Insolvency / l'interview !



Artiste : Insolvency

CD : « Antagonism Of

The Soul »

Genre : Rock

Ville d’origine : Lille

Maison de disques :

Send The Wood Music (FR) / Season Of Mist Distribution

 
    1- Divided
    2- Tears of the World
    3- Antagonism of the

4- Soul
    5- Violation
    6- Black Moon
    7- Hope
    8- I'm Revulsed by Death
    9- This War Is Not for You
    10- A Leaving Life, A New Beginning
    11- Your Lost Soul
    12- Death Wish.


Membres :
Pierre Challouet :

Bass / Singer

Valentin Gondouin :

Guitar / Singer

Bruno Blackstard :

Guitar / Backvoices

Mickaël Tamario :

Drums


Insolvency – Black Moon


Insolvency – Death Wish


Le morceau « Antagonism Of The Soul » représente bien l’album car il parle d’une personne face à deux sentiments antinomiques : « elle garde ce qu’elle déteste et elle détruit ce qu’elle aime ».

Chantepie Hugues rencontre Pierre Challouet (chant/Basse)

pour boosteleson.com au Hard Rock Café de Paris / Replica Promotion


Pourquoi un tel mode/choix d’expression artistique, le Rock au sens large et plus précisément le heavy metal/ metalcore ?
Pierre Challouet : J’écoute de tous les styles musicaux, de la Pop, du Metal, du Rock, mais ce qui m’a orienté vers le Metalcore c’est avant tout l’album « The Poison » de Bullet For My Valentine. Une tante m’a fait également écouter un album de Rammstein à mes 12 ans et j’avais bien aimé, mais c’est réellement venu avec mes échanges avec mes amis.

Revenons à la basse, tu es guitariste à la base ?
Oui, j’ai commencé par la guitare et lorsque Insolvency – en fait je connaissais Jule l’ancien guitariste du groupe – cherchait des membres pour la formation du groupe, ils recherchaient un bassiste et justement durant cette période j’étais en pleine recherche. Ils m’ont fait écouter leur direction artistique et j’ai accroché de suite. Je suis donc passé à la basse et j’ai adoré ce que j’ai ressenti.

Et au niveau du chant ?
J’ai toujours aimé chanter, mais je ne savais pas forcément le faire. Au début du groupe, nous cherchions activement un chanteur et nous ne savions pas vraiment chanter. Ne trouvant pas la personne adéquate, je me suis lancé dans l’aventure, j’ai regardé des tutoriels sur internet, je me suis entrainé et finalement pris des cours de chant. Aujourd’hui je prends toujours des cours.

Explique-moi ce mélange de heavy metal plutôt classique, de Hardcore et de passages progressifs ?
On vient tous les quatre d’influences différentes, même si nous apprécions tous le Metalcore, Valentin et Bruno aiment le Heavy Metal et le Death Mélodique. Moi, je suis essentiellement axé sur le Métalcore moderne et Mickaël sur le Deathcore et le Black Metal. Du coup, on aime mélanger tous ces styles, prendre le meilleur de chacun et l’incorporer dans chaque morceau. On essaye par ce biais de se différencier de tous les autres groupes et laisser notre propre trace au niveau du son.

Tu n’as pas peur de dérouter l’auditeur ?
Justement c’est ce que l’on essaye de faire !

Beaucoup de points d’accroches ?
C’est ce que l’on essaye de faire pour éviter lors de l’écoute que l’on puisse dire : « oui, c’est bien, mais… ». C’est vraiment devenu notre touche personnelle.

Parlez-moi de votre rencontre artistique ?
Le groupe a démarré en 2012, Valentin et l’ancien guitariste Jules ont créé le groupe. Au début, ils jouaient des reprises de Metallica à la guitare, lors de mon arrivée et de celle de Mickaël, on a voulu commencer à composer, rien de bien prétentieux, mais ça nous a permis de réussir à faire quelques petits concerts dans les bars et associations locales. Lorsque Jules est parti en 2014 et que Bruno est arrivé, c’est à ce moment-là que l’on a voulu devenir professionnels. Bruno est arrivé avec « LA » petite motivation qui nous manquait pour monter d’un cran. On a donc enregistré un EP pour apprendre à travailler ensemble, à connaître nos styles respectifs et savoir vers quelle direction on voulait se diriger. À la base, on n’était pas spécialement amis et c’était important de se retrouver et de savoir si nous avions les mêmes ambitions. Cet EP a servi également à montrer aux professionnels ce que l’on était capable de faire artistiquement et avoir des retours de journalistes et de labels.

Deux ans depuis l’EP, pourquoi avoir attendu 2 ans ?
Il y a eu énormément de remises en question après la sortie de l’EP, très peu de temps après on a eu une proposition de tournée en Russie et on s’est demandé si c’était vraiment le bon moment pour le faire. Pendant ce temps Bruno a joué au « Hundred Guitars From Hell » avec Alexi Laiho's en Finlande, ça a été aussi un déclic pour nous, on s’est dit : « il faut vraiment faire des trucs professionnels pour y arriver ». Pierre Lepape de Melted Space nous a beaucoup aidés, il a pris le temps de nous expliquer comment le monde de la musique fonctionnait. Des conseils pour améliorer les choses, c’est avec lui que je prends encore des cours de chant. Du coup en mars 2016, on décide d’enregistrer un album et nous commençons les recherches de partenaires. Il fallait savoir dans quel studio on irait enregistrer et pourquoi. On n’a pas choisi le studio par hasard, mais on voulait un son de batterie et de guitare particulier avec une certaine méthode de travail et puis il y a eu l’apprentissage de tout le processus de la création musicale. Au moment où l’on composait l’album, on a changé de style, au départ on était dans un esprit assez Heavy Metal et puis on a voulu intégrer des éléments Metalcore et ça nous a obligé à retravailler certains morceaux. Pendant l’enregistrement, on a composé le titre « Black Moon » qui symbolise un tournant au sein du groupe. Nous avons fait des essais de voix sur ce titre également que nous avons repris ensuite sur les autres morceaux. C’est devenu le titre charnière de notre évolution musicale. Par la suite, il a fallu créer toute la partie design, l’artwork, les photos et trouver des partenaires pour réaliser la promotion. Tout ça a pris énormément de temps, on a tout géré en même temps ce qui représente des nuits et des nuits de travail.

Alors justement, tu me parles de Pierre Lepape, que t’apporte-t-il au niveau de ta voix ?
Avec lui, j’ai vraiment repris les bases du chant clair et du scream, afin de pouvoir gérer ma voix en tournée afin d’éviter la casse. Je revois avec lui toutes les bases car j’ai envie de monter en puissance. Tout le monde doit bosser son instrument pour porter le groupe vers le haut et que le live soit cohérent avec l’album.

Parlez-moi de votre collaboration avec Jim Pinder et Carl Bown (Bullet for My Valentine, While She Sleeps, As I Lay Dying, Trivium, Machine Head, Fightstar..). Que vous ont-ils apporté ?
Ils nous ont apporté une image professionnelle. Lorsque nous avons réalisé notre Ep, nous avions juste nos propres connaissances, on bidouillait sur un logiciel, avec seulement un micro devant l’ampli. Cette fois-ci, on a fait un travail plus moderne. On a enregistré chez nous, on leur a envoyé des pistes de guitare et ils les ont retravaillées en studio. Ils nous ont montré comment enregistrer en studio et ils ont fait un véritable travail de fou. On a eu la chance d’enregistrer sur la batterie de While She Sleeps qui était en studio durant la même période et c’était génial car c’est vraiment le son que l’on voulait. À l’écoute de l’album “ This Is The Six” on s’était dit : “c’est le son que l’on veut !”. C’est la raison d’aller rencontrer Jim Pinder et Carl Bown avec leur son de metalcore un peu Old School. Ils nous ont apporté plein de petites choses auquelles nous n’aurions pas pensé, des nuances de son, des petits effets sur les voix et sur les guitares.

Alors l’ambiance ?
Super-sereine, super-cool et ce sont des mecs super-patients. Beaucoup d’exigence, on a passé des nuits à réécouter les morceaux, à couper certains couplets, etc. Ils nous ont renvoyé 15/20 versions du même morceau, car ils voulaient que l’on ait le son que l’on désirait. Ils ont compris notre envie de réussir et notre projet à la perfection.

La batterie reste très en avant, c’est volontaire ?
Le mastering y est pour beaucoup et c’est vrai, le son aigu de la batterie ressort énormément. Après, on avait envie de mettre tous les instruments en avant et si l’on écoute bien, sur tout l’album, il y a au moins un instrument mis en avant à un certain moment.

Alors justement, « Hope » une respiration nécessaire sur l’album ?
Oui, elle est nécessaire, c’est un album vraiment metal et ça permet d’avoir un souffle, une pause en milieu d’album. De découper l’album en deux parties pour séparer les titres un peu plus Metalcore actuels et ceux plus Heavy Metal moderne.

Pour toi, il y a vraiment deux styles différents sur l’album ?
Oui, deux styles différents, même si les influences se rejoignent. C’est pour faire également un lien avec tout l’album, comme avec le premier titre « Divided » assez calme pour éclater ensuite sur « Tears of the world » puis on revient sur un passage plus calme avec « Hope » et revenir sur « This War Is Not For You» et le dernier morceau « Death Witch » est violent mais termine sur une note douce.

Ça reste tout de même sous le signe de la brutalité, la sauvagerie, malgré tout c’est bien calé, bien maîtrisé, pourquoi ce besoin de brutalité, un exorcisme ?
Oui, c’est ça ! On aime ce qui bouge et lorsque l’on compose, on pense également au live car si le public ne bouge pas une partie du show est perdue. C’est donc important d’avoir des moments punchy et groovy.

Les thèmes de l’album laissent peu de place à la réjouissance, il y a encore de l’espoir ?
Justement, c’est ce que l’on essaye de faire partager. Même s’il y a beaucoup de mélancolie, un côté sombre. Derrière tout cela, il y a une idée, si tu as une faiblesse à un certain moment, sert-en comme une force pour aller plus loin et devenir plus fort. C’est vraiment le message que l’on essaye de faire passer. Le morceau « Antagonism Of The Soul » représente bien l’album car il parle d’une personne confrontée à deux sentiments antinomiques : « elle garde ce qu’elle déteste et elle détruit ce qu’elle aime ». On est tous confronté dans nos vies à ce genre de choses, à des niveaux différents et il faut s’en servir comme une force au moment où l’on a le sentiment d’être complètement perdu. Il faut essayer de réaliser ses rêves quels qu’ils soient même si l’on se retrouve dans la mouise par rapport à notre travail, la maladie ou la guerre, il y a toujours un élan d’espoir et rien n’est perdu.

Où trouves-tu tes inspirations ?
J’écris essentiellement seul, mais les textes sont relus par les autres membres et chacun peut apporter ses propres idées. Mes influences viennent de mes lectures, des médias ou de ce que j’ai pu vivre dans le travail. Les paroles viennent après la composition de la musique, du coup je vais écouter les compos plusieurs fois et en fonction des mots, des phrases qui vont me venir, je vais écrire.

Lorsque tu es en processus de création avec les autres membres du groupe, tu penses déjà à des mots ?
Oui, bien sûr ! Parfois je prénomme même le fichier test avec un mot que m’a été inspiré à l’écoute.

Pourquoi ce besoin de trois voix, de chœurs ?
Pour apporter des nuances, pour éviter que ce soit trop linéaire.

Des titres au format très long ?
C’est désiré, on a des choses à dire et on ne se donne pas de limites. On veut apporter plusieurs nuances et ambiances dans un seul morceau. On veut éviter une routine ! En essayant d’être plus court, il y a une frustration.

Vous n’êtes pas dans les formats radio, ça ne vous pose pas de problème ?
Non, pas du tout ! Mais oui pour certaines radios qui aimeraient nous diffuser. Il n’y a pas très longtemps, on nous a demandé si on pouvait réduire un de nos titres et c’est vrai que cela crée certaines difficultés mais on ne compose pas pour passer en radio. On nous a même dit que dans un seul morceau, on pouvait en faire deux ou trois, mais pour nous ça n’a pas de sens, le morceau aurait un goût d’inachevé.

Sur l’album il y a certains effets, le live est plus brut que l’album ?
On ne veut pas faire en studio un truc irréalisable sur scène. Ça ne nous intéresse pas du tout. Après à certains moments il peut y avoir des harmonies vocales avec la même voix et là ce n’est clairement pas possible, je ne peux pas me dédoubler, mais l’ensemble de l’album est sur scène.

Vous êtes un groupe calé sur scène ou vous gardez une part d’impro ?
On est calé et on joue ce qu’il y a sur l’album. Ce qui peut arriver c’est que l’on fasse tourner certains passages, mais c’est voulu et programmé pour le live.

Au niveau de la créativité musicale, ça fonctionne comment au sein du groupe ?
Au niveau de la musique Valentin et moi composons énormément l’instrumental et nous apportons des squelettes. En fait on est éparpillé dans différentes villes, mais on se réunit un week-end sur deux pour composer. Bruno à Paris, Valentin et moi à Nancy et Mickaël sur Troyes, d’ailleurs nous répétons chez lui. Du coup, on a besoin également de travailler à distance avec un logiciel qui s’appelle guitare pro sur lequel on écrit toutes nos partitions et on se les transmet. Une fois que l’on considère avoir une bonne base Valentin et moi on demande aux autres membres du groupe ce qu’ils en pensent et à la suite de cela on peut complètement transformer le morceau au niveau de la gamme, du rythme, changer un couplet et le mettre en break à la fin.

Un dictateur dans le groupe !?
Non, chacun possède une chose dans laquelle il est le meilleur et l’on y puise notre force. Un groupe doit porter les envies et les influences de chacun et c’est vrai ça peut entrainer quelques petites frustrations, mais ça n’a pas d’importance.

Vous avez beaucoup travaillé sur cet album, des titres en réserve ?
Oui et le choix est compliqué, mais les titres choisis sont apparus comme une évidence ! C’était nos meilleurs et on ne pouvait pas en mettre d’autres. Après, on a trois autres morceaux aboutis que l’on a sortis auparavant, mais on ne les rejouera plus car éloignés désormais de notre nouvelle direction.

Le petit mot de la fin ?
On y a mis tout notre cœur et on attend les avis positifs ou négatifs de tout le monde. Merci de m’avoir accueilli !