Disconnected / « Avoir une cohérence »


Artiste : Disconnected
CD : « White Colossus »
Genre : alternative rock
Ville d’origine : Athens
Maison de disque :

Apathia Records

    

01 Living Incomplete

02 Blind Faith

03 Wounded Heart

04 White Colossus

05 Feodora

06 Losing Yourself Again

07 Blame Shifter

08 For All Our Sakes

09 The Wish

10 Armageddon


Membres :

Adrian Martinot

(Melted Space) : Guitare
Ivan Pavlakovic

(Heavy Duty) : Chant
Aurélien Ouzoulias

(Mörglbl, Ron Thal, Zuul Fx, Satan Jokers) : Batterie
Romin Manogil : Guitare
Romain Laure

(Darknation) : Basse


« Living Incomplete »



Interview Christophe Favière pour boosteleson.com / Replica Promotion

A mi-chemin entre Alter Bridge, Gojira, et Deftones —leurs références—, les Aubois de Disconnected sortent leur premier album « White Colossus ». Imaginé par Adrian Martinot également guitariste de Melted Space, le combo nous propose un Modern Metal qui ne se soucie guerre des étiquettes et pioche dans ses différentes influences pour nous dévoiler un album riche en gros riffs qui répondent à des passages plus athmosphériques. Rencontre avec Adrian au Hard Rock Café de Paris.


Pour commencer, tu nous présentes le groupe ?
Adrian : Je suis le guitariste et compositeur du groupe et je suis à l’origine de Disconnected. C’est un projet qui me trottait dans la tête depuis plusieurs années, nous avons pris le temps, et ça sort enfin, donc nous sommes tous contents que cet album voit le jour.

Et comment définis-tu ta musique ?
Je n’arrive pas trop à mettre de mots dessus. Lorsque je compose, je ne mets pas de barrières pour faire un truc bien défini. Je crée les titres sans trop me prendre la tête.

Dans l’ensemble, cet album sonne presque Math Core, on a l’impression que tout est calculé au millimètre près ?
Oui, Lorsque j’écris, tout est calculé, les rythmiques sont précises et ne laissent pas trop de place à l’improvisation. Même si certaines parties ouvrent plus la voix à l’exploration. Mais ma musique reste un mixte de tout ce que j’écoute. Je pioche naturellement dans ce que j’aime bien. Comme une éponge qui absorbe, et lorsque tu la presse, il y a tout qui ressort.

Justement, tu écoute quoi ?
C’est assez varié, je suis un gros fan d’Alter Bridge, mais j’écoute des choses un peu plus énervées comme Architects ou à l’opposé des choses plus Pop comme Muse. Bref, zéro limites, même s’il est vrai que ma base reste la musique électrique avec un gros son de guitare.

Il y a une réelle cohérence du début à la fin dans l’album, et pourtant il y a une prise de risque avec des arrangements ou des breaks que certains musiciens n’auraient pas osés, cela doit être un gros travail ?
En fait je fais ça assez naturellement. Chaque partie de l’album correspond à une idée arrivée à moment donné. J’explore ces idées, même si elles me mènent vers des choses inattendues, ce n’est pas grave. Je travaille beaucoup au feeling.

Les autres musiciens ont participé à l’aspect création de l’album ?
Je travaille sur ce projet depuis 2012 et j’ai eu beaucoup de mal à trouver un line up avec les mêmes aspirations et la même motivation que moi. J’ai donc composé l’intégralité de l’album. Maintenant, j’ai laissé beaucoup de liberté au chanteur Yvan qui a travaillé sur des compos toutes faites. Je ne suis pas fermé aux idées des autres. À l’avenir nous opterons peut-être pour une autre méthode de travail, même si celle si a plutôt bien fonctionné, et convient à tout le monde.

Les alternances de chants clairs/chants saturés, c’est toi qui les a écrites aussi ?
Non, ça c’est Yvan. Lui, à la base, partait sur beaucoup plus de voix saturées, mais mes influences comportent plus de voix claires. Nous avons donc mis tout cela à plat et trouvé ce compromis de 70% de voix claire et 30 de saturée. La plus grosse difficulté est de trouver la bonne répartition pour ne pas que cela desserve le morceau. Et comme Yvan aime vraiment alterner les chants, nous nous sommes bien entendu sur ce sujet.

À ce propos, comment vous êtes vous rencontré ?
C’est par l’intermédiaire de François-Maxime Boutault, l’ingé-son qui a mixé l’album et qui suit le projet depuis un bon moment. Il connaissait ma difficulté à trouver un chanteur, il m’a donc envoyé un message me disant qu’il pensait à Yvan pour le chant, il avait travaillé avec lui par le passé, et était persuadé que cela pouvait fonctionner. Je l’ai donc contacté, et déjà au téléphone, humainement, cela c’est super bien passé. Je lui ai donc présenté le projet qui lui convenait parfaitement. Je lui ai donc envoyé les titres, et il a proposé des idées. Une alchimie s’est créée, et ça l’a clairement fait.

Depuis le début du projet en 2012, j’imagine qu’il y a eu des changements de line up ?
Oui, il n’y a que moi qui reste. À la première mouture du groupe, je n’avais pas les mêmes ambitions, je sortais tout juste de l’école. Entre temps j’ai joué avec Melted Space, avec The Mars Chronicles et pas mal d’autres groupes, et mes ambitions ont un peu évolué avec le temps. Donc avec le premier line up, ça ne matchait plus, les mecs n’étaient pas près à s’investir autant que je l’aurais voulu. J’ai préféré tout reprendre à zéro.

Tu avais déjà une idée bien précise de ce que tu voulais faire ?
Oui, j’avais déjà des morceaux en tête. Je les ai mis entre parenthèse par manque de temps, entre Melted Space et Mars Chronicles, je n’avais pas le temps de me plonger vraiment dedans. Mais j’écrivais régulièrement des titres pour le projet Diconnected qui restait dans un coin de ma tête. Et lorsque j’ai vraiment eu le temps de m’y consacrer, j’ai cherché une nouvelle équipe pour monter le projet.

Parlons de Melted Space, comment s’est passé ta rencontre avec Pierre Lepape ?
À l’époque, comme je n’arrivais pas à trouver de chanteur, je me suis décidé à prendre des cours de chant pour le faire moi-même. Comme Pierre donne des cours de piano et de chant sur Troyes, je me suis retrouvé chez lui. Entre Metalleux, nous nous sommes bien entendus, et il m’a parlé de son groupe Melted Space. Je ne connaissais pas du tout, il m’a donc fait écouté en me disant qu’il partait en tournée à la fin de l’année. J’étais content pour lui, et puis rien de plus sur le sujet. Deux semaines avant le début de la tournée, il m’appelle un soir vers minuit pour me dire que son guitariste le plantait, et pour me demander si je ne voulais pas le remplacer pour la tournée. Je lui ai demandé de m’envoyer les morceaux pour commencer à les travailler, et il m’annonce qu’il me les envoie de suite car la répétition était le lendemain à 8h ! Du coup je n’ai pas dormi, j’ai bossé toute la nuit et me suis pointé à la répet’ avec tous les morceaux en tête. Et cela a matché direct. C’était une superbe expérience.

Cela doit énormément faire progresser de travailler avec des gens comme ça ?
Oui carrément !  Même si j’avais déjà des morceaux de prêts avant cette expérience, je ne les ai pratiquement pas retouchés. Cela a certainement influencé ma manière d’approcher ce travail, mais là où cela m’a le plus influencé, c’est surtout sur l’aspect production d’un disque et sur les arrangements. J’ai beaucoup appris avec Pierre, il m’a bien conseillé sur l’aspect extramusical sur lequel j’étais novice.

Six ans pour sortir un album, c’est long, tu n’as jamais eu de doutes ?
Oui c’est long, mais cela faisait partie de la démarche. Peu importe le temps que cela prendrait, je ne voulais pas me précipité et avoir un disque dont je ne serais limite pas fier. Comment veux-tu défendre un album si tu ne l’aimes qu’à moitié, c’est illogique. Bon c’est sûr que deux ans de plus j’aurais peut-être pété un plomb (rires) !

Le fait que tu aies trouvé ton chanteur a été important ?
Cela à tout déclanché ! Ça nous a mis une dead line et en même temps cela a provoqué une dynamique plus importante. C’était vraiment l’élément central qui me manquait. Trouver un batteur ou un bassiste, c’est beaucoup plus facile, trouver un chanteur qui va représenter et faire vivre l’album, c’est plus complexe. Le chant c’est 50% de la musique. Il fallait quelqu’un qui comprenne ma musique et apporte ce petit truc en plus, et là c’était le cas. Une vraie alchimie. Voilà pourquoi cela à tout déclanché. Nous avons commencé à travailler sérieusement les textes, les lignes de chant, trouver un line up pour commencer à répéter, et caler les sessions studio rapidement. J’avais tout préparé en amont, il n’y avait plus qu’à lancer la machine. Même le graphiste était prêt.

Tu as écrit les textes aussi ?
Non, pour les textes c’est Yvan. Nous avons juste co-écris deux chansons.

D’où est venu l’inspiration ?
Nous nous sommes concentrés sur le thème de la déconnection. Il y a dix états de déconnection différents répartis sur l’album. Ce n’est pas un concept album car chaque chanson est indépendante, mais il y a un fil rouge dans les paroles. Nous voulions qu’il y ait une cohérence à ce niveau-là aussi.

Cela ne doit pas être un exercice facile ?
Yvan a été très inspiré par le projet, donc il a été assez vite. Entre le moment où nous nous sommes rencontrés et celui où nous avons écrit les paroles il s’est passé six mois. Le tout en travaillant à distance car il est de Montpellier.

Revenons à toi, comment en es-tu venu à la guitare ?
J’ai commencé à l’âge de quinze ans au lycée. J’avais un pote qui en jouait, je trouvais ça cool, donc je m’y suis mis. Et pour mes quinze ans, j’ai eu une guitare. J’ai pris des cours et ce fut une révélation. C’était plus qu’une passion. L’année qui a suivi, je savais ce que je voulais faire. Je n’allais pratiquement plus en cours, je passais mon temps à jouer. J’ai tout de même intégré la M.A.I. de Nancy. Sorti de l’école, j’ai commencé à donner des cours de guitare, puis à monter les base de Disconnected. Ensuite il y a eu la rencontre avec Pierre qui a tout déclanché. Les tournées et les enregistrements d’album, c’était le début de ma carrière, même si pour l’instant cela reste une toute petite carrière ! La bonne rencontre au bon moment.

Lorsque tu regardes derrière toi, tu te sens chanceux ou tu savais que cela allait arriver ?
Oui, je me sens chanceux d’avoir pu faire ce que j’ai fait avec Melted Space. J’en suis très heureux, et forcément je me sens chanceux d’avoir pu le faire. Nous avons tout de même tourné avec de grosses pointures, notamment la tournée « The Great Lie » avec Symphony X et Myrath, c’est une expérience que je n’oublierais jamais. J’ai appris plein de choses en regardant les vidéos de ces mecs sur youtube, et d’un coup je me retrouve à vivre en tournée six semaines avec eux. C’était un peu irréel au début !

Ça fait grandir aussi ?
Oui, lorsque tu te prends une baffe tous les soirs par ces mecs-là, tu te dis que tu as encore du boulot ! Le premier concert tu te rends compte du professionnalisme. Ces types ont beaucoup plus d’expérience et ça ne rigole pas. J’étais vraiment là pour apprendre. Heureusement, je connaissais déjà Morgan le batteur de Myrath, nous avions joué ensemble dans The Mars Chronicles, cela m’a détendu un peu et nous avons bien rigolé dans le tour bus.

L’album est sorti le 23 mars, des dates de prévu ?
Nous avons fait une résidence de quatre jours pour préparer les concerts. Nous avons créé un show avec un ingénieur du son et un ingénieur lumières pour avoir une cohérence scénique. Nous voulons avoir un show particulier avec le visuel. Le jour de la sortie nous avons fait une release party sur Troyes, et nous jouerons le cinq mai à la Boule Noire de Paris avec Malemort et Molybaron. Pour la suite, nous démarchons beaucoup auprès des tourneurs pour trouver des dates, nous avons des pistes et quelques rendez-vous pris. Ensuite il faut être patient et voir ce que cela va donner.

Il va se passer quoi sur scène ?
Nous avons beaucoup travaillé les lumières pour avoir un impact fort avec la musique. Nous avons aussi une piste pour monter un show avec des écrans vidéos. Mais nous avons bien conscience qu’à notre niveau, nous allons très peu jouer en tête d’affiche et qu’il sera difficile d’installer tout ça, nous réfléchissons donc à d’autres options pour offrir un beau concert au public.

Vous réarrangez pour la scène ?
Musicalement nous essayons de coller le plus possible à l’album. C’est surtout au niveau du chant qu’il y a eu du travail. Comme sur l’album il y a plusieurs pistes superposées, nous avons essayé de trouver celle qui correspondait le mieux pour le live sans dénaturer le morceau.

Une petite anecdote de studio ?
Pas vraiment, comme tout était prêt en amont, chacun est venu en studio pour enregistrer ses parties, et du coup cela a été super rapide. Nous n’avons pas eu de galère, rien qui a planté. Ce n’est même pas drôle ! La prochaine fois nous ferons en sorte de casser un truc dans le studio (rires) !

Le petit mot de la fin ?
J’espère que ceux qui ont écouté l’album leur a plu, et ceux qui ne l’ont pas écouté, allez l’écouter ! et si cela vous plaît, venez nous voir en concert, parlez de nous, le bouche à oreille reste ce qui marche le mieux !