Road song !

Interview Hugues (Ugo) Chantepie


Digne représentant d'un rock Us à la Française, Hell of a Ride vous invite à chevaucher leur « Bête Noire » pour une virée d'enfer à un rythme effréné des nouvelles aventures de la vie de John Mad Dog Ringsdale, cascadeur. Formation à large spectre musical, ayant digéré et recraché avec force de conviction une partie d'histoire musicale, s'affirme avec un rock accessible avec un déferlement sonore de gros riffs, de rythmiques lourdes.

Sans oublier les ballades Rock/Metal pour rouler votre imaginaire dans les grands espaces américains en mode Road Song. Rencontre

avec Lone Wolf Low et

Noré the Lucky, guitariste.


Line-up :

Vocals : Djej Rider.

Lead Guitar : Noré the Lucky. Rythm Guitar : Lone Wolf Low. Bass : Franck "The Gent". Drums : Thibs


Artiste : HELL OF A RIDE

Album : Bête Noire

Label : Send the wood

Tracklist :
 1- High on Octane
    2- At the Drive-In
    3- Aphrodisiac Cadillac
   4- Red Light Mississippi
    5- Wicked
    6- Despair and Hope
    7- Everything's Missing
    8- Hell of a Ride
    9- Crash and Burn
    10- From Dusk Till Dawn
    11- Rain of Fuel


HELL OF A RIDE

Aphrodisiac cadillac


En écoute sur DEEZER


HELL OF A RIDE

At the drive in ft. Sin Quirin


" C'est toujours difficile d’être cohérent dans la trame d’un album…" Lone Wolf Low


Pour commencer comment définiriez-vous rapidement votre musique ?
Lone Wolf Low : du heavy-stunt-rock
Noré the Lucky : de la mélodie, du métal, de l’énergie, des émotions et des sentiments. C’est difficile de trouver les mots justes pour s’identifier lorsque c'est ta propre musique. il y a tellement de nuances dans l'univers du rock et du métal. Surtout que nos influences vont du rock classique au métal…

Justement, pourquoi avoir choisi le rock comme mode d’expression artistique ?
Lone Wolf Low : pour ma part, j’écoute du rock depuis que je suis petit, j’ai découvert Black Sabbath et Led Zeppelin grâce à ma famille et c’est l’énergie dégagée qui m’a interpellé. Comme j’étais un gamin plutôt agité, ça m’a tout de suite touché et quand tu les vois jouer sur scène, tu n'as qu'une envie, faire pareil !
Noré the Lucky : Moi c’est un peu la même chose, j’ai commencé avec Guns ‘N’ Roses, Metallica et ce mode d’expression artistique et musicale m’a tout de suite parlé.

Vous êtes guitaristes tous les deux, racontez-nous comment vous avez commencé ?
Lone Wolf Low : j’ai commencé vers quatorze ans, mais j’avais déjà eu des contacts avec cet instrument avec des amis musiciens de mes parents. Ensuite tu passes des heures dans ta chambre à essayer de reproduire ce que tu aimes avant de trouver ton propre « vocabulaire » pour pouvoir t’exprimer artistiquement.
Noré the Lucky : Moi j’ai commencé la musique à l’âge de six ans, je jouais de la flûte traversière au conservatoire, puis je suis passé à la guitare. Mon père était batteur dans un groupe de rock, j'ai donc toujours baigné dans la musique. Par contre j’ai fait une école professionnelle à Paris qui m’a ouvert à d’autres horizons musicaux, du flamenco au jazz, j’ai vraiment progressé à partir de ce moment-là en m'ouvrant l'esprit et c'est indispensable.

Et au sein du groupe, vous travaillez comment ?
Lone Wolf Low : c’est un travail en commun. Il y en a un qui arrive avec une idée et chacun donne son avis, sa vision de ce que nous pourrions faire et l'on explore différentes possibilités. Au final, tout le monde est satisfait du résultat.
Noré the Lucky : nous travaillons beaucoup avec l’ordinateur, ça permet d’enregistrer tes propres idées, de les passer aux autres ainsi ils peuvent travailler de leur côté, se qui permet de gagner pas mal de temps en répet’. Mais, par exemple, pour « Aphrodisiac Cadillac » et « Hell of a Ride », ça a été le contraire, c’est la ligne de chant qui est venue en amont et nous avons placé nos riffs dessus.
Lone Wolf Low : c’était intéressant comme manière de travailler, car dans ce cas l’émotion de la chanson provient du chant, non plus des guitares et notre travail de composition ne doit pas dénaturer la ligne de chant existante. D’ailleurs, je pense qu’à l’avenir nous travaillerons un peu plus dans ce sens, car le chanteur enregistre beaucoup de mélodies sur son dictaphone et franchement il a de très bonnes idées.

Et vous, au moment de l’écoute, vous la ressentez cette différence de travail ? 
Noré the Lucky : non pas vraiment, il ne faut pas oublier que derrière tout cela, il y a beaucoup de travail du producteur Charles "Kallaghan" Massabo. Pour le premier album, nous avions fait le boulot de pré-prod entre nous et il est venu seulement deux semaines pour finaliser l’album. Entre la sélection des chansons, certaines parties retravaillées et réenregistrées, il a vraiment abattu un boulot énorme et apporté une vraie valeur ajoutée à l’album, comme un véritable sixième membre. C’est pourquoi nous avons de nouveau

fait appel à lui pour ce nouveau challenge.

Et au niveau des textes, ça se passe comment ?
Noré the Lucky : c’est en majeure partie Djej Rider qui écrit les lyrics.
Lone Wolf Low : sur cet album j’ai aussi écrit car la configuration était un peu spéciale. Beaucoup de choses ont changé dans les compos et du coup les phrasés n’étaient plus raccords avec la musique. Comme nous avions douze jours pour enregistrer, nous écrivions un peu au fur et à mesure, donc nous nous sommes répartis le travail et ça l’a fait.
Noré the Lucky : en plus, toi tu as ce don naturel pour écrire que je n’ai pas et tu reste dans le même ton que Djej.

Parlez-moi de vos thématiques ?
Lone Wolf Low : en fait, c’est la suite de l’EP précédent où on y suivait les aventures de John Mad Dog Ringsdale, un ancien cascadeur qui a vécu des histoires agréables comme très mauvaises et qui décide de se faire un dernier show pour conclure sa carrière. Sauf qu’il se fait voler sa caisse par trois nanas, se lance à leur poursuite et réussi à en rattraper une. L’album reprend là, il décrit les différents manques que peut ressentir John Mad Dog Ringsdale. Le manque de sa voiture, de sa vie passée, l’urgence d’en finir avec ce spectacle.

C’est assez dans la veine des Tarantino et Rodriguez tout ça ?
Lone Wolf Low : absolument ! Dans leurs histoires, il se passe toujours un truc au moment où l'on s'y attend le moins. C’est ce que nous avons essayé de recréer.
Noré the Lucky : Chaque chanson correspond à une journée dans la vie de notre héros.
Lone Wolf Low : c’est toujours difficile d’être cohérent dans la trame d’un album, mais, avec cette histoire, ça le devient vraiment.

Tout votre univers est assez marqué par la culture US ?
Noré the Lucky : c’est clair, nous sommes fans aussi bien de la musique que du cinéma, ou même des séries, comme Sons Of Anarchy, sans toutefois renier nos origines françaises, mais il est sûr que les US c’est une grosse partie de notre culture.

Donc vous n’avez pas essayé d’écrire en Français ?
Lone Wolf Low : par le passé nous l’avons fait, mais pour ce style musical-là nous ne voyons pas comment faire en Français. Pourtant j’écris beaucoup de choses en Français, mais à cause de la thématique abordée, l’énergie, le phrasé, le Français ne collait vraiment pas.
Noré the Lucky : et au-delà de ces considérations, si tu veux te développer à l’étranger, il est préférable de chanter en Anglais pour toucher le maximum de public. Et puis le rock en France ce n’est quand même pas le style musical le plus répandu.

Des petites anecdotes à nous raconter sur l’enregistrement ?
Noré the Lucky : Ça a été plutôt épique, douze jours pour faire un album c’est chaud. Nous avons commencé à enregistrer dans notre studio à Joinville, ensuite nous avons basé notre QG chez Djej, dans son salon, c’était l’anarchie avec du monde et des câbles de partout. Pour le coup c’était vraiment un Home Studio !!! Et pour finir, à la fin des douze jours, Djej ne pouvait plus chanter, les prises de son et des voix de « Crash & Burn » ont donc été faites plus tard !

Pour la scène, vous retravaillez vos titres ?
Lone Wolf Low : certains morceaux sont assez orientés scène, avec des refrains énergiques, donc nous allons les laisser tels quels. Par contre on bosse avec un séquenceur pour reproduire les parties électroniques présentes sur l’album.
Noré the Lucky : pour le moment nous jouons les morceaux comme sur l’album. Mis à part quelques dates, nous ouvrons beaucoup pour d’autres groupes, donc ton temps sur scène est chronométré, tu ne peux pas trop te permettre de faire de gros breaks dans un morceau pour faire participer le public. Nous nous concentrons sur notre jeu de scène et notre énergie.

Vous avez ouvert pour Wednesday 13 au Divan du Monde, ça s’est bien passé ?
Noré the Lucky : C’était un peu étrange, ils font une sorte de métal-indus-gore dans l'esprit de Rob Zombie, ils sont maquillés, fringués gothique, donc ce n’était pas tout à fait notre univers et notre public de prédilection. Mais au final, lorsque nous sommes descendus de scène, il y a plein de gens qui nous ont dit avoir réellement apprécié notre set donc nous sommes satisfaits.

Facebook c’est important pour vous  ?
Lone Wolf Low : oui, c’est super-important, ça permet de faire de la promotion, ça fidélise les gens, beaucoup nous ont connus via Facebook, c’est donc important de garder un contact avec eux.
Noré the Lucky : j’ai rencontré plein de gens comme ça, ils te demandent comme amis, certains deviennent des potes et tu les rencontres aux concerts. Je pense que c’est important pour un groupe de nos jours d’avoir une certaine proximité avec leurs fans.
Lone Wolf Low : surtout pour les scènes locales, c’est vital, ça permet de parler des groupes, des potes. Mais depuis Facebook, je ne supporte plus les chats !

La scène rock française actuelle, elle vous inspire quoi ?
Lone Wolf Low : beaucoup de plaisir ! Nous baignons dedans depuis 1997, et je trouve qu’il y a énormément de qualité, quel que soit le style, du pop-rock au black-métal, elle est super riche. Il y a une énergie et une mobilisation de dingue tant au niveau associatif, des groupes, des salles, des tourneurs. Le seul problème ce sont les gros médias. Il y a en France une richesse impressionnante, mais ils n’en parlent pas, on a l’impression que le métal ça leur fait peur, comme si nous allions brûler des églises !
Noré the Lucky : et puis, c’est un peu triste de voir des groupes français comme Gojira être obligés de partir à l’étranger pour se faire connaître, mais désormais ils jouent partout dans le monde et c'est maintenant qu'ils commencent à avoir une certaine reconnaissance en France. Tout comme Shaka Ponk partis à Berlin pour pouvoir revenir après.
Lone Wolf Low : Il faudrait un peu plus de moyens comme le programme F.A.I.R. et surtout une vraie vitrine dans les médias pour attirer le grand public, car les bons artistes ne manquent pas.

Le mot de la fin ?
Noré the Lucky : un message à tous ceux qui ne nous connaissent pas, allez écouter l’album et dites nous ce que vous en pensez, c’est super-important.
Lone Wolf Low : oui, surtout que nous y avons mis nos tripes !