Life Goes on !


Interview Hugues Chantepie (Ugo)


Avec un heavy rock blues martelé avec dextérité et folie, IN VOLT nous replonge dans
la nostalgie. Les deux pieds bien ancrés dans le présent,
le voyage est tout tracé et
la connexion affole nos souvenirs. Avec ces vapeurs de bière, de whisky et de bourbon, le combo d'Ile-de-France nous enivre les méninges et nous emmène aux portes de l'enfer. Jérôme Gauthier (guitare) relativise, la vie continue…


+  Jérôme Gauthier (In Volt)

Rubrique Bas les masques



Big Fire - Date : 2014

(Heavy/Blues/Rock) - Label : Naïve

In Volt envoie un rock'n'blues pur,

sans concessions, à l’énergie brute et aux influences 70’s.




Un peu d’histoire, comment s’est passée votre rencontre ?

Mon frère Enton et moi avons toujours été animés par la musique. Nous avions un groupe de reprises pendant quelques années, ensuite j’ai monté IN VOLT en trio en octobre 2007 et mon frère m’a rejoint

en mars 2010. C’est à ce moment-là que nous avons décidé d’enregistrer notre premier album, qui est sorti

en 2012.


Comment définissez-vous votre musique en quelques mots ?
Notre musique est une fusion de quelques styles musicaux, du blues, rock, rhythm and blues et hard rock… Je la qualifierais d'heavy rock blues et ça se maîtrise avec beaucoup de folie et du fun.

 

Quelle est votre méthode de travail ? Pouvez-vous nous décrire votre démarche de création,

comment ça se passe au sein du groupe ? Comment s’est passée la vie en studio lors

de l’enregistrement de « Big Fire » ?

Notre méthode de travail ? Une bière, un whisky et du bourbon (rire). Sérieusement, le studio c’était

très studieux. Travailler avec Paul Deslauriers a été un grand plaisir, une superbe expérience et je voulais impérativement quelqu’un qui soit derrière les manettes afin de n’avoir à m'occuper de rien, comme sur

le premier album. C’est beaucoup mieux d’avoir un regard extérieur à ta musique, sinon tout le monde

désire toujours refaire ceci ou cela, mais cette fois-ci les décisions ont été prises par Paul avec notre accord.

On a réalisé un gros travail personnel en amont et pendant les répétitions, ce qui nous a fait gagner énormément de temps en studio.

Enton et vous êtes frères de sang au sein du même groupe, comment gérez-vous vos rapports lors

des plages de création et d’enregistrement, est-ce une une vraie passion ou un vrai calvaire ?

Eh bien pour nous c’est cool, on travaille toutes les compositions à deux, avant de les proposer au reste

du groupe. Parfois ça gueule et c’est normal, mais en général on gère plutôt bien la situation !


Qu’est-ce qui vous a réellement rapproché de Paul Deslauriers, guitariste de renom ? Le rock

au Canada, ça fait vraiment partie de leur culture en comparaison avec la France ?

On nous a présenté Paul, il est venu à la maison pour nous voir répéter et écouter les titres du futur album,

ça l’a branché tout simplement. Par la suite, lui et moi nous nous sommes aperçus que nous écoutions

les mêmes disques et que nous avions beaucoup de guitaristes d’influence en commun. De plus, Paul est

un top musicien. Il pourrait être mon deuxième frère tant nos goûts musicaux sont proches. Pour ce qui est

de la musique rock au Canada, elle fait partie intégrante de leur culture musicale.


Parlez-nous un peu de votre album sorti en octobre 2014 et dites-nous quelle signification

il a pour vous ?

Pour nous, cette sortie d'album représente véritablement une grosse étape, nous avons passé un cap dans notre proposition musicale et dans notre visuel. On voulait vraiment affirmer notre style heavy rock blues.


Vos textes sont-ils réellement une représentation de vous-mêmes ?

Bien sûr, les textes racontent vraiment une part de nous-mêmes, de notre vécu personnel et de notre vision des choses. Des titres comme Black is my name parlent du cancer et de la mort, car nous avons perdu des amis proches ainsi que des membres de nos familles.


Pourquoi faire le choix de la langue anglaise pour vos textes en tant que groupe français ? Justement, la France et le rock, est-ce un problème ou pas ?
Le choix de la langue anglaise s’est fait naturellement, par contre nous avons quelques textes en français

en cours de réalisation. En ce qui concerne la diffusion du rock sur nos ondes c’est un véritable problème,

être programmé sur une radio nationale relève du parcours du combattant. Justement, il y a beaucoup

de bons groupes, mais hélas comme nous ils ne sont pas assez diffusés.

Est-ce que pour l'avenir, vous avez envie de varier un peu d'univers, de thèmes, de forme

d’expression ?
Pour le moment, on travaille de nouveaux morceaux pour notre troisième album, mais on laisse venir

les choses naturellement.

La musique vous paraît-elle un format adéquat pour véhiculer des idées, les transmettre et faire changer les choses ?
La musique, de tout temps a interpellé les gens et poussé au changement, nous n’avons pas la prétention

de véhiculer tel ou tel message, nous écrivons les textes avec notre cœur, qu’ils soient fun, tristes ou vraiment sérieux.

Enton Gauthier possède un vrai sens du spectacle sur scène, un look à faire pâlir les grandes stars

du rock du passé…

Exactement, Enton propose un véritable show, il vit pleinement ses chansons et elles prennent ainsi leur véritable sens sur scène.


Est-il possible de faire du rock sans être tourné vers le passé ?
C’est en écoutant la musique des autres que tu te forges ta propre musicalité.


Quel est votre point de vue sur le téléchargement illégal en tant qu’artiste, mais aussi en tant

que consommateur ? Et l’internet, justement, le piratage et la chute des ventes de disques,

qu’en pensez-vous ?
Pour ma part je suis un gros consommateur de musique, j’achète des vinyles et des CDs tous les mois

et j’adore ça, je voyage entre le rock, le métal, le jazz, le folk et la country… Internet c’est super, mais

le problème c'est que l'on est noyé dans la masse. Le piratage existera toujours, le plus important c’est

que les gens viennent voir les groupes sur scène.


Toujours pour parler du net, vous êtes présent sur Facebook : c'est important pour vous ce contact avec vos fans via les réseaux sociaux ?
C’est génial, car ça nous permet de communiquer facilement avec nos fans, c’est un outil indispensable

de nos jours.


Avec la chute de l'industrie du disque et le téléchargement illégal, pensez-vous qu'il est encore possible de vivre de sa musique ?
Je pense à vrai dire que ce n’est pas simple du tout de vivre correctement de sa musique actuellement.

Comme je le disais précédemment, c’est lié aussi au problème de diffusion et de visibilité sur les festivals nationaux qui ne programment que rarement des groupes en devenir.

Suivez-vous une remise en forme particulière avant un concert, une tournée ?

On essaie d’avoir une hygiène de vie correcte : whisky, bière, etc. (rire)

 

Quelles ont été les rencontres déterminantes sur votre parcours ?

Pour n’en citer qu’un, Frankie Pfeiffer, notre coproducteur et ami, un mec génial et passionné de musique.


Pouvez-vous nous parler des artistes qui vous ont influencés, en France comme à l'étranger ?

Il y a beaucoup de groupes ! Mais le premier pour moi c’est AC/DC, j’ai acheté mon premier vinyle à 10 ans, mais la liste serait trop longue !


La vie se résume plutôt à un tas de merde (c’est personnel). Quel conseil donneriez-vous aux personnes qui bataillent chaque jour physiquement, matériellement, moralement… ?
La vie est une bataille de tous les jours, mais je suis super heureux d’être en bonne santé, je viens de perdre un ami qui a combattu une tumeur au cerveau pendant dix ans et mon beau-frère est handicapé… Alors il faut relativiser, tout va bien. Il faut vivre pleinement sa vie chaque jour, car on ne sait pas du tout ce que demain nous réserve. « Life goes on » !

Finalement, plutôt le ciel ou l’enfer ? Ou joker ?
Le ciel.

Avez-vous des tatouages ? Et pouvez-vous nous parler de votre démarche face au fait de

se faire piquer ?

Moi je suis tatoué, c’est un art superbe. En revanche, Enton est complètement anti-tatou et piercing.

100% naturel.