Interview Bullrun


BullRun en ordre de bataille !


Artiste : BullRun

CD : "« Dark Amber »

Genre : Hard Rock

Ville d’origine : Paris

 

1 The Devil In Me
2 She’s Coming
3 Faster Than Light
4 Highway Glory
5 Burn
6 Dark Amber


Membres :
Vocals & Bass :

Rémy Gohard
Guitars :

Gaël Berton
Drums :

Mark Dezafit


Promo Dark Amber


BullRun - Dark Amber


« Le Heavy metal était finalement gravé dans notre ADN ! »

Interview au Hard Rock Café (Paris) par Hugues Chantepie

Replica Promotion



Pourquoi un tel mode/choix d’expression artistique, le Rock au sens large et plus précisément le Hard Rock/Heavy Metal ?
Mark Dezafit : C’est ce que l’on écoutait jeune et ça nous a donné l’envie de jouer ce style de musique, une véritable évidence pour nous. Nous nous sommes donc dirigés vers un style très énervé, très heavy, à la Motörhead, Iron Maiden, Metallica et autres.
Gaël Berton : pourtant lorsque l’on a démarré BullRun on était parti pour faire autre chose, plus blues-rock, mais le Heavy metal était finalement gravé dans notre ADN !

Votre premier album date de  février 2014 « BullRun », difficile à trouver, vous ne voulez plus en parler ?
Gaël Berton : on peut en parler, il n’y a pas de souci ! On a commencé Bullrun en 2011 et jusqu’en 2012 on a seulement composé pour essayer de trouver une alchimie entre nous en  rapport à nos nombreuses influences. On ne voulait pas non plus faire de concert sans avoir un véritable projet finalisé. On a donc réalisé ce truc-là où on a posé douze titres, un peu un best of de tout ce que l’on aimait à l’époque. On ne voyait pas la musique de la même façon il y a quelques années. Très peu d’albums ont été pressés, c’était avant tout un outil de promotion. Très vite nous avons évolué vers un style plus homogène, plus pensé, donc lorsque l’on a eu écoulé tous les CD on a réalisé qu’il ne nous correspondait plus du tout. Notre souhait est que les gens se fassent une idée de nous aujourd’hui à travers « Dark Amber ». Ce premier jet nous a tout de même aidés à l’époque à faire nos armes sur scène.

Alors 2014, pourquoi attendre 2017 ?
Mark Dezafit : en fait on n’a pas attendu, nous étions au travail et nous voulions refaire un album. Finalement, on a trouvé plus judicieux de réaliser une pré-maquette avec 14 titres que l’on avait déjà sous le coude. Sur ces 14 morceaux, on en a sélectionné six pour monter « Dark Amber ». On préférait privilégier la qualité à la quantité et travailler avec de vrais professionnels dont c’est le métier de sonoriser et d’enregistrer afin de nous créer une véritable identité sonore. Symheris et Jelly Cardarelli ont donc contribué clairement à l’image sonore de BullRun. On considère le support cd, la jaquette comme un outil de promotion, c’est une fois de plus pour cela que l’on ne veut plus se servir de l’ancien support car il ne nous correspond plus du tout aujourd’hui. On préfère arriver tout doucement avec six titres qu’avec douze qui auraient pu rendre le truc indigeste.

Enfin six titres en live, c’est un peu léger ?
Mark Dezafit : un six titres certes, mais lorsque le cd est sorti on était déjà en train d’écrire le prochain. Donc bien évidemment, on a plus de six titres car effectivement ce serait un peu maigre.

Ce 6 titres sera indépendant du prochain album ?
Mark Dezafit : il y aura un autre six titres complètement indépendant de celui-là. Dans la même veine, avec une nouvelle avancée du groupe !
Gaël Berton : le fait d’avoir enquillé sur les compos du prochain nous permet de proposer un set de 45/50 minutes.
Mark Dezafit : ça nous permet d’avoir un petit côté test, car nous ne savons pas comment vont être accueillies ces nouvelles compos. Si le deuxième test du six titres est concluant, on pourra se lancer dans l’élaboration d’un album qui est un travail beaucoup plus long et plus coûteux. Tout reste une question d’argent et de temps !

Un petit mot sur votre collaboration avec Fab de Symheris et Jelly Cardarelli? Que vous ont-ils vraiment apporté ?
Mark Dezafit : on avait enregistré quatorze maquettes à la base début 2016 et avant de les enregistrer on a rencontré ces gars-là. Ils se sont pris en premier lieu d’affection pour notre musique. Humainement, il y a eu un très gros boulot, car ils sont également musiciens, ingé-son et ils nous ont vraiment aidés à repenser le truc et à travailler différemment. Ça nous a aidés à être plus méticuleux et à avoir des objectifs car, il faut bien le dire, le studio reste une épreuve pour beaucoup de groupes. Un vrai boulot de coaching pour rejouer les choses de manière différente. Ce sont deux mecs très au fait de la musique actuelle et ils ont été importants pour l’image du nouveau BullRun. On espère vraiment faire notre prochain cd avec eux ! Normalement c’est prévu.

Je ne veux pas vous fâcher, mais il y a un véritable revival sur ce style de musique ? Peut-être dans l’esprit Airboune ? Vous pensez être dans cette veine ?
Mark Dezafit : peut-être mondialement, mais pas en France, mais finalement le Heavy metal est une musique qui traverse les âges, complètement intemporelle et qui ne peut absolument pas disparaître. Quand tu regardes l’évolution des styles, au départ tu avais le Heavy, le Trash et le Death et d’un seul coup, tu t’es retrouvé avec des connotations, des styles à rallonges, etc., c’est un genre musical en continuelle évolution qui pour moi ne peut pas mourir car il puise dans l’histoire. Le metal est conçu d’une infinité de ressources, si on doit être dans un revival, il dure depuis 40 ans. Finalement nous sommes dans l’air du temps !

BullRun, nom de la première bataille de la guerre de Sécession en 1861
Avec un nom pareil et votre visuel on s’attend plus à du rock sudiste, d’ailleurs on y croit durant les 15 premières secondes de « The devil In Me », c’est un effet voulu ?
Gaël Berton : au tout départ comme disait Mark c’était plutôt du Trash metal très années 80, on voulait un truc un peu plus cool comme American Dog, Liner Skiner, on avait commencé à composer des morceaux de blues et on s’est rendu compte que finalement ce que l’on aimait c’était la distorsion. En fait BullRun dans sa genèse devait être un groupe de blues rock et on aime bien cette image, le heavy metal quoi qu’il arrive est une musique américaine, on a donc repris les codes avec le drapeau, la pancarte, le côté désertique, etc. Une sorte de clin d’œil à ce qu’aurait dû être au tout départ BullRun. Mais le visuel du prochain cd sera totalement différent avec une autre ambiance, autrement on sortirait le même cd !

Le choix des chœurs est-il une marque de fabrique, en quoi c’est important pour vous ?
Gaël Berton : c’est important ; mais pas obligatoire non plus ! Faut que la chanson s’y prête et on reste avant tout un groupe de scène. On aime bien les chœurs, ça amène à travers l’album une ambiance de concert. Surtout sur « Burn » et « Dark Amber » qui fonctionnent très bien sur scène avec les chœurs. Mais ce n’est pas une évidence où tu pourrais reconnaître le même schéma à chaque fois. Mais ça reste tout de même pour nous comme un quatrième instrument.

Les solos de guitare sont très présents dans la construction ?
Mark Dezafit : encore une fois c’est ce que l’on a l’habitude d’entendre depuis longtemps et puis ça apporte une petite dynamique mélodique.

Alors finalement ça fonctionne comment entre vous trois ?
Gaël Berton : énormément de communication et on déstructure tout ce que l’on fait, on n’a pas peur de foutre à la poubelle quelque chose qui ne nous plaît pas. On ne veut pas de matière pour de la matière ! Rémi et moi on arrive avec des compos apparemment terminées, avec des structures et des rifs finalisés avec des influences particulières, moi j’aime mettre des mélodies à la Maiden, et il me calme un peu là-dessus. On aime prendre un morceau et dire là il y en a trop, là pas assez, rajouter plutôt ça. En fait, on arrive avec quelque chose de structuré, mais ça ne sera jamais joué en l’état !

Au niveau des textes qu’elle est la procédure ?
Mark Dezafit : c’est de la pop culture, imaginer un mec à 4 heures du matin qui se matte un film de David Lynch et il se dit un tas de choses avec un verre de bourbon à la main et commence à s’imaginer un tas de trucs. On n’a pas de ligne directrice, de fil rouge, les paroles peuvent parler de tout et n’importe quoi. Nous ne sommes pas dans le concept album.
Gaël Berton : le seul truc que l’on va pouvoir lui dire en terme d’écriture, c’est surtout une histoire de placement.

Aujourd’hui vous vous sentez fermés musicalement dans l’avenir où il y a d’autres cultures musicales qui peuvent vous intéresser à intégrer ?
Mark Dezafit : on parlait des influences année 50 rock country, en fait on aimerait bien mettre une chanson qui n’a rien à voir et montrer une autre forme de musique. Mais pour l’instant nous n’avons jamais réussi à l’expérimenter en live.

Pas de tenue particulière sur scène ?
Mark Dezafit : plus maintenant ! Maintenant ce qui compte c’est plus l’attitude que le vêtement !

Rémy, as-tu un univers littéraire par rapport à ton écriture ?
Rémy Gohard : en fait je regarde beaucoup de films, j’aime l’esprit cinématographique, David Lynch, Kubrick et je lis beaucoup, comme du Stephen King et sans cette nourriture j’aurais beaucoup de mal à écrire.

Comment s’est passée l’ambiance en studio pour BullRun ?
Gaël Berton : dans la bonne douleur ! ça a été une bonne étape pour nous car je pense que certains groupes peuvent splitter suite à cette expérience. C’est une épreuve où tu es face à tes propres capacités. C’est un endroit où tu te poses les vraies questions ! Quel prix es-tu prêt à payer dans tous les sens du terme. Le studio nous a pris quatre mois et on n’a pas de mauvaises anecdotes à raconter.

Finalement, depuis vos débuts, vous avez évolué comment ?
Mark Dezafit : dans le bon sens, car nous avons toujours été dans une logique de faire mieux et depuis notre rencontre en studio avec ces deux-là, on a énormément progressé au niveau de la logique du son, le relationnel et même en matière de matos, on a vraiment tout repensé. Régresser serait la pire chose qui pourrait nous arriver.
Gaël Berton : on essaye toujours de se tirer vers le haut d’une manière générale.

Vous cherchez quoi lorsque vous êtes sur scène ?
Mark Dezafit : la connexion avec le public, on recherche une sorte d’alchimie un peu mystique ! Voir des mecs bouger la tête, ça nous remplit de joie et le fait de réussir à faire passer notre énergie à travers ces gens-là, c’est un aboutissement. C’est plus facile à expliquer après quelques verres ! Pour moi la musique c’est un organe de plus !

Le petit mot de la fin alors.
Glou, glou, glou ! Rendez-vous en concert !