À fleur de peau !

Interview Hugues (Ugo) Chantepie


Malgré trois ans d'absence, Flown reste attaché aux valeurs de vérité avec « Make Believe » et fait appel à votre imaginaire, à vos croyances les plus profondes et malmène vos émotions entre illusions et désillusions. Avec des  textes beaucoup plus personnels, Flown se dénude et dévoile des compositions à la fois sombres et pleines d'espoir. Soyez prêts à réchauffer l'atmosphère et dissiper les tensions avec ce quatuor made in France. Rencontre avec le bassiste

et fondateur du groupe

dans le salon privé du

Hard Rock Café.


Line-up :

Flo : Vocals / Guitar

Jack : Bass

Alx : Guitar

Lois : Drums


Artiste : FLOWN

Album : Make Believe

Label : Artfly Records

Tracklist :
 1- out of my soul
   2- grace
    3- headlights
    4- passion warface
    5- the sky between us
    6- ghosts
    7- embrace
    8- making mirrors
    9- blackbird
    10- spring break
    11- face off
    12- child in a box pt.3


FLOWN - Headlights


En écoute sur DEEZER


FLOWN - Sky Between Us


" J’explore tout le spectre des possibilités que peut offrir une basse." Jack


Pour débuter l'interview, peux-tu définir rapidement la musique de Flown ?
Jack : avec Flo (guitare et chant) nous avons une base musicale assez commune, on a commencé par écouter du Grunge, puis nous sommes rapidement passés au Néo Métal avec des groupes référents comme les Deftones, Rage Against the Machine, Incubus, etc. et Dream Theater au début des années 2000. Nous sommes donc plutôt issus d'un rock classique auquel nous avons essayé de rajouter des éléments atmosphériques et plus complexes.

Pourquoi avoir choisi le rock comme mode d’expression artistique, tu aurais pu tomber dans autre chose ?
Jack : ah ouais, la drogue (rires) !!! Non, on est plutôt un groupe sage, à part l’Orangina et quelques bières… En fait, j’ai commencé avec mon frère qui jouait du Nirvana, il a eu besoin d’un bassiste, alors je m’y suis collé naturellement, j’ai donc appris et progressé en autodidacte.

Comment travaillez-vous ce côté atmosphérique et progressif ?
Jack : je joue sur une basse six cordes. L’avantage c’est qu’avec une corde plus grave, tu peux un peu plus explorer la « sombritude » des basses fréquences, et avec une corde plus aiguë, tu peux remplacer une mélodie faite à la guitare. J’explore donc tout le spectre des possibilités que peut offrir une basse. Du coup quand je compose ce n’est pas juste avec quatre accords, c’est beaucoup plus complexe, avec des arpèges qui prennent le pas sur les guitares, comme sur le dernier morceau de l’album « Spring Break ».

Et comment es-tu arrivé à la six cordes ?
Jack : tout connement, en écoutant Dream Theater, le bassiste a une six cordes, alors j’en ai voulu une et depuis je ne peux plus m’en passer, même pour composer des morceaux « basiques ». Je joue sur une Warwick six cordes, mais je possède aussi des Musicman et j’aimerais bien me prendre une Vigier.

Changeons de sujet, explique-nous ce break de 3 ans ?
Jack : en fait il n’y a pas eu de break en tant que tel, mais certains ont déménagé, d’autres ont eu des enfants, se sont mariés ou ont divorcé et comme nous voulions prendre notre temps pour réaliser ce troisième album, les choses ont un peu trainé.

Donc pendant tout ce temps, vous composiez ?
Jack : oui, même si nous avons eu une année plutôt à la cool !

Depuis 2008, comment analyses-tu l’évolution du groupe, tant musicalement qu’humainement ?
Jack : en 2008 nous étions juste un duo Flo et moi, aujourd’hui les deux autres membres (Alex à la guitare et Loïs derrière les fûts) font partie intégrante de la formation, ils apportent leur touche dans les compos et personnellement je trouve qu’ils subliment vraiment notre travail. Humainement, comme on les connaissait déjà, tout s’est fait dans une certaine continuité, très naturellement.

Revenons un peu sur tes débuts à la basse, c’était donc avec ton frère ?
Jack : oui, c’est ça, on jouait ensemble, et lorsqu’il n’était pas là, je mettais sur la platine le premier album de Rage Against The Machine, je m'entrainais dessus et j’ai même fini par l’apprendre par cœur ! Ensuite j’ai intégré un groupe de métal à l’ancienne et là j’ai appris comment me placer par rapport aux autres, c’était une excellente école.

Joues-tu d’un autre instrument ?
Jack : un peu de guitare, mais sans prétention aucune !

Et tu composes comment ?
Jack : Un peu à la guitare, beaucoup à la basse, mais il n’y a pas vraiment de règle.

Et pour les textes ?
Jack : nous composons le plus souvent à deux avec Flo. Une fois la base de la chanson posée, il a toujours des idées de mélodie qu’il me balance en mode yaourt Bulgare, et là j’écris les textes en essayant de coller à ses mélodies.

Justement, quels sont les thèmes abordés dans tes textes ?
Jack : je m’intéresse beaucoup à la spiritualité, le magnétisme, les concepts de l’âme, donc souvent ça reste mon inspiration première dans mon écriture, sinon je m’inspire de films ou de séries pour développer des thèmes différents pour extrapoler des paroles sur 3 ou 4 titres.. Par exemple le titre « Ghost » est inspiré du film « L’orphelinat » produit par Guillermo Del Toro, d'ailleurs c’était un titre que je ne sentais pas trop avant l’enregistrement et franchement ça a été une belle surprise au final.

Pourquoi avoir composé une troisième partie à la chanson « Child in a box » ?
Jack : nous voulions retrouver ce côté sombre et mystérieux du premier album. J’avais composé un morceau à la basse avec des mélodies assez proches, donc nous avions dans l'idée de faire évoluer l’histoire et d'en proposer une suite aux deux premières parties, et pourquoi pas une porte ouverte vers d’autres évolutions futures…

Pourquoi le choix de l’Anglais ?
Jack : déjà, nous écoutons très peu de musique française, ensuite je ne me pose même pas la question, j’écris directement en Anglais et je ne m'imagine vraiment pas écrire en Français.

Quels ont été les défis à relever pour ce nouvel album « Make Believe » ?
Jack : le premier défi a été la composition à quatre. Jusqu’alors il n’y avait que Flo et moi, désormais c’est un peu moins compliqué d’organiser les emplois du temps. Nous sommes éparpillés, un à Bordeaux, un à Gennevilliers, un à Cergy et moi à Etampes, donc c’est beaucoup plus de logistique. Le processus de création est également plus long car chacun à son mot à dire. Nous avons même tellement dévié à un moment, que l’on s’était un peu perdus. Nous avons donc fait table rase et recommencé à zéro pour retrouver au final notre identité et un album qui nous ressemble vraiment.

Pour les textes, les autres membres participent ?
Jack : non, là pour le coup, ils sont bien contents que ce soit moi qui écrive tout !!!

Parle nous un peu du processus de création de Flown ?
Jack : globalement, c’est Flo et moi qui posons toutes les bases des morceaux, Alex y participe, mais il intervient plus pour réarranger nos idées, et avec Loïs on structure le tout.

Et en studio, ça c’est passé comment ?
Jack : à la cool ! Comme le studio c’est chez nous, on est plutôt peinards !

« Passion warface » avec ses notes acoustiques et « Enbrace » avec ses parties de piano sont vraiment des ballades atmosphériques, tu peux nous en dire un mot ?
Jack : Nous avons toujours fait des balades, même si, pour cet album, nous voulions éviter l'exercice et avoir un album plus rock, mais il y en trois qui se sont imposées naturellement ! alors nous les avons conservées comme une évidence.

Ce côté acoustique, on sent une belle maitrise ?
Jack : oui, je compose beaucoup sur ma guitare acoustique, et dans les débuts du groupe avec Flo, nous avons pas mal écumé les bars avec des sets acoustiques, donc nous sommes bien habitués à cet exercice. Il n’y a que le piano que nous n’avons jamais tenté en live, mais ça peut être un challenge intéressant.

Du coup, avez-vous un gros travail pour restructurer les morceaux pour le live ?
Jack : je ne pense pas, même si nous ne nous sommes pas encore penchés sur la question.

Vous avez bossé avec Randy Wallson pour la production, tu peux nous en parler ?
Jack : alors ce mec-là nous l’avons rencontré dans une vie antérieure à l'époque de Myspace, il bossait en Californie pour co-produire différents groupes, nous lui avons demandé s’il accepterait de bosser avec nous, il nous a réalisé un titre, et là, on est restés sur le cul !!! Il s’est occupé des deux premiers albums, mais après trois ans de silence, nous ne savions pas trop où il en était. Les contacts ont été repris, et comme il connaît bien notre musique, il a naturellement accepté de s’occuper de ce nouvel opus.

Et il vous aide ou vous conseille dans votre démarche artistique ?
Jack : pas vraiment, il ne s’occupe que du son, même si parfois il opère quelques modifications sur un passage ou sur un morceau, mais il n’y a pas vraiment d’échange artistique entre nous.

Aimeriez-vous inclure d’autres cultures musicales dans vos compos ?
Jack : oui, par exemple je suis un grand fan de musique de film avec des compositeurs comme Hans Zimmer aux orchestrations de dingue, donc ça  peut être une direction à approfondir. Nous écoutons aussi un peu d’électro et l’on se demandait si nous n’allions pas faire des remix de certains morceaux. Nous ne nous imposons aucune limite…

Un petit mot sur l’artwork ?
Jack : c’est un ami nommé Samuel Smith qui nous l’a créé, c’est une évolution de la cover du premier album « Child In a Box ». Comme les textes sont beaucoup plus personnels sur cet album, on voulait que le garçon se retourne, soit de face, se dénude et le fait qu’il soit en lévitation est raccord avec le côté atmosphérique du disque. De plus Samuel prend vraiment part dans notre univers graphique car c’est lui qui a réalisé notre clip également. Nous lui faisons confiance. Il est graphiste, il bosse un peu pour Warner, et depuis peu s’est attaqué à la vidéo. Il est vraiment très talentueux.

Parlons de la scène, vous avez un peu d’expérience ?
Jack : Flo et moi avons une quinzaine de dates à notre actif, mais j’ai aussi un autre groupe de reprises avec lequel nous faisons une trentaine de dates par an.

Ton meilleur souvenir de scène ?
Jack : 2011, le concert au Réservoir à Paris shooté en DVD. La salle était pleine à craquer, c’était grandiose ! Pourtant j’avais eu le sentiment d’avoir fais un show pourri, mais en descendant de scène tout le monde était à bloc. Quand je vois le résultat sur le DVD, je me dis que ce n’était pas si mal finalement !

Qu’est-ce qui nourrit ton inspiration ?
Jack : comme je te l’ai dit, je suis vraiment fasciné par tout ce qui traite du magnétisme, de la spiritualité, j’ai même une formation de réflexologie, c’est donc tout cet univers qui ressort à travers mes textes. Quand j’écris, j’ai besoin de me couper du monde, pour trouver les mots justes à mettre sur mes ressentis. D’ailleurs l’Anglais est plus facile, plus simple pour ça, la langue française est beaucoup trop nuancée pour exprimer certaines sensations.

Et alors comment ça se passe avec Flo qui lui interprète tes textes ?
Jack : ce n’est pas toujours évident car il propose des airs et j’écris les textes, alors ça ne colle pas toujours avec ses mélodies, ce qui m'oblige parfois à retravailler les lignes de chant. Nous essayons généralement de trouver un compromis entre nous.

Et toi, ça ne te tente pas de chanter ?
Jack : en fait, quand j’entends mes enregistrements, je ne reconnais pas ma voix et ça me gêne profondément, ça me met même un peu mal à l’aise, donc je préfère que Flo s’en charge !

La scène rock française t’inspire quoi ?
Jack : pas grand-chose ! En fait je n’écoute pas trop la scène rock française depuis Noir Désir quand j’avais 15 ans. Dernièrement j’ai bien aimé Stuck in the Sound, Shaka Ponk, Skip the Use, mais je suis tout ça de loin.

Ton coup de cœur du moment ?
Jack : Steven Wilson !  Pour moi « Hand. Cannot. Erase » était l’album de l’année 2015. C’est un artiste étonnant, très sombre, très triste, mais il a une facilité à transmettre la mélancolie d’une manière vraiment belle. Il sort pratiquement un album par an, même si je n’aime pas tout, il est exceptionnel.

Facebook s’est important pour toi ?
Jack : oui, non seulement pour le contact avec les fans, donner des infos, des dates etc., mais aussi d’un point de vue personnel, ça permet de communiquer en instantané. Par contre je ne suis pas du tout Twitter, ça me gave !

Le mot de la fin ?
Jack : alors j’ai envie de dire rendez-vous le 7 avril au Backstage O’ Sullivan à Paris pour enfin faire cette release party qui était prévue fin novembre, ça devrait être une belle soirée, un bon concert avec des cadeaux !