Flayed


Artiste : Flayed

Album : « XI MILLION »

Label : Kaotoxin

 

01. Eleven Million
02. Trend Is Over
03. Fortunate Son (Reprise de Creedence Clearwater Revival) 
04. Shoot The Trail
05. Rollin’ Monkey


Genre : Hard Hitting Rock'n'Roll Groove Machine

 

Originaire de :

Vienne, Rhône-Alpes

 

Membres :
Ju : Guitar
Rico : Guitar
Charly : Bass Guitar
JP : Drums
Rafinet : Hammond Organ
Renato : Vox


FLAYED - Novel (ACOUSTIC VERSION)     


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La malle au trésor !


Dévoué à la cause du Rock'n'roll, Flayed nous plonge dans l'univers des seventies par petites touches finement amenées et réinvente les sons ancrés au fond de nos souvenirs passés. Une belle approche pouvant solliciter l'envie à la jeune génération d'aller fouiner dans les vieux vinyles de papa. Les solos successifs d’orgue et de guitare sont un pur bonheur, Flayed réussi avec brio à nous déstabiliser, tant les sauts successifs entre passé et présent sont palpables, dérangeants, mais nous téléportent dans une nébuleuse de l'esprit ne demandant qu'à se réveiller. Flayed aurait-il trouvé la bonne recette entre le meilleur du passé, du présent et l'écriture d'un nouveau genre pour le futur ? Rencontre avec le frontman, Renato, pour essayer d'en savoir un peu plus sur cet étrange Flayed.

Interview Hugues (Ugo) Chantepie


" Le duel orgue, guitare est un rappel des duels des années 70 et franchement ça ne se fait plus aujourd'hui. "  Renato


Pourquoi le choix d'un tel mode d’expression artistique le « Rock » ?

Renato : C'est le défouloir par excellence, exutoire parfait le rock'n'roll !

 

C'est culturel chez toi ?

Pas du tout, c'est venu à l'adolescence, je me suis fait un cercle d'amis, je joue toujours avec eux aujourd'hui et ils m'ont éduqué en quelque sorte au Rock'n'roll. Sinon, de base j'étais plutôt Michel Fugain !

 

Pourquoi un style Hard Rock assez vintage ?

C'est du fait du compositeur principal de Flayed, c'est un grand fan d'AC/DC et nous avons également un orgue Hammond. Ces deux éléments réunis nous amènent naturellement vers un Rock vintage, mais en essayant de le moderniser tant bien que mal.

 

Flayed veut dire écorché ?

On va pas trop s'étaler, mais à la naissance du groupe, on a trouvé ce nom rapidement en l'hommage d'un pote disparu, un écorché de la vie. Pas d'autre signification, mais cet homme-là aurait pu faire partie de Flayed.

 

Depuis vos débuts en 2013 de quelle manière pensez-vous que vous avez évolué, musicalement et humainement ?

Humainement, on se connaît tous depuis près de quinze ans et les choses n'ont fait qu'évoluer dans le bon sens avec notre proximité grandissante lors des tournées. La musique nous a rapprochés, l'équipe ne devrait pas changer, alors je touche du bois ! Notre amitié a scellé un véritable mode musical, nous avons Julien notre guitariste, compositeur principal qui écrit pour chacun de nous, instrument par instrument. Moi je m'occupe des textes et des lignes de chant.

 

Pourquoi le choix d’un 5 titres ?

On a sorti déjà deux albums avant chez Klonosphère, cette fois-ci, on a chopé un deal avec Kaotoxin et c'était un moyen pour nous et le label de tester la viabilité du projet. Il n'y avait pas un gros investissement pécunier, ni pour eux, ni pour nous et ça nous a permis de voir comment travaillaient les uns et les autres dans l'optique de sortir un troisième album l'année prochaine. L'Ep est un cd à part entière pour faire plaisir aux fans, sceller le partenariat avec Kaotoxin et tu peux être sûr, cet opus reste une exclusivité. Je ne voulais pas que cela se passe autrement, je déteste ça, lorsque tu retrouves des titres d'un Ep sur l'album suivant, j'ai l'impression de m'être fait looser !

 

Vous sonnez plutôt seventies, que pensez-vous apporter de plus ?

En fait rien de particulier, c'est seulement notre façon de l'interpréter. Tout ce que l'on fait a déjà existé, mais notre petit truc en plus, c'est d'arriver à mélanger les trente, quarante dernières années. On a des solos typés carrément sixteens, jusqu'à ce qui se fait aujourd'hui. On arrive à  tout mélanger et créer l'identité de Flayed, mais je ne suis peut-être pas très objectif ! Mais innover avec un grand « I » n'est pas le projet de Flayed.

 

Vous n’avez pas l’envie de vous engager à travers votre musique ?

Aucun engagement, à part divertir les fans et nous-mêmes. Nous ne sommes pas des orateurs, pas politiques et pas engagés, ce n'est pas du tout notre projet. Le public de Flayed est là pour se divertir, oublier son quotidien, comme aller au cinéma ou au théâtre. Je déteste haranguer la foule et donner des leçons, mon boulot c'est de chanter.

 

Tu en penses quoi de ces groupes engagés ?

J'aime pas, ce n'est pas ma conception de la musique, ce n'est pas mon job. Après, c'est pas ma came, mais ces mecs là le font hyper bien.

 

Les autres défis particuliers à relever avec « Xi Million » à part le test de l'Ep ?

Le laisser vivre avant l'album de l'année prochaine, mais il est déjà prêt ! Nous sommes très productifs !

 

Que peux-tu nous dire sur ce qui s’est passé lors de l’élaboration de l’Ep ?  Vous avez pensé l'Ep ou il fait partie d'un tout avec l'album à venir ?

On a vraiment pensé l'Ep, on a deux titres issus des sessions de l'album précédant « MONSTER MAIN », comme nous voulions en sortir un vinyle. Nous n'avions pas le pognon à l'époque, on avait calculé le skeud pour qu'il fasse 39 mn et pas une de plus pour qu'il puisse être sur un support vinyle. Il nous restait quatre titres de côté et ça nous faisait chier de ne pas les utiliser, nous en avons donc déjà repris deux, les deux derniers de l'Ep « Shoot The Trail » et « Rollin’ Monkey ». Ensuite, nous en avons enregistré deux de l'album à venir « Eleven Million » et « Trend Is Over », mais donc finalement supprimés de l'album à venir et rajouté cette petite reprise de Creedence Clearwater Revival « Fortunate Son ».

 

Elle représente quoi pour vous cette reprise « Fortunate Son » de Creedence Clearwater Revival ?

C'est juste du plaisir ! Comme le groupe est scindé en deux, il y a les purs rockeurs classiques (60/80) et les métalleux, On a allié nos goûts communs pour se retrouver à travers ce morceau. On l'a testé en répétition et c'est devenu une évidence pour nous, il le fallait absolument sur l'Ep.

 

Ce titre n'est pas un peu politique ?

Non, rien de politique pour nous, même si on connaît l'histoire ! (rire). Ce n'est que purement musical et lorsque tu balances les premières notes de basse en live les gens sont immédiatement comme des dingues.

  

Ne pensez-vous pas perdre une certaine identité à chanter en anglais ?

Chanter en Français, ça nous cantonnerait vraiment à la France et ce n'est pas le projet de Flayed. J'ai déjà chanté en Français dans d'autres formations, ce n'est pas ce qui m'intéresse le plus et encore une fois il faut avoir des trucs à raconter, revendiquer des idées où les gens s'identifient. Là au moins on prend d'abord les lignes de chant et on s'intéresse à ce que je raconte après.

 

Un orgue Hammond très présent, une référence à Deep Purple ?

Pas de référence particulière, mais on s'est dit « il manque un truc » et du coup, on l’a placé au même niveau que les guitares. Il se trouvait que notre organiste était le sondier de mon groupe de metal avec mon bassiste et on lui a simplement demandé de faire partie de l'aventure. L'orgue est un liant parfait entre guitares, basse et chant. Le mettre autant en avant c'est un des petits trucs de Flayed et sans lui la musique serait bien plus fade.

 

Beaucoup de solos d’orgue avec des enchainements de la guitare en solo ? C'est un choix de structurer vos morceaux ainsi ?

Tout à fait. Le duel orgue, guitare est un rappel des duels des années 70 et franchement ça ne se fait plus aujourd'hui. On adore regarder les vidéos de cette époque avec les solos à rallonges et lorsque c'est bien écrit c'est digeste.

 

Alors justement, ces solos, vous êtes très calés ou vous vous permettez de partir réellement en live ?

Eh non, comme sur le cd.

 

C'est ce qui me manque aujourd'hui en concert...

Il y a un truc que l'on ne peut pas nier, on n’est pas aussi bon que ces mecs-là. Ces groupes-là partaient en tournée, ils écrivaient un album pendant ce temps-là, ils rentraient, enregistraient et repartaient. En fait ils ne faisaient pas de pause et sortaient un album tous les six, huit mois. Aujourd'hui, c'est difficile, on a des boulots, des enfants, on n’est pas jeunes non plus comme ces musiciens de l'époque. En résumé, ce truc de folie on pourrait l'avoir si c'était notre job à plein temps.

 

Vous avez quelques samples sur scène qui vous rythment ?

Pas du tout.

 

Ça pourrait donc partir en free style parfois ?

Ça peut arriver entre deux titres ou lors des passages où l'on fait chanter les gens, il peut y avoir des choses qui se mettent en place comme la batterie qui démarre, tu ne sais pas pourquoi et la guitare ne démarre pas dessus, mais ce n'est pas du même niveau que Led Zeppelin à l'époque. C'est vrai, j'adore aussi ce grain de folie où tout le monde par en couille pendant dix minutes, hallucine et trouve cela génial. Mais promis le jour où on pourra vivre de notre musique au quotidien, on le fera !

 

On remarque des chœurs féminins qui viennent ponctuer certaines fins de phrases ? Pourquoi ce choix et explique-moi ce choix créatif ?

Excellent, tu es le premier à me poser la question ! C'était un kif personnel à la base depuis le premier album et plus on avance dans les productions, plus on les met forts. On se rend compte que la musique en a besoin finalement et c'était la petite crise du chanteur d'avoir une chorale derrière moi pour pouvoir pousser la voix et harmoniser le tout. J'aime beaucoup le gospel, c'est comme lorsqu'il y a des choeurs féminins sur Aerosmith, j'adore ça. On les voulait par touche sur chaque titre. Pour la petite histoire, tous les choeurs féminins, ce sont nos gonzesses !

 

Tu les emmènes sur scène ?

Non, on aimerait bien, mais c'est une logistique de fou.

 

Pas de samples, ni de choeurs sur scène ?

J'essaie de pallier à cela, j'avoue, j'adorerais le faire, mais on a un camion de neuf places, rajouter cinq personnes ce n'est pas possible et une voiture en plus, tu ne pars plus en tournée, ça coûte beaucoup trop chère . On le fera le jour où l'on fera une énorme scène, ça vaudra le coup ! Sur les deux points où tu trouves cela dommage je suis entièrement d'accord avec toi !

 

Par exemple « Eleven million » sonne par moments très AC/DC sur certains passages? Par petites touches, on se retrouve dans des univers très différents tout au long de l'Ep ?

Comme je t'ai dit, Julien est hyper fan d'AC/DC. Comme certains passages sont très Who ou Deep Purple, on n’a aucun problème à piquer des ambiances à certains groupes, mais par petites touches et c'est une volonté de notre part d’intégrer ces ambiances au sein de nos morceaux, on revendique.

 

Donc là vous vous sentez fermés ou musicalement dans l’avenir il y a d’autres cultures musicales qui peuvent vous intéresser à intégrer ?

On va garder cet univers, mais on va le faire évoluer. On aimerait bien rajouter des cuivres par exemple sur le prochain album. Tout ce qui va pouvoir étoffer la musique et servir les morceaux. Notre but ultime c'est d'écrire de bons titres, quels qu'en soient les moyens. Sur le prochain, tu es le seul à qui je le dis : « On va rajouter de la cornemuse ».

 

Il va vraiment falloir remplir des grosses salles ?

Eh oui, on ne pourra pas les avoir sur scène tout de suite ! Rien dans les oreilles, ni de sample, on veut garder l'âme du Rock'n'roll. Je ne veux pas perdre la spontanéité du batteur, moi ça me ferait carrément chier d'avoir un truc dans l'oreille qui me casse mon groove pendant tout le set.

 

Comment tu ressens votre création de base et le côté brut de la scène, sans artifices ?

Il y a plus d'énergie sur scène que sur cd, on envoie les watts et on y joue 5/6 dpm au-dessus. Je préfère le live et souvent le public aussi car il y a une énergie communicative plus forte. Du coup ça te fait oublier les choeurs féminins qui ne sont pas là ! (Rire)

 

Surtout que certains ne les entendent pas ! (Rire)

Exactement ! (Rire)

 

Vous arrive-t-il de jouer en acoustique, si oui le travail est-il vraiment différent ?

Oui, c'est un peu compliqué car nous ne pouvons pas être tous là. On n’a pas l'orgue, mais il vient de s'acheter une épinette, un petit clavecin et on aimerait l'essayer sur la formule acoustique. C'est une formule édulcorée, les morceaux sont déjà complètement adaptés et ils sont pensés en amont car nous avons déjà eu des propositions comme la caravane du Jazz à Vienne, lors de notre toute première année d’existence où on nous a demandé de venir à trois. Ce n'est pas une souffrance pour nous, c'est carrément un exercice très intéressant, une autre facette de Flayed. Malgré tout je ne te cache pas que l'on préfère l'électrique.

 

Parle-moi de toi un peu, premier contact avec ta voix ?

Je chante tous les jours, c'est inévitable car je suis chef de choeurs dans deux chorales rock. Je bosse en permanence n'importe quoi du moment que ça reste du rock. Reprenant des titres depuis toujours, j'ai d'ailleurs des kilomètres de morceaux enregistrés pour bosser différentes intonations. En général, lorsque je découvre un chanteur, je bosse jusqu'à m'approcher de sa tessiture, jusqu'à pouvoir l'intégrer dans mon panel de voix sans que ça se sente bien sûr. Je fais ça pour chaque artiste, je peux y passer deux semaines, six mois, un an. Je fonctionne par chanteur et j'évolue dans ce sens-là. Je suis complètement autodidacte.

 

Mais tu chantes depuis quand ?

En fait je suis un piètre guitariste, mais pour l'anecdote j'ai débarqué dans mon premier groupe avec ma guitare, on m'a suggéré de prendre le micro et on m'a dit : « tu touches plus aux cordes et tu restes chanteur jusqu'à la fin ». Depuis ce jour, je ne l'ai jamais lâché. Je me suis vraiment découvert grâce à mes amis, la pratique, le travail et je ne m'arrête jamais.

 

Vous avez déjà une belle expérience de la scène. Un souvenir ?

La meilleure prestation que l'on ait eu l'occasion de faire, c'est en ouverture de Scorpion au tremplin Guitare en Scène devant un parterre de milliers de personnes, j'avais une pression monstrueuse mais le concert se passe hyper bien. Mais j'avais tellement de pression que je pouvais vomir à tout instant, je passais donc régulièrement derrière les amplis, j'en posais une petite et je retournais chanter. À un moment donné, je suis monté sur la tourelle de la régie, j'appelle les gens à se retourner et là je vomis tout ce que je peux et j'y retourne. Ça c'est rock'n'roll ! (Rire)

 

La vie en tournée comment cela se passe ?

À part te dire que c'est où on aimerait être tous les jours, c'est magnifique. On adore être sur la route et tous ensemble. Seul inconvénient, nos femmes et nos enfants nous manquent.

 

Vous ne cassez pas tout ?

Ça dépend de notre état du moment ! (Rire)

 

Il n'y a pas des kilomètres de filles à la porte des loges ?

Ça dépend des concerts ! (Rire)

 

Vous êtes donc un vrai groupe de rock ?

Dans ce sens-là, oui ! (Rire)

 

Un petit mot sur l’artwork, le graphisme ?

C'est la même personne qui fait nos mixs et nos masters d'album sauf le premier. C'est HK du VAMACARA STUDIO à Clisson qui est également notre graphiste. Il a d'ailleurs trouvé le logo de Flayed, on lui donne peu d'infos, il écoute le cd et il matche tout de suite. La seule indication donnée, c'est que l'on va faire un vinyle.

 

Justement tu penses quoi d'un rassemblement comme le Hellfest ?

C'est l'endroit où je rêve le plus de jouer au monde. Oui, tout le monde dit : « c'est le Walt Disney du Metal », mais je n'ai aucun problème avec ça. C'est un festival extrêmement bien léché, beau, bien organisé avec d'excellents groupes, je ne vois pas pourquoi on cracherait dessus. Perso, j'ai déjà ma place pour cette année, j'adore y aller. Ça me saoule tous ces rageux !

 

Ce contact avec vos fans via les réseaux sociaux est-il important ?

Primordial, je m'en occupe moi-même et j'arrive à engager de vraies discussions avec les gens. J'ai aussi cette proximité comme dans les concerts.

 

Hard Hitting Rock'n'Roll Groove Machine ?

C'est la formule promotionnelle de Kaotoxin, on n’y est pour rien. Quand je l'ai lu, j'ai trouvé cela un peu long mais ça fonctionne bien.

 

Le petit mot de la fin alors.

À tous les lecteurs qu'ils viennent nous voir en live, même s'il n'y a pas de chœurs, c'est mieux que sur cd !