INTERCEPTOR FEST


tout savoir sur le programme :


Ce sera l’occasion d’errer dans Bordeaux, entre le Void , la place Dormoy et la RockSchool Barbey, boire un coup, et prendre une grosse claque

l'Interceptor



« A l’arrache avec panache ! »

Interview  par Hugues Chantepie

© DR /Replica Promotion

" Avec un nom comme ça et une affiche pareille faut encore que je le vende ! Non mais arrêtez les gars, c’est énorme, y’a plus rien à vendre ! "


Rencontre avec Mad Max, à non ! Matt (programmation) pour parler de l'Interceptor Fest 

5 - 6 - 7 Octobre 2017 / Bordeaux - France
RockSchool Barbey :
18 cours Barbey

Void : 58 rue du Mirail

& Place Pierre Jacques Dormoy


Bordeaux est-elle une ville avec une vraie culture rock/metal ?
Matt (programmation) : Dans certains quartiers oui, sans parler du style musical, d’ailleurs on manque même de salles de répétitions pour de nombreux groupes actifs dans la région. Il y a un gros vivier de gens qui organisent et font des choses pour promouvoir la musique, avec une très bonne base de public intéressé.

Comment s’est déroulée ta toute première "rencontre" avec le metal extrême ?
Ma toute première rencontre s’est faite à 12 ans, je m’étais offert deux cassettes, une de Snap! et une de Iron Maiden. Ensuite les choses se sont faites petit à petit. Je ne suis pas musicien, mais je chante actuellement dans un groupe de Black, un nouveau projet. D’ailleurs, dès que je fais mes prises de chant, on va sortir notre premier album.

Quelle a été votre motivation à la création de l’INTERCEPTOR FEST ? C’est un projet qui germait depuis longtemps ?
L’envie, le désir ! C’est vrai, ce projet germait depuis un petit moment et il n’a pas pu se réaliser pour diverses raisons, par moment plus de désir, plus de ronds, manque de soutiens. Et aujourd’hui, on s’est retrouvés avec toutes les bonnes options pour enfin pouvoir le réaliser. On s’est décidés en une journée et c’était parti, y’a moins d’un an, mais je pense qu’il ne faut pas être trop normal pour s’engager sur un si court délai ! Tu commences la programmation et tu n’as aucun nom pour le festival !


Avant de devenir dirigeant et programmateur de l’INTERCEPTOR FEST, que faisais-tu ?
Avant j’ai créé, avec des amis, une salle de concert qui était l’ancien VOID durant dix ans et à cette époque il y avait un véritable vide sur Bordeaux. Avant ça, j’avais une compagnie de Tour Vans pour les tournées. J’ai participé à des fanzines, des labels, en fait depuis mon adolescence j’ai toujours côtoyé le monde musical.


N’y a-t-il pas aujourd’hui trop de festivals ?
Mais si, il faut que les autres arrêtent de faire des festivals ! C’est vrai qu’à organiser c’est un vrai kiff et sur notre territoire ça n’existait pas. Il y a une autre raison, faire venir les groupes, si tu ne choisis pas ce format, c’est impossible de les faire se déplacer. Aujourd’hui pour nous, chaque groupe programmé est potentiellement une tête d’affiche et interchangeable dans sa position. Le fait que l’on soit deux salles de concert qui se réunissent pour bosser, ça simplifie l’organisation d’un tel événement. Et faut bien penser, si nous ne faisons pas les choses ensemble, elles ne se feront jamais.


Ça représente combien de personnes par rapport à votre organisation  ?
On est une vingtaine dans l’organisation, répartis entre les deux salles.


Et en capacité de public ?
En hypothèse basse, le Void 250 places et à la School Barbey 650 places. En fait on se fait un festival en mode salle de concert avec la proximité.


Le festival est-il profitable à la région et comment est-il perçu ?
Je ne suis pas sûr que la région sache que l’on existe, mais je pense tout de même qu’il leur est profitable ! Par rapport à la ville, ils ne nous ont pas dit non et ils nous ont intégrés au programme culturel 2017/2018. On a réalisé quelques colloques avec eux, même si on reste un peu des ovnis. Ça leur permet de découvrir un autre univers !

Et financièrement ?
A la School Barbey, on est une SMAC ("Scène de Musiques Actuelles"), donc un minimum soutenus, et le VOID je ne m’occupe pas de leurs finances ! Mais on a une certaine légitimité auprès des services publics, on ne va pas nous faire chier parce que l’on organise un événement super bourrin en plein centre ville. Ils ont bien compris, après l’engagement de certains d’entre nous depuis bien longtemps, que l’on fait vraiment désormais partie de l’esthétique underground de Bordeaux.

Avez-vous eu des contestations ?
Non, pas pour l’instant ! Après peut-être !

Quels sont les critères pour entrer à l’INTERCEPTOR FEST ?
Ce sont des groupes que l’on écoute, dont on aime bien la philosophie et dont on a au moins un skeud en notre possession. On les a également vus en live et l’on s’est pris une grosse claque avec de gros frissons.
 
Beaucoup de demandes ?
Pas tant que ça, mais on avait peu de temps et les groupes ont répondu présent.

Des refus ?
Surtout un qui m’as déçu, car ce fut un refus condescendant, on n’était pas assez Hype, reconnus ! C’est un super groupe, mais ils iront se faire foutre et je ne les reprogrammerai jamais. Pas de nom !

Vous avez un budget intéressant pour la programmation ?
Oui, je ne me souviens plus du chiffre, mais oui !

Pas trop compliqué à organiser sur plusieurs lieux ?
Non, car chaque jour à son propre lieu, c’était l’organisation la plus simple. De plus on veut faire participer d’autres bars, associations pour dynamiser le festival.

Alors, justement, sur l’INTERCEPTOR FEST les groupes vont se côtoyer ? Quelle est l’ambiance que vous souhaitez ?
Je sais bien que certains groupes ne vont pas vouloir se mélanger, car d’une scène à l’autre ce ne sont pas les mêmes attitudes. Certains viennent de pays différents, sont potes, donc on va essayer de mélanger tout le monde pour faire la fête. Ça devrait le faire !

Pour la soirée du jeudi, des groupes comme SWANS, BABY DEE plutôt atypiques, plutôt expérimentaux, comment allez vous les chercher ?  N’avez vous pas peur d’être un peu hors sujet par rapport à l’image de l’extrême metal ?
Je vois ce que tu veux dire, mais la musique extrême n’a pas de définition. C’est un peu à nous de la créer. Est-ce que c’est juste écouter de la musique, manger des saucisses et boire de la bière ! Tu peux englober d’autres choses un peu plus subtiles ! De toute façon, je sais qu’il y a un public pour ce genre de groupes et puis on est trois à faire la programmation, il ne faut pas l’oublier.

Alors que vous êtes plutôt classiques avec la programmation du samedi avec Ravencult ou Gadget ?
Bah oui, mais c’est samedi !

Les horaires sont un peu atypiques pour un festival ?
Oui, mais il ne faut pas oublier que ce sont des salles de concert distantes d’une vingtaine de minutes et nous n’avons qu’une seule scène.

Penses-tu que le festival a atteint sa taille maximale ou il est voué à s'étendre encore ?
Chacun d’entre nous adore sa salle, donc si on peut garder ce format c’est super et si avec les années on se retrouve avec beaucoup de demandes et que les lieux deviennent trop petits, à ce moment là, on le délocalisera sûrement. Nous n’avons pas encore réfléchi à la question !

Comment fixez-vous le prix du billet, du pass, vous étiez vous fixé une limite à ne pas dépasser ?
Le but était que ce soit accessible. On ne pouvait pas demander 100 balles pour deux ou trois jours. On s’en mordra peut être les doigts à la fin, mais pour l’instant c’est notre délire. Franchement si l’on peut avoir 600 personnes on est bien. En général sur Bordeaux les gens ne prennent pas de prévente, mais comme les jauges sont petites, l’équation risque de vite être remplie.

Et l’hébergement ?
Y’a un copain de l’équipe qui s’occupe de l’accueil du public. Moi j’avais émis l’idée de faire un camping sur une place à côté en centre ville, un peu en friche, mais on m’a vite fait comprendre que c’était une idée saugrenue. Donc se sera une auberge de jeunesse collée à la School Barbey à 24 euros avec petit déj. Après c’est Hôtel ou chez l’habitant.

Te sers-tu des réseaux sociaux pour te donner une idée des attentes d’un public potentiel ?
Non et puis de toutes façons je suis une grosse buse avec les réseaux sociaux !

Avez-vous eu des contraintes par rapport à la sécurité ?
Non pas encore, mais si pour la scène en extérieur place Pierre Jacques Dormoy ça devient trop compliqué, on la rapatriera au VOID. En fait je m’occupe de la programmation car je n’ai pas envie de me faire chier avec ce genre de problème ! Non, mais il y en a, c’est leur taf de le faire et ils le font très bien.

Comment tu définirais l’esprit de ton festival en quelques mots ?
A l’arrache avec panache ! Un retour à des sentiments que l’on a un peu perdus avec les réseaux sociaux, les crash barrières, pas de caméra, etc., avant tu allais à un concert, tu fumais un pette, tu te bourrais la gueule et ça se passait pas plus mal. Un espace de liberté où tu peux souffler dans le respect des autres ! Maintenant y’a plein de problèmes dont les attouchements sur les filles, etc. Finalement aujourd’hui ça pue moins le bar !

Allez vends moi ton festival ?
Avec un nom comme ça et une affiche pareille faut encore que je le vende ! Non mais arrêtez les gars, c’est énorme, y’a plus rien à vendre !