Énergie et spiritualité

Interview Stof


Interview à l'international (Paris)


22 et 23 ans, c'est l’âge

des p’tits gars de

Dätcha Mandala.

Gamins, ils ont ingurgité

toute la musique des années 70, et maintenant que

la digestion est terminée, Nicolas (basse) JB (batterie) et Jérémy nous servent un rock psychédélique aux accents Sabbathiens et Zeppeliniens… Rencontre avec le trio

bordelais lors de leur passage

à Paris à l’International.


Photos Concert © Ugo - ici


Line-up :

Nicolas Sauvey :

Lead Vocal/Bass/Harmonica

Jérémy Saigne : Lead Guitar

 Jb Mallet : Drums


01- Eht Bup
02- Totem
03-  Human Free
04-  Salamander Jive


EN ÉCOUTE SUR DEEZER


Site Dätcha Mandala




Photos : Hugues Chantepie (Ugo) - (Tout droit réservé - copie interdite)


Racontez-nous un peu comment tout a commencé…
JB : Lors d'une banale journée de collège en mars 2005, j’ai rencontré Nicolas qui chantait « Smoke on the water » (Deep Purple) avec un autre gars dans l’école. Autant te dire, au collège personne ne connaissait

cette chanson ! On se met donc à discuter de musique, je lui annonce «  Je suis batteur, et l’envie de monter un groupe me tente depuis un moment ». Je lui ai proposé de venir répéter à la maison le samedi suivant

et depuis nous ne nous sommes plus quittés. Le premier groupe a splitté en arrivant au lycée et nous avons alors poursuivi à trois avec l’ancien bassiste. On a rencontré Jérémy par l’intermédiaire d’un ami commun.

Il est venu à une répète, se met à jouer du métal – à l’époque on en écoutait beaucoup – et ça a tout de suite collé. Puis le bassiste est parti, Nicolas est passé de la guitare à la basse et en septembre 2009 nous sommes devenus les Dätcha Mandala .

Et c’est quoi la démarche de Dätcha Mandala , l’esprit de votre musique ?
Jérémy : Faire du rock’n’roll !!! Sincèrement, faire la musique qu’on aime sans prendre de posture particulière.
JB : Si une idée nous plait, on y va à fond, autrement on laisse tomber.

Janis Joplin et les Beatles dans un medley sur l’EP, Black Sabbath en live, les influences sont plutôt variées même si elles datent en gros de la même époque. C’est quoi le lien avec vous ?
Nicolas : Comme on le dit, l’important c’est de se faire plaisir, ne surtout pas se mettre de barrières

de styles, aussi bien se permettre de faire des reprises de l'époque que de composer nos propres morceaux.
JB : Jérémy et moi avons des parents musiciens avec cette culture musicale, on baigne dedans depuis

qu’on a 7 ou 8 ans et naturellement cela rejaillit sur notre musique.
Nicolas : Ma mère écoutait William Sheller et Polnareff. Mon père c’était plus la radio, à mes 12 ans

j’ai découvert que c’était un grand fan de Santana, Ten Years After, Zappa, et il m’a même refilé ses vinyles.

Par la suite, un pote m’a fait écouter l’album « IV » de Led Zeppelin, j’ai eu le déclic et j’ai su à ce moment-là que je voulais faire de la musique.

D’où vient le nom du groupe ?
Jérémy : C’est un nom que j’ai trouvé au lycée un jour où l'on se faisait chier ! En histoire, on a étudié

le mot « dätcha », les maisons russes de l’ère soviétique, et « mandala », ces dessins bouddhistes servant

à la méditation. L’idée d’associer les deux mots m’a paru symbolique, un peu à l’image du Yin et du Yang,

une sorte d’équilibre. Et surtout je trouvais que le nom sonnait plutôt bien !

Nico, c’est toi qui écrit 95 % des chansons, as-tu un thème récurrent dans tes textes ?
Nico : Beaucoup de spiritualité. Comme le nom du groupe l’indique, c’est la recherche de l’équilibre

entre la spiritualité et le côté matériel. J'y intègre des extraits de textes de Rimbaud, c’est un auteur que

nous apprécions beaucoup avec Jérémy, et bien sûr les meufs, pardon, l’Amour sur les morceaux plus rock’n’roll basiques.

Pourquoi avoir choisi l’anglais ?
Nico : C’est la langue du rock ! Le rock vient des Etats-Unis, du blues, des champs de coton, ou de l’Angleterre, mais pas de la France. On avait des morceaux en français, mais ça ne nous correspondait pas, ça ne sonnait pas bien. Et puis c’est beaucoup plus dur d’écrire de jolis textes en français sur du rock.

Vous arrivez à vivre de votre musique ?
JB : Si nous étions en Chine avec le SMIC à 200 euros, on pourrait en vivre !
Nico : Si nous avions un label, les concerts nous permettraient de vivre, mais comme ce n’est pas le cas,

on ne se paye pas dessus. On a une caisse commune qui nous permet de payer les voyages, le matos,

le studio, presser les CD, les tee-shirts, et bien sûr les gens qui nous accompagnent. Jérémy et moi donnons des cours de musique, ça nous permet de vivre.
JB : Il faut dire que Jérémy et moi vivons encore chez nos parents. Ils nous soutiennent à fond, sans eux,

rien ne serait possible, comme partir deux semaines sans se soucier de rien d’autre que la musique.
Jérémy : Même pour les répètes ! Mon père joue également dans un groupe, il s’est fait construire un local

à la maison et on peut s'y rendre quand on le souhaite, gratuitement. Et ça c’est vraiment appréciable.

Les nouvelles technologies, c’est important pour vous ?
JB : Oui et non, le site on essaye de le mettre à jour, de répondre aux mails, d’interagir avec Facebook et Instagram, mais on est loin d’être des geeks ! Mais le site était en rade depuis deux semaines car on n’avait pas payé l’hébergeur ! On sait que les réseaux sociaux sont importants, mais ça nous gonfle un peu !
Jérémy : On balance quand même tous les dates de concerts et quelques photos. On essaye d’être régulier

en faisant le minimum.
Nico : C’est vrai que de nos jours, pour se faire connaître les groupes doivent aussi passer par là,

mais on préfère jouer partout au maximum, dans le moindre petit bar. C’est l’école Chinois !

C’est qui Chinois ?
Nico : Jean-Marc André, alias « Chinois », notre ingé son. C’est une éminence du rock en France, il a bossé avec Noir Désir, la Mano Negra, les Négresses Vertes, les Garçons Bouchers, Royal De luxe, Pigalle, Los Carayos, les Hot Pants, même avec Iggy Pop, Slash et Madonna ! Pour la petite histoire, il a appris l’anglais avec le premier batteur de Motörhead !

Mais comment avez-vous réussi à rencontrer un mec comme ça ?
JB : C’est grâce à la maman de Nico, elle bossait à la télé et une de ses amies était journaliste dans la musique. Malheureusement, elle est décédée il y a cinq ans, et une soirée hommage a été organisée dans un club

à Bordeaux. Comme c’était la marraine de Nico, nous avons joué ce soir-là. Chinois s’occupait du son, et lorsqu'il nous a vus, il a pensé à Black Sabbath. On a discuté un peu et il a décidé de nous suivre. Depuis cinq ans, si nous en sommes là c’est grâce à lui, il a su canaliser toutes nos idées, nos énergies. Il nous engueule lorsque ça ne va pas et du coup ça nous pousse à travailler davantage.

Et Dre Gipson (ex-clavier de Fishbone) ?
Jérémy : Il nous a apporté une autre façon de voir la musique, le fait qu’il soit américain, son expérience

avec Fishbone, sa rigueur dans le boulot.
Nico : Le fait de travailler d’autres musiques avec lui, son reggae-fusion-funk que l'on n’aurait jamais joué

sans lui. Il nous a aussi emmenés jouer en Espagne et puis surtout a permis ce concert mémorable avec Angelo Moore (chanteur de Fishbone) ! Et ça, c’était dingue !!!

Au travers de vos concerts, comment percevez-vous le rock pour le public ?
JB : Je ne sais pas vraiment si c’est la musique, souvent les gens nous disent « Moi je n’écoute pas du tout

de rock, mais j’aime bien la manière dont vous l’amenez ». Je pense que c’est plus une question d’énergie. Quand on va voir un concert de transe, on kiffe l’énergie pour danser, quand c’est un truc funk, tu aimes

son groove. Au final, est-ce que la musique ne serait pas uniquement une question d’énergie ?

Et Bordeaux, c’est rock ?
JB : Grave !!! Il se passe plein de choses avec l’association « Allez les filles », le festival « Relâche » qui est gratuit et passe de super groupes comme The Dictators, The Bellrays et rassemble des dizaines de milliers

de personnes. Le problème c’est que personne n’en parle, un peu comme partout en France.

Un souvenir de concert ?
JB : Le show au Bootleg à Bordeaux pour la sortie de l’EP. Tu regardes par la vitre et tu vois 300 personnes

qui font la queue pour venir te voir en concert ! Ça fait une drôle de sensation.

La question technique : tu utilises quoi comme matos Jérémy ?
Jérémy : J’ai une tête Orange Dual Terror sur un  baffle Sélection Vintage, une Gibson Les Paul Standard,

une Firebird et ma première guitare qui est une Epiphone Les Paul. Pour les effets, j’ai une Cry Baby,

un Delay DD7 avec lequel je m’amuse à faire des sons un peu bizarres, un tuner et un boost.

Pour l’enregistrement de l’EP, j’avais aussi un Vox AC 30 couplé au mien.

Et au niveau de l’accordage ?
Jérémy : Accordage standard la plupart du temps, accord drop D sur deux ou trois morceaux, et deux morceaux en accordage DADGAD (accordage irlandais à sonorité orientale).

Quel est l’avenir des Dätcha Mandala  ?
Jérémy : Long et loin, comme ma b…. (rires)
Nico : Là où ça nous emmènera, mais quoi qu’il arrive on fera toujours de la musique.
Jérémy : Le plus loin possible tant qu’on s’éclate ! Et puis allez ! Je te lâche un petit scoop, un album

est en préparation avec de nouvelles compos, plus quelques anciens morceaux jamais enregistrés…