Équilibré et structuré

Interview Huxgues Chantepie (Ugo)


Interview au Hard Rock Café (Paris)


On lit un peu partout

que Dushan Petrossi (Guitare) est le cerveau du groupe, la pièce maîtresse de Magic Kingdom, quand

est-il réellement. Avec

un peu de méthode

nous avons peut-être réussi

à sortir l’artiste de sa coquille et lui soutirer quelques bribes d’informations

sur son 4e opus

"Savage Requiem" ancré

dans le Classique Speed

Metal, saupoudré de symphonique.


Artiste : Magic Kingdom

(Symphonic Speed Metal)

Album : Savage Requiem

Label : AFM Records
Date : 13 mars 2015

01. In Umbra Mea
02. Guardian Angels
03. Rivals Forever
04. Full Moon Sacrifice
05. Ship Of Ghosts
06. Savage Requiem
07. Four Demon Kings Of Shadowlands
08. With Fire And Sword
09. Dragon Princess
10. Battlefield Magic




15mm… Quelques mots-clés… pour quelques réponses…


En quelques mots : on joue du metal mélodique avec un côté symphonique classique et un penchant pour l’orchestration.

Les Influences : c’est un peu difficile de dire aujourd’hui que l’on possède encore des influences, on tourne depuis 20 ans maintenant, mais à cette époque c’était la musique des années quatre-vingt.

Le cerveau : je compose la musique, les paroles, c’est ma méthode de travail depuis 20 ans, les autres membres apprécient et il n’y a aucun obstacle. Ils aiment aussi ma façon d’apporter les morceaux en studio et ils les interprètent avec leurs feelings, mais la structure est déjà là.

La carrière solo : pas de carrière solo, j’ai déjà Iron Mask et Magic Kingdom, ça ferait un peu trop pour moi. Peut-être qu’un jour, je réaliserais un album instrumental seulement pour le fun.

Les marques : J’ai une Fender comme guitare principale, Stagg et Ibanez, j’ai mélangé toutes ses tonalités dans l’album pour avoir un son compact et puissant.

La guitare : c’est mon premier instrument et elle me permet de m’exprimer à travers ma musique, je joue également de la batterie, de la basse et du clavier.

L’accordage : en ré, mais pas plus bas.

Le nouveau chanteur (Christian Palin) : je cherchais un nouveau chanteur pour Iron Mask, mais c’était plus intéressant pour Magic Kingdom, j’avais déjà commencé la réalisation de l’album (une vraie demande du public sur le net et par e-mails). On s’est rencontrés par contact interposé, je l’avais entendu sur l’album d’Adagio et il était très convaincant. Il me fallait un mec avec de l’humour pour chanter ce genre de chanson, ce style de metal. Ce n’est pas facile de trouver quelqu’un avec la puissance, le côté mélodique et la passion. Je veux des mecs impliqués sur l’album et en tournée, c’est une de mes conditions non négociable. Tout s’est bien passé, il y avait longtemps que je n’avais pas travaillé en face-à-face en studio, c’est un vrai plus pour l’enregistrement d’un album.

Le défi : je commence toujours par le chant, la mélodie du chant, c’est très important et je fais le reste après. Cette fois-ci, j’ai essayé de ne pas mettre trop d’éléments symphoniques, orchestraux, je voulais un album plus court et plus rentre-dedans. Il y en a toujours, mais en arrière-plan.

La création : je me base souvent sur une mélodie dans la tête, un refrain ou un riff de guitare qui démarre une chanson. Je vois ce qui vient après, suivant l’inspiration, suivant les jours.

L’évolution : on est arrivé à un bon équilibre, pas trop de speed, pas trop de symphonique, c’est assez diversifié et c’est un vrai kif aujourd’hui. Ce n’est pas réalisé un album entièrement à la double grosse caisse où c’est toujours la même chose, je recherche une certaine diversité, c’est vrai, la technique a évolué, on s’améliore après chaque année et un musicien doit continuer à progresser. On fait mieux les choses qu’à 20 ans. Je joue continuellement, c’est une obligation si tu veux créer de nouvelles choses.

Le thème : ce n’est pas un concept, on n’est pas dans l’esprit d’un metal opéra comme dans les albums précédents, je voulais une atmosphère plus directe et que chaque titre soit dissociable. Je ne voulais pas me lancer dans de grandes épopées de 30 mm comme sur l’album précédent, passer encore deux ans à travailler sur cet album. La magie a opéré immédiatement.

Le visuel : un Français Stan Decker, j’aimais ses travaux, c’est un super-mec, je lui ai juste dit que je voulais un dragon, c’est un peu notre mascotte, qui détruit une cathédrale, il m’a montré une première approche et je lui ai demandé de rajouter des petits ornements, sorcier, nain, etc., un style vraiment fantaisie. C’est l’image que l’on veut porter avec ce groupe et là c’est la meilleure pochette que l’on n’ait jamais faite.

L’analyse : Il y a de plus en plus de chanteuses dans ce style de musique, c’est la mode, je préfère rester avec une voix masculine. On assimile de nos jours la musique symphonique à la voix féminine, mais avant, ça n’avait rien à voir avec cela, « je respecte, mais je m’en fous et tout le monde fait ce qu’il veut ». Mais pour l’univers purement symphonique, je préfère un mec avec plus de puissance, cela apporte une certaine couleur pour mes morceaux.

Des nouveautés : Il y a déjà pas mal de classique, celtique… etc. Pour le prochain album, j’ai déjà quelques idées, se sera plus poussée dans les orchestrations, plus dans l’esprit musique de film et d’une durée plus longue. On aura la chance de travailler avec un orchestre classique. J’ai de nombreuses idées…

La différence : On est plus agressif que les autres, plus rente dedans, plus trash et plus direct. Un esprit Iron Maiden sur certains passages, pas dans leurs styles mais dans la façon de le chanter, d’apporter la mélodie du chant.

La scène : Il y a 10 ans que je n’avais pas joué avec Magic Kingdom, j’ai vraiment consacré mon énergie avec Iron Mask en concert ces dernières années. Magic Kingdom était plus un projet studio et c’est pour cela que je voulais des musiciens jouant en live pour cet album. On devrait démarrer la tournée en automne, j’espère avoir créé des morceaux qui restent dans la tête et ainsi pouvoir les partager avec le public en concert. Pour l’instant on se concentre sur l’Europe.

La scène Metal en Belgique : à part nous, il n’y a pas grand monde dans le style symphonique, tout le reste est plus agressif, plus hardcore. C’est un petit pays avec beaucoup de musiciens, mais pas dans notre style, c’est un peu le désert.

Facebook : aujourd’hui il n’y a plus vraiment de média (Télé, magazine…), ça devient difficile, Internet c’est à la fois une bonne chose et une mauvaise chose, ça détruit pas mal le disque, tout descend en flèche en ce moment. Ça aide surtout à maintenir le contact avec les fans, connaître leurs attentes vis-à-vis du son, des produits dérivés, cd, tee-shirt, etc. Les fans sont vraiment actifs sur Facebook.

Le téléchargement : On ne peut rien faire contre cela, à part interdire Internet, je ne vois pas la solution. Le téléchargement ne concerne pas seulement la musique, mais les films, les logiciels, je pensais à l’époque qu’il fallait que les choses changent. Je m’aperçois qu’aujourd’hui, lutter contre ce fléau ne sert à rien. C’est devenu une habitude de tout posséder gratuitement, alors la musique gratos on l’accepte, il faut donc, jouer de plus en plus et vendre des tee-shirts, « tu vends plus de tee-shirts que de cd finalement ». Lorsque j’aime un truc, j’achète, mais pas énormément. J’écoute surtout mes CD, quasiment les mêmes depuis les années quatre-vingt, je ne suis plus trop l’actu depuis les années 2000.

La vie du groupe : C’est bien de retrouver l’ambiance des années quatre-vingt-dix, moins de studios et plus de vie de groupe. Ça fait du bien de se revoir, même si le chanteur Christian Palin est en Finlande, le batteur Michael Brush en Angleterre (Ça fait dix ans qu’il m’avait contacté et il voulait absolument faire partie de ce groupe), finalement l’Europe est accessible aujourd’hui. Malgré les projets perso de chacun, la priorité pour l’ensemble du groupe c’est Magic Kingdom, on désire jouer et tournée, c’était la condition pour la sortie du disque, le reste peut attendre. Nous allons consacrer plus d’un an à ce projet. La structure du combo est désormais formée pour durer, on espère sortir un nouveau disque tous les deux ans et ne plus attendre cinq ans.

 

La réussite : surtout en Allemagne, Espagne, Italie et le Japon. Le sud de l’Amérique également, mais là le problème c’est le téléchargement, il y a beaucoup de fans, mais aucun pouvoir d’achat.


Un petit message : Merci à tous ceux qui me supportent depuis des années en France et l’on va se retrouver  sur la route en live.