Plante carnivore !

Interview Hugues (Ugo) Chantepie


De l’acoustique subtile

aux gros sons, Akentra navigue sur la vague d'un metal aux diverses saveurs.

La mélodie, élément principal d'« Alive » nous noie dans une multitude de registres soulignés par le chant de Lucia Ferreira, clef de voute de cette formation Normande créée en 2006. Petite discussion avec l'ensorceleuse prêtresse, à la mission salvatrice, nous invitant à partager avec elle, le seul fait d'être vivant (Alive).


Line-up :

Lucia Ferreira [chanteur],

Steve Tilmant [batteur], Stéphane Rayot [bassiste], Thomas Boileux [guitariste] Maël Hébert [guitariste]


Artiste : Akentra

Album : Alive

Label : Auto Prod

Tracklist :
  1. In Their Shoes
2. Self Esteem
3. My Son
4. Lies
5. Killing Time
6. Magic Trick
7. The One
8. Future
9. Resurrection
10. Demolition Man
11. Kick Ass
12. Final Dance


Akentra "Alive" - Teaser


Akentra "My left foot"

live unplugged


Akentra "Make up" Live unplugged


En écoute sur DEEZER




"Je ne suis pas une personne sombre, j’ai mes côtés d’euphorie,

mais la couleur reste grise" Lucia


Pourquoi un tel mode d’expression artistique le « Rock », le Metal  ?
Parce qu'aujourd'hui, cela me fait vraiment plaisir de jouer du rock, mais j'ai mis un peu de temps avant d'arriver au metal. Dans le passé, j'ai été bercée au son de la radio, une partie de l'univers de mes parents, Goldman, Sardou, Mylène Farmer, etc.

Es-tu également musicienne ?
Non, à mon grand désespoir, j'ai essayé la guitare, mais je ne suis vraiment pas douée, je ne suis pas patiente, il faut que ça sonne tout de suite, autrement ce n'est pas possible ! (rires)

Depuis la création du groupe en 2006 de quelle manière pensez-vous que vous avez évolué, musicalement et humainement ? Comment vois-tu les choses aujourd'hui et ce deuxième album «Alive»?
On a pas mal évolué ces dernières années, on a beaucoup plus travaillé les morceaux en profondeur pour cet album. On est vraiment rentré dans les détails, creusé la sonorité et travaillé le côté scénique, notamment depuis l'arrivée du nouveau guitariste Maël. Si l'on veut que le public bouge, il faut lui donner l'envie. Maël est arrivé juste avant la sortie de l'album, après l'enregistrement. Il apporte une touche de jeunesse, c'est un musicien très ouvert avec une culture musicale très large, du jazz au celtique... Cette belle rencontre, s'est faite très naturellement, par amis interposés.

Ton premier contact avec ta voix ? As-tu une façon particulière de travailler ta voix ?
J'ai toujours aimé chanter depuis mon plus jeune âge, de la cour de récré en passant par la chorale au collège, avant d'intégrer mon premier groupe de Rock et aujourd'hui Akentra. Je n'ai pris des cours de chant qu'une fois au sein d'Akentra, bizarrement. Le temps était venu d'approfondir ma technique, afin d'explorer de nouvelles choses et de prendre de l'assurance. Je chante constamment même dans ma voiture ! (rires)

Vous participez à des tremplins Rock, pourquoi ce choix ?
C'est histoire de jouer, ce sont des concerts comme les autres et tant que l'on peut monter sur les planches, on y va.

Parle-moi des textes? Les titres correspondent à des titres de films, est-ce un hasard ?
En fait, il n’y en avait que deux pour lesquelles j’étais consciente « Demolition Man » et « Kick Ass », même si les textes n’ont rien à voir avec les films, pour les autres cela reste un hasard. Ce n’est pas un concept album, chaque morceau reste indépendant. Les thèmes vont de la déclaration d’amour à mon homme « The One » en acoustique, de tentative de suicide avec « Resurrection », et de l’être humain au sens large qui peut être la pire des pourritures et faire des choses abominables en rapport à notre futur. je ne veux rien m’interdire.

Quel est ton univers littéraire ?
Je lisais beaucoup plus lors de mon adolescence. Ma véritable inspiration aujourd’hui, c’est en premier lieu ma vie, les gens qui m’entourent et l'actualité. Tout cela ne me rend pas forcément optimiste, malheureusement.

Tu cherches à transmettre un message à travers ta musique ?
Non, pas obligatoirement, c’est plutôt une thérapie comme le titre « Killing Time » qui parle du temps qui passe et j’ai un vrai problème avec cela, ça me terrifie la vieillesse. Juste le fait d'en parler m’angoisse ! Malgré tout, je ne suis pas une personne sombre, j’ai mes côtés d’euphorie, mais la couleur reste grise.

Alors, finalement, tu veux transmettre quoi à ton public ?
J’ai envie de partager tout le travail que l’on peut faire et de permettre au public de s’éclater. C’est l’objectif ultime de regarder les gens s’amuser et de réussir à apporter du plaisir, un moment de bonheur.

Peux-tu me parler de la ballade « The One » pourquoi des guitares acoustiques ?
En fait, tout est parti des guitares acoustiques, au début, les gars se sont un peu moqués en me disant :  « tu nous fais quoi là, tu nous chantes du Cabrel ! ». J’ai tout de suite dit : « stop, ce n’est pas du tout cela ». L’idée tournait déjà dans ma tête, j’ai écrit le texte assez rapidement et Thomas m’a dit lors de ma première interprétation : « c’est super, c’est ce que j’avais en tête lorsque j’ai composé la musique » et on s’est donc rejoint sur un même thème, l’osmose absolue.

La composition de la musique intervient avant ton écriture ?
Oui, la musique va m’inspirer un thème, des mots ou une idée. En ce qui concerne l 'élaboration de la musique, c’est un garçon qui amène un riff, un bout de refrain et ensuite on essaye de structurer le titre tous ensemble. Lorsque l’on a une base solide, c’est là que je colle ma ligne de chant.

Tu ne te lances jamais en yaourt ?
Non, jamais, j’ai vraiment besoin d’écrire auparavant pour pouvoir sortir quelque chose.

Vous jouez beaucoup en acoustique, est-ce un exercice compliqué ?
C’est compliqué, mais agréable. Ça nous permet d’aborder les morceaux d’une façon différente et d’ailleurs on a le projet pour cette année de monter un set entièrement acoustique. Ce qui va nous permettre de jouer dans des lieux différents où nous n’avions pas accès avec une batterie. Cela va nous permettre aussi de toucher un public que nous n’avions pas la possibilité d’atteindre en électrique. Nos morceaux restent très adaptables en acoustique, car conçus d'une façon très mélodique à la base.

Peux-tu me parler plus précisément de « Kick Ass » ? (Un côté Death metal)
C’est mon coup de gueule, j’étais en colère ce jour-là ! (rires) il y a vraiment des gens à qui on aimerait donner des coups de pied au cul. C’est un morceau vraiment énergique et c’est d’ailleurs celui-ci que nous avons clippé. On a réalisé les images au mois d’octobre et le montage est en train de se faire, ça ne devrait plus tarder.

Au niveau du clip, vous intervenez comment, vous avez créé le scénario ?
Il n’y a pas de scénario, en fait. Il y aura peut-être juste quelques petites incrustes de backstage au milieu d’images live, tout simplement.

Dans le chant en français, le public francophone cherchera plus la compréhension des textes que l'énergie première. Avec la langue anglaise c'est plutôt l'inverse qui se produit. Tu en penses quoi ?
Je suis plus à l’aise à chanter en anglais, pourtant le français peut se prêter au metal et il y a des gens qui le font plus ou moins bien. Si je chante en français ça ne sonne pas, lorsque je prenais mes cours de chant, ma coach m'a dit : « si on essayait en français, vu que l’on chante uniquement en anglais », j’ai donc commencé à chanter et elle m'a dit : « pourquoi tu prends l’accent anglais, lorsque tu chantes en français ? » Elle s’est bien foutu de ma gueule ! Ce n’est vraiment pas naturel pour moi de chanter dans ma langue maternelle, par contre une fille comme Lucy de Mypollux ça sonne super bien. Je ne suis pas capable de faire sonner le français et il faut l'avouer chanter en anglais me permet de garder une certaine distance, question de pudeur. Il y a des choses que j’exprime en anglais qui me seraient impossible dans ma langue vis-à-vis de mes proches entre autres.

Que vous apporte le travail avec Dome Studio (David Potvin) et pourquoi son choix ?
On a fait les deux albums avec lui. Lors de notre première rencontre il n’avait jamais travaillé avec un chant féminin. On ne savait pas trop où nous mettions les pieds au départ et lorsque l’on est ressorti avec notre premier album on s’est dit : « ah oui, quand même ! ». Sur les titres, il nous oriente vraiment sur les sons, sur certains arrangements, il nous apporte un véritable regard, une touche extérieure. On arrive en studio le matin, on bosse et nous savons que ça va être rapide et efficace. On enregistre, je fais des prises de voix, en fait je suis derrière lui, je ne vois pas sa tête et malgré tout je sais sans le regarder si la prise est bonne ou pas. Il va remettre l’enregistrement au début ou il te dit : « c’est faux, pas en place ! » « Fait plutôt ton chœur de telle façon, etc. » et là tu devines tout de suite qu’il faut redresser le tir ! et puis après la séance on va boire un coup et c’est waouh ! les frères Potvin ce sont de sacré fêtards, ça vaut le coup de trainer avec eux.

L’album ne sera pas trop compliqué à retranscrire sur scène ?
Plutôt calé, on a des samples un peu électros, alors on joue au clic. On peut se permettre des choses juste entre les morceaux ! (rires)

Des souvenirs de concerts ?
Surtout après la scène, il y a une anecdote vraiment sympa dans un petit bar où l'on a joué pas mal de reprises. À la fin du concert, on boit un coup et un petit mec vient vers moi et me dit : « ouah, c’est super ce que vous faites, moi aussi je fais du rock et j’ai un truc à te montrer. » il se tourne et baisse son pantalon. Je vois sur son cul tatoué Rock, un peu surpris, un mec qui te montre son cul dans un bar, je ne l’avais encore jamais vu ! (rires) Il me dit : « Attends, mon pote a la suite sur son cul ! » il va chercher son copain et tous les deux baissent leurs pantalons et là apparait « Rock’n’roll ! ». Je me suis dit « c’est vraiment formidable, je les ai trouvés frais, ces petits cons ! » (rires). Par la suite, on les a faits jouer à notre concert du mois d’octobre, le public était ravi et cette fois-ci ils n’ont pas montré leur cul ! Une belle rencontre.

C’est compliqué aujourd’hui de trouver des scènes ?
Il y a de plus en plus de monde sur le marché, les conditions sont de plus en plus dures et trouver une scène où l’on est payé, n’en parlons pas. Il ne faut pas oublier que la musique ce n'est pas gratuit et qu'il y a encore des gens qui s'enrichissent, mais hélas ce ne sont pas les artistes, sans commentaire.

L’artwork, un petit mot sur la création.
Le coup du chapeau, c'est un petit clin d'oeil à un des titres de l'album « Magic Trick ». Sur cette pochette on voulait quelque chose d'assez épuré, de graphique et le fait de garder les trois couleurs noir, rouge, blanc est une belle représentation de l'esprit du groupe.

Existe-t-il d’autres cultures musicales ou artistiques que tu aimerais inclure dans tes futures démarches musicales ?
On n’y a pas vraiment réfléchi, il y a des choses qui viendront assez naturellement avec le fait d'avoir intégré Maël avec sa passion pour la musique celtique. Akentra n'est fermé à aucune évolution musicale et c'est une force.

La scène rock française actuelle vous inspire quoi ?
Je la trouve très riche, mais hélas la France reste quand même hermétique à tout ce qui est rock et metal. C'est vraiment du gâchis d'avoir trois titres qui tournent sur les radios et que les gens se contentent de cela.

Tes goûts musicaux en matière de metal ?
Je suis très fan de Lacuna Coil, de Marilyn Manson, Korn, Limp Bizkit, Alter Bridge, tous les trucs un peu néo et qui groovent.

Vous êtes présents sur Facebook, ce contact avec vos fans via les réseaux sociaux est-il important ?
C'est un réel moyen de créer des liens, d'ailleurs avec certains de nos fans nous sommes devenus amis. C'est agréable d'avoir des gens qui nous suivent et nous soutiennent. On a de réelles discussions à travers Facebook.

Je te laisse le mot de la fin.
Alive (vivant) c'est pour dire que ça fait quatre ans que l'on a plus donné de nouvelles, mais désormais on est bien là et vivants. Je voudrais surtout remercier les fans, car ce sont eux qui nous boostent, nous avions fait appel à eux pour le financement de cet album et sans leur soutien nous ne serions rien. Et en conclusion, nous espérons décrocher beaucoup plus de concerts en 2016 !