Passeur de rêves !

Interview Hugues (Ugo) Chantepie


Interview au Dr Feelgood (Paris)


Julien Sournac, personnalité mystérieuse, loup solitaire

et chef de meute, nous projette dans un voyage au-delà

des étoiles. Il est temps

de tendre l’oreille au signal émis par Wolve. Il offre

« Sleepwalker » en pâture

au monde terrestre.

Dans son rôle de sentinelle, laissez-le vous guider à travers vos rêves et retrouvez toutes

vos harmonies animales.

Une nouvelle intelligence musicale dans l'évolution de notre humanité fait

son apparition. Le sleepwalker et son second Alex

acceptent de me recevoir

au Dr Feelgood afin de

me téléporter dans

leur univers. Une fort

belle expérience sonore.


Julien Sournac

Photo : © Ugo

Alexandre Aguilera

Photo : © Ugo

Photos Wolve

au Divan du Monde Rubrique Live


Membres :
Julien Sournac - vocal/guitar Alexandre Aguilera : guitar

Hugues Lemaire : bass

Simon Lemonnier : drums


"Cassiah"


Artiste : Wolve

Album : Sleepwalker

1. The Tall Trees
2. Cassiah
3. Ocean
4. Coundown
5. Colors Colapse
6. Sleepwalker

Écoute sur Bandcamp


Julien  : "Moi, c’est un peu comme Obélix, je suis tombé dans le chaudron lorsque j’étais petit !"


Wolve, se comporter comme un loup, ça représente quoi pour vous humainement et musicalement ?
Julien : Humainement c’est un néologisme traduisant parfaitement le propos et la personnalité vis-à-vis de

ce projet personnel. Musicalement, en live, il y a un esprit de meute de loups, à la fois un loup solitaire et

un chef de meute.

Pour le titre de l’album « Sleepwalker », tu as parlé d’un astronaute qui, après une mission en 1997 dans l’espace, s’est retrouvé à la dérive dans sa nacelle sans aucune possibilité de retour. Il aurait

été aperçu en 2011 dans le golfe de San Miguel et personne ne sait comment il en est revenu…
Julien : L’histoire de l’astronaute, c’était plus une blague !
Dans l’histoire de l’album, le sleepwalker est un personnage voyageant autour de trois thèmes distincts.

Il erre parmi trois tableaux intimement liés, le premier est un concept terrestre, tout se passe dans une forêt fictive nommée « Cassiah », le deuxième « Ocean » navigue dans le milieu aquatique et « Color colapse »,

une référence directe à « 2001 Odyssée de l’espace » de Stanley Kubrick, subit l’effondrement, la fin

des couleurs, le personnage part faire son voyage au-delà des étoiles et retrouve toutes ses harmonies.

« Sleepwalker », c'est le projet d’un seul homme ?
Julien : Oui, au début.

Comment sont venus se greffer les autres musiciens ?
Alex : Le dernier line-up s’est formé suite à de nombreuses petites anecdotes. Pour ma part, lorsque

j’ai intégré le projet, quinze jours auparavant, Julien m’a appelé pour me dire : « Dans deux semaines,

j’ai un concert, j’ai des morceaux, ils font onze minutes, ça te dit d’apprendre les compos et de jouer

en public ? » J’ai répondu : « Allez, ok je suis chaud ! » J’aimais bien l’esprit d’un défi. Ça l'a fait,

on a simplifié certaines parties pour être prêt dans les temps et de plus c’était la première date du groupe.

Vous étiez amis de longue date ?
Julien : Non, ça s’est fait naturellement, on a un très bon pote en commun et on s’était croisés plusieurs fois.

Alex, tu faisais déjà partie d’un groupe ?
Alex : Non, je faisais partie d’ateliers compos, c’était vraiment une nouvelle aventure, un challenge.

Et pour les autres membres du groupe ?
Julien : Le batteur du groupe n’est que le quatrième de la formation.
Alex : « Que » le quatrième ! (Rires)
Julien : On est passé par plusieurs batteurs, mais ça ne le faisait pas humainement. J’avais besoin de lier

une complicité avec les futurs musiciens, j’allais concrétiser mon projet. Ce week-end, on devait passer

48 heures ensemble pour préparer le concert du Divan du Monde et un festival Prog-résiste en Belgique, une entente humaine est indispensable. Pour Simon, il est venu à un de nos concerts, il avait déjà écouté l’album et de plus il jouait avec un autre groupe de la soirée. Il n’avait que 15 ans à l’époque, il m’a dit : « Je kiffe ton son », je le trouvais un peu jeune, mais ça ne se passait pas très bien avec notre ancien batteur. Je l’ai vu jouer,

je me suis dit « Ah ouaih, quand même », je lui ai envoyé un email, on avait des dates à venir un mois après, je lui ai dit : « On a ça à faire, est-ce que tu le sens » et il m’a répondu : « Carrément, j’attendais que tu me

le proposes » et les choses se sont faites comme cela.

Donc aujourd’hui, ça fonctionne bien ? Comme tu as dit « que ». (Rires)
Julien : Oui, aujourd’hui, ça fonctionne bien. Ce n’est pas évident de trouver des gens avec qui on a envie

de partager une telle aventure. Avec notre ancien bassiste, on jouait depuis deux ans avec lui, pour des raisons pas du tout dramatiques il a quitté le groupe, mais c’était seulement un choix de vie de sa part. On a donc

un nouveau bassiste depuis deux mois, Hugues Lemaire, casté par annonce Internet. On s’est contacté et

il m’a dit : « J’ai vraiment aimé les compos, je n’ai pas eu envie de les zapper lors de l’écoute, c’est plutôt un bon point et j’ai très envie de jouer votre musique. » Tout simplement.

Vos premiers contacts avec votre instrument, la guitare et le chant également pour toi Julien…
Julien : À 7 ans, mes parents m'ont acheté une classique pour Noël, j’ai dû gratter dessus quelques heures

et je l’ai mise au placard jusqu'à mes 14 ans. Je l’ai ressortie à une période où je faisais pas mal de skateboard, j’ai failli me casser un genou et je me suis remis à écouter beaucoup de musique. Je me suis dit : « Pourquoi pas plutôt la guitare que le skateboard ! »

Tu t’es lancé sur quel genre de morceaux ?
Julien : Du Nirvana, comme beaucoup de gens de mon âge, et puis je suit parti sur des choses un peu plus techniques.

Tu as suivi des cours ?
Julien : Oui, j’ai suivi des cours pendant un an, j’ai fait une école de musique vers mes 20 ans et j’ai commencé à composer. Mon truc, c’est vraiment l’écriture, la guitare c’est un outil, c’est l’instrument que je maîtrise

le mieux et ça reste seulement un vecteur afin de faire sortir mes envies, d’exprimer mes idées.

Et la voix, Julien ?
Julien : La voix, c’est accidentel, j’ai commencé à jouer dans un groupe à 15 ans, personne ne voulait s’y coller et j’ai dit : « Vas-y, moi je le fais ! », ce sont les débuts du chanteur.

Ça arrive souvent ce genre de situation ! (Rires)
Alex : Allez, on tire à la courte paille ! (Rires)

Et toi Alex, même punition !
Alex : À 5 ans, j’ai commencé la batterie, donc, à la base, j’étais batteur. Vers 7, 8 ans, mon père m’a acheté une toute petite guitare, j’ai d’abord appris « Johnny be good » de Chuck Berry et « Asturias » d’Isaac Albeniz. Une de mes sœurs avait un petit copain, un gros metalleux, il m’a initié à ce genre musical. J’ai commencé

à écouter du Iron Maiden, du Metallica, etc. Vers 14 ans, mon prof de musique en 4e arrive en cours avec

sa guitare électrique et joue « Eruption » de Van Halen et là, révélation ! Je me suis ensuite mis à la gratte

à fond.

Comment aimerais-tu que le groupe évolue ?
Julien : C’est vraiment de faire du live et prendre un maximum de plaisir sur nos prochaines scènes.

On commence déjà à réécrire des compos. Je suis à l’origine du projet, mais je m’émancipe un peu du travail solitaire que j’ai réalisé durant trois ans sur cet album avant la production. Du coup j’arrive avec mes idées, mes riffs, j’ai une vision globale et je leur demande ce qu’ils en pensent. Maintenant on a assez d’espace

dans nos têtes pour pouvoir attaquer des choses inédites, tout se passe bien et on s’éclate.

L’album ne sera-t-il pas trop difficile à retranscrire en public ? Le but n'est-il pas plutôt de partir

en live par rapport à l’album ?
Julien : On les joue différemment, mais de façon reconnaissable, on a une approche plus brute, plus rock’n’roll. Si on voulait le jouer tel quel, cela impliquerait que l’on soit neuf sur scène. Ça me va très bien ! Pour le live, ça a été compliqué à mettre en place, on est passé par différentes phases de simplification jusqu'à arriver à une version plus simple, plus proche de l’album. Tout le monde devait réussir à trouver

sa place dans le spectre sonore, à mémoriser le truc, on est donc passé par plusieurs live et ça a été plutôt

une bonne chose pour le public.

Pourquoi le choix d’un tel mode d’expression artistique ?
Julien : Moi, c’est un peu comme Obélix, je suis tombé dans le chaudron lorsque j’étais petit ! J’ai mon parrain qui est metteur en scène, mes parents écoutaient beaucoup de musique, très variée, du rock, du jazz, du blues en passant par la variété française. Suite à cette base, je me suis forgé ma propre culture musicale et j’écoute quantité de trucs différents. Finalement, c’est la musique qui est venue à moi.

Comment définissez-vous votre musique en quelques mots ?
Julien : On est très flatté d’être assimilé à la scène progressive, c’est une musique très exigeante avec

des pointures très impressionnantes. Ma mère écoutait beaucoup de Pink Floyd, je lui piquais pas mal

de vinyles quand j’étais plus jeune, mais ce n’est pas ce que j’écoute constamment. J’aime beaucoup

Peter Gabriel, en prog pure je vais écouter King Crimson. Je comprends que l’on en fasse partie par le format des morceaux, mais je pense que l’on est plus un groupe de rock alternatif dans l’absolu, on est plus proche de Soundgarden. Je nous définirais entre groupe alternatif et musique de film. Il y a un gars qui a dit :

du cross over progressif, c'est intéressant.
Alex : Ce serait une évolution du progressif, mais version metal, rock actualisé.

Avez-vous eu des défis particuliers à relever avec cet album « Sleepwalker » ?
Julien : Le seul défi que je me suis lancé, c'est de réaliser un album car je n'étais pas sûr d'y arriver. Trois ans d'écriture, deux ans de production, bien sûr, je me suis fait également aider par des potes. Je n'ai pas tout fait de A à Z, je dirai plutôt de A à Y ! Et le deuxième défi, si j'y arrivais, c'était de le jouer en live et c'est ce qui

se passe aujourd'hui.

Et toi, ton processus de création, car trois ans, c'est assez long ? Tu te remets beaucoup en question ?
Julien : J'ai tendance à prendre beaucoup de recul, j'ai une vision et j'essaie de la retranscrire le plus fidèlement possible, mais la chose est très abstraite. C'est assez simple, j'ai tendance à prendre ma guitare folk, à trouver une mélodie, à jouer, à l'enregistrer dans mon studio et à bidouiller, broder, effacer, revenir en arrière, etc. Je suis quelqu'un de très perfectionniste et je recommence jusqu'à être satisfait.
Alex : Je me rappelle un truc que tu m'as dit : « J'aime bien repousser mes limites, s'il y a des choses à la gratte qui me manquent techniquement, je vais les apprendre pour les intégrer. »

Tu cherches toujours à enrichir ta musique ?
Julien : Non, je ne cherche pas à aller dans la surenchère, mais j'entends des choses et lorsque je ne sais pas le faire, je me dis : « C'est l'occasion d'apprendre. »

Je voulais juste te dire « Ne pas aller trop loin dans la création, parfois il faut peut-être savoir

s'arrêter pour ne pas tout gâcher »…
Julien : J’ai souvent entendu des gens me dire : « Il faut savoir s’arrêter », mais je suis assez borné, tant que la vision que j'ai n'est pas satisfaisante, je ne vois pas de raison de stopper. D'ailleurs j'ai la sensation d'avoir fait ce qu'il fallait.

L’album contient des titres vraiment très différents en durée. Une explication ?
Rock alternatif avec du progressif, on s’attend plutôt à de la longueur par rapport la structure des morceaux…
Julien : Ça s'est fait comme ça, pour avoir le meilleur fil conducteur et avoir entre ces trois tableaux des interludes. Le dernier morceau « Sleepwalker » est un format standard, je l’ai écrit plus facilement. Je ne peux pas vraiment expliquer, devant la télé, j'ai pris mon carnet, posé des accords et ça a fait le titre. On a trouvé ça pas mal et c'était une belle façon de finir l'album.

Pourquoi le choix d’intégrer des parties en acoustique comme dans « Ocean » ?
Julien : C'est vraiment une histoire de texture, pour avoir un côté organique. Lorsque j'étais plus jeune, j'écoutais pas mal d'albums où il y avait des mixes entre des guitares saturées, et derrière des superpositions des mêmes parties, mais avec des guitares acoustiques. Ça donne une texture très intéressante.

Une petite question technique : peux-tu nous dire ce que tu emploies comme guitare et ampli

sur scène ? Joues-tu avec le même matériel en studio pour l’enregistrement d’un album ?
Julien : On a fait évoluer notre backline pour avoir le son qui reflète au mieux l'esprit de l'album. Je travaille avec le même matériel à la maison, j'ai une guitare, elle ne m'a jamais quitté, elle m'a été offerte par

mes grands-parents à mes 16 ans, une Fender Stratocaster, elle ne vaut pas grand-chose, c'est une mexicaine, mais je l'ai customisée au fil des années. J'ai changé les micros, un blindage à l'intérieur, les pontets, etc.

J'y tiens beaucoup, il n'y en a pas deux comme celle-là. Je joue également sur une Perez Ton Ten, je suis gaucher, ce n’est pas facile de trouver une gratte à son pied ! (Rire). Au niveau de l'ampli, j'ai un Diezel Einstein, utilisé en live et sur l'album et un Baffle Orange. Je m'amuse beaucoup avec mes pédales d'effets !
Alex : Pour la complémentarité, lorsque Julien joue avec sa Perez, je joue sur une Télécaster américaine. Lorsqu’il est sur sa Strat, j'ai une les Paul sept cordes, c'est un modèle Épiphone sorti il y a déjà un moment. Au niveau des mes amplis, j'ai une tête Marshall Jmp Super Base de 72. Au niveau effets, j'ai une petite reverb, un petit trémolo, etc., j'ai surtout une pédale de blues pour rajouter du gain. Pour l'instant je n'ai pas la disto absolue que je voudrais, mais j'ai une Blackstar qui me convient.

Que pouvez-vous nous dire sur l’élaboration en studio de l’album ?
Julien : C’est un album fait à divers endroits, pas vraiment en studio. On était dans une maison en Normandie, enfermés au milieu des moutons et c’était super agréable pour travailler. On a fait toutes les parties guitares de l’album sur un mois, on a pris notre temps pour avoir le son désiré et les bons réglages d’ampli. Les batteries ont été faites par un pote, Julien Patron, dans son studio à Montreuil, j’ai fait des voix dans mon appartement et l’on a fait des arrangements dans un autre studio à Joinville-le-Pont. Il y a une partie des textes que j’ai écrite en Afrique, car j’ai de la famille là-bas et c’est pour cela que le projet a mis un peu de temps à éclore, mais le résultat me satisfait.

L’Afrique t’a influencé dans ton écriture ?
Julien : Ça m’a pas mal aidé, car j’ai tendance à associer la musique à l’image. J’étais au Sénégal, le contexte ma beaucoup aidé pour apporter une force dans l’écriture, une ambiance plutôt spirituelle.

Pourquoi faire le choix de la langue anglaise ?
Julien : C’est naturel, j’entendais beaucoup de langues différentes dans ma famille et de plus ma mère est prof de langue.
Alex : On parodie un morceau en français entre nous ! (Rires)

Dites-moi maintenant un mot sur l’illustration de votre pochette ?
Julien : J’ai fait la photo, le visage c’est un pote maquillé, c’est un clin d’œil à « 2001 Odyssée de l’espace », l’univers des années 70/80. Pour moi, c’est le sleepwalker devant son écran et les traînées blanches sont les entités représentant les morceaux. Je trouvais cela intéressant.
 
Finalement, la sortie d’un album est-elle un prétexte à faire de la scène ?
Julien : Oui et non, la finalité était de faire de la scène, mais cet album répondait à un besoin d’expression

à un moment de ma vie.

Vous avez déjà une expérience de la scène. Un souvenir, une anecdote ?
Alex : J’en ai déjà beaucoup et pourtant on n’a pas une foule de dates. Un concert à Bruxelles, au Rock

Classic Bar : premier morceau, ça se lance, je suis assez speed sur scène à bouger dès que c’est un peu pêchu, il se termine et l’ingé son vient me rebrancher le micro devant l’ampli et là tu te dis : « Ça fait un morceau entier que je joue, je bouge la tête et personne n’entend, il fait du Air Guitar le gars ! » (Rires). Déjà pas mal, eh bien le deuxième morceau, un peu angoissé avec la goutte qui tombe ! Je prends ma deuxième gratte,

on joue et elle est complètement fausse. Cela a été un peu le concert de l’angoisse ! (Rire)
Julien : J’en ai une, mais pas avec ce projet, on essayait donc de tourner au maximum. On s’est retrouvé

dans une cave à Belleville à Paris au Zorba, si c’est toujours ouvert et d’actualité j’espère qu’ils ont acheté

de la backline, la console de mixage avait juste deux pistes, la batterie à moitié électronique, l’autre moitié acoustique, pas d’ampli guitare et pas de pied de micro. Le micro m’arrivait par le haut comme pour un match de boxe. Quand je chantais, le micro me revenait dedans, je m’écorchais toute la bouche et les gens nous regardaient genre « C’est du jazz ? Qu’est-ce que c’est ? » (Rires) On s’est regardé au bout de vingt minutes,

on remballe, on se casse ! Parfois c’est chaud, maintenant on ne le fait plus tout ça.

Pouvez-vous nous parler des artistes qui vous ont influencés, en France comme à l’étranger ?
Alex : Les références communes du projet, Tool, on adore. Julien et moi, on aime Smashing Pumpkins,

Pearl Jam, Alice in Chains, le côté rock, grunge des années eighties.
Julien : J’ai beaucoup écouté pendant la création de l’album « Mezzanine » de Massive Attack et un album

de Peter Gabriel où je trouvais très intéressant la façon d’aborder les arrangements. Également Pink Floyd

« The dark side of the moon » et Miles Davis « Bitches brew »

Porcupine Tree, Steven Wilson est aujourd’hui une référence, votre avis là-dessus ?
Julien : C’est quelqu’un avec beaucoup de talent, j’écoutais durant une période, de « Lightbulb sun »

à « In absentia », après j’ai décroché lorsque c’est parti dans le metal, la production me touchait moins.

J'ai vu Porcupine Tree à l’Olympia, il y a quelques années, c’est projet solo, ce n’est pas ce que j’écoute

mais il paraît que c’est très bien, j’irais donc jeter une oreille.
Alex : J’ai très peu écouté, je suis plus Dream Theater.

Existe-t-il d’autres cultures musicales ou artistiques que tu aimerais inclure dans tes futurs projets ?
Julien : Oui, l’univers cinématographique. Énormément de films m’ont influencé dans mon processus,

j’ai un membre de ma famille metteur en scène, Jean-Pierre Améris. Très jeune, il m’emmenait au cinéma

tous les mercredis, j’ai eu très tôt un émerveillement pour le cinéma et j’en dévore à la pelle. J’aime bien

les histoires un peu barrées, j’ai trois références en films d’anticipation, « 2001 Odyssée de l’espace »,

« Blade runner » et « Alien », le tout premier, m'a bluffé esthétiquement. Récemment, j’ai vu « Birdman »

et j’ai été soufflé.

La musique de film, ça te tente ?
Julien : J’aimerais beaucoup. J’ai des demandes pour des musiques de publicité et c’est une bonne expérience.

Que pensez-vous des groupes qui se disent progressifs aujourd’hui, même si j’ai bien compris

que vous ne vous définissiez pas comme cela ?
Alex : Ça dépend de ce que tu appelles progressif, car il n’y a pas de définition. Quand tu as un style où

tu retrouves aussi bien Pink Floyd que Kim Crimson, c’est tellement deux univers différents. J’ai l’impression que l’on y met tous les groupes un peu hors normes, inclassables. Est-ce que Bowie ce n’est pas du prog ?

Tu vois !
Julien : Pour moi, ce sont des artistes voulant s’émanciper du format conventionnel et je peux comprendre

que l’on nous ait collé cette étiquette.

Et toi Alex, une autre passion que la musique ?
Alex : L’informatique, mais c’est aussi mon métier. Je ne suis plus gamer, mais je l’ai été énormément

à une période, je m’intéresse toujours aux news même si je ne joue plus.

Vous êtes présent sur Facebook, ce contact avec vos fans via les réseaux sociaux est-il important ?
Julien : On n’a pas le choix, je trouve intéressant de pouvoir communiquer avec des gens qui nous écoutent, j’aime bien ça. On ne cherche pas à poster des choses tous les jours, on veut mettre des choses intéressantes, c’est une manière de respecter son public. Il se développe une petite communauté, c’est cool et ils viennent nous voir en concert. C’est une alternative intéressante, je suis présent via le compte Wolve, mais j’en ai

un perso et je n’y vais pas du tout.
Alex : Je suis assez fan, j’aime bien Twitter, c’est un bon système, ça te permet de rencontrer, de parler avec des groupes à l’étranger. Internet permet de toucher 7 milliards de personnes, à part quelques pays bien sûr.
Julien : Il ne faut pas communiquer avec les gens n’importe comment. De toute façon, les groupes aujourd’hui ont besoin de ce média pour communiquer. Si tu distribues des tracts aujourd’hui à Paris, tu es vite blacklisté. Le groupe FFF à l’époque faisait toutes les soirées, les boîtes de nuit et distribuait des démos, ça n’a plus trop de sens aujourd’hui. Il faut savoir vivre en son temps.

Interlude : une vieille dame, un peu courbée, nous demande avec un grand sourire si les toilettes sont bien là. (Rires)

Le mot de la fin ?
Julien : On sera en concert à la rentrée à partir d’octobre. On a déjà une date de calée le 23 octobre à Éragny au Covent Garden en région parisienne, et l’on va broder pas mal de dates autour. On espère sortir un nouvel album l’été prochain. L’album est en écoute sur Bandcamp.