MetalDays / l'interview de Boban Milunovíc


Depuis 2004, Boban Milunovíc organise le paradis des festivals metal. Anciennement MetalCap, aujourd’hui devenu le MetalDays, l’évènement se déroule dans la proche banlieue de Tolmin, un village de Slovénie. Le cadre idyllique dans lequel se déroule le festival en fait une destination de plus en plus prisée chaque année. A cheval entre programmateur et animateur de colo, Boban s’est prêté au jeu de l’interview.

Sébastien Normand rencontre Boban Milunovíc pour boosteleson.com avec Replica Promotion


Salut BoBan, Tu es le directeur du MetalDays, peux-tu te présenter ? Que faisais tu avant le projet MetalDays ?
J’ai toujours travaillé dans le domaine de la musique. Avant de travailler à la promotion de festivals, j’avais mon label, Gold Chamber et mon propre studio. Ce qui m’a permis d’enregistrer beaucoup de groupes comme par exemple Abigail, Belphegor ou Deathspell Omega. Un projet en amenant un autre, je me suis naturellement retrouvé à travailler pour le festival.


Trouves-tu toujours le temps de travailler sur ton label ?
Non, cela m’est maintenant impossible, s’occuper de festivals est un travail à plein temps. Je n’ai donc plus le temps du tout pour d’autres activités.


Comment en es-tu arrivé à monter ton propre festival ?
Il n’y avait aucun plan établi, rien de prémédité. Dans la vie, il arrive des choses, tu as des choix à faire. Et finalement tout cela a été simple et c’est imposé simplement. Tu es guidé par ce que tu aimes faire, tu t’entoures de gens que tu apprécies. Monter un festival est aussi simple que ça (rires).


Peux-tu nous raconter l’histoire de la création des MetalDays ?
Notre histoire a débuté en 2004. Le festival s’appelait alors le Metal Camp. Il était le résultat de la rencontre entre trois slovènes et un autrichien réunit par la même envie, monter un festival de toutes pièces en partant de rien. Ou quasi rien. Cela paraît bien loin maintenant.


Te souviens-tu du nombre de festivaliers sur cette première édition du MetalCamp ?
Environ 3500 si je ne me trompe pas.


Combien de personne attendez-cous cette année ?
12000 personnes. C’est le maximum de ticket que nous pouvons vendre.


A ce jour, le MetalDays affiche-t-il complet ?
Pas pour le moment mais il le sera probablement. Nous avons affiché complet lors de nos dernières éditions. Nous ne pouvons pas non plus en être absolument sûrs mais il y a quand même de fortes chances.


Dans ce cas, pourquoi consacrer du temps à la promotion ?
Pour parler chiffre, je te dirai que la France est le second marché en Europe après l’Allemagne. Et au-delà du fait que le festival soit complet ou non, il est important pour moi de le faire connaître au plus grand nombre. Nous recevons déjà beaucoup de français et c’est un public formidable, très humain, vivant et toujours prêt à faire la fête. Et du plus, toujours dans le plus grand respect.


En quoi consiste votre travail durant le festival ?
L’essentiel du boulot c’est de la coordination. Par contre, je te précise que nous avons un directeur de scène très compétent en qui nous déléguons tout ce qui a attrait aux concerts et aux scènes. Il faut des connaissances techniques très précises et être très réactif. C’est pourquoi nous déléguons cette tâche. Au-delà ce cet exemple précis, nous sommes les référents principaux de l’organisation. Les questions viennent à nous et notre rôle est d’y répondre efficacement. Mon travail n’est pas non plus d’apprendre son métier au gars qui est derrière le bar. Je délègue et coordonne.


Trouves-tu le temps d’assister à certains concerts ?
Bien sûr oui. Je dis souvent que le gros du travail se prépare avant le festival. Si tout est bien préparé, il y aura le moins de couac possible, tout sera fluide. Dans ces cas-là, oui, en effet, nous arrivons à trouver du temps pour assister aux concerts. Plus tu bosses avec précision en amont, moins tu auras de pression durant le festival et tu pourras assister aux concerts.


Programmez-vous des groupes Slovènes ?
Oui, les groupes de metal slovène sont bons. Ils amènent de la fraîcheur au festival et surtout, ils prennent beaucoup d’ampleur chaque année.


Le seul groupe slovène que je connaisse est Laibach, ont-ils déjà joué au MetalDays ?
Non, ils n’ont pas encore été à l’affiche du MetalDays. Il y a deux ans, nous avons été en contact avec eux pour concrétiser leur présence. Dans les années 80, ils ont eu des tubes et de belles collaborations avec des groupes de metal. C’est un groupe que nous apprécions énormément mais il semblerait qu’aujourd’hui, ils souhaitent prendre de la distance avec le metal. C’est dommage mais c’est ainsi. Voilà la raison pour laquelle, ils ne sont jamais venus jouer au MetalDays.


Quelles sont les activités annexes que vous proposez durant le festival ?
En effet, les concerts ne sont qu’une partie de notre festival. Nous travaillons sur le concept de vacances-metal. Les activités commencent dès le matin et finissent tard dans la nuit. On commence par le petit déjeuner, de plus nous rendons disponibles les MetalNews, notre quotidien du metal, imprimé chaque jour. Ensuite, les activités sont innombrables, Yoga sur la plage, fitness metal, volley ainsi que toutes les activités aquatiques en lien avec la rivière qui traverse notre site. Nos festivaliers se rendent aux concerts qui les intéressent, la plage reste accessible. La nuit, il n’est pas rare de voir des strip-teases.


Quelle est ta meilleure expérience en tant que directeur de festival ?
Il n’y a pas de mauvaise expérience .Etre capable de faire ce que tu aimes et de pouvoir en vivre vaut tout l’or du monde. C’est une pour nous une chance de ne pas aller pointer pour faire un job alimentaire. Nous vivons le metal à toutes les heures de la journée et pas uniquement de 8 heure à 17 heure.


Y a-t-il un groupe que vous n’avez jamais réussi à programmer ?
Personnellement ça fait plusieurs années que j’aimerai recevoir Gojira. Je les apprécie depuis toujours. Nous sommes rentrés en contact avec eux en 2012, à la sortie de l’album « L’enfant Sauvage » mais cela n’a pas pu se faire. Je les ai vus une fois sur scène, c’était génial.


Dernière question, en tant que festivalier, quel est ton festival préféré ?
J’ai participé au Resurrection Fest en Espagne l’année dernière et je l’ai trouvé très bien organisé. Quand tu organises des festivals, tu ne focalises pas ton attention sur les mêmes aspects que le reste des festivaliers. C’est un peu les travers du métier de voir les choses différemment. Il faut absolument que je me libère pour vivre l’expérience Hellfest au moins une fois. Sinon, mon festival préféré si je ne devais en choisir qu’un, ce serait le l’International Blues Festival de Grolloo en Hollande.