Entrez en

résistance !

Interview Hugues (Ugo) Chantepie


Il est temps de vous échapper de votre torture mentale,

ne vous laissez plus maltraiter et lobotomiser. Réveillez vos consciences au son du nouveau Mass Hystéria afin de vous extraire, par la seule force de votre esprit de cette matière noire accrochée à votre esprit. Déchaînez vos pouvoirs tribaux, vos instincts guerriers sur

les rythmes endiablés, les gros riffs et au son d’un chant en forme d’uppercuts. Ne soyez plus amère, écoutez bien, les ondes positives nettoient votre cerveau et une nouvelle sensation de liberté vous envahit. On se devait de rencontrer Yann et Fred, tous deux guitaristes et musiciens du positif ! Résistance !


Line-up :
Mouss Kelai - chant
Raphaël Mercier - batterie
Yann Heurtaux - guitare
Vincent Mercier - basse
Frédéric Duquesne - guitare


Artiste :  Mass Hystéria

Album : Matière Noire

Label : Verycords

Tracklist :
01. Chiens de la casse

02. Vae soli !

03. Vector equilibrium

04. Notre complot

05. L’espérance et le refus

06. Tout est poison

07. L’enfer des dieux

08. À bout de souffle

09. Matière noire

10. Plus que du metal

11. Mère d’Iroise


MASS HYSTERIA

Chiens de la casse


En écoute sur Deezer


Photo : © Eric CANTO

"Il y a deux milliards de petites choses que tu peux faire pour ne plus être amère" Fred


Pourquoi choisir un tel mode d’expression artistique le « Rock »,

le Metal ?
Yann : je pense que cela ne se calcule pas, dans un premier temps le logo d’AC/DC me parlait, j’ai acheté la cassette de « Flick off the Switch » pour le visuel, j’ai écouté et cela a changé ma vie et c’est devenu un peu, une religion pour moi ! par la suite j’ai découvert Iron Maiden et Metallica.
Fred : c’est simple, à quatre ans j’ai eu un mange-disque, l’ami de ma mère m’avait offert deux 45 t, un de AC/DC « You Shook Me All Night Long » et « Le Cœur Grenadine » de Laurent Voulzy, le choix a été rapide ! Et c’est toujours resté en moi, c’est bizarre ! Je m'en souviendrais toujours, car cela a agi sur une grande partie de ma vie.
Yann : mon fils, il aime bien Repentless de Slayer et il fait la gueule lorsque je lui fait écouter Dr Dre ! (rires)

Depuis tes débuts, Yann, de quelle manière penses-tu que vous avez évolué, musicalement et humainement depuis la création de Mass Hystéria en 1993 et sept albums ?
Yann : déjà, il y a toujours le même message depuis les débuts et c’est plutôt positif, malgré tous les soucis autour de nous, il faut toujours essayer de regarder vers la lumière. Le message de base de Mass Hystéria c’est « Positif à bloc », Mouss en a d’ailleurs écrit une chanson sur l’Armée des Ombres. Musicalement on est passé par plein de choses, mais notre signature metal associé aux machines, reste notre identité première et on traverse les années !

Vos premiers contacts avec votre instrument la guitare ?
Yann : je voulais ressembler à James Hetfield ! Je faisais des stages de tennis intensifs, douze heures par jour et j’ai eu un problème au genou. J’avais treize ans, à mon anniversaire, j’ai dit à mes parents : « je veux une guitare metal, mais pas de guitare sèche ! » J’ai tout de suite eu une vraie guitare, une Hohner, mais ils ont regretté, car j’ai lâché le tennis. En revanche, je gagne vachement moins bien ma vie ! (rires)
Fred : mon père jouait de la guitare à la maison, mais très mal ! (rires) il faisait des gammes toute la journée, c’était insupportable, mais je ne devrais pas dire cela ! La guitare, il ne fallait même pas m’en parler, ma passion c’était le ski et durant les années collège mes deux meilleurs potes ont monté un groupe, batterie, guitare et ils m’ont dit : « vas-y, la basse Fred, on monte un groupe ». J’ai fini par aller jouer quelques notes, j’ai vraiment ressenti quelque chose et de fil en aiguille je suis passé à la guitare tout simplement.

Musicalement, le grand défi à relever avec ce nouvel album "Matière Noire" ?
Yann : le défi était de faire aussi bien et même mieux que l’Armée des Ombres. Il fallait refermer le rideau et voir ce que l’on pouvait faire.

Combien d’albums produits par Fred avec Mass Hysteria ?
Fred : j’ai produit quatre albums avec Mass Hysteria, 2007 : Une somme de détails, 2009 : Failles 2012 : L’Armée des ombres et 2015 : Matière Noire.

Comment es-tu arrivé au sein de Mass Hysteria en tant que guitariste ?
Yann : on lui avait déjà demandé à l’époque, quand notre guitariste est parti pour Aaron, mais Fred avait refusé, car il avait trop de projets.
Fred : j’étais enclenché dans des trucs, il m’était difficile de les lâcher, je n’ai qu’une parole. Je ne te cache pas, je l’ai un peu regretté lorsque j’ai vu Mass Hysteria revenir et réaliser de super-concerts.
Yann : il a continué à faire les albums, mais ça c’est très bien passé avec Nico pendant sept ans. Nico c’était un chien fou, même si je l’adore ça devenait compliqué de réaliser des choses avec lui. Lors d'une soirée trop arrosée il a décidé de quitter le groupe et je lui ai seulement dit : « je ne te laisserai pas encore une chance, méfie-toi de ce que tu dis ». C’était le moment de trouver quelqu’un de sérieux sur qui j’allais pouvoir m’appuyer, j’ai appelé Fred de suite et il n’y a eu aucune autre audition. C’était au moment où il sortait Bukowski et il m’a dit : « putain mec, tu me demandes cela maintenant, mais il m’a dit oui tout de suite ! »

Mais Fred tu avais l’habitude de jouer avec eux ?
Fred : non en studio, je participe à tous les pôles, mais je ne joue pas forcément d’un instrument.
Yann : une chose est certaine, on est très proche et on sort continuellement ensemble !

Des thématiques assez pessimistes, vous touchez à beaucoup de sujet, le malheur, l’amitié carquois, l’interdiction de penser autrement, le fanatisme, l’esprit humain, la façon dont on nous fait vivre. Où se trouve l’espoir ? Dans la rébellion ?
Yann : la rébellion se trouve dans le fait d’éteindre sa télé, tout ceci est un constat, nous voulons dire aux gens d’essayer de regarder autour d’eux, de retrouver la force de réfléchir par eux-mêmes. C’est vraiment possible de penser à un beau et meilleure avenir, il faut arrêter de s’acharner, on nous lobotomise avec les infos et ça m’agace profondément. Je ne supporte pas les politiques, une élite ne pensant qu’à leur carrière et que ça arrange bien de dire au peuple que tout va mal. Je veux un bel avenir pour mes enfants et je suis certain que cela est possible.

Vous croyez au pouvoir de la musique ?
Yann : quand des fans viennent te dire : « vous m’avez sorti de la merde grâce à votre musique », rencontrer des gens sortis de dépression juste en nous écoutant, ça fait vraiment du bien. Il faut réveiller les consciences par la résistance ! Rester positif, malgré tout, nous ne sommes pas un groupe engagé. Je cite souvent Pierre Rabhi philosophe, dont la théorie est de faire, déjà du bien en bas de chez soi et la vie serait beaucoup plus cool. Essayer de vivre sa vie en étant conscient de ce qui se passe, mais ne pas se fixer là-dessus, autrement tu n’as plus qu’a te tirer une balle.
Fred : on est tous différent dans le groupe, même si Mouss écrit les paroles on a chacun notre façon de penser, on ne se retrouve pas forcément en accord sur tous les textes, mais sur l’idée générale. Après le maître mot, c’est monter sur une scène, délivrer une énergie et un discours positif. Déjà si tu comprends qu’il ne faut plus allumer BFM télé en débutant ta journée, elle est complètement différente. Il y a deux milliards de petites choses que tu peux faire pour ne plus être amère. Après, on ne peut pas non plus se mettre complètement en marge de la société, il y a un juste milieu à trouver.
Yann : on a la chance d’avoir Mass Hystéria, c’est notre exutoire et nous avons envie de le partager.
Fred : par défaut, nos vies ne sont pas simples, faire un groupe de Rock’n’roll en France, essayer d’en vivre tant bien que mal, le faire sérieusement, ça demande des concessions. Il faut bosser à côté, alors ton planning est bien chargé. (rires) Donc, si en plus, tu dois te noyer avec la matière noire que l’on nous donne, qui t’embourbe la gueule et te mine, tu ne t’en sors pas. Nous, on cherche simplement le petit rayon de soleil ! C’est vrai, c’est facile de philosopher sur tout, c’est horrible tout ce qui se passe sur la planète, mais c’est plutôt un boulot de journaliste. Nous, on fait des riffs de guitare, on veut que ça jump, les gens repartent content, boivent une bière et franchement si j’arrive à transmettre cela, je suis heureux.
Yann : donnez du bonheur aux gens pendant une heure et demie, c’est génial !

Au niveau de la compo, c’est encore toi Yann ?
Yann : depuis vingt ans et Mouss vient poser ses textes à la fin.

Dans « Vector Equilibrium » (énergie libre, finir en musique), des chœurs, des éléments symphoniques, c’est pour donner un esprit guerrier, théâtral, une grandeur combative, pourquoi ce choix ?
Yann : le rif est ce qu’il est, après on travaille avec quelqu’un qui s’occupe des machines, il va nous apporter des boucles et parfois il y a de beaux hasards. Les chœurs ,il n’y avait rien de calculé, j’ai trouvé ça mortelle et j’ai dit : « on garde ! ».

Dans « L’enfer des dieux » musicalement vous martelez le message « le fanatisme », à la fois marche militaire, mais dansant ?
Yann : C’est le lien avec les premiers albums, j’ai toujours envie que ça danse. Ce morceau, on a failli ne pas le faire, mais lorsque je l’ai écouté au dernier moment, Mouss m’a sorti la phrase : « je suis un fan de Nietzsche, j’ai ce truc-là, j’ai rajouté cela derrière, qu’est-ce que tu en penses ? », j’ai trouvé cela génial et je lui ai dit : « il faut que tu me places cela ». Ensuite ils ont fait avec Fred le positionnement des voix et j’ai été bluffé lorsque j’ai écouté le titre.

Il faut que j’écourte l’interview, mon temps imparti se termine !

Que pensez-vous du rapport de la jeunesse d’aujourd’hui

avec la musique ?
Yann : je crois que la jeunesse musicalement est un peu perdue, ma fille écoute tout et n’importe quoi sur Deezer ! Je suis nostalgique de l’époque où l’on allait encore acheter son cd. Je ne sais pas si avec cette multitude de chaînes d’infos, les gens ont encore envie d’écouter un groupe revendicatif.
Fred : on ne considère peut-être plus les groupes de rock, de metal comme Trust pouvait l’être à une certaine époque.

Existe-t-il d’autres cultures musicales ou artistiques que vous souhaiteriez inclure dans vos futures démarches musicales ?
Yann : j’écoute énormément de choses en musique, je vais être interpellé par certains morceaux de Jazz, mais je ne vais pas l’inclure froidement dans ma musique ou alors je vais essayer de l’intégrer dans Mass sous forme de metal.

Tu composes des choses différentes de Mass Hystéria ?
Yann : j’écoute beaucoup de metal extrême, des trucs plus énervés et oui, j’ai un projet depuis deux ans avec d’autres musiciens, mais qui n’arrive pas à aboutir par manque de temps malheureusement.

Yann, qu’est-ce qui nourrit ton inspiration en dehors de la musique ?
Yann : Mass Hysteria est mon exutoire ou j’essaie de mettre tous mon univers culturels.

L’artwork, un petit mot sur la création ?
Yann : c’est simple, j’ai eu l’idée de cette matière noire coulant sur un visage, j’ai eu l’image de Carrie de Stephen King, mais sans l’idée du sang. J’ai contacté notre photographe Eric Canto qui met tout en œuvre pour notre réussite et ma réalisé exactement ce que j’avais en tête.

Yann, ton point de vue sur les réseaux sociaux ?
Yann : pour le groupe je trouve cela mortel, pour les jeunes d’aujourd’hui je trouve que c’est un fléau, c’est dangereux, ils vivent collés à leur téléphone, autrement ils sont complètement perdus. C’est leur façon d’exister !

Je vous laisse le mot de la fin.
Fred : venez au Trianon en mars 2016.
Yann : j’ai envie que l’échange avec cet album se face sur un ring !


Photo : © Eric CANTO