L'Envol !

Interview Hugues (Ugo) Chantepie


La formation s’éloigne de son identité première avec

un travail colossal de Stéphane Bihl alias Staif, en véritable chef d'orchestre, sur le son, l’arrangement, les textes et l’entrelacement des émotions finement dosées. « Ankaa »

est assurément l’album

de l’explosion artistique de Eths. Brutal, dark, furieusement metal dans une ambiance fouillée, variée, diversifiée permettant d’enrichir avec parcimonie leur palette de couleurs et nous invite à nous ouvrir musicalement et humainement. Entretien avec le maître d'oeuvre de

ce nouvel opus « made in perfect » Staif.



Artiste : Eths

Album : « Ankaa »

Label : Season Of Mist

 

Retrouvez l'album de ETHS

sur Season of Mist Youtube

Genre : Metal - Hardcore

Originaire : Marseille, France

 

Line-up :

Staif : Guitare - Voix

Damien : Basse

Rachel : Chant

RUL : Batterie


Eths - Vae Victis


Eths - Nihil Sine Causa


Eths - Nefas


Eths - Seditio


" Si les gens ne veulent pas écouter ta musique, il ne faut pas insister, mais je n’arrêterai jamais la musique, j’en ai besoin pour exister." Stéphane Bihl alias Staif


Pour commencer dis-nous pourquoi avoir choisi le métal/Hard-core pour mode d’expression artistique ?
Stéphane Bihl alias Staif : C’est le premier style musical que j’ai écouté, tout simplement et je suis arrivé au saturé par Nirvana, Metallica, Sepultura et Machine Head. C’est l’époque où j’ai voulu former un groupe, devenu par la suite Eths. Machine Head, Sepultura, vraiment le mélange des genres me représentant, mais je n’ai jamais été purement Heavy.

Depuis les débuts, comment penses-tu que le groupe a évolué musicalement et humainement, après sept albums ? Comment tu vois les choses aujourd’hui ?
C’est une question compliquée. Musicalement c’est dur à dire. La musique suit toujours notre personnalité, on a toujours à cœur de faire ce qui nous ressemble vraiment. C’est la raison pour laquelle les albums sont si différents, on fait les choses sur le moment, comme on les sent, pour être toujours en phase avec nous-même. Après humainement, c’est un peu pareil. Le groupe suit l’humain et je ne sais pas si pour une autre formation se serait différent, mais c’est important de rester sincère avec soi-même, avec tes propres envies. Avec l’âge tu prends de l’assurance et tu as moins peur de faire les choses. Tu y vas, tu fais le boulot, si ça marche tant mieux, si ça ne marche pas tans pis et il ne faut pas se poser de questions inutiles.

Justement tu t’es retrouvé face à ça lorsque Candice est partie. Il a fallu te lancer dans l’écriture…
Oui, ça a été compliqué, déjà de ne plus avoir les amis auprès de toi, même si le départ s’est passé en très bons termes, ça été assez dur malgré tout. Je me suis vraiment posé la question : « dois-je continuer ? », mais l’entourage et les membres actuels du groupe m’ont dit : « ce serait con d’arrêter maintenant ».

Du coup tu as décidé de te lancer dans la création complète ? Tu aurais pu partager l’écriture avec quelqu’un d’autre et garder la composition ?
Oui c’est vrai, mais ça me plaît aussi. J’avais déjà écrit un peu sur certains titres de Eths et sur cet album la musique est tellement sortie de moi naturellement, je me suis dit : « autant aller au bout ! ». Sur chaque morceau, il y a une identité propre, lors de la phase d’écriture j’avais déjà les noms des titres en tête et les lyrics découlent directement de ça. Et tout comme la musique, c’est venu assez naturellement.

Et pourquoi ces titres en Latin ?
C’est l’amour des langues mortes, mais aussi des vieilles civilisations. Ça me transporte dans une espèce de voyage antique, parmi ces civilisations disparues et surtout ces vieilles langues me fascinent. J’aurais même voulu aller plus loin en écrivant carrément avec les alphabets de ses différentes langues. En Grec, en Japonais, mais cela aurait été un peu compliqué pour les gens (rires !). Mon graphiste Nicolas, de très bon conseil m’a dit : « c’est con, tu vas perdre la lecture des morceaux et il faut savoir rester simple ».

Alors justement l’écriture, comment tu la ressens quand tu écris pour quelqu’un d’autre ? Tu y penses ou tu écris pour toi ?
Oui, à la base, j’écris plus pour moi, mais je sais aussi de quoi Rachel est capable, donc je me représente assez bien ce que cela peut donner. Sur certains refrains, je voulais faire appel à d’autres personnes car cela permet d’enrichir encore plus les couleurs du disque.

Du coup, tu es assez directif au niveau de l’interprétation ?
Oui, assez, même si je la laisse faire au début. Si cela fonctionne tant mieux, mais si ça ne va pas, je vais l’amener à faire ce que je souhaite, mais tout dépend également des interprètes. Par exemple, pour Rachel sur les cris de « Nefass, plus dans sa veine, plus rentre dedans, ça a fonctionné tout de suite. Par contre pour « Sedicio », il a fallu de nombreuses prises pour réussir à faire dégager un véritable sentiment. Je voulais, lorsque tu entendais son cri, que ça te mette vraiment la chair de poule et réussir à faire ressentir une sensation de détresse.

Mais ça c’est vraiment dû à ta position d’écrivain ?
Oui, d’écrivain, mais aussi de producteur. Sur les titres, la voix ne devait pas transporter la même chose. Sur certains de la brutalité, sur d’autres de la sensibilité.

C’est vrai qu’il se passe plein de choses dans les morceaux, c’est beaucoup plus complexe qu’auparavant, c’est ce que tu as recherché ?
Oui, c’est vraiment mon truc. C’est vrai, sur cet album il y a beaucoup plus de phases.

Tu es donc un dictateur ou un tyran ?
Je ne sais pas, il faudrait le demander aux autres ! Mais je suis assez directif et lorsque j’ai une idée claire et précise de ce que je veux, je souhaite l’entendre, mais je reste tout de même ouvert au dialogue. Finalement, si les autres sont toujours là malgré tout, ils jugent certainement positivement mes choix et ma vision de l’ensemble.

Donc le défi vraiment important à relever avec « Ankaa », mis à part le départ de Candice et le challenge de l’écriture. Quel est le vrai défi à réaliser ?
C’était pourtant ça, porter l’album tout seul. J’ai toujours été un grand fan de Nine Inch Nail, je suis très admiratif de Trent Trenor arrivant à tout faire car j’assume aussi la prod’. Ces morceaux font vraiment partie de moi, j’avais aussi une idée précise du son, comment je voulais que ça sonne, et j’ai pu arriver à ce résultat grâce à Nelson Leroy et Mobo de Concret Studio.

Et toutes ces casquettes, ce n’est pas trop compliqué ? Au niveau créatif, tu arrives à t’arrêter, le risque, c’est de détruire ce que l’on est en train de construire ?
Oui et non, ça me plaît, même si effectivement cela prend énormément de temps. Et c’est justement ce que j’ai appris sur ce disque, savoir arrêter la création au bon moment, savoir quand il faut passer dans la phase de production. Savoir où la création s’arrête et où l’emballage commence. Et là c’était plus simple pour moi.

Et tu es satisfait du résultat ?
Par rapport à ce que j’avais en tête absolument. J’avoue, la version vinyle représente plus le mix, il y a plus de dynamisme, même si à l’écoute parfois tu te dis « j’aurais pu faire ci ou ça ! ». Et curieusement, c’est le premier album de Eths où, lors de l'écriture, j’ai ressenti de grosses périodes de doute et je me disais : « cet album est nul, les gens ne vont pas le comprendre ! ». L’inverse des autres albums où à l’écoute je me prenais toutes les erreurs en pleine tête, là je me surprends à l’écouter encore en entier malgré avoir passé de nombreuses heures dessus. Donc oui, je suis content et fier d’avoir accompli ça !

Maintenant que tu écris, d’où vient ton inspiration, quel est ton univers littéraire ?
Énormément de Baudelaire, il m’a formé et accompagné depuis mon adolescence. Je suis super fan de toute la vague des surréalistes. Mais paradoxalement, je ne suis pas un grand lecteur, hormis les revues scientifiques, ça me passionne, donc je ne saurais pas te sortir d’autres auteurs.

Mais quand tu écris, tu écris en pensant à la musique ou tu écris pour le texte et ensuite tu l’adaptes ?
Ça dépend des morceaux, certains sont très personnels et découlent de l’envie d’exprimer une idée, d’autres où je voulais plus de violence, que les sentiments deviennent plus forts que la musique. Je me suis parfois choqué moi-même à écrire certains textes, mais c’était très intéressant comme démarche.

C’est toujours la musique qui s’exprime en premier ?
Oui, clairement, comme je te l’ai dit, j’avais dès le départ les titres donc lorsque j’ai écrit les textes, je savais ce dont j’allais parler et où je voulais aller. Sur « Amaterasu », « Kumari Kandam » et « Nixi Dii » j’ai eu un peu plus de mal, j’ai donc fait appel à Faustine Berardo de la Nébuleuse d'Hima avec une super patte en termes d’écriture. Je la connais depuis presque 15 ans, nous avons commencé ensemble avec son groupe MUNSHI, nous avons fait pas mal de dates ensemble. Et avec elle, je retrouve la complicité que je pouvais avoir avec Candice. C’était très agréable de bosser avec Faustine.

Et la coécriture, ça c’est passé comment ?
Je lui envoyais le texte avec un champ lexical, le titre et l’idée que je voulais faire passer. Elle écrivait le texte avec une ligne vocale et je faisais le tri entre ce que j’aimais et ce que je trouvais perfectible. Puis je réécrivais comme je le voulais et ça ne la gênait pas, car elle considère Eths comme mon bébé et au final, je devais avoir le dernier mot. C’était vraiment très intéressant et nous avons ensuite travaillé sur d’autres projets où je m’occupe seulement de la musique et elle du texte. Pour l’instant rien n’est sorti, mais nous avons déjà quelques titres. Avec le travail engendré sur Eths c’est un peu tombé à l’eau pour l’instant, mais on le garde

de côté pour la suite.

Revenons à l’album, pour le résumer en trois mots : sombre, oppressant, angoissant. Il est où l’espoir dans tout ça ?
Tu as senti, à la fin, il y avait un peu plus d’espoir ? Le chant est plus clair, le texte est plus lumineux, les arrangements se veulent aussi plus optimistes. Je trouve, à partir du titre « Sekhet Aaru », ça bascule. « Kumari Kandam » est un peu plus clair et le triptyque des trois derniers morceaux qui s’enchaînent représente Orion, c’est une ode au cosmos et une invitation à s’élever. Après, c’est Eths, donc il y a toujours une donnée un peu dark.

Justement tu peux nous parler un peu du sens général de l’album ? Je dois t’avouer que même au casque, je ne comprends pas tous les textes sans le livret.
C’est vrai, c’est un peu dur, mais c’est un parti pris de ne pas sur-mixer la voix pour ne pas mettre trop les textes en valeur. Nelson Leroy, le mixeur, m’a plusieurs fois fait la réflexion que l’on n’entendait pas les textes, mais c’était une réelle volonté de traiter la voix dans une unité musicale. Et puis il y a le livret avec les textes, mais je conçois aisément, sans lui, c’est plus compliqué ! (rires !)
    
En quelques mots, au début de l’album c’est le côté noir qui ressort, au milieu c’est ton cauchemar avec le morceau « Sedicio » et ensuite ça s’ouvre un peu ? C’est une comparaison avec la vie actuelle ou c’est plus philosophique ?
Chaque titre développe différents thèmes, « Nefas » par exemple parle du péché, de l’addiction, tout ce qui peut être mauvais. Mais sur l’ensemble de l’album, c’est plus philosophique, spirituel même. Ça me ressemble, je suis passé d’une période très sombre à beaucoup plus de lumière aujourd’hui où ça va personnellement vraiment mieux. C’est comme passer dans différentes pièces représentant divers états pour, à la fin, arriver à la clarté. C’est pour ça, le texte sur la fin est une invitation à l’ouverture, c’est le moins violent de l'album. Pour moi ce texte est vraiment porteur d’espoir !

Parle nous de ton rapport avec Soilwork ?
Ça c’est fait naturellement. J’avais besoin d’un batteur de session. J’ai contacté Franck le batteur de Dagoba et il n’avait pas vraiment le temps et pensait que cet album conviendrait plus à Dirk Verbeuren. Je n’aurais jamais osé le contacter si Franck ne me l’avait pas conseillé. Pour moi c’était vraiment un calibre au-dessus de ce que je pouvais espérer. Au final, il a adoré les titres, très content de faire l’album. Björn Ove Ingemar Strid (Rachel le connaissait déjà) a contacté Dirk lorsqu’il a appris qu'il participait au projet en lui disant : « s’il y a besoin d’un feat, je suis partant ». D’où les deux morceaux en anglais. J’avais essayé de les écrire en Français, mais ça sonnait faux, un peu cheap. J’ai donc très vite vu les limites de l'exercice. La musique appelait vraiment un flow anglo-saxon, plus rond, plus sautillant. Et puis c’était bien de varier les plaisirs et j’ai vraiment apprécié d’écrire en Anglais.

Parlons un peu de Rachel, premier album, comment ça ce passe ?
C’est cool, il y a les bons et les mauvais côtés de la jeunesse. Il y a la fougue, mais il faut aussi beaucoup travailler, reprendre, essayer de nouvelles choses, mais c’est bien. Et, en matière de cris, elle a une palette, des graves aux aigus, super large. Donc d’un point de vue de la production c’est appréciable de mélanger et de tester tout ça.

Tu connaissais déjà ses possibilités ?
Oui, lors des auditions, ça commençait déjà à sortir, on sentait une facilité, une musicalité dans le cri que les autres ne possédaient pas.

Sans vouloir faire de comparaison, qu’est-ce que tu trouves chez elle que tu ne trouvais pas chez Candice au niveau vocal ?
C’est différent. Je ne préfère pas l’une ou l’autre. Disons que Rachel a une gamme plus large dans les cris, Candice était mieux au niveau de la voix claire pour faire passer les émotions. Sur ce point, Rachel doit beaucoup plus travailler car elle en a moins l’habitude.

L’album sur scène, il ne va pas être un peu compliqué à reproduire ?
Si, mais justement, je vois la tournée comme un concept. Les samples ne suffisent pas. Donc à la rentrée, je pense que l’on aura plus de monde sur scène. Je suis en train de travailler à tout ça.

C’est vrai qu’au Petit Bain vous avez joué deux des morceaux et je ne retrouvais pas ton univers en live.
Oui, les anciens morceaux fonctionnent bien à quatre musiciens, mais là il va falloir trouver les solutions pour ne pas dénaturer et desservir l’album. Il va falloir agrandir le line-up en live. Sans devenir un Big Band !!! Mais il faut rajouter d’autres entités pour nourrir et développer un univers sur scène. Aujourd’hui nous sommes un groupe metal classique et je veux dépasser ça sur la tournée. C’est un travail de juste dosage entre des samples, car on ne peut pas avoir un vrai piano ni des cordes sur scène, donc cela va passer automatiquement par des samples, mais sur les voix, on ne peut vraiment pas passer par là.

Justement, pourquoi ce côté oriental sur «  Nihil Sine Causa  » ?
Lorsque j’ai composé ce titre, j’entendais déjà un truc oriental dessus. J’en ai parlé autour de moi et d’un coup le nom de Sarah Layssac (Arkan) m’est arrivé comme une évidence. Je la connaissais déjà donc je l’ai appelée et elle a tout de suite été séduite par le projet. De plus, j’aimais ce côté oriental, il collait bien avec le reste de l’album et ma fascination pour les civilisations. Ça fait partie du voyage proposé. Ce n’est pas réfléchi.

Pourtant c’est un morceau presque instrumental ?
Oui, sur tous les albums de Eths il y a toujours eu un titre comme ça. À la base, il n’était pas destiné à Eths mais je trouvais qu’il manquait à un certain moment un pont et ce morceau faisait parfaitement l’affaire et amenait une certaine cohérence. C’était fantastique d’avoir Sarah dessus.

Tu voudrais l’emmener en tournée ?
Pourquoi pas, c’est une très bonne chanteuse. Elle et Faustine nourrissent vraiment l’album, en plus de Rachel qui excelle dans les cris. Les trois ensembles ça aurait de la gueule !

Donc, ça va vraiment être une surprise Eths en concert ?
Exactement. Moi-même actuellement je ne sais pas encore dans quelle mesure, mais je suis persuadé qu’il faut aller vers ça pour arriver à retranscrire la puissance et la profondeur de l’album sur scène.

Elle commence quand cette tournée ?
Dès septembre.

Vous avez tourné beaucoup, quelques anecdotes ?
Il y en a un paquet ! Par exemple lorsque nous avons joué en Russie. Des fans nous ont fait venir et ça a été incroyable de découvrir la vie là-bas. Ça te fait vraiment relativiser. On a d’abord joué à Moscou, puis ils nous ont emmenés dans leur bled à 100 bornes et c’était Leningrad, il y a trente ans ! L’Amérique latine aussi c’était assez fou. La première fois il y avait 500 ou 600 personnes au concert alors qu’on n’avait jamais rien fait ! Les gens nous attendaient à l’hôtel après le concert, c’était dingue !

Suivant les cultures tu ressens des différences au niveau de l’accueil ?
Oui énormément, la Russie c’était sympa, mais l’Amérique latine ils sont fous et adorables. Ils ne nous connaissaient pas, c’était la première fois, mais ils étaient plus dingues que nos fans les plus Hard-core en Europe ! C’était incroyable !

On lit un peu partout que si ça ne fonctionne pas cet album, tu arrêtes ?
Non, c’est mal interprété. Cet album, cela faisait longtemps que j’avais envie de le faire. Et même si c’est avec Eths, tout de suite maintenant, j’avais besoin de faire autre chose... Quelque chose de différent. Donc oui, si ça ne fonctionne pas ça ne sert à rien de continuer. Si les gens ne veulent pas écouter ta musique, il ne faut pas insister, mais je n’arrêterai jamais la musique, j’en ai besoin pour exister. Si je ressens le besoin de faire un autre album de Eths, je le referai, mais sinon…

Revenons à toi, comment s’est passé ton premier contact avec ton instrument ?
En fait c’est assez Rock ‘N’ Roll ! J’avais deux potes, des jumeaux, ils jouaient de la gratte et de la basse et ils m’ont fait découvrir Metallica. Un jour, j’ai pris la gratte avec la disto à fond et ça m’a branché. Je n’avais pas du tout d’argent à l’époque donc j’ai appris sur une mauvaise guitare classique de merde de supermarché et pendant un an et demi j’ai joué du Metallica sur ça ! C’est comme ça que j’ai développé un jeu assez bourrin à force de travailler sur une gratte de merde ! J’avais 14 ans et petit à petit j’ai commencé à monter les prémices de ce qui allait devenir Eths, sans guitare électrique, on m’en prêtait une pour les répet’. Je composais alors que je ne savais même pas jouer !

Et pour la voix ?
C’est un peu pareil, ça s’est fait au feeling. Dès le début dans Eths il y avait cette envie de chanter et de crier. Mais plus récemment j’ai travaillé ma voix avec Pierre Rodriguez qui est coach vocal. Il coachait déjà Candice et maintenant Rachel, et il m’a permis de découvrir d’autres choses. Je me suis amusé à faire les passages des prêtres par exemple ou les grosses voix et j'ai pris du plaisir à le faire. Maintenant ça me brancherait bien sur un autre projet de faire aussi du chant.

Et tes autres projets, c’est toujours dans le Metal où tu es assez ouvert ?
Alors c’est paradoxal, plein de choses me plaisent, mais dès que je joue de la gratte, j’aime lorsque ça envoie la purée !!! Je pense aussi avoir fait un peu le tour dans le registre des cris et j’ai peut-être envie d’aller vers d’autres choses, comme Nine Inch Nail, il y a peut-être des choses à faire dans ce sens. Mais j’aime tout, mélanger les genres. Comme là dans le Metal, j’ai aimé apporter un côté plus World, plus peace, comme si demain je faisais un trip avec un pote faisant de la Soul, je kifferais d’amener un gros BEUUUARRR, un gros passage moche au milieu d’un truc Soul !!!

Donc ça fusionne tout le temps dans ton esprit, tu crées en permanence, tu es très actif ?
Depuis la fin du nouvel album, pas trop. Entre la production, le mix, la promo, je suis pas mal sollicité et je n’ai malheureusement pas le temps. Mais là, ça commence à me brûler vraiment ! Une fois que la promo va un peu se calmer cet été, je vais reprendre le piano, la guitare et me remettre enfin à composer.

Et puis préparer ces fameux live ?
Oui aussi, mais la compo c’est un antidépresseur pour moi, donc dès que j’en ai l’occasion, je m’y mets.

Bon, alors le petit mot de la fin ?
Déjà merci pour cette interview intéressante ! Et puis je remercie tous ceux ayant laissé la chance à ce disque. Lorsque Candice est partie, beaucoup se sont dit : « ça ne valait plus rien et ça ne valait pas le coup de continuer », mais pour l’instant toutes les critiques, les retours des fans sont super positifs, et ça fait plaisir. Cet album vient du cœur, j’y ai mis toutes mes tripes, et j’y ai presque laissé ma santé pour le réaliser. Donc

un énorme merci !