Interview Metaldays 2019

 

Les Metaldays fêtent leur 15e édition cette année. A cette occasion nous avons rencontré Nika, co-organisatrice du festival slovène au Hard Rock Café de Paris. Le festival aura lieu du 21 eu 27 juillet prochains et affiche pratiquement complet.

Par © Christophe Favière

 

Booste ta curiosité ! Line up & running order

 

Nous sommes à trois mois de la 15e éditions du festival, comment te sens-tu ?
Nika : Et bien les ventes de tickets sont vraiment impressionnantes cette année, il nous reste quelques centaines d’entrées. À ce rythme, nous serons complets d’ici le mois de mai. Nous nous sentons plutôt bien, cela devrait être une bonne année pour nous.

L’affiche est complète ?
Nika : Oui, la programmation est terminée.

Vous avez un partenariat avec Monster Energy, c’est plus facile financièrement pour signer les gros groupes ?
Nika : Ils sont avec nous depuis une paire d’années, mais en fait ce n’est pas un partenariat financier, ils ont juste l’exclusivité pour vendre les boissons énergétiques lors du festival. C’est le seul contrat de la même manière que le brasseur Blueberry a l’exclusivité pour vendre la bière sur le site. Le festival est entièrement financé par la vente des tickets.

C’est un choix délibéré ?
Nika : Ce n’est pas vraiment un choix. Nous avons un petit problème, 80% du public vient de l’étranger et seulement 20% de Slovénie. Les sociétés slovènes ne sont pas vraiment intéressées par un sponsoring ne touchant que 20% du public et les grosses compagnies étrangères me disent de traiter avec leurs bureaux en Slovénie. C’est un peu le serpent qui se mord la queue !

Depuis 2005, la réputation du festival ne cesse de grandir, est-ce plus facile pour attirer les grands groupes ?
Nika : Oui, définitivement oui ! Nous sommes maintenant un festival bien établi, nous avons développé de bonnes relations avec les différentes agences de management.

Beaucoup de groupes vous contactent pour jouer aux Metaldays ?
Nika : En fait nous ne contactons personne, ce sont les groupes qui viennent à nous pour être programmés. Notre bonne réputation fait que les groupes savent qu’ils passeront un bon moment. Donc depuis une dizaine d’années, oui c’est beaucoup plus facile.

En France la législation est de plus en plus compliquée en termes de sécurité et de nuisances sonores, compliquant le travail des organisateurs. Vous rencontrez les mêmes problèmes en Slovénie ?
Nika : Il est sûr que la législation se durcit tous les ans, pas seulement en France, ce sont des directives européennes. La pile de documents à remplir est passée de 3 cm à 25 cm (rires !).  Je ne pense pas que cela soit une bonne chose. Ils veulent légiférer sur absolument tout, cela ne nous promet pas un avenir des plus simples.

Cela a un gros impact financier sur le festival ?
Nika : Bien sûr ! Chaque nouvelle réglementation nous oblige à ajouter du matériel ou embaucher des personnes supplémentaires, et tout cela à un coût.

Combien de personnes attendez-vous cette année ?
Nika : 12 000, c’est notre capacité maximale.

C’est dû au site ?
Nika : Nous pourrions vendre 3 000 tickets de plus, mais nous voulons garder le festival dans cette configuration afin que les festivaliers ne soient pas entassés les uns sur les autres. Pour les gens travaillant sur le site, c’est aussi plus confortable de pouvoir se déplacer facilement. Tout le monde peut respirer, c’est pourquoi nous gardons ce maximum de 12 000 personnes.

Parlons de l’organisation, y aura-t-il du nouveau cette année ?
Nika : Oui, il y aura quelques évolutions. Pour commencer il y aura deux nouveaux points restauration. Il y a aussi un gros changement au niveau de l’électricité. Les générateurs au thermiques ne seront plus acceptés sur le site, ils ont un trop gros impact en terme de nuisances sonores et environnementales. Nous avons eu pas mal de plaintes des habitants. Le site est relativement proche des habitations et cela créé une gêne. Souvent les festivaliers boivent un peu trop et s’endorment avec le générateur en marche. On ne peut pas les débrancher nous-mêmes, on ne sait jamais s’il y a un appareil respiratoire de branché. Mais il faut que les festivaliers comprennent que des gens vivent à proximité, ils travaillent et se lèvent tôt pour certains, ils ne peuvent pas rester les fenêtres fermées avec 40° dehors. On ne peut pas se permettre d’avoir du bruit toute la nuit, nous avons donc décidé de mettre un terme à tout ça. Nous allons proposer 90 blocks électriques utilisant des énergies alternatives et dans le futur nous envisageons de passer entièrement à l’électricité solaire.

L’écologie est un sujet qui vous préoccupe beaucoup ?
Nika : Oui, pour nous le solaire c’est le futur. Depuis trois ans, nous gagnons le Green Award récompensant les festivals les plus écologiques. Nous souhaiterions encore apporter d’autres changements dans les cinq ans à venir. L’an passé nous avons changé tous les gobelets, cuillères, fourchettes par des couverts en matière biodégradable. Cette année nous allons louer en ligne des tentes pré-équipées. C’est incroyable le nombre de tentes abandonnées après le festival, ce qui génère des déchets à recycler, et donc des coûts supplémentaires. Nous allons aussi développer notre offre de nourriture végan. Dans un avenir proche, nous allons aussi bannir la nourriture extérieure sur le site afin d’éradiquer les déchets plastiques. Nous allons donc ouvrir un magasin où les festivaliers pourront faire leurs courses et trouver tout ce qu’ils veulent, mais sans packaging, ce qui une fois de plus permettra de limiter les déchets sur le site. Comme tu vois, nous avons plein de projets pour les années à venir.

Vous avez toujours un œil sur les autres festivals européens ?
Nika : Nous entretenons de bons rapports avec de nombreux festivals comme le Hellfest en France ou le Resurection Fest en Espagne auquel nous nous sommes rendus. Mais le calendrier fait que nous ne pouvons plus aller sur d’autres festivals et inversement, eux ne peuvent pas nous rendre visite. Mais nous restons en contact.

Vous organisez cinq festivals, d’autres projets dans les tiroirs ?
Nika : Oh non ! Cinq c’est bien assez de travail ! Nous sommes une petite équipe.

Justement, combien de personnes travaillent à l’organisation du festival ?
Nika : À temps plein nous sommes une dizaine. Mais à l’approche du festival, nous augmentons les effectifs à vingt personnes.

Et le jour J ?
Nika : Lors du festival il y a entre 400 et 500 personnes.

Quel groupe rêves-tu d’avoir sur l’affiche ?
Nika : Ce serait vraiment cool d’avoir Tool. Ensuite Alice In Chains, mais on verra bien, beaucoup de choses peuvent se passer dans le futur… Blague à part, nous sommes assez réalistes au moment de faire la programmation. Nous savons bien qu’il est difficile d’obtenir de gros groupes comme Rammstein ou Iron Maiden, le site du festival n’est pas assez vaste pour accueillir leur production. Nous voulions Judas Priest depuis longtemps et nous y sommes parvenus l’année dernière. Nous faisons notre maximum, mais c’est compliqué.

Comment définirais-tu l’esprit du festival ?
Nika : Vacances me semble le bon terme pour définir l’esprit du festival. Bien sûr, cela reste un festival de musique, mais le côté vacances est omniprésent, les gens viennent, peuvent se baigner dans la rivière, profiter des fêtes, faire ce qu’ils n’ont pas toujours l’occasion de faire comme prendre son petit déjeuner dans le calme, faire du Metal Fitness ou autre. C’est vraiment la détente, les vacances quoi !

C’est quoi le Metal Fitness ?
Nika : C’est une activité développée par un groupe de filles venues d’Allemagne. Il semblerait que le Metal se prête bien à se genre d’aérobic ! Je n’ai pas essayé, mais en discutant avec ceux ayant participé, ils m’ont dit « Tu meurs ! ». Tu peux trouver des vidéos sur Youtube en tapant « Metalza ».

Pour finir, que dirais-tu aux personnes qui hésiteraient à venir aux Metaldays ?
Nika : Qu’ils ne devraient pas hésiter ! Ils devraient venir juste pour voir si je dis la vérité (rires) ! Non, les gens devraient vraiment profiter du festival, la Slovénie n’est pas si loin, c’est un beau pays et les prix sont raisonnables par rapport à la France. Alors venez voir !