Interview CHARGE !



« Des heures et des heures de Jam. »

Oui, la France est capable de sortir de très bons groupes de Rock. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Charge est un bon prétendant au titre de découverte de l’année dans ma discothèque. Rencontre au Hard Rock Café de Paris avec Ravin, chanteur/bassiste passionné et bavard !

 

Interview par © Christophe Favière pour boosteleson.com



CHARGE
Genre : Rock / Metal
Ville d’origine : Paris
Nouvel Album :

Ain’t The One
Sortie : 29 mars 2019
Label : Autoproduit

 

Tracklist :
1. Out of My Life
2. Red Journey
3. Ain't the One
4. The Game That's Made for Me
5. God for Ever More
6. High Life
7. 8 Miles Away
8. Raging Eyes
9. Burning Slowly Around Me

Membres :
Ravin : chant et basse
Lionnel : basse
Sacha : guitare
Loïc : batterie


Pourquoi un tel mode d’expression, la musique Rock, cela fait partie de ta culture ?
Ravin : C’est une question de goût. Nous sommes tous fans de Metal et de rock au sens large. Mais je suis le plus sectaire dans le groupe, je n’écoute que du Metal. Les autres sont plus ouverts que moi !

Quelles sont vos influences principales ?
Ravin : Dans ce que l’on dit sur nous, certains groupes reviennent régulièrement. Il y a Metallica dont je suis un gros, gros fan, les Foo Fighters même si on ne les écoute pas spécialement, et bizarrement Danko Jones.

Pourtant à l’écoute de votre album, je trouve plein de références à des groupes de la fin des années 80-début 90. Je pense notamment à Funhouse (groupe qui a fortement influencé les Red Hot Chili Peppers, Faith No More…), Electric Boys et un peu de Alice In Chains…
Ravin : Pour Alice In Chains je prends ça comme un compliment ! Je suis un gros fan aussi. Les autres n’aiment pas du tout. Funhouse je connais de nom mais je serais bien incapable de te donner le titre d’un morceau ! Faith No More revient régulièrement dans l’interview, mais je ne connais que très peu hormis l’album « King For A Day… ». Je vais noter tout ça pour écouter.

Au final tu n’as pas vraiment répondu à ma question sur vos influences !
Ravin : Nous sommes tous fans à des degrés différents de Metallica. Ensuite Loïc le batteur c’est plutôt Iron Maiden, Sasha le guitariste lui c’est le président du Fan Club de Metallica Whipping Dancerz donc voilà, mais il écoute beaucoup de Blues aussi et c’est un grand fan d’Hendrix. Le second bassiste Lionnel, lui c’est plus de la Funk, des trucs de bassiste quoi ! Et moi c’est Metallica, Slayer, Machine Head, Slipknot…

Si je te dis que pour moi, le premier titre « Out Of My Life » pourrait être un morceau de Skip The Use avec son rythme enlevé ?
Ravin : Ah oui ?! Ben ok, c’est possible.

Les groupes Français, ça vous parle un peu ?
Ravin : Très peu, les autres je ne sais pas, mais le seul groupe Français que j’écoute et que j’adore depuis le premier album, c’est Gojira. Ma conjointe écoute beaucoup Noir Désir, j’ai essayé, mais à part deux ou trois titres, je n’y arrive pas.

Il y a pourtant de bonnes choses !
Ravin : Oui, bien sûr ! Pour te dire, avant cet album, nous avons sorti un autre disque qui regroupe nos deux premiers EP, certains titres ont été réarrangés par Spirou l’ancien guitariste de Molodoï. Il a également enregistré des titres des Bérurier Noir. Il a essayé de me faire écouter certains groupes, mais vraiment, cela ne me parle pas.

Depuis vos débuts, comment avez-vous évolué humainement ?
Ravin : Cette formation existe depuis 2012-2013. Je suis le seul à être d’origine ! Mais je n’ai jamais été aussi bien dans un groupe qu’actuellement. Nous nous entendons vraiment bien tous les quatre.

C’est donc ton groupe ?
Ravin : Oui et non. En fait je l’avais créé avec un pote devenu avocat spécialisé en droit du travail et en propriété intellectuelle. Il a écrit pas mal de morceaux dans les deux premiers EP. J’ai gardé le nom de Charge, mais la formation actuelle avec les deux basses existe depuis 2012.

Comment avez-vous évolué musicalement ?
Ravin : Nous avons enfin trouvé notre son avec les deux basses. Cela définit une façon de composer, c’est en grande partie grâce à Francis Caste, il nous a bien aidés en studio. Nous sommes devenus amis, on a même partagé la scène avec son groupe. Il a fait un super boulot sur cet album. Comme il me connaît un peu, il sait ce que j’attends, le côté direct, primaire, et surtout accrocheur, c’est le maître mot de ce que nous voulons faire. Des morceaux courts ne dépassant pas quatre minutes.

Il y a un clip pour « Out Of My Life » ?
Ravin : Oui, c’est un dessin animé, il rentre dans la logique du visuel de l’album.

La question que l’on a déjà dû te poser mille fois, pourquoi deux basses ?
Ravin : Je connais Lionnel depuis super longtemps. On se croisait souvent sur scène. Je voulais qu’il rejoigne Charge pour jouer de la guitare, mais il n’a rien voulu savoir ! C’est donc un complet hasard si il y a deux basses. Maintenant nous composons en fonction de cette contrainte. Nous avons un fonctionnement qui marche bien. Il joue sur une cinq cordes avec un son rond Ibanez, moi sur une quatre cordes ESP au médiator et pédale de disto Zack Wild, physiquement on n'a pas grand chose à voir, bref on se complète (rires) ! Lui joue les lignes de basse, moi la rythmique, cela laisse la place à Sacha pour ses solos de guitare.

Comment composez-vous ?
Ravin : Jam ! Des heures et des heures de Jam. Dès qu’il y a un truc accrocheur, on retient. Sinon cela ne nous gène pas de jeter les trois quarts de ce que l’on fait. Nous testons tous les morceaux en live avant de les enregistrer pour voir la réaction du public. Par exemple sur « Out Of My Life », nous avons eu immédiatement de très bons retours, nous n’avons pratiquement rien changé en studio.

C’est un morceau très dansant en même temps ?
Ravin : Oui, et pour moi c’est un très bon compliment. Je sais que la plupart des groupes n’aiment pas ça, mais moi je suis preneur même si ce n’est pas la musique que j’écoute. C’est un choix à quatre.  Nous recherchons l’accroche immédiate. Je pense que des groupes comme System Of A Down fonctionnent comme ça, leurs riffs sont hyper accrocheurs et dansants.

Au final pas de dictateur dans le groupe ?
Ravin : Non, chacun vient avec des idées et on jamme. Même le batteur Loïc peut prendre une guitare ou une basse et nous montrer un riff. Par exemple, encore sur « Out Of My Life », je me suis rendu compte en répétition qu’il se passait quelque chose entre le batteur et le guitariste, et le morceau est né entièrement en répet’ et surtout hyper rapidement.

C’est toi qui écris les textes ?
Ravin : J’écris beaucoup, mais récemment, Loïc a pas mal pris le relais, cela me permet de me concentrer plus sur les lignes de chant. Après nous ne sommes pas un groupe avec des revendications, nous privilégions le phrasé et la musicalité des lignes de chant plus qu’un message à faire passer. Cela ne nous empêche pas d’écouter des groupes comme System Of A Down ou Rage Against The Machines. Ça peut paraître choquant, mais les paroles ne sont pas ma priorité. Donc on parle de tout.

Il n’y a pas les paroles dans le CD, c’est dommage tout de même !
Ravin : Oui je sais, mais je vais être honnête avec toi, ajouter les paroles c’est un livret de huit pages, et ça coûte de l’argent.

Je me doute, mais tu sais que j’ai appris l’anglais avant de prendre des cours à l’école en traduisant les paroles de Metallica et Iron Maiden ?
Ravin : C’est marrant, j’ai fait exactement la même chose ! Il faut intéresser les gens aux langues étrangères avec des choses qui leur parlent. Pas comme à l’école où c’est enseigné d’une certaine manière. Je dis ça parce que le batteur est prof d’anglais au collège (rires) !

Pourquoi ne pas les mettre sur votre site en PDF ?
Ravin : Au moment où tu me le dis, c’est ce à quoi j’étais en train de penser.

Parlons du visuel de l’album, je trouve qu’il y a une grosse référence à Nirvana !
Ravin : Oui, cela revient souvent. À la base je ne voulais pas de ce visuel, j’avais peur de la confusion possible entre un album studio et un live. Mais au final, toutes les personnes impliquées dans l’album trouvaient ça super. Entre Roger qui nous aide beaucoup sur la com’, le label, les potes, les journalistes, tous ces gens habitués à voir plein d’albums pensaient la même chose. Alors je me suis dis qu’il y avait peut-être quelque chose.

Personnellement j’y vois aussi une sorte de passation avec les générations futures, cet enfant porté vers la scène, c’est un message intéressant.
Ravin : Je n’avais pas vu ça comme ça, mais c’est une idée à creuser. Je vais la garder pour les interviews futures ! Je dirai que c’est mon idée (rires)

Je te demanderai des royalties, de toute façon tout est enregistré !
Ravin : Ah merde (rires) !

Sur scène, vous laissez vivre les morceaux ?
Ravin : Non, nous essayons de les jouer tels quels, parfois on coupe des intros en fonction du temps qu’on a pour jouer. Par contre pas de clic, donc parfois il y a des fluctuations sur certains titres. Ça fait partie du jeu !

C’est sûr que si c’est pour écouter l’album, autant rester chez soi et se servir un bon vieux rhum en écoutant de la musique !
Ravin : 200% d’accord avec toi ! Je ne vois aucun intérêt aux groupes qui jouent live en récitant leurs morceaux au millimètre près ! Mais je pense que ce sont les fans de Metal qui sont un peu pointilleux. Dans la Pop ou dans le Rock, le public ne va pas se soucier du son de la caisse claire, où de savoir si le rythme est plus rapide ou plus lent que sur l’album.

Les réseaux sociaux ont l’air très importants pour vous ?
Ravin : Oui ! Notre batteur diffuse des tas de posts sur Facebook assez drôles sur notre actualité. À tel point que parfois les gens nous disent « Ah oui, ce post était super drôle ! », « Ok, mais vous savez qu’on sort un album le 29 mars ? », « Ah non, mais le post était drôle. », « Ok, mais c’était le but de ce post ! ». Bon, je n’adhère pas à tout ce qu’il publie, surtout si les gens ne retiennent pas l’info principale (rires) !

Le contact avec le public ?
Ravin : Le public vient beaucoup nous voir après les concerts pour nous rencontrer. C’est d’ailleurs avec ces rencontres qu’on a su que l’on nous comparait à Danko Jones, Foo Fighters, Metallica… Et encore une fois, même si ce ne sont pas des groupes que l’on écoute forcément, sauf pour Metallica (NDR : Tous les tatouages de Ravin sont en rapport avec Metallica), il est vrai qu’il y a des similitudes

Et une anecdote de studio ?
Ravin : Oui ! Je suis arrivé en studio avec un morceau presque complet guitare/basse/batterie. Puis Francis est arrivé, nous a écoutés le jouer et m’a dit « Si il y avait une police des riffs, tu aurais une amende phénoménale pour rémunérer tous les auteurs de riffs depuis la création du Rock ! ». Au final, nous nous y sommes tous mis pour réécrire le titre alors que je pensais avoir composé le meilleur morceau de l’histoire (rires) !

Et une anecdote de scène ?
Ravin : Oh oui ! Il y a deux ou trois ans, nous avons fait un concert pour lequel j’étais à bloc, super motivé et fier de moi. Lorsque j’ai vu la vidéo, je me suis aperçu que je n’étais pas branché, tout le concert, mon HF pendait sans être branché, j’étais à fond et les autres ne se sont rendus compte de rien ! C’est à se demander si je suis si indispensable que ça dans le groupe (rires) ! Sinon il y a eu ce concert au Réservoir (Paris : NDR) où j’ai commencé à jouer un morceau ne faisant pas partie de la setlist, et qui plus est à un rythme bien plus élevé que prévu. À la fin, le public était à fond, donc je vais voir les gars pour faire un check, et là, Lionnel me dit « putain, connard, on ne devait pas jouer ce morceau ! », le batteur me dit  « Mais qu’est ce que tu as foutu, on ne devait pas jouer ce morceau ! », et le guitariste me pourrit aussi ! Moi j’étais super content, et je me fais insulter devant tout le monde (rires) !

Tu n’avais pas de setlist ?
Ravin : En fait je suis myope comme une taupe, donc je ne vois pas les setlists, et je ne sais pas pourquoi j’ai commencé spontanément à jouer ce morceau là !

Alors je te laisse le petit mot de la fin ?
Ravin : Si vous aimez le Rock influencé Metal, venez nous voir !