La bonne équation !

Interview Hugues Chantepie (Ugo)


Interview au Black Dog (Paris)


Addict au café et aux

nanars de film de requins,

Laurent De Lavenne s'impose aujourd'hui comme le King

de la bonne équation « commerce + passion de la musique = le label Finisterian Dead End ». L'éclectisme

est son cheval de bataille

et sa communication globale reflète l'importance de rester visuellement actif pour chacun des poulains de son écurie. Dans les sous-sols du mythique Black Dog de Paris, le jeune chef d'entreprise décomplexé s'exprime sur sa nouvelle famille. Shark Attack !


Photo : © Huxgues Chantepie (Ugo)


ARTISTES

Finisterian Dead End :

Bagheera

(Vulgar Metal)

Breakdust

(Thrash/death)

Darchaic

(Melodic death metal)

Dysilencia

(Rock/metal/electro)

Ellipse

(Modern metal)

Malkavian

(Power thrash metal)

Mantra

(Death metal progressif/psychédélique/ambiant)

Obscurcis Romancia (Black/death metal symphonique)

Pictured

(Death metal mélodique)

Red Dawn

(Death metal technique)

The Ersatz

(Alternative Shock Industrial)

The Veil

(Darkwave metal)


Le Label Finisterian Dead End est Fier et Honoré de vous annoncer que Season Of Mist s’occupera à présent

de la Distribution Nationale

de notre Roster !


En juin 2015, les MALKAVIAN (Metalcorner, 18 Juin, 20h40)

et les BREAKDUST (Mainstage 2, 19 Juin, 10h30) viendront mettre le Feu au HELLFEST OPEN AIR 2015 !


Nouveau Clip,

« One Shot, One Kill » ,

pour The Ersatz !!

Ce titre sera le 1er Single

du nouvel album  qui

sortira courant 2015


Laurent De Lavenne  - Photo : © Huxgues Chantepie (Ugo)


Avant de devenir le gérant de Finisterian Dead End, que faisais-tu ?
Pour faire très simple, je suis commercial de formation, j’ai exercé à peu près une quinzaine d’années et il y a quatre ans de cela, j’ai eu l’idée du label. Je suis devenu auto-entrepreneur, commencé à monter le label tout en continuant à bosser dans mon ancienne boîte de télécommunication et depuis janvier 2015 je m’occupe

du label à 100 %. Je n’ai jamais travaillé dans l’univers de la musique avant cette nouvelle aventure.

Comment s’est déroulée ta toute première "rencontre" avec le metal ?
Ça remonte à très longtemps, élevé dans une famille plutôt rock, mon père écoutait les Rolling Stones,

Lez Zeppelin, Black Sabbath, Aerosmith, etc., j’ai été élevé avec cette culture. Ma réelle première rencontre avec le metal c’est lorsque j’ai acheté « And Justice for All » de Metallica, j’avais 11 ans, ensuite j’ai surfé

sur les Guns N' Roses, Alice in Chains, Pearl Jam, etc., et puis pléthore de groupes aux styles différents.

J’ai aujourd’hui 37 ans et j’écoute du metal depuis 25 ans.

Quelle a été ta motivation à la création de ce label ? C’est un projet qui germait depuis longtemps ?
Pas vraiment, depuis que je suis étudiant j’avais envie de bosser dans l’univers de la musique, j’aurais

même pu être disquaire et finalement je n’ai jamais eu l’occasion d’intégrer ce milieu pour X raisons lors

du démarrage de mon parcours professionnel. L’idée du label a été très simple : « j’aurais voulu être un artiste, un musicien, mais aucun talent à par faire du bruit avec ma gratte ! », un soir, une sorte d’équation s’est mise en place : commerce + passion de la musique = label. Je me suis fait une petite réflexion en allant

au Hellfest cette année-là, je trouvais qu’il n’y avait pas ou peu d’artistes locaux sur scène. Bien sûr on

me dira : « il y en avait quatre ou cinq, mais sur l’ensemble du festival, c'est très peu… ! ». Sur le chemin

du retour, mon analyse se traduit par « il y a deux possibilités, soit en local, on n’a pas de groupe capable de rivaliser, de monter sur cette scène-là, ou bien on a des groupes du niveau, mais sans personne pour les driver un petit peu, plutôt que de jouer trois fois à la fête de la musique de leur village, il y a de véritables choses à faire » et l’idée du label est née de cette réflexion, tout simplement. Je suis commercial, la définition même du commercial, tu y vas, tu n’as pas peur, tu risques juste de te manger un gros NON. J’ai dans

un premier temps traîné sur le Web, essayé de savoir s’il existait déjà des structures comme celle-ci sur

ma région. Si oui, il fallait faire attention, sinon c’est peut-être qu’il y avait une raison. L’hésitation n’a pas duré 48 heures, j’ai trouvé le nom du label, acheté le nom de domaine, mis la messagerie Internet en place et

au bout d’une semaine, j’ai fait les premiers tee-shirts, cartes de visite. Je me suis promené 4/5 mois d’association en association, pour serrer des mains, me présenter, expliquer mon projet et par le biais

d’une soirée, j’ai rencontré le premier groupe signé sur le label Pictured. En discutant avec le combo,

j’ai découvert qu’il venait d’enregistrer leur premier album. Ils ont dit : « on aimerait bien le sortir, mais on

ne sait pas comment » et j’ai répondu : « on tente les gars ». Une fois signé, je leur ai dit : « Voilà les gars,

on est en mars 2012, en juin 2013 vous serez au Hellfest », ils m’ont tous regardé avec un grand sourire en pensant que j’étais sûrement un malade, ils ne voulaient pas me contrarier et me faire plaisir. Un de mes plus beaux souvenirs c’est lorsqu’ils sont montés sur la scène du Metal Corner du Hellfest l’année d’après. Ils sont tous venus me voir et ils m’ont dit : « il y a un an, on t’a pris pour un taré, on va monter sur scène, c’est grâce

à toi, alors merci » et nous nous sommes rendu compte du travail effectué.

Lorsque vous avez commencé à produire, à sortir des CD puis à organiser des concerts, j’imagine

que cela n’a pas dû être facile, cette musique n’étant pas vraiment une culture française. Comment cela s’est-il réellement passé ?
Ce n’est pas notre culture, oui et non. Non car ce n’est pas inclus dans les gènes de la population, lorsque

l’on fait ses courses au Carrefour, ils ne passent pas du Twisted Sister ou du Europe, on n’est pas en

Allemagne ni aux États-Unis. Cependant, on est sur un marché particulier avec le metal, ce sont des gens

un peu fétichistes de leurs groupes, des objets, des visuels, etc., donc finalement il n’y a pas trop de risques.

Je n’ai jamais vu autant de gens dépenser que lors d’un concert de metal. Cependant, on le sait tous,

le marché du CD s’est cassé la gueule, c’est une catastrophe, mais d’un autre côté il y a une nouvelle industrie à relancer, ses groupes locaux émergeant avec un certain niveau. Je n’ai aucune prétention de sortir des groupes de leur garage, type nouvelles stars, je n’ai pas le temps, je n’ai pas la structure pour et surtout

est-ce vraiment mon boulot, j’ai un doute. Je préfère des formations avec des envies, un bon niveau,

ayant envie d’aller de l’avant, jusqu’où, on ne le sait pas encore, mais il faut que tout le monde comprenne,

les labels, les organismes de concert…

Quels sont les critères pour entrer chez Finisterian Dead End ?
Il y en a plein et il n’y en a pas, c’est compliqué car très subjectif. Aujourd’hui j’ai douze groupes signés

sur le label, chacun des combos a sa propre identité musicale, aucun style concurrent et chacun d’entre eux représente une facette de mes goûts musicaux. Il y a également la partie humaine, le premier contact physique ou par mail a beaucoup d’importance, « ça fait un peu old school, le mec a 37 ans ! » (rires). Je te donne

un exemple qui a le mérite d’être clair, les mails reçus avec « salut mec, on est le groupe machin, on est trop bon et l’on veut signer chez toi », j’en ai très souvent, alors un groupe qui se présente comme cela, même

s’ils sont bons, ça ne doit pas être facile à gérer, ils ont déjà un melon d’enfer ou ils ne savent pas parler,

pas communiquer et il y a un risque qu’il te pète dans les mains dans les dix secondes. Lorsqu’ils vont devoir répondre pour une interview, une chronique, etc., ils vont partir en live et ce n’est pas représentatif d’une bonne image professionnelle. Ensuite, il y a la donnée son, ce que propose le groupe au niveau musical, composition, scénique. De toute façon c’est en premier lieu une question de feeling, il y a des choses très bien qui ne me touchent pas. Je ne veux pas de groupes se tirant la bourre, on travaille sur l’éclectisme. On fait

une communication globale, ça permet déjà de réduire les coûts et ça permet aux copains de faire parler

des autres groupes du label. Ça permet également à chaque combo d’avoir une relation saine avec le label,

les auditeurs peuvent y trouver une grande variété de styles et communiquer auprès de leurs amis fans

d’un autre style.

Comment gérez-vous le compromis entre votre foi pour certains groupes et les risques commerciaux ?
Les risques commerciaux, je ne me suis jamais posé la question. Les jours où je me poserai ce genre de questions, le label sera devenu très gros. Typiquement, le groupe d’indus The Ersatz, il n’y en a pas en France, allez 4/5 peut-être. Pour le coup ce n’est vraiment pas une culture française. Alors, les risques commerciaux !

Le management doit être intimement lié aux sorties des artistes. Comment continues-tu à créer

de l’engagement pendant les périodes creuses (pas de sorties, pas de dates…) ?
Le système que l’on a mis en place aujourd’hui est pas mal. Comme on est sur deux à trois signatures

de groupes par an, l’arrivée de nouveaux combos et de nouveaux albums comble le fait que les opus

des premiers sont en fin de vie, les gars sont repartis en studio et nous faisons une communication toujours globale. En misant sur un groupe en activité, il est mis en avant, mais toute notre communication est faite

dans le sens où il y a toujours le nom de tout le monde, un vrai système familial. Typiquement, j’ai signé

les Red Down l’année dernière en septembre, pour l’instant ils n’ont sorti qu’une démo deux titres, il n’y a

rien à vendre, pas de tee-shirt, ils ont commencé à faire du Mersch et l’album ne sortira qu’en février 2016, c’est un challenge. Les sous-activités qu’ils ont actuellement, le fait qu’il soit en studio, ce n’est pas grave,

car leur nom tourne avec les groupes qui sont en pleine activité musicale.
On organise des doubles plateaux et malgré les différences de style cela fonctionne très bien. Il y a

une véritable erreur des organisations, dans cette crise du disque, dans le mal-être des groupes

émergeants, tout le monde est à prendre en considération. À un moment donné, les labels, les distributeurs, les associations ont fait des conneries, du genre, j’organise un plateau avec quatre groupes de Death,

le problème c’est que c’est un style particulier et au bout d’un moment, on a la tête farcie, les styles

se ressemblent étrangement, les façons de jouer peuvent êtres similaires et à force c’est gonflant. Je prends

un exemple : les Dysilenxia de Brest, ils jouent de l’électro metal style Sidilarsen, Mass Hysteria, eh bien si

tu n’associes pas ces groupes à un certain moment, ils ne jouent jamais, c’est mort, mais heureusement

les associations commencent à comprendre le besoin de se diversifier sur l’organisation des plateaux.

Quelle est votre vision de la musique d’aujourd’hui et plus particulièrement le metal ?
En fait c’est très compliqué, car je le vois de mon microcosme, je me dis : « les groupes qui étaient en place

il y a quinze ans sont toujours présents. On a l’impression que tout le monde – mais ça, c’est lié aux majors – ne vend plus que ce qui est bankable ou mainstream. Il y a quelques années, on arrivait encore à trouver

des pépites dans les rayons, aujourd’hui ça se réduit comme peau de chagrin, tous styles confondus.

C’est pour cela, c’est important d’être présent sur les gros sites comme Amazon, parce qu’il y a beaucoup

de choses qui passent par eux.
Je suis un fan boys, mais l’industrie du disque est pourrie et vérolée jusqu’à plus soif. Finalement, de ce nid

de merdes, il y a plein de choses à sortir et à ressortir. On a pris en pleine gueule la vague digitale et elle a tout embarqué sur son passage, mais aujourd’hui il y a une compréhension des avantages et des inconvénients

de ce mode d’écoute. C’est cool pour jogger, j’ai mon MP3 au bras avec mes 150 morceaux – je tiens à préciser, je suis anti-téléchargement. Je pourrais me balader avec un lecteur CD à la ceinture mais, avec le short, ça ne va pas le faire et je risque de me retrouver en calbute ! (rire). À l’inverse, je pense que les gens

ont compris que le son n’était pas le même, tu prends un CD et un MP3 où le son est tellement compressé,

les détails ont complètement disparu, donc réécouter un CD c’est magique, tu redécouvres. Le vinyle revient

en force, ce n’est pas juste un effet de mode, l’objet a son importance. De toute façon les gens veulent tout

à zéro, le problème de cela c’est qu’il y a des groupes qui se produisent dans des conditions déplorables,

c’est le concert à zéro et je n’arrive pas à comprendre. De plus, les personnes n'y vont jamais, comme c’est écrit, ZÉRO pour eux ça équivaut à de la merde. Zéro ce n’est pas palpable, ce n’est pas aider les groupes que de faire des concerts à zéro, des plateaux à cinq euros et finalement personne ne s'y déplace, ça doit être de

la merde ! À l’inverse, on leur met un plateau équivalent dans une salle un peu plus grosse à 12/13 euros ça va être plein. Ce n’est pas une histoire d’argent, c’est complètement dingue, je l’ai vécu pas plus tard qu’il y a un mois, les Dysilencia et les Breakdust ont joué à la Caverne de Brest, ils ont fait 184 entrées payantes à 13 euros, s’ils l’avaient fait dans un bar, il y aurait eu 20 pelos, les copains et c’est tout. Il y a une logique,

les gens sont complètement illogiques, ils sont incapables d’aller soutenir des groupes locaux, ils considèrent que c’est le groupe de potes, « j’avais tournoi de ping-pong, je ne peux pas venir, t’inquiète, on se voit la semaine prochaine tu joues dans le même bar » et en agissant comme cela les groupes ne peuvent pas

se professionnaliser, montrer leurs talents, ils restent dans leurs trucs et ne pourront jamais progresser.

Alors, justement, sur ton label les groupes se côtoient ?
C’est vachement important ce que tu dis, depuis 2013 on a créé le Dead End Fest et le but premier était de réunir les groupes du label sur un seul plateau. La première année quatre groupes, c’était un gros laboratoire, se rendre compte si humainement les mecs étaient capables de se comprendre, s’ils n’allaient pas se taper dessus et finalement la soirée a tellement bien fonctionné que quinze jours après, j’ai vu fleurir les premiers plateaux. On réorganise l’événement désormais chaque année et c’est une très bonne chose. Cela a permis

à chacun d'entre eux de comprendre mes désirs et ils se sont tous ralliés sous cette bannière-là. Je ne les lobotomise pas, je ne suis pas en mode gourou ni rien du tout, mais nous sommes sur une relation globale. Aujourd’hui j’ai 12 groupes et je n’ai pas de branleur, j’en aurai peut-être un jour ! Je n’ai que des gens musicalement très bons, avec un vrai talent et humainement ils sont cool. C’est vachement bien car nous sommes soixante personnes, c’est compliqué, ça devient une vraie entreprise, évidemment s’ils vivent au jour le jour ensemble je ne suis pas sûr de l’entente !
On fonctionne aussi de façon globale pour beaucoup de choses, en ce moment, on est en train de travailler avec l’Amérique du Sud, des chroniques, des passages radio, etc., nous avons eu une demande de partenariat d'une radio péruvienne, j’ai envoyé l’information à tout le monde : « voilà, on a la possibilité d’avoir un package promo avec sampler, magazine, etc., ça vous dit ou pas ? » Tout le monde est au courant, à eux de faire leurs choix, s’ils ne me suivent pas ce n’est pas grave mais l’info est passée. On a tous besoin d’entraide

et la suractivité de l’un sert la sous-activité de l’autre, donc ça le fait ! Je suis en contact permanent avec eux, c’est une obligation.

On va prendre un exemple, j’ai découvert The Ersatz, groupe nantais (clip « One shoot, one kills ») que leur as-tu trouvé de si particulier pour avoir envie de vous investir ? La rencontre, le travail quotidien ?
Des groupes comme cela en France, on n’en a pas. C’est une grande fierté à un moment donné de pouvoir porter des groupes qui ne sont pas bankables, je trouve cela enrichissant. On travaille beaucoup en ce moment pour avoir une distribution à l’étranger. Mon investissement aujourd’hui c’est de les sortir de

leur underground volontairement mis en place il y a quelques années. Le problème à force de vouloir jouer underground de chez underground, c’est qu’ils ne font pas de scène. Le but aujourd’hui c’est de les sortir de ça, de les montrer un peu et de réussir à leur faire faire quelques dates, ce que l’on a réussi en début d’année avec des concerts autour de Rennes. Depuis un an et demi, ils n’étaient pas sortis de chez eux et montés

sur les planches. Ça leur permet de se mettre dans une certaine logique et d’avancer, ce sont des garçons d’une trentaine d’années, tout est bien pensé et carré chez eux. D’ailleurs on va lancer le nouvel album pour

la fin de l’année. Ce sont de grands amis de The Veil, ils sont de Nantes également, groupe très particulier

de dark wave metal, avec un chant féminin, des claviers monstrueux dans tous les sens et franchement pour faire la promotion c’est très compliqué. Demain, ces groupes-là, en ayant une distribution en Allemagne,

en Angleterre, ce sont des groupes que l’on va voir sortir, mais de l’autre côté, pas du côté français.
En fait je ne démarche pas de groupe depuis le premier. Par contre, j’ai une accélération significative

des demandes depuis septembre dernier et encore plus depuis la signature avec Seasons of Myst.

Tu es seul ?
Je m’occupe de tout ce qui est relation avec les groupes : distribution, promotion, relation partenaires.

J’ai une personne qui s’occupe du site Web, j’en ai une autre qui s’occupe de toute la partie graphique

et une pour tout ce qui est réassort en magasin.

Depuis janvier 2015, une distribution nationale est assurée par Season Of Mist Distribution.

Comment envisagez-vous cette collaboration avec eux ?
Ce qui est intéressant c’est que tout s’est fait marche par marche. Lorsque j’ai créé le label, si j’étais allé

les rencontrer en leur disant : « voilà je veux faire un truc avec vous », ils m’auraient dit : « tu viens d’où, pourquoi, comment », c’est normal et je comprends ! A l’inverse, après les deux passages des groupes au Hellfest, j’ai eu l’occasion de les rencontrer plusieurs fois, de pouvoir prendre le temps de papoter. Je les

ai contactés peu de temps après le Hellfest, je leur ai demandé si c’était jouable, pas forcément pour tous

les groupes. Aujourd’hui c’est un vrai plus pour plusieurs raisons, il faut savoir que l’on est à peu près

une douzaine de labels indépendants en France au niveau du metal et de mémoire on doit être cinq à être distribués par Seasons of Mist. Il y a un vrai choix du côté des uns et des autres. Sur le CV, c’est vachement important, on est une petite structure qui existe depuis quatre ans, désormais les artistes du label sont distribués au niveau national. Un exemple, Malkavian a sorti son premier album en avril 2014, distribué

par Seasons of Mist depuis janvier 2015, eh bien ils passent au Hellfest cette année. En l’espace de moins

d’un an, ils ont franchi un vrai cap. L’avantage également, c’est que ça va me permettre de démarcher

le marché étranger, sans Seasons of Mist je me serais présenté devant eux avec quelles armes ?

Tout cela permet d’avancer.

Ils font une sélection par rapport à tes groupes ?
Il faut savoir que Seasons of Mist ne travaille que sur les nouveautés, ils ont décidé, et je les en remercie,

de travailler sur les albums des Malkavian et des Breakdust déjà sortis, tout simplement car ce sont

des groupes à l’activité très forte liée au Hellfest et je trouvais dommage de ne pas tenter l’aventure avec

ces groupes-là également. Ils m’ont entendu et c’est vraiment cool. Désormais, toutes nos sorties passeront

par Seasons of Mist, une véritable distribution nationale. Je risque de me faire engueuler, mais Season of Mist c’est un peu l’UnIversal du metal en France ! C’est le plus gros. Ça nous permet d’avoir une vraie lisibilité

au niveau national.

J’imagine que tu n’es pas sur des tirages monstrueux ?
Bien sûr que non, mais ce n’est pas grave, il faut être présent partout et pour un groupe, sur son CV il a sa biographie, ses dates de concert, une distribution Seasons of Mist et ça, pour n’importe quelle personne normalement constituée dans le monde du metal, ce n’est pas anodin. Bien entendu, ça ne veut pas dire

que si tu n’es pas chez Seasons tu n’es qu’une merde, mais c’est un vrai plus.

Sans mentionner les groupes de ton label… Quelles sont les choses auxquelles tu es addict ?
Je suis addict à quoi ? Au café ! Les gens qui m’ont suivi aujourd’hui l’ont compris !
Aux nanars de films de requin, toutes les sous-daubes, Shark Attack : Alerte aux Requins, Shark Attack 2, 3, Shark Zone, Sharktopus, Sharknado… Je les connais tous par cœur, je les ai tous et je les fait même venir

des États-Unis. C’est pour te dire à peu près le niveau, mais bon, je suis fan de tous ces trucs-là. Les films d’horreur bien sûr, ça va de pair. Ce que j’écoute le plus en ce moment au niveau musical, c’est de la musique de film. Voilà ! Je suis depuis trois mois en mode, je passe de Braveheart à Danse avec loups, La couleur pourpre, etc. Années 80/90, mais en même temps on ne se refait pas, j’ai 37 ans ! (Rire).

Tu as des disques de chevet, des coups de cœur musicaux ?
Le dernier Enslaved, c’est juste une tuerie. Un groupe allemand de doom metal Ahab et puis un groupe

de dark wave des années 80, Field of the Nephilim, je suis un gros fan, gros addict, je les ai tous.

Et tes espoirs les plus fous ?
Je souhaite que ça continue comme ça l'est actuellement. Si on m’avait dit, il y a quatre ans, que j’en serais là, je ne me serais pas cru moi-même. Si je l’avais fait plus tôt, lié à cette crise du disque dont on a parlé plus tôt, je me serais rendu compte que c’était mort et qu’il ne fallait pas le faire. Finalement, le moment était le bon, j’ai aujourd’hui la maturité pour tenir un label comme ça, j’ai acquis l’organisation et une certaine maîtrise

qui me permet d’aller vite et c’est plutôt pas mal. Je pense que l’on ne peut pas être label manager à 22 ans.

Je n’avais aucune relation dans le milieu, je suis parti de zéro, mais quand on est commercial ça va très vite,

on sait démarcher les gens, on n’a pas peur de passer un coup de fil, d’envoyer un mail, on ne risque pas grand-chose.