Fractal Universe, l'interview !


« Repousser un peu les frontières. »

À la frontière du Death Metal Progressif et du Mathcore, les membres de Fractal Universe continuent d’explorer un univers musical riche et technique, et nous emmènent en voyage aux confins de la folie Rencontre au Black Dog de Paris.

Par Christophe Favière



Fractal Universe
Genre : Death Metal Progressif
Ville d’origine : Nancy
Nouvel Album : Rhizomes of Insanity
Sortie : 19 avril 2019
Label : Metal Blade Recors


Tracklist :
1. Oneiric Realisations
2. Flashes of Potentialities
3. Rising Oblivion
4. A Reality to Foreclose
5. Masterpiece's Parallelism
6. Parabola of Silence
7. Madness' Arabesques
8. Architectural Aberrations
9. Fundamental Dividing Principle
10. Chiasmus of the Damned
11. Collective Engram - Unplugged (Bonus Track)

Membres :
Vince Wilquin : guitares et chant
HHugo Florimond : guitares
Valentin Pelletier : basse
Clément Denys : batterie

Pourquoi un tel mode d’expression, le Metal, cela fait partie de ta culture ?


Vince : Déjà parce que nous aimons ce genre de musique ! Nous sommes tous plus ou moins issus de familles de musiciens, donc tout jeunes nous avons baigné dedans, y compris le Rock. Le Metal est une musique très riche, très expressive, je me suis tout de suite reconnu dans ce style.


Hugo : Pour parler uniquement de Metal extrême, c’est un style où il n’y a pas vraiment de limite au niveau de la dynamique ou des couleur que l’on peu employer. Comme nous ne sommes pas restreint, cela devient vraiment génial au niveau de la composition. Tu n’es pas obligé d’utiliser tous les clichés d’un style bien défini, tu peux ajouter des éléments extérieurs au Metal, et là ça devient intéressant.

Du coup, comment vous définissez votre musique ?


Vince : On fait du Death Metal Progressif. Nous avons nos racines dans le Metal Extrême, mais progressif dans le sens où nous piochons un peu partout comme disait Hugo. Nous incorporons des choses que l’on ne trouve pas forcément dans le Death Metal pur et dur, comme des harmoniques issues du Jazz. Du coup le terme Progressif pour nous, cela équivaux à repousser un peu les frontières.

Par moments dans certaines de vos constructions, on est à la limite du Mathcore…


Hugo : Oui, je suis un gros Fan de Dillinger Escape Plan. Bon, il est sûr que nous sommes loin d’être aussi chaotiques qu’eux, mais comme c’est un groupe que j’ai beaucoup écouté, je pense que cela m’a marqué en tant que musicien.

À l’opposé, l’intro de « Masterpiece », c’est du classique…


Hugo : J’écoute beaucoup de musique classique et de musique de films…
Vince : Oui, moi aussi, beaucoup de musique de films.

On le ressent tout au long de l’album.


Hugo : Oui, c’est toute la richesse de la musique classique. C’est une source d’inspiration énorme. Sans forcément en faire trop, cela peut être discret. Ce sont des siècles et des siècles de musique à étudier. Il y a énormément d’éléments à réutiliser, et ce quel que soit le style que tu pratiques.

Tu me parlais de Jazz, vous en écoutez ?


Vince : Oui, et certains le pratique aussi.


Valentin : Mes parents sont fans de Jazz, ils organisent même des concerts, donc je baigne dedans depuis longtemps. Vince lui l’étudie au conservatoire, cela se ressent dans ses compositions

Depuis 2014, comment avez-vous évolué humainement !


Vince : Le groupe existait avant 2014, mais il y a eu quelques changements de line up. Hugo et moi nous sommes rencontrés à des concerts et des soirées Metal. Clément et moi avons étudié dans la même école de musique à Nancy, et Valentin nous l’avons aussi rencontré à des concerts.


Hugo : Travailler ensemble n’est pas chose évidente au début. Il faut trouver la bonne dynamique pour aller dans le même sens. Cela n’a pas trop mal fonctionné pour nous dés le début !


Vince : Il faut dire qu’à la base, nous avions tous l’optique de monter un groupe sérieux, et de faire les choses au mieux. Nous avons beaucoup appris et amélioré plein de choses, mais la volonté de départ était un fil conducteur. Nous en sommes maintenant à environs 120 concerts, nous commençons à être rodés sur scène, y compris en terme de groove.

Et musicalement ?


Hugo : Disons qu’avec le nouvel album, nous avons incorporé plus de variété notamment au niveau du chant. Cela c’est fait assez naturellement, entre le premier EP et l’album d’aujourd’hui, nous n’avons jamais cherché à forcer le son du groupe dans une direction plutôt qu’une autre. Nous nous sommes laissé aller, je pense que c’est la meilleure façon de procéder, ne pas se mettre de contrainte.


Vince : Musicalement j’ai beaucoup appris et progressé dans la rigueur, les morceaux ne sont pas faciles à jouer. Cela m’a imposé un rythme de travail élevé, surtout au niveau du chant, je pense avoir beaucoup progressé à ce niveau. C’est très enrichissant personnellement.

Votre manière de travailler vous pousse à écouter d’autres choses ?


Valentin : Oui, nous évoluons aussi dans nos goûts.


Hugo : Nous essayons tout de même de garder une continuité. Personnellement, j’aime beaucoup les groupes qui tentent de nouvelles choses, qui évoluent, c’est vers ça que nous essayons de tendre. Il n’y a pas de notion de mieux ou moins bien, simplement une évolution.

Comment composez-vous ?


Hugo : Pour la composition c’est moi en grande partie, je compose à la maison, je fais mes maquettes, je les envoie aux autres, puis nous en discutons ensemble. Les arrangements, la structure du morceau, tous les petits détails, ensuite nous adaptons la pré-production en fonction de tout ça. À partir de là, chacun apprends le morceau, et nous le travaillons en répétitions. Même si parfois en répet’ le morceau évolue encore. Mais chacun est libre d’apporter sa patte.

Qui s’occupe des textes ?


Hugo : Depuis le début nous travaillons avec un ami, Arthur Masseau, c’est vraiment la tête pensante derrière le concept de l’album. Nous partons d’une idée entre nous, nous lui exposons, et lui s’occupe de faire coller tout ça avec la musique. Sachant que la musique est la base de tout dans le groupe.

Justement, tu me parles du concept ?


Hugo : C’est questionnement sur la place de la folie au sein de nous en tant qu’individu et au sein de la société, on cherche à remettre en question le clivage qu’il peut y avoir entre folie et raison. Nuancer aussi le fait que la folie n’est pas forcément quelque chose de péjoratif. Notre part de folie nous défini, il faut donc apprendre à la connaître pour se développer en tant qu’individu. Au niveau du concept en lui-même, nous sommes parti d’une citation d’un philosophe chinois, c’est une métaphore où le personnage rêve et se met à douter qu’il est vraiment dans un rêve. Ce doute va le ronger de plus en plus, et l’amener à un début folie. Nous avons extrapolé sur cette pensée pour comprendre comment on peut sombrer dans la folie à partir d’une chose aussi simple.

Le visuel du disque a aussi son importance ?


Vince : Il a été réalisé par SHAD. Il nous suit aussi depuis le début et s’occupe de tous nos visuels. C’est un ami de Lycée, il a fait des études d’Arts et vit maintenant au Québec. Il avait été très motivé pour le premier EP, et au final son travail nous a plus, donc nous avons continué avec lui. Pour cet album en particulier, nous lui avons laissé carte blanche, il avait les textes, la musique. La seule chose qu’on lui ait demandée, c’était des couleurs un peu plus chaudes pour contraster avec l’album précédent. Les personnages au premier plan sont inspirés d’une partie des textes traitants de la folie dans l’œil du sage, et la sagesse dans celui du fou. Cela illustre une dualité, mais aussi une complémentarité. Au centre, le personnage représente plus la sagesse, l’équilibre entre les deux.

Vous réarrangez les morceaux pour la scène ?


Vince : Sur l’album, nous ne fixons pas vraiment de limites, si on veut ajouter un bout de synthé, ou un peu de guitare dans les aigues, on ne se prive pas. Pour la scène, nous ne jouons pas tout, nous arrangeons les morceaux pour pouvoir les jouer à deux guitares/basse/batterie. Parfois nous ajoutons des parties dans les samples. Nous retravaillons aussi le chant pour se limiter au chant principal plus deux chœurs. Ce sont de petits arrangements, nous gardons tout de même l’essence des morceaux.


Hugo : Nous gardons la structure principale des morceaux. Il nous arrive de modifier des intros ou des fins, mais pas de gros écarts.

Les réseaux sociaux, vous y passez beaucoup de temps ?


Vince : C’est capital aujourd’hui ! Nous y passons de plus en plus de temps. Ce n’est pas un média naturel pour moi, mais à travers le groupe, nous sommes obligé de nous y mettre. Et puis finalement, on y prend goût !


Valentin : Aujourd’hui il y a tellement de groupes, il faut essayer de se rendre visible un peu partout, produire du contenu, proposer des choses assez régulièrement, pour conserver l’intérêt du public. Mais au final, cela devient assez intéressant à faire.


Hugo : On fait des sessions studio pour se montrer, tout passe par les réseaux sociaux maintenant.

Après plus de 120 concerts, quel est votre contact avec le public ?


Vince : On essaye de se rendre accessible le plus possible, d’échanger au maximum. C’est un réel plaisir de rencontrer les gens après le concert, recueillir leurs impressions. C’est enrichissant et inspirant, cela nous a vraiment motivé à continuer la musique, trouver de nouvelles dates.


Hugo : Et puis quand tu passes une journée sur la route, c’est bien de parler à d’autres personnes dont certaines nous découvrent. Parfois c’est positif, parfois négatif, mais on en tire toujours quelque chose. Nous sommes assez à l’écoute, on analyse, et parfois, lorsque c’est justifié, on en tient compte.


Vince : Nous essayons de rester cohérant, si un truc dans notre musique ne plait pas à quelqu’un mais que c’est intentionnel de notre part, on se dit qu’on ne peut pas plaire à tout le monde. Mais si c’est un aspect de notre musique dont on ne se rend pas vraiment compte, ça ne peut être que bénéfique.


Clément : Nous avons appris beaucoup comme ça, surtout lors des résidences.

Une anecdote de studio ?


Clément : Oui, au moment des prises de sons pour l’enregistrement des batteries, j’ai une cymbale qui a cassé ! Je me rendais bien compte que quelque chose n’allait pas, c’était une micro fissure et la cymbale a fini par casser.


Vince : Nous avons cherché le magasin de musique le plus proche car c’était une Mini China, une cymbale bien spécifique.


Clément : Sur le premier album j’avais aussi fendu une Crash. Et là, première prise de son et c’est la China qui pète ! C’est fragile une China, le jour où j’en trouve une bien solide, je partagerais l’info !

Et une anecdote de scène ?


Vince : Sur scène nous avons nos propres lumières programmées par ordinateur. À un concert, les lumières ont commencées à faire n’importe quoi, les machines à fumée se sont déclenchaient et ne s’arrêtaient plus, sur scène on ne voyait plus rien, c’était n’importe quoi. Du coup nous avons tout débranché et tout est rentré dans l’ordre, mais nous n’avons jamais compris d’où était venu le problème !

Alors je vous laisse le petit mot de la fin ?


Vince : déjà merci à toi pour cette interview, et j’espère que cela donnera envie à ceux qui la lirons de venir faire un tour sur notre page Facebook, et de découvrir notre musique. Dans les mois à venir, nous allons nous poser un peu partout, allez voir les dates et venez nous rencontrer !