cœur, c’est Ben Barbaut ?

Bruno : On ne sait pas. La production a prit contact avec notre tourneur, et ils se sont débrouillés entre eux. Pour la date du Hellfest Cult, là c’est clairement le l’organisation du Cult qui souhaitait avoir Shaârghot pour la soirée VIP. Donc nous, on prend et on savoure. Il y a énormément de travail de notre part, et derrière on a du résultat.

 

Depuis la sortie du EP il y a un an, vous avez pas mal tourné, l’armée des Shadow s’agrandie ?

Etienne : Clairement ! D’où le titre de l’album ! Effectivement, les Shadow commencent à sortir de terre pour foutre le bordel dans la cité ruche, d’où le climat de guerre civile dont nous parlions tout à l’heure. Nous allons pouvoir commencer à développer tout ça en vidéo histoire de rendre les choses un peu plus évidentes.

 

Il y a un an Bruno, tu me disais qu’aux concerts les gens ne venaient pas forcément pour vous, la tendance s’inverse ?

Bruno : Oui ! Cette armée des Shadows s’agrandie aussi. À l’Élysée Montmartre, cela à été flagrant, nous avons commencé à voir des gens avec des T-shirt Shaârghot. Avant c’était plutôt rare.

Etienne : Là où ça fait plaisir, c’est lorsque je vais à un concert qui n’a rien à voir, et que je croise un T-shirt Shaârghot.

 

Vous avez toujours le même contact avec le public ?

Bruno : Oui, de plus en plus même.

Etienne : Certains commencent même à venir peint en noir !

 

Le dernier truc drôle ou pas qui vous est arrivé sur scène ?

Vince (à Bruno) : Ne me regarde pas comme ça toi ! Tu n’as rien à raconter ? Sinon je vais parler des Pays-Bas.

Bruno : Ah ! Oui ! Non, moi je vais parler de la Suisse.

Vince (mort de rire) : Vas y, parle de la Suisse !

 

A l’étranger aussi la mayonnaise prend bien ?

Bruno : Oui, nous avons joué en Allemagne, aux Pays-Bas, en Suisse, en Belgique… Pour en revenir à l’anecdote en Suisse, on jouait à l’Usine, tout se passait bien l’après-midi, et le soir au moment de jouer, on fait un test sur mon HF ça marche, et au moment de jouer, ça ne marche plus. J’ai toujours un câble par sécurité, donc je me branche, mais à chaque fois quelqu’un marchait dessus, je le remettais et ainsi de suite. Sauf qu’à un moment, le câble se décroche de nouveau, et là, je ne sais pas où il va. Je me mets à le chercher, et à ce moment, dans le public, une fille me fait des signes, je regarde et je vois le câble tombé entre ses seins !

 

Une question bête pour toi Etienne, tu le met comment le chapeau melon maintenant (il arbore une superbe crête) ?

Etienne : Je n’ai pas toujours la crête !

 

Le petit mot de la fin ?

Bruno : Alors c’est bateau, mais on remercie notre public. Il est de plus en plus présent.

Etienne : Il nous fait confiance.

Brunon : Il a très bien compris que nous offrions un show de qualité. Nous essayons d’aller le plus loin possible. On le sollicite souvent pour nos clips et il nous le rend bien. Et nous espérons qu’avec les clips que nous produisons, il y a une certaine qualité qui en ressort. Donc nous voudrions les remercier car c’est grâce à eux que tout est possible.