EL BUTCHO / l'interview !


Yann Armellino

& El Butcho
Genre : Hard Rock
Ville d’origine : Paris
Nouvel Album : "17"
Sortie : 22 JUIN 2018
Label : Xplose-Music Prod
  

Tracklist :
1- Mr Wish
2- Love Ain’t Easy To Tame
3- How The World Is Turning On
4- I Don't Give It Up
5- Separate Ways
6- Let's Start Again
7- Under My Skin
8- Don't You Worry Bout The Thing
9- Drawn In My Fears
10- Smile Giver


Membres :

El Butcho : chant
Yann Armellino : guitare
Jacques : guitare
Julien : basse
Alban : batterie


Deuxième album pour Yann Armellino & El Butcho, avec « 17 », le duo continue d’explorer les racines du Hard Rock. Rencontre au Hard Rock Café…

par Christophe Favière



« Nous ne sommes pas Guns N' Roses »


Alors, deuxième album, d’après toi comment avez-vous évolué ?
El Butcho : Déjà dans notre façon de travailler. Sur le premier album, chacun bossait un peu de son côté, on s’envoyait des fichiers, et on en discutait. Pour le deuxième nous avons voulu faire un peu différemment. Nous avons d’abord inclus les musiciens qui nous accompagnent en live, Alban, le frère de Yann à la batterie, le bassiste julien Boisseau et le guitariste Jacques Méhard-Baudot qui a entièrement composé un des titres. Ensuite, nous avons travaillé ensemble avec Yann. Juste lui, sa guitare folk et moi. Nous avons bossé les chansons, et chacun a peaufiné de son côté. Yann m’envoyait ensuite les fichiers, et moi j’ai enregistré les voix et les chœurs en deux jours.

Deux jours ? Cela a effectivement dû impliquer un gros travail de préparation en amont ?
El Butcho : Oui, j’ai fais un gros travail de préparation, mais une fois que je sais ce que je veux, je suis très rapide à enregistrer.

Donc vous avez travaillé « à l’ancienne », ce qui renforce votre côté « Hard Rock 80 » ?
El Butcho : Exactement, c’est l’esprit que l’on voulait mettre en exergue. Pratiquement tout a été composé avec une guitare sèche. Et si l’on doit faire un troisième album, ce sera totalement avec cette méthode. Les quatre derniers morceaux que nous avons composés sont, à mon goût, ceux qui sonnent le mieux.

Il ressort de cet album la sensation, de rouler sur une autoroute américaine désert et faire une pause dans un vieux rade crado ?
El Butcho : C’est ça ! C’est exactement l’esprit que nous voulions dégager. Et dans le visuel, et dans la musique, et dans les textes. Cet album est avant tout un voyage introspectif, mais c’est aussi une invitation à faire ce voyage avec moi.

Justement, de quoi ça parle ?
El Butcho : Cela parle de choses un peu personnelle, mais aussi de liberté, d’où le visuel très « route 66 ».

Il y a un côté « Easy Rider » ?
El Butcho : C’est 100% ça !

Tout le monde fait référence à vos influences des années 80, moi je trouve qu’il y a aussi beaucoup des années 70 dedans ?
El Butcho : Oui, tout à fait. Mais il y a aussi un peu des années 90. Par exemple le titre « Love Ain’t Easy To Tame », j’imagine bien du Whitesnake sonner comme ça. D’ailleurs ce sera le single. Il fait partie des titres que nous avons choisi parce qu’il sort un peu de l’ordinaire, mais il y a aussi « Under My Skin » et « Smile Giver » qui sont encore différents. « How The World Is Turning On » composé par le guitariste a un côté vraiment plus Rock ‘N’ Roll. Le fait que tout le monde soit plus investi a apporté une richesse supplémentaire par rapport au premier album. C’est pour cela que si nous faisons un troisième album, il sera encore meilleur ! Pour la simple et bonne raison que nous nous connaîtrons parfaitement. Nous commençons à avoir des automatismes, chacun sait ce que l’autre attend, ce qu’il aime. « Love Ain’t Easy To Tame » sera l’amorce de ce que sera le troisième album. Je peux te le dire direct ! On veut faire un album 100% Hard Rock-Blues, esprit Whitsnake, Thin Lizzy. C’est ce que nous voulons pour le prochain, et rien d’autre.

Cela n’a pas été trop dur pour Yann de laisser un autre guitariste composer à sa place ?
El Butcho : Absolument pas. Au contraire. Au départ, je pensais : guitariste = ego, mais pas du tout, Yann n’a absolument aucun ego ! Zéro problème.

Par contre les textes c’est toi ?
El Butcho : Toujours. Je n’ai jamais chanté les textes de quelqu’un d’autre. Hormis les reprises bien sûr.

Justement, parle nous de la reprise de Stevie Wonder ?
El Butcho : Je suis fan. Et celui-ci c’est mon morceau préféré. Ma référence c’est un live de 1974 que tu peux trouver sur Youtube. Je me suis même fait faire mon propre T-shirt. À la base c’est un morceau plutôt Latino, le challenge c’était de le transformer en version Hard US. Donc pour Yann c’était un gros défi, je ne voyais pas comment il allait faire. Mais il a magistralement réussi. Pour ma part il n’y avait pas de difficulté puisque c’est la même ligne de chant. C’était génial, on s’est éclaté à faire ce morceau.

Ça fait partie de tes influences ?
El Butcho : Oui, c’est ce que j’écoutais bien avant le Hard Rock que j’ai découvert à 14 ans.. La Motown, la Soul, le Funk, même le début du Rap avec Sugarhill Gang, Kurtis Blow, GrandMaster Flash, j’ai baigné là-dedans tout jeune, même si j’ai commencé par Elvis. Ensuite il y a eu Mickael Jackson, Prince…

Quels ont étés les défis pour ce deuxième album ?
El Butcho : Outre la reprise de Stevie Wonder, la grosse interrogation a été de savoir si nous serions aussi créatifs que sur le premier album tout en incluant d’autres personne dans notre délire. Et puis tout a collé directement !

Vous avez donc eu une grosse remise en question ?
El Butcho : Oui forcément, nous avons supprimé trois ou quatre morceaux que l’on trouvait moins bien, qui sonnaient un peu vieillots. Ils étaient tout prêts, mais comme nous avions le temps, pas de maison de disque pour nous presser, nous avons recommencé.

Qu’est ce qui vous a poussé à faire ce deuxième album ?
El Butcho : Alors c’est tout bêtement le fait qu’en live, nous n’avions pas assez de morceaux et nous étions obligé de faire des reprises. Et ça fait chier de faire des reprises sachant que tu peux faire des compos ! Donc avec Yann nous avons refait quelques compos. Trois, quatre, puis on s’est dit « Tiens, si on faisait un mini LP ? ». Et ça c’est fini en album ! Mais à la base c’était vraiment pour compléter un set live. Nous avions un show de 40/45 minutes, hors les programmateurs nous réclamaient de jouer minimum une heure. Et comme nous ne sommes pas un cover band…

En même temps ce n’est pas vraiment choquant, votre démarche est clairement un hommage à tous ces groupes des années 80/90 ?
El Butcho : Oui, c’est entièrement assumé, et c’est ce qui nous plais ! Si on veux faire un morceau comme Van Hallen ou comme Whitesnake —oui, je suis un gros fan de Whitesnake !— où est le problème ! Nous n’avons pas la prétention d’avoir inventé quoi que ce soit, on fait sincèrement ce que l’on aime, c’est tout.

Quel est ton regard sur le Metal actuel ?
El Butcho : Pour être honnête, je commence à saturer un peu. On retrouve toujours les mêmes clichés. Ça fait un peu rétrograde, mais c’était mieux avant. Prends les chanteurs par exemple, maintenant si ça ne braille pas dans tout les sens, ça ne va pas. Il n’y a plus de chanteur à voix comme à l’époque, chacun était reconnaissable à son timbre, maintenant tout le monde hurle de la même manière ! Malheureusement, il n’y a plus que ça. Prends un groupe comme les Dead Daisies, c’est bien, mais sans être péjoratif, ils jouent en dixième division ! C’est une niche. Moi j’aime le chant, mais c’est rare.

Mais ça fait du bien dans ce monde de hurleurs ?
El Butcho : Et c’est, à notre modeste niveau, ce que nous essayons d’apporter, une petite contribution au Hard Rock.

Tu en parlais tout à l’heure, c’était important pour vous de retravailler avec Éric Benzi pour ce deuxième album ?
El Butcho : Oui, on le connaît très bien maintenant, cela fait des années que nous bossons ensemble. Donc il nous paraissait logique de retravailler avec lui. C’est une continuité et ça facilite le travail. Même si c’est le frère de Yann qui a fait les batteries contrairement au premier album où là c’est Éric qui s’en était chargé, nous avons travaillé dans son studio.

Du coup, votre histoire à l’air de plutôt bien fonctionner, c’est le début d’une longue aventure ?
El Butcho : On verra, on ne se pose pas la question. Moi j’espère. Maintenant si ça marche tant, sinon, nous n’allons pas forcer les gens à venir nous voir ou nous soutenir. Nous avons fait notre travail, et maintenant nous le diffusons. Si les gens n’aiment pas tant pis, que veux-tu que je te dise…

Mais vous avez tout de même eu de bons retours après le premier album ?
El Butcho : Oui, le public a bien réagit, nous nous sommes même rendu compte au fil des concerts que les gens retenaient les morceaux, cela fait plaisir. Et c’est tout ce que l’on veux, faire chanter les gens et passer de bons moments ensemble. Mais bon, nous ne sommes pas Guns ‘N’ Roses non plus !

Comment expliques-tu le fait que nous ayons un des plus gros festival, et que nous ayons une si faible visibilité sur les groupes Français ?
El Butcho : Parce que dans l’esprit des gens, Français = pourrit. Il y a un petit côté snob dans tout ça. Ce n’est que lorsque tu commence à être un peu connu que les gens te disent « C’est génial ce que vous faite ! », sinon ils n’en ont rien à foutre ! Par exemple, puisque tu parles du Hellfest, cette année j’y joue avec un projet nommé Last Temptation.

Tu peux nous en parler ?
El Butcho : C’est un projet dans la veine Black Sabbath période Ozzy. C’est un tout nouveau projet, je n’ai jamais rencontré les musiciens, je ne les connais pas. L’album n’est pas encore sorti, il n’est même pas fini ! Pourtant nous sommes déjà programmé dans plein de festival.

Comment est-ce possible ?
El Butcho : Nous avons bossé par internet. Il y a Bob Dezley, le bassiste d’Ozzy, Vinnie Apice à la batterie, et Donney Ray aux claviers.

C’est énorme !
El Butcho : Oui, et c’est ce que je te disais, personne ne nous connaît ensemble, mais rien qu’avec les noms, on nous programme très facilement, toutes les portes s’ouvrent.

Puis-je te poser une question qui fâche ?
El Butcho : Vas y ! J’aime les questions qui fâchent !

La reformation de Pleymo, et le retour au premier plan de Mass Hysteria, ça ne te donne pas envie de rempiler avec Watcha ?
El Butcho : Non, ça va. C’était prévu pour les 20 ans du premier album, mais cela ne s’est finalement pas fait. Je voulais le faire uniquement si le line up d’origine était réuni. Le bassiste ne voulait pas, Frédéric parti chez Mass Hysteria ne voulait pas non plus, donc j’ai dis stop.

Yann ayant terminé son interview nous rejoint pour finir cette interview


Quel regard portez-vous sur la scène Française ?
Yann : Un regard bienveillant sur ce que font les autres. Même si les gens ne se parlent pas assez à mon goût.
El Butcho : C’est un peu chacun pour sa gueule. Mais il y a de la place pour tout le monde.
Yann : Il n’y a pas assez de partage de plans, comme souvent. Mais il y a des gens très bien. Je suis toujours parti du principe que l’union fait la force. Il faudrait organiser des plateaux multi artistes, cela pourrait aider à ramener plus de monde, plutôt que de faire des petites dates chacun dans notre coin. Mais ce n’est pas facile de trouver une cohésion économique pour organiser une tournée comme ça. Et pourtant je suis persuadé que c’est la solution. Sans parler d’un festival itinérant.
El Butcho : Comme à l’époque de Sri Watcha, il y avait 4/5 groupes, c’était top, la famille.
Yann : Même 2/3 groupes, ce serait déjà bien…

Le petit mot de la fin ?
El Butcho : Boosteleson pour notre album !
Yann : Voilà, faites le découvrir, et visitez la plateforme du label Xplose-Music pour le commander ! Soutenez la scène Française.