Holispark / l'interview !



Artiste : Holispark

CD : « Sonic Bloom »

Genre : Rock

Ville d’origine : Lille

Maison de disques :

Send The Wood Music (FRA)

 

01 : Emotionally

02 : White Flag

03 : Target

04 : Bitter Boy

05 : Sunset

06 : Failed Escape

07 : Good Wave

08 : Hope

09 : Trapped

10 : The Shadow

11 : Call Me When It’s Over


Membres :
Manon Hollander
Kévin Stahl
Roch Deroubaix
Nico Delpierre
Maxime Mouquet


Holispark - Sunset


Holispark – believer

(Imagine Dragons Cover)


« On a de longues soirées de débats accompagnés de litres de rhum et de whisky ! » Manon (Chant)

Chantepie Hugues rencontre Manon Hollander (chant) et Nico Delpierre (Guitare) pour boosteleson.com au Dr Feelgood les Halles de Paris


Pourquoi un tel mode/choix d’expression artistique, le Rock au sens large ?
Nico : pour l’énergie avant tout, cet esprit caractérise le groupe accompagné de la puissance et le côté brut. On s’est dirigé dans ce style de musique sans vraiment se poser la question. On a branché les guitares, la batterie, la basse, Manon a chanté et le Rock s’est imposé naturellement.
Manon : on fait des choix à l’adolescence, à l’époque j’écoutais énormément de Rock, maintenant beaucoup moins, mais ça reste l’expression musicale par laquelle je m’exprime le mieux. La France à l’époque était nettement plus Rock qu’aujourd’hui.

C'est culturel chez vous ou vous étiez les moutons noirs de vos familles ?
Nico : pas du tout, ma sœur avait des cd de Boys Band lors de mes 12/13 ans et au milieu de tout ça se trouvait un ovni. Un cd de Nirvana, je l’ai mis dans la platine et j’ai fait « Whoua ! » et à partir de ce moment précis, j’ai réalisé ma propre culture musicale.

De trois à cinq membres en septembre 2016 ? Pourquoi attendre si longtemps pour les intégrer ? Que vous ont-ils apporté de plus au niveau de la création ?
Manon : Pas grand-chose ! En fait, avec Roch et Kevin nous avions déjà une formation à cinq membres, l’expérience s’est terminée en bon et mauvais terme à la fois. Cette première aventure nous avait décidé à rester à trois pour des raisons de confiance et nous savions la direction musicale que nous voulions emprunter. Après l’Ep, il nous fallait absolument une basse et une guitare pour nous accompagner en live pour avoir beaucoup plus de présence sur scène. Nous avions réellement envie de travailler avec eux, mais nous avions besoin d’être rassurés avant tout. Nous avons donc fait une tournée en Corse à l’été 2016. En rentrant, on s’est rendu compte que nous avions passé des moments exceptionnels et partagé des galères. À ce moment précis, c’était devenu évident d’être un groupe à cinq membres.

Que vous ont-ils apporté de plus dans la composition de l’album par rapport à l’Ep ?
Manon : avant tout une vision différente, Nico est beaucoup plus metal que le trio de base. Il a donc contribué à renforcer cet esprit metal chez Kevin, Max est plutôt punk et ça apporte la petite touche que nous n’avions pas avant. Ils ont tout simplement ramené leurs fortes influences et ça fonctionne super bien.
Nico : l’album est un melting-pot de tout le monde. Max et moi avons peut-être dirigé et amené le groupe vers une sonorité beaucoup plus affirmée. Le fait d’avoir énormément tourné après l’Ep nous a fait gagner en maturité.

Vous vous sentez plus rock aujourd’hui ?
Manon : oui absolument ! On s’est pris pas mal de remarques où l’on nous a considérés avant tout comme un groupe Pop/Rock suite à « The Harvest » et même si ce n’est pas une image que nous avions en horreur, cette étiquette ne nous représentait absolument pas.
Nico : en fait, nous étions trop Rock pour la Pop et trop Pop pour le Rock. Finalement avoir le cul entre deux chaises nous a desservis sur la programmation en général. Donc autant choisir un camp, mais ça s’est fait naturellement.

Vous jouez encore les morceaux de l’Ep et les avez-vous retravaillés ?
Nico : non, ils ont déjà le son, l’énergie d’aujourd’hui et ils ont entièrement leur place au sein de notre set.

Qu’est-ce qui fait un bon album et une bonne chanson ?
Manon : les intentions que l’on y met
Nico : l’envie de le réécouter une deuxième fois et qu’il reste quelque chose dès la première écoute, le refrain en tête par exemple.
Manon : parfois ça m’arrive lorsque je suis en voiture, j’écoute une chanson et le pont est trop bien, à ce moment-là, je rembobine pour réécouter et là c’est trop bien. Mais tout cela est subjectif, c’est propre à chaque personne.

J’ai fait un rapprochement avec Paramore, il est réel ou pas pour vous ?
Nico : plus sur l’Ep je trouve, tout dépend des périodes de Paramore.

Plus sur les débuts bien sûr.
Nico : oui, mais Rock un peu plus gras, il fait partie des groupes les plus influents au sein du répertoire de chacun.
Manon : c’est le groupe qui nous met tous d’accord !
Nico : il fait toujours partie de nos playlists, que ce soit en terme de son, de visuel, de développement ou en matière de show.

C’est un style musical pas très courant en France ?
Manon : c’est qu’il n’y a pas beaucoup de filles chantant du Rock dans ce style dans notre pays.
Nico : parmi les groupes avec lesquels on tourne, nous n’en connaissons pas pouvant coller dans la niche du Rock alternatif dans laquelle on se situe.

Sur scène la retranscription des morceaux est plus brute que sur l’album ?
Manon : c’est différent, oui.
Nico : on essaye avant tout de retranscrire l’énergie de l’album sur scène.

Tout est bien millimétré sur scène ou vous vous permettez des digressions ?
Nico : il y a les deux ! On a ficelé une intro avec un fil conducteur et dans ce fil on s’est laissé une plage d’improvisation où il y en avait besoin et l’envie. Si le public est réceptif, on essaye de jouer un peu plus avec eux, etc. On essaye avant tout de s’adapter au public que l’on a face à nous. On se garde une partie de spontanéité, de liberté au sein de certains morceaux. On essaye de ne pas jouer juste le cd et partir !
Par exemple on a un morceau un peu plus dansant qui n’est ni sur l’Ep, ni sur l’album, c’est un véritable titre live. On aime bien couper ce morceau pour installer une ambiance particulière et il s’intitule « Stick It Out ».

Vous n’aviez pas envie de l’intégrer à un album, il n’a été conçu que pour la scène ?
Manon : c’est ça, il n’était pas cohérent avec l’Ep et trop ancien pour l’album.
Nico : il a une couleur différente de l’album. Il a été conçu à la base pour un clip d’entre deux et finalement le clip n’a jamais été réalisé. Il fonctionne bien en live et on peut faire taper les gens dans leurs mains.

Donc la reprise d’Imagine Dragons « Believer » vous la jouez en live ?
Manon : Oui absolument. C’est un morceau plutôt cohérent avec notre façon d’imaginer la suite et c’est un cadeau pour les gens qui nous soutiennent.

Alors la petite histoire avec ce titre « Believer » ?
Nico : on aime bien Imagine Dragons et puis c’était un morceau qui a beaucoup tourné cet été et les gens l’avais bien assimilé. Ça nous a permis aussi de donner un avant goût de l’album et donner une indication sur la nouvelle direction dans laquelle on allait s’engager avec notre nouvel album. De montrer également un visuel à cinq et faire patienter en attendant le nouvel opus.
Manon : que l’on vienne nous voir ou nous découvrir, cette chanson est une façon d’accrocher le public, car elle est déjà bien ancrée dans l’inconscient collectif. La salle peut ainsi intervenir facilement avec nous sur le refrain et ça nous permet d’avoir un nouveau moment d’échange durant les concerts que l’on recherche et apprécie particulièrement. C’était judicieux de l’intégrer et nous prenons beaucoup de plaisir à le jouer.

Avez-vous eu un retour d’Imagine Dragons ?
Manon : non, pas du tout, mais ça aurait été cool !
Nico : on a partagé sur les pages de fans ! Pourquoi pas dans l’avenir, une fois sur la toile on n’est plus maître du truc.

C’est toi Manon qui écris tes textes, pas de concept particulier ?
Manon : oui, déjà chaque chanson a son histoire, même si dans le fil conducteur j’aime bien tourner les histoires sur un plan positif. Ça commence souvent par un problème que j’ai pu rencontrer au quotidien et que j’ai réussi à surmonter. C’est un peu le message que j’essaie de faire passer dans mes chansons où chaque problème a sa solution. Le seul problème dans la vie, c’est toi et si un truc ne va pas dans ta vie, tu es le seul maitre de ton destin et de ce que tu veux faire. Ce n’est pas en te plaignant des autres que tu arriveras à avancer, c’est l’idée principale de mes titres. Tout dépend si c’est une situation amoureuse, de travail, amicale, il y a toujours beaucoup de choses qui posent problème dans la vie, mais je pense sincèrement que tout est surmontable.

Les textes inspirent la musique ou c’est l’inverse ?
Manon : les garçons composent d’abord les morceaux, souvent un seul riff de guitare de Nicolas ou Kevin. On se retrouve en répétition trois ou quatre fois par semaine pendant des heures. Malgré la fatigue, on passait de longue soirée à composer et j’arrivais avec quelques bribes de textes et je voyais ce qui pouvait coller sur tel ou tel morceau. Dès les morceaux attaqués en répétition, je terminais le texte au fur et à mesure de la séance. On travaillait à la même vitesse finalement.
Nico : elle ne fait pas de yaourt mais colle des mots sur la musique pour que cela colle au mieux. C’est plus l’idée qui prime que l’impact technique. On voit ensuite si ça fonctionne vraiment en studio.

Alors Nico, au niveau de ton arrivée avec tes riffs, explique nous cela ?
Nico : j’arrive avec un riff déjà définitif, soit une ligne d’accords avec une mélodie déjà intégrée et nous épurons ensemble jusqu'à ce que chacun trouve sa place. On fait du Rock avant tout pour le côté riff, c’est un peu le texte de la guitare, ça c’est vraiment mon truc.

Il y a un dictateur dans le groupe ou le fonctionnement est très démocratique ?
Manon : c’est démocratique, mais ça ne veut pas dire pour cela que c’est plus facile.

Il y a beaucoup de déchets ?
Manon : on les cache ! On essaye avant tout que chaque membre du groupe soit satisfait du résultat. Certains ramènent plus d’idées que d’autres, tout dépend des débats, moi je suis plus sur la partie visuelle, Nico a composé énormément les chansons du groupe avec Kevin qui s’occupe également des papiers, Max et Roch s’occupent du booking. On a chacun notre place particulière et l’on fonctionne comme une véritable équipe. On a de longues soirées de débats accompagnés de litres de rhum et de whisky !

Vous êtes plus créatifs à quel moment ?
Manon : A jeun quand même ! Bourré on croit toujours que l’on fait des trucs géniaux, mais lorsque l’on réécoute c’est une toute autre histoire !

Alors sur 11 titres, vous avez mis beaucoup de choses de côté, vous gardez ou jetez ?
Nico : on a réalisé 14 titres et les trois que nous n’avons pas intégrés ne nous plaisaient pas au final. Pas assez cohérents avec le reste.

Tu parlais de tes textes, mais finalement entre la pochette de l’Ep très acidulée et celle-ci très noire, que s’est-il passé, vous avez changé d’état d’esprit ?
Manon : l’Ep est sorti à l’époque où l’on se séparait avec le groupe précédent, on avait tenté de sortir un projet qui n’avait jamais réussi à aboutir et nous étions donc tous dans une période un peu triste. On avait tellement la dalle et l’envie de réaliser un truc cool, nous avons gardé toutes les ondes les plus positives possibles dans toutes les situations. Du coup, visuellement, on était tellement énervé et content que l’on a voulu s’éclater avec de la couleur ! Désormais, on est plus sobre, les textes sont plus personnels, je dis désormais des choses que je n’ai pas dites sur l’Ep. Du coup j’ai l’impression que pour être pris au sérieux, il vaut mieux se calmer sur la pochette et se concentrer sur la musique. Ce sont les raisons qui nous ont amené à travailler un visuel un peu plus soft, plus accessible et plus simple. Elle va à l’essentiel, le noir et le blanc permettent de mettre en avant le doré. Il reste toujours cette idée de lumière et d’éclat, l’étincelle d’Holispark mais dans son plus simple appareil.

Quel est votre avis sur les groupes engagés ?
Nico : la musique c’est un moyen d’expression comme un autre surtout lorsque l’on a beaucoup de rayonnement. Chacun a sa propre vision des choses, moi je préfère que la musique serve à un message universel.
Manon : par contre moi, plus j’y réfléchis plus je pense qu’avec la musique il y a des choses à exploiter, en tous les cas il y a débat ! C’est un parti pris, je respecte ce qu’ils font, mais je ne pense pas avoir les épaules pour ce type d’engagement. En ce qui nous concerne, ce qui est important c’est que la musique reste festive et accessible à tous. Prendre parti, c’est catégoriser les personnes que tu as en face de toi et faire une sélection. Je n’ai pas envie de donner le droit à certains de m’écouter et pas à d’autres. Je préfère rester neutre et me laisser surprendre par l’auditoire.

Quel sentiment voulez-vous transmettre par le live ?
Nico: une énergie positive avant tout.
Manon : la liberté de pouvoir être soi-même.

Alors la scène te provoque quoi ?
Manon : c’est cool ! ça n’a pas toujours été le cas, lors de mes débuts j’avais une peur bleue, lorsque j’étais sur scène j’étais stressée et je ne savais pas quoi dire entre les morceaux. Mais les garçons m’ont toujours motivée, je suis quelqu’un d’introvertie et j’avais beaucoup de mal à me livrer. J’ai eu un déclic après la sortie de l’album, avec tous les sentiments forts que l’on y a injectés, je ne peux pas me permettre de ne pas parler entre les titres, j’ai envie d’expliquer les morceaux. Je suis désormais impatiente de monter sur les planches et d’en découdre avec le public. Quand il n’y a pas trop de monde dans une salle c’est cool de pouvoir parler avec les gens, lorsqu’il y a plus de monde, le but est de les faire bouger et interagir, ce n’est pas le même concept.
Nico : qu’elle tienne la salle le temps que l’on puisse s’accorder !

On parlait de création, est ce que c’est dur pour vous de savoir quand vous arrêter ?
Nico : il faut être raisonnable dans le sens où à un moment donné il faut savoir ce dire, c’est bien comme cela. Le mieux est l’ennemi du bien.
Manon : on côtoie beaucoup de groupes et souvent certains nous disent : « on a composé une chanson et on a été trop loin et c’était nul à chier ». C’est vrai il faut savoir s’arrêter au bon moment.
Nico : en général la première idée est souvent la meilleure. On a testé sur plusieurs morceaux, on a pris des directions différentes et finalement on revient à l’idée de base. Lorsque l’on a eu terminé les morceaux, je n’avais plus rien à dire sur l’instant, j’étais vidé.

Racontez-moi quelques anecdotes de rockeurs ?
Manon : on a préféré oublier ! Lors de la troisième date de la tournée, Max s’est tordu la cheville en butant contre une pierre et il a joué toute la tournée avec une attelle. Il s’est détesté toute la tournée de cette mésaventure !
Nico : une anecdote personnelle sur scène, il y a deux ans sur un plateau de 18 000 personnes, sur un morceau, je suis tout seul à la guitare sur un pont, il y avait une avancée de scène, j’y vais et je n’avais pas vu qu’il y avait un vide de 50 cm pour les caméras, j’ai eu la chance de ne pas tomber mais je me suis écrasé la cheville. Je me suis arrêté de jouer avec la douleur et j’ai repris en serrant les dents et le blanc à semblé être maitrisé !

Le petit mot de la fin ?
Nico : c’est important de venir nous voir en live.
Manon : si jamais vous avez l’occasion d’écouter l’album, avant d’appuyer sur play, n’ayez pas d’attente, laissez-vous surprendre, ça reste de la musique, c’est personnel et résistez au fait de vouloir mettre tout de suite le groupe dans une case. Nous avons fait les choses avec sincérité, nous sommes très heureux de cet album et l’on souhaite qu’il vous plaise.