F.U.C.K (Funny Ugly Cute Karma) / l'interview !


Artiste : F.U.C.K

Genre : Alternative Metal
Ville d’origine : Paris
Ep : Before It was cool
Label : M&O Music

 

Tracklist :

"On The Run"
"Shelter"
"Nuage de Maux"
"Radio / Video"  (Cover)


Membres :

Adeline "Chaos Heidi" Bellart : Vocals
Dorian Gilbeau :Bass, Guitars

+ Live :
Mortek : Guitar
Nacim Virieux : Bass
Axel Thomas : Drums



Funny Ugly Cute Karma / making-of EP (Tower Studio 2018)




« C’est ce qui est intéressant dans la musique, tu reçois en fonction de ton propre background… »

Rencontre avec Adeline "Chaos Heidi" Bellart

Hugues Chantepie pour boosteleson.com


Pourquoi un tel mode d’expression artistique le Rock/Metal ?
Adeline "Chaos Heidi" Bellart : Il y a longtemps que je suis tombée dedans, mais ça m’est arrivé de chanter d’autres univers. C’est une musique qui me ressemble totalement. L’énergie et la puissance du Rock/Metal me transcendent, ça nourrit mes sens à la différence de certaines personnes.

Comment penses-tu que le groupe va évoluer humainement et artistiquement dans l’avenir avec ton binôme Dorian ?
Jusqu’à maintenant notre duo a bien fonctionné ! Et puis nous ne sommes plus deux, mais cinq désormais ! On a recruté trois musiciens pour le live et comme nous travaillons déjà sur les prochains morceaux de l’album à venir, il y a de fortes chances que la suite du projet se concrétise à cinq à la scène comme en studio. D’ailleurs les trois petits nouveaux nous transmettent déjà leurs pattes artistiques.

Comment avez-vous fonctionné au niveau de la création de cet Ep ?
Sur les lignes de chant et les textes je m’y colle et sur la partie instrumentale c’est Dorian en majorité. C’est réellement un travail de création en binôme, Dorian va proposer et composer, si tu me mets derrière une batterie je ne vais rien composer du tout et même sur une guitare ! On a donc trouvé une alchimie, comme je chante très bien je lui chantonne des rythmes « Tatata, tatatata… » et Dorian a instantanément du répondant instrumental, pour lui c’est un jeu de « Ping-pong » entre nous ! Cette façon de procéder crée une dynamique et une émulation essentielles entre nous.

Cet Ep est-il un projet personnel au départ ?
Tout a démarré un peu d’une façon inhabituelle pour le coup ! Après ma période avec mon ancien groupe Asylum Pyre, il y a eu quelques mois où j’ai bossé avec d’autres musiciens en pleine formation de groupe. Le projet n’a finalement pas abouti - ce sont des choses qui arrivent – et pendant cette période, j’ai créé des lignes de chant, des textes et suite au capotage je suis partie avec mes projets sous le bras ! J’ai donc eu envie d’en faire quelque chose de concret, j’ai rencontré Dorian que je connaissais déjà et le projet l’a intéressé tout simplement. On est donc partis de ce que j’avais réalisé au chant et d’ambiances sans instrus précises car celles du projet précédent ne m’appartenaient pas. Dorian a donc apporté ses idées, influences, des choses totalement différentes ! C’était très intéressant car sur les mêmes paroles, le même chant, mais avec une conception musicale différente et à l’opposé du projet initial. On a donc enrichi cette base de travail à deux avec des idées et de nouvelles directions.

Vous vous sentez capable de vous ouvrir au niveau créatif avec les trois nouveaux membres ?
Le temps nous le dira, car c’est très récent tout cela, mais c’est déjà un peu le cas sur les répètes. Les quatre morceaux de l’EP sont terminés et on n’y touchera plus. Par contre on a trois nouveaux titres que l’on joue désormais en live, ces trois musiciens ont leur propre sensibilité et nous ont suggéré certaines idées. De toutes façons on teste tout en répète et ils ont bien évidement leur mot à dire en tant que membres de la formation. Si cela évolue dans le bon sens et s’il y a une véritable alchimie entre nous avec une véritable envie d’évoluer ensemble, pourquoi s’opposer à cela !


Par quel titre doit-on aborder cet EP ? Celui qui caractérise le mieux votre univers, votre style ? (Rythmé, lourd, chant clair et saturé)
C’est volontaire, on ne voulait pas se donner de barrières, composer en fonction des instincts et de l’évocation du moment. Le choix nous l’avons fait en sortant le clip de « On The Run ». Elle a le côté énergique, puissant avec ce petit grain de folie supplémentaire et une bonne alternance de chant. Les deux autres également mais avec plus de sérieux et beaucoup plus sombre !


Vous êtes dans un univers satirique, parodique ou pas du tout ?
On l’a fait visuellement avec le clip « On The Run » mais sur la musique pas forcément, cela vient du fait que Dorian et moi avons un champ de références, de culture musicale, d’univers très large et nous ne voulons pas nous empêcher de les utiliser.


J’ai bien accroché sur le troisième titre « Nuage De Maux », j’ai même le sentiment d’entendre du Benjamin Biolay au début du titre et sur deux trois plages.
Ah ouais ! C’est ce qui est intéressant dans la musique, tu reçois en fonction de ton propre background car je n’y ai pas pensé du tout en l’écrivant. Mais c’est intéressant que tu assimiles certains passages à cet artiste ! C’est drôle ! Mais c’est important, différent pour chacun et ça évite qu’un titre reste vide de sens et sans émotion.


Une musique apparemment libre et affranchie des codes ?
Absolument, on ne voulait pas s’enfermer dans un style de metal. On ne voulait rien s’interdire tout simplement. Le metal est à la fois capable de beaucoup d’ouverture et à côté de ça il y a énormément de codes et c’est difficile de s’en affranchir parfois. Finalement beaucoup d’univers sont reliables entre eux !


Déjà des retours ?
Oui, mais ça commence tout juste, mais pour l’instant c’est plutôt positif. On a un mot qui revient assez souvent « frais », un côté rafraichissant !


J’allais t’en parler, c’est plus joie, dérision, bonheur, qu’une ambiance sombre et violante.
On associe souvent le metal à son aspect sombre mais ce n’est pas que cela. On peut avoir une ambiance plus légère sans renier le metal pour autant. C’est certain les « pro-metalleux » te diraient c’est de la « merdeeee », mais ce n’est pas grave !


C’est le jeu !
C’est ça !


Pourquoi le Tower Studio à Montpellier ?
C’était pratique car je couchais avec l’ingénieur du son, du coup on s’est dit : « ce serait peut-être pas mal ! » (rires). Plus sérieusement, lorsque l’on a débuté le projet – nous n’étions pas du tout ensemble - et on ne savait pas du tout où allait être enregistré l’Ep. Mais lorsque tu prépares un projet et que tu es en couple avec quelqu’un qui possède un studio tu te poses vraiment la question ! Ceci dit ce n’est pas forcément évident de travailler avec un proche et tu réfléchis sur le fait de savoir si c’est une bonne solution. Finalement il y avait une envie des deux côtés de vivre cette aventure. Connaissant sa réputation et son travail j’étais sûre d’avoir un gros son sur mon Ep.


Bon, alors ce fameux Brett Caldas-Lima  (Devin Townsend, Septicflesh, Cynic, Ayreon, Adagio…)  que vous a-t-il apporté musicalement, comment a-t-il fait évoluer vos titres ?
Il est très précis, pointilleux avec une très grande exigence. Il a une oreille très fine avec la bonne idée au bon moment. Si ça ne sonne pas, il est interpellé de suite et nous donne les bonnes directions. C’est l’oreille extérieure qui t’apporte le petit plus quand tu as le nez dans le guidon. Il a produit l’Ep en apportant son oreille pour qu’il puisse sonner de la meilleure façon possible. C’est loin d’être négligeable ! Parfois certains se contentent de t’enregistrer. J’admets humblement que je ne suis pas ingénieur du son et que ça me paraît très difficile de dire  il faut monter ou baisser cela !


Pour la suite de l’album aucune raison de se téléporter ailleurs ?
Non, non, je ne vois pas aujourd’hui pourquoi on changerait !


C’était de la folie cet enregistrement ?
Il faut aller voir le Making off pour vous rendre compte de l’ambiance dans laquelle on a enregistré cet Ep (À voir ci-contre) !


Que représente System of A Down pour vous et le choix d’en faire une reprise « Radio/Video » ?
Ça fait partie de nos préférences musicales. On voulait faire une cover, nouveau projet, nouvel Ep ça peut nous aider au niveau stratégique !

Personnellement c’est ce qui m’a intéressé le moins !
Il y a des gens qui vont accrocher par les compos et d’autres qui y viendront peut-être en passant par un cover. Ça permet également de situer le projet, lorsque tu choisis un cover, le choix du groupe et du titre n’est pas anodin et nous voulions exprimer le fait que nous étions proches de System of a Down avec ce titre « Radio/Video » aussi bien dans l’attitude que musicalement.

Que pensez-vous avoir apporté à ce titre « Radio/Video » de System of a Down ?
Une touche très personnelle, on l’a inscrit dans un univers geek alors qu’ils sont plutôt dans une ambiance orientale. Et le fait d’avoir une voix féminine ne la place pas dans la même intention, tout ça réuni nous a paru intéressant et assez personnel pour livrer cette reprise. On voulait absolument un titre où il y avait alternance entre chant clair et chant saturé.

Malgré tout vous cherchez plutôt à être porteurs de liberté à travers la musique ou apporter simplement du plaisir, que désirez-vous transmettre ?
Les deux ! Le plaisir c’est un peu une évidence pour n’importe quel groupe, apporter une émotion, quelle qu’elle soit. On a décidé d’aller un petit peu plus loin que ça. Un côté agitateur de trouble, de code, de limite, etc… ça me plaît bien. On le fait à travers les titres, le clip, l’imagerie car une pochette avec une photo d’araignée ce n’est pas non plus le truc que l’on voit partout dans le metal. L’important c’est de revendiquer une espèce d’agitation, de dépoussiérer un peu des trucs où parfois on est un petit peu trop plan plan à travers nos petits codes, nos petites cases et bien nous allons casser tout cela car ça nous emmerde. C’est ambitieux comme projet !

Comment voulez-vous transcrire tout cela sur scène, vous ne pouvez pas rester sages !
C’est certain ! Tu imagines bien que l’on ne peut pas. Pour la scène on a beaucoup d’idées, tout ne pourra pas être mis en œuvre dès maintenant, car notre premier concert est au Klub ! Tout est minuscule, on ne va pas pouvoir faire des trucs de ouf ! On a tout de même des choses pour apporter au public quelque chose de plus au-delà de bien jouer les morceaux. Après avec le temps et les opportunités à venir on va développer un véritable show. En tous les cas, nous ne voulons pas juste arriver sur scène à cinq musiciens, jouer les titres et s’arrêter la. Car c’est vrai il y a plein de concerts où je m’ennuie et je n’aime pas m’ennuyer !

Vous voulez développer une partie théâtrale ou pas du tout ?
Ça fait partie des réflexions, dans la mesure des possibilités.

Comme un groupe comme 6:33 ?
Il font partie de cette scène qui fait bouger les choses et apportent des idées plus qu’intéressantes !
Si on veut viser très très gros, dans les groupes qui démontent tout c’est Shaka Ponk. Par contre les moyens de Shaka Ponk pour l’instant on va oublier.

Sur scène ça risque d’être un peu plus brut au niveau de ta voix ?
Non, on a prévu des choses sur sample quand même. Il n’y a pas que les arrangements voix mais musicaux également que l’on ne peut pas retranscrire avec les cinq instruments traditionnels. Ça nous permettra de rajouter la couche manquante, mais ça va tout de même envoyer le bois, on est loin de Britney Spears.

Les araignées c’est ton truc ?
À la base j’étais plutôt arachnophobe, ma fascination est apparue en faisant de la macro photographie et finalement ça m’a guérie. J’ai donc appris à les observer et les connaître et j’ai trouvé plutôt ça sympa d’utiliser ça en Artwork, original et percutant.  

Le petit mot de la fin alors.
On a hâte de rencontrer notre public !