Interview DEAD BONES BUNNY



« Faire de Dead Bones Bunny une véritable locomotive »

C’est mon gros coup de cœur de ce mois de février. Les Dead Bones Bunny osent la rencontre improbable entre le Rockabilly, le Metal, la Surf Music et le Rock à la Elvis des premières années. Rencontre toute aussi improbable avec une lapine morte au Hard Rock Café de Paris pour une interview tout aussi improbable avec la principale intéressée, j’ai nommé Bunny Bones elle même !

Par © Christophe Favière


Genre : Rockabilly/Metal
Ville d’origine : Paris
Nouvel Album : What’s Up Rock ?
Sortie : 15 janvier 2019
Label : Auto-production


Tracklist :
1- Team Bunny
2- Get Back To London
3- She Slays Dragons (Featuring Nils Courbaron)
4- Dance Or Paradise
5- Rabbit's Legacy
6- Hit That Bone
7- Carrot On Fire
8- Not Wanted
9- How I Met Bunny
10- Bunny Feels
11- Boogie Mont-Souckey
12- My Name Is Dead Bones Bunny

 

Membres :
Bunny Bones,

Tim, Fafa, et Isa : chant
Steve : guitare
Savi : batterie
Gab : contrebasse


Clips :


Pourquoi un tel mode d’expression, la musique Rock, cela fait partie de ta culture ?
Bunny Bones : Exactement. Je suis une Pin Up des années 50 propulsée en 2018 où j’ai découvert le monde du Metal. Du coup je me suis dit pourquoi ne pas marier les styles et faire du Rockabilly Metal, et voilà !

Toutes les chroniques sur l’album font références aux Stray Cats et à Motörhead, mais je trouve aussi qu’il y a une bonne dose de Happy Drivers et de Surf Music.
Bunny Bones : Tout à fait, ce sont des références pour moi.

Et toi, comment tu définis ta musique ?
Bunny Bones : Pour ma part j’ai beaucoup de références Rockabilly et ce qui en découle, la Surf Music, la Country, le Psychobilly. De leur côté, les autres sont plus Metal et Punk, le fait de mélanger tout ça, fait que j’ai du mal à définir notre musique. D’autant que sur certains morceaux, un style ressort plus qu’un autre. C’est un bon melting pot.

Alors quelles sont les influences principales ?
Bunny Bones : Clairement Motörhead. Mais plus subtilement, du Elvis Presley première période. La période 50/55, là où il a créé ses plus gros tubes, et là où, pour moi, il était le plus efficace en terme de refrains. Ce que nous cherchons à reproduire au sein du groupe.

Quel est parcours pour en arriver là ?
Bunny Bones : Alors moi je faisais ma petite vie à Londres à la fin des années 40 début 50, et suite à une soirée un peu arrosée, j’ai trébuché contre le Juke Box que je me suis pris sur le coin du nez. Suite à cet accident, je me suis retrouvé propulsé sous cette forme en 2017. Donc un parcours un peu compliqué dans le sens où, lorsque les gens me croisent dans la rue, ils sont un peu déstabilisés ! Il n’y a que dans le milieu Metal où il y a eu une très bonne réaction à mon physique. Les têtes de morts ça leur plait bien ! Nous nous sommes donc mis à travailler ensemble jusqu’à octobre 2017 où mes copines des années 50 m’ont rappelées via la magie noire. Je suis donc repartie là-bas, et ce fût une révélation. Ma place n’était plus du tout à cette époque mais ici. J’ai donc réussi par le biais du Vaudou à revenir aujourd’hui. Le seul hic, c’est qu’il y a fallut que je meure réellement dans le passé pour arriver ici.

C’est métaphorique ou complètement inventé ?
Bunny Bones : Disons que c’est toute une aventure…

Ça va être compliqué de finir cette interview !
Bunny Bones : Ah ! Ah ! Ah !

Comment est né ce projet ?
Bunny Bones : C’est mon projet. J’ai réussi à réunir une équipe de gens extrêmement passionnés et motivés. Ils avaient tous eu pleins d’autres projets par le passé, et du coup ils étaient prêts à mettre les bouchées doubles pour faire de Dead Bones Bunny une véritable locomotive. Et je pense que nous sommes plutôt pas mal !

Tu n’es pas musicienne il me semble ?
Bunny Bones : Et bien écoute, finalement je vais m’y mettre ! Être stage manager c’est bien, mais participer réellement au concert, c’est encore mieux. Je vais donc m’armer de cette petite chose (Une mini Flying V rouge) pour proposer un solo lors d’une de nos chanson.

De quant date ta rencontre avec la Bunny Team ?
Bunny Bones : De fin 2017. Nous avons été rapide sur la composition, et mi-février 2018, nous pouvions faire notre premier concert.

C’est ton projet, mais tu n’es pas musicienne, du coup qui compose ?
Bunny Bones : Majoritairement le guitariste et le contrebassiste. Ils posent les premières pierres, nous proposent leurs créations, et ensuite c’est assez collégial, Tout le monde s’y met. De mon côté, j’écris avec le chanteur.

Vous écrivez donc à deux, ce n’est pas trop compliqué ?
Bunny Bones : Non, ça va. Nous sommes sur la même longueur d’onde, on se comprend bien, c’est cool. Et puis j’ai la chance de travailler avec des gens qui communiquent très bien et qui écoutent aussi les autres. Il n’y a pas de problème d’ego et chacun amène sa pierre à l’édifice.

Gab est l’ancien bassiste d’Artweg, tu sais comment il en est arrivé à la contrebasse ?
Bunny Bones : Il s’est mis à la contrebasse après avoir quitté Artweg. Il avait vraiment envie de se lancer dans la découverte de cet instrument.

« That’s All Rock » est un concept album, tu peux nous en faire un synopsis ?
Bunny Bones : Comme je l’expliquais tout à l’heure, après mon arrivée à Paris suite à mon décès —même si en fait je me suis rendu compte que je n’étais pas tout à fait morte, ce sera un des mystère à élucider pour la suite— j’ai fait la rencontre des musiciens avec lesquels j’ai fais mon petit parcours. Début octobre 2018, j’ai été rappelé par mes copines via la magie noire pour retourner à Londres. Mais arrivée là-bas, lorsque j’ai raconté mon histoire, on m’a prise pour une cinglée. Ce qui est plutôt normal lorsqu’un pote t’explique qu’il revient du futur où il a monté un groupe de Rock improbable, tu as juste envie de lui demander quelle est sa drogue pour que tu puisses en prendre (rires) ! Donc, je me suis retrouvée en prison un moment. Et suite à une rencontre dans un bar avec Charles Holley, je me suis rendu compte que la magie Vaudou pouvait m’aider à repartir dans le futur. Pour cela il me fallait me rendre sur le mont Souckey situé pas loin du Texas et mourir à nouveau pour revenir en 2019. Tout simplement !

Je suis désolé de te dire ça, mais c’est une bonne chose pour le Rock Français que tu sois morte à nouveau ?
Bunny Bones : C’est gentil, mais j’espère que c’est fini, ces voyages dans le temps m’épuisent (rires) !

Donc le disque raconte toute cette histoire ?
Bunny Bones : Exactement !

Et tu as tout raconté ou tu en as gardé sous le coude ?
Bunny Bones : Il reste beaucoup de zones d’ombre sur mon histoire. Maintenant que je suis là avec mes bagages bien posés, je compte bien comprendre le pourquoi du comment et élucider tous ces mystères pour les raconter dans le second album.

Vous avez un univers visuel scénique assez marqué, et cela se retrouve dans le CD qui est un magnifique objet, c’était important pour vous ?
Bunny Bones : Totalement. Nous avons entièrement créé cet univers autour de Dead Bones Bunny. Nous nous sommes dit qu’il fallait faire les choses à fond, aussi bien au niveau scénique que pour l’album. Nous avons voulu voir les choses en grand. Les musiciens sur scène sont lookés pour plonger les gens dans notre univers et dans l’ambiance. Pour l’album, nous nous sommes dit « nous avons mélangé des styles de musique, et si on mélangeait des styles graphiques différents pour représenter l’histoire ? ». Nous avons tout simplement lancé une annonce sur Facebook en disant que nous cherchions  à travailler avec des graphistes pour réaliser de petites affiches illustrant les textes des chansons. Nous avons eu pas mal de réponses, et nous avons donné aux personnes l’opportunité de choisir le texte qui leur parlait le plus, et chacun nous a proposé une illustration telle que tu la vois dans le livret. À aucun moment nous n’avons interféré dans leur travail.

Le petit clin d’œil à Korn avec l’illustration de Todd McFarlane sur la pochette de « Follow The Leader », c’est pour quoi ?
Bunny Bones : C’est un truc assez fou ! L’un des graphistes qui nous a contacté nous a dit avoir les droits sur cette image pour la modifier et nous demande donc si nous sommes intéressé. Il la trouvait parfaite pour illustrer ce titre qui décrit le moment où je quitte ma famille pour rejoindre le Mont Souckey. Il n’y avait qu’à rajouter les oreilles. Nous avons trouvé le concept génial et avons donc signé !

C’est fou cette histoire de droit !
Bunny Bones : Oui, c’est étonnant ! Nous lui avons tout de même demandé s’il était sûr de son coup ! Nous n’avions pas envie de nous retrouver avec un procès au cul ! Même si cela aurait fait une bonne publicité pour l’album ! Mais il avait bien les droits sur cette image.

J’imagine que les réseaux sociaux ont une grande importance pour vous ?
Bunny Bones : Tout à fait. Nous communiquons beaucoup, Facebook est notre principal outil de communication.

Et le contact avec le public ?
Bunny Bones : Aussi, nous adorons communiquer avec les gens. Par exemple au Motocultor, le contrebassiste nous a dit : « Je range le matos, foncez rencontrer les gens ! ». Je suis donc descendu dans le public, et je ne m’en sortais plus ! Cela a été un grand moment ! Je revois une de nos choristes faire un dessin de lapin sur le casque d’une petite fille pendant que je l’avais dans les bras. C’était un moment fort. Et sans avoir la grosse tête — même si elle est assez conséquente ! — Nous sommes là pour partager notre son, et nous ne voulons pas mettre de barrière entre nous et le public.

Une petite anecdote de scène ?
Bunny Bones : Ah oui ! Je suis un peu maladroite et dès mon entrée sur la scène du Motocultor, il y avait des retours par terre, je me suis pris les pieds dedans et je me suis vautrée !