Molybaron / Coup de coeur boosteleson !



Artiste : Molybaron

CD : « Molybaron »

Genre : Hard Rock, Metal, Progressive… Moderne !

Ville d’origine : Paris

Autoproduction

 

1. Fear is better

business than Love (3:08)
2. Moly (4:23)
3. Let’s die together (3:27)
4. Dance [addicted to

the Disco] (4:48)
5. Sleep leaves this Place (4:29)
6. On the other Side (3:56)
7. The Apocalypse Shop (4:27)
8. Only when Darkness

falls (3:26)
9. Incognito (3:26)
10. Mother (3:29)


Membres :

Gary Kelly :

Chant, Guitare
Steven Andre :

Guitare
Sébastien de

Saint-Angel : Basse
Raphaël Bouglon : Batterie


Incognito


Moly


Let's Die Together


Dance


Une brèche entre Rock et Metal !

Une belle rencontre au Hard Rock Café (Paris)

avec Steven (Guitare) et Raphaël (Batterie). Interview Hugues Chantepie

Replica Promotion


Photo Julien Rico


Comment avez-vous appréhendé votre instrument et à quelle âge ? Et quel rapport entretenez-vous avec votre instrument ?
Steven (guitare) : J'ai grandi dans le rock’n’roll. Pour la petite histoire, mes parents se sont rencontrés au concert de Deep Purple à Bercy en 85, tournée Perfect Strangers. La légende voudrait que ma mère se soit évanouie et que mon père ait écarté la foule pour la laisser respirer... Je tiens mon prénom de Steven Tyler, mon frère Tommy des Who... Tout cela pour dire que cela coulait déjà dans mes veines avant qu'elles ne se forment dans le ventre de ma mère... Tout petit, je jouais sur des guitares en carton lors de mes fêtes de maternelle et je répondais que je voulais être guitariste lorsque l'on me demandait mon métier de rêve... Il était évident qu'à 15 ans, après quelques années de piano, je prenne la guitare électrique. Un ami de famille m'a appris les bases et a dit en rigolant à mes parents « je ne pourrai jamais rien tirer de quelqu'un qui massacre autant Smoke On The Water... ». Il faut croire que je m'en suis bien tiré ! J'ai ensuite appris à jouer seul et à force d'esquinter les classiques dans ma chambre, un certain savoir-faire a sûrement réussi à entrer dans ma caboche.
Raphaël (batterie) : J’ai fait un peu de piano quand j’avais 8 ans, mais ça ne me plaisait pas plus que ça. C’est quand j’avais 11, avec une démarche plus personnelle pour extérioriser mes émotions et m’exprimer, que je me suis tourné vers la batterie. Ça représentait pour moi une manière de me défouler. Depuis tout ce temps, c’est l’instrument qui m’accompagne tous les jours dans la vie et que j’essaye d’apprivoiser au mieux pour dégager et faire ressentir les émotions voulues.

Depuis vos débuts en 2014 avec Molybaron, comment pensez-vous que le groupe a évolué musicalement et humainement ?
Pourquoi 3 ans pour se lancer dans l’aventure d’un album ?
Steven : Cela nous a effectivement pris 3 ans avant d'arriver à sortir l'album, mais cela causé par toutes les petites complications que nous avons rencontrées. Suite à notre rencontre fin 2014/début 2015, Gary et moi avons rencontré Seb à la basse en mars 2015. Nous avons ensuite cherché un chanteur pendant plus de 2 ans avant de se rendre compte du potentiel de Gary et de lui dire de prendre le job. La recherche d'un batteur a duré elle aussi 2 ans et fut interminable, nous commencions à perdre la foi, alors que la musique était déjà composée et enregistrée. On a fini par le sortir, car à force de se dire « on va attendre le batteur pour l'album », on avait peur de ne jamais le faire. Donc en soit, l'écriture de la musique s'est faite assez vite, mais c'est finalement toute la production et l'attente de musiciens qui ont fait que l'aventure fut si longue... Toutes ces épreuves nous ont vraiment soudés, ça n'a pas été facile, mais on en est sortis plus forts. Humainement, nous sommes plus des amis qui se voient souvent que de simples collègues de studio. Six mois plus tôt, Raph a débarqué dans le studio et a explosé nos tympans avec sa force de frappe. Nous étions enfin au complet, prêts à rocker et à tout déchirer.
Raphaël : Je ne suis là que depuis 6 mois, et non depuis le début de Molybaron, je ne peux m’exprimer sur l’évolution musicale. Mais depuis mon entrée dans le groupe, nous nous tournons vers des morceaux plus agressifs et plus puissants.

On retrouve des influences diverses, Heavy, Rock, Prog, Pop ? Un spectre très large ? Des traces de ce qui a jalonné l’histoire de notre musique ?
Cette fusion, cette diversité est essentielle, elle représente une mixité sociale, musicale ?
Steven : Je pense que les influences diverses viennent du fait que nous écoutons énormément de musiques différentes et que cela nous porte chaque jour. Nous n'avons que du respect pour ce que les « anciens » ont bâti et ce que les « nouveaux » construisent.  On ne cherche pas à faire un style en particulier, nous avons d'ailleurs du mal à le définir (je pencherais pour du Metal Moderne et encore je n'en suis pas bien sûr...). Nous essayons juste de faire de la musique comme on l'aime, qui nous plaît. Si un riff n'est pas assez puissant, ou une mélodie pas assez bonne, nous n'hésitons pas à travailler dessus parfois pendant des jours et des jours pour l'améliorer et en être pleinement satisfaits. Cela donne un style assez hybride, entre le rock et le metal, qui est à la fois une force et une faiblesse, dans le sens où certains, non habitués, nous trouvent trop bourrins, et d'autres pas assez. Cela nous ferme des portes, mais nous en ouvre aussi.
Raphaël : Je pense que c’est important d’absorber beaucoup de musique pour comprendre ce qui a été fait dans le passé, apprendre, et pouvoir par la suite utiliser cette matière pour innover. Il faut faire ce qu’il nous plaît sans chercher à copier, et ne pas tourner sur les mêmes choses.

Les thèmes de l’album sont critiques et ne laissent que peu de place à la réjouissance ? Il y a encore de l’espoir ?
Steven : Les textes sont écrits par Gary, car, étant chanteur, cela est plus simple pour lui de pouvoir les chanter et les exprimer. Après, nous n'avons pas de grands messages contestataires, nous ne cherchons pas à prêcher une bonne parole ou à crier au monde se réveiller. Gary écrit juste sur ce qu'il voit, ce dont il a envie de parler, en s'inspirant de l'actualité ou autre. C'est sa façon à lui d'exorciser ce qu'il voit. J'ai une confiance aveugle en l'écriture et la vision de Gary, il nous arrive parfois de lui dire que ce refrain ne fonctionne pas, ou que ce thème est un peu léger ou facile, nous pouvons aussi proposer des thèmes ou des suites de phrases si cela peut coller ou inspirer. Mais pour en revenir à la question, bien sûr qu'il y a de l'espoir ! Il y en a toujours. 
Raphaël : Le but premier de cette musique n’est pas de divulguer un message politique et de chercher à dénoncer. C’est l’émotion qui prime, mais il faut s’appuyer sur des textes pour l’exprimer. Par exemple, Gary a beaucoup écrit lors des élections de Trump, mais la première chose à comprendre, ce n’est pas le discours politique, mais la colère et la frustration qu’il y a derrière. Après, il y a toujours de l’espoir, on se sert de la musique pour exprimer ces choses noires qui nous bouffent de l’intérieur, c’est aussi ce qui nous permet d’être heureux et toujours rester debout !

Finalement, comment fonctionnez-vous au sein du groupe au niveau créativité, puisque l’on aborde le sujet ?
Steven : Nous matchons absolument parfaitement ensemble. En ce sens où, lorsque nous jammons, nous avons l'écriture et le riffing extrêmement instinctifs. Nous n'avons pas besoin de nous regarder pour rebondir les uns sur les autres. La plupart du temps, l'un de nous arrive avec une idée, un riff, et on se monte les uns sur les autres dessus. Pas besoin de regarder Seb pour savoir quand il va changer l'ambiance de la chanson en changeant sa ligne de basse, idem pour Raph à la batterie, qui vient apporter toute sa large palette de jeu pour enrichir le tout. Cela arrive que nous fassions un bœuf pendant des quinzaines de minutes, sans se rendre compte que nous avons l'ossature d'une super chanson. Nous enregistrons ensuite cela et nous le réécoutons, en réfléchissant pour en tirer le meilleur. Nous laissons la place pour des paroles, qui sont ensuite écrites. Ensuite nous rejouons, adaptons, changeons la chanson jusqu'à ce qu'elle nous convienne parfaitement. Nous sommes tous à l'écoute des uns et des autres, pouvant chacun apporter sa patte ou son avis. C'est très intuitif et enrichissant.
Raphaël : Je ne vais parler du système de composition que depuis 6 mois. Cela se rapproche plus d’une jam qu’on va chercher à construire petit à petit. Quelqu’un va arriver avec un riff, qu’on va faire tourner, prendre les meilleurs éléments, puis affiner le tout. La composition va se dessiner au fil des semaines avec toutes les retouches qu’on y apportera. On cherche cependant plutôt la qualité que la quantité. On jam beaucoup et on a beaucoup de riffs, mais on préfère prendre du temps pour faire les choses bien et ne pas tout balancer sans réfléchir ! Et du coup dans ce procédé de création, les paroles viennent toujours après la musique.

Peux-tu me parler de votre collaboration avec le batteur de l’album ?
Steven : nous avions besoin d'enregistrer la batterie qui était déjà composée, et par conséquent Gary s'est mis à la recherche d'un batteur professionnel parlant anglais parfaitement. Sa recherche sur internet l’a mené à ce batteur de session installé à Nashville au Tennessee, qui nous a ensuite ré-enregistré la batterie telle qu'elle avait été écrite. La collaboration s'est faite par mail.

Pouvez-vous me parler de l’arrivée du nouveau batteur Raphaël depuis 6 mois ?
Steven : La recherche de batteur a duré deux ans, durant lesquelles nous avons auditionné un bon paquet de monde. Personne ne faisait vraiment l'affaire, il manquait toujours quelque chose, ou alors tous les bons batteur que nous avons rencontrés avaient déjà dix projets chacun... J'en étais à un point où, lorsque je recevais une annonce, je proposais un jam/audition sans même forcément écouter... Et Raph est arrivé, s'est assis derrière les futs et a envoyé avec une technique et un feeling hallucinant les morceaux que nous lui avions donnés. On était bluffés et ravis ! Nous étions enfin au complet et prêts à conquérir le monde. Il s'est extrêmement bien intégré humainement et musicalement à notre noyau interne, amenant son âme et une nouvelle brutalité à nos compositions. Nous avons redécouvert notre propre musique grâce à lui, et cela se ressent sur scène.

Êtes-vous un groupe hyper calé sur scène où avez-vous une part de liberté ? Votre musique est-elle plus brute sur les planches ?
Steven : Effectivement nous jouons au clic, ce qui nous permet d'être calés sur la musique et d'être le plus carré possible. Mais cela ne nous empêche pas de rajouter notre feeling sur le moment, quand on le sent. Il arrive de jouer légèrement différemment certains passages, ou de modifier un peu ce solo ou ce petit passage lead.. Le feeling est important, tout autant que le fait d'être carré. Par exemple, lors de notre concert à la Mecanique Ondulatoire, Gary s'est lancé dans un solo improvisé lors de « Sleep Leave This Place » à la place des derniers refrains. L'effet live nous porte tous et nous transcende, c'est vraiment très agréable car on s'auto surprend. L'arrivée de Raph à la batterie a aussi particulièrement boosté les chansons, car il a su apporter sa propre patte et son côté brutal. Les morceaux sont légèrement différents, le groove peut être plus groovy, la lourdeur plus heavy etc... J'adore les moments où je suis dans mon gig et que j'entend Raph rajouter un petit break ou une descente à un moment où il n'y en avait pas, et qu'en me retournant vers lui, je le vois tout sourire me faire un clin d'oeil qui veux dire « tu sais que ça sonnait du tonnerre et que c'était improvisé ».  Ce côté live nous porte vers le haut, avec ce shoot d'adrénaline ajouté à notre entente musicale parfaite. Lors de notre concert à l'Elysée Montmartre, nous savions que le public n'était pas forcément habitué à notre style de musique. C'était assez drôle de voir le premier rang se boucher les oreilles lorsque nous avons balancé « Moly » ou « Incognito ». Mais cela n'a pas empêché d'avoir d'excellents retours. Je sais que j'aime énormément regarder le public dans les yeux, voir comment il réagit, faire des sourires à des amis s’ils sont là, aller les chercher. Bien que jeune groupe sur scène ensemble, nous nous donnons à fond et nous espérons voir toujours plus grand, plus fort, pour le futur.
Raphaël : Comme nous utilisons des samples dans nos morceaux, j’ai le click dans un casque pour toujours être parfaitement synchronisé. Donc de ce point de vue là, on va dire que c’est bien calé. Mais, en live, on a une autre intention et une autre approche des morceaux. Même si les morceaux gardent la même structure (qu’on a d’ailleurs légèrement modifiée au fil des mois) on se permet des improvisations et des changements pour qu’on ne retrouve pas l’album tel qu’il est. On est très complices sur scène, on a tous emmené notre petite idée pour que cela prenne une autre dimension. 


Malgré tout vous cherchez plutôt à être porteurs de liberté à travers la musique ou apporter simplement du plaisir ?
Steven : Nous n'avons pas de prétention particulière dans notre musique, nous aimons la composer, nous aimons la jouer, et c'est comme cela que nous l'abordons. Le côté live permet de nous livrer et de présenter notre travail de la plus belle façon qui soit, brute et directe. Pour chacun d'entre nous, c'est un exutoire, et cela nous fait énormément de bien. Les répètes du dimanche sont notre façon de nous laisser aller, de prendre notre dose de décibels, de laisser exploser notre créativité. Nous rêvons de concerts, de jouer, et n'en serons jamais assez rassasiés. Si nous pouvons donner quelques minutes de bonheur à quelqu'un, le faire taper du pied, hocher la tête, cela est déjà un très grand pas en avant pour nous.
Raphaël : La musique c’est de l’émotion. On peut parler de réussite totale si jamais on est en phase avec la musique qu’on crée, et qu’elle permet aux gens qui l’écoutent de ressentir des choses. Je ne cherche pas à dénoncer, je veux juste que tout le monde se laisse porter par la musique. La musique c’est une libération, c’est plus que du plaisir, sans ça, je ne saurais pas quoi faire de ma vie !

La basse est très présente sur l’album, c’est une réelle volonté comme sur « Dance » « Incognito » ? Une basse qui groove tout du long de l’album ?
Quelle est finalement ta vision de cet instrument à travers tes compositions ?
Steven : La basse est extrêmement importante dans notre musique. Avec la batterie, elle constitue l'ossature de nos morceaux autour de laquelle tout va se greffer. Il est important pour nous d'avoir un son de basse très puissant, ronflant et grondant sur certains morceaux, groovant sur d'autres. Nous lui laissons une place particulière au sein des compositions.

On retrouve des thèmes récurrents sur l'album, à savoir les abus du pouvoir,
la culture du profit comme dans « The Apocalypse Shop » ?
Votre but est de faire réagir ou de juste poser le problème ?
Mais avez-vous de réelles solutions ?
Steven : Cela rejoint ce que je disais au niveau des paroles. Nous ne cherchons pas à avoir une vision ou une musique particulièrement sombre, ni à faire réagir les gens. Gary, en écrivant les paroles, ne cherche pas à éveiller une conscience, mais juste à parler de ce qu'il a envie sur le moment, sans donner de grandes leçons ou quoi que ce soit.
Raphaël : C’est surtout Gary qui s’exprime à travers les paroles. Beaucoup de références sont effectivement basées sur l’abus de pouvoir. La domination des grandes sociétés qui contrôlent la totalité des entreprises, des médias, etc… dans le monde. Je me répète, mais j’avoue que c’est l’émotion qui se dégageait de l’album qui m’a attiré, pas la volonté de refaire le monde, même si je suis conscient de tous ces problèmes.

Raphaël m’a parlé un peu de ses autres projets ?
Raphaël : Laissons la place à MolyBaron dans cette interview ! ;)

Vous pouvez me parler également des particularités techniques de chaque morceau de l’album en quelques lignes ? La façon de les appréhender ?
Steven : Chaque morceau est assez différent dans son jeu, ce qui nous permet d'être constamment entre plusieurs styles, tout en restant dans une ambiance qui nous est propre. En commençant par « Fear Is Better Buisiness Than Love » et son groove très rebondissant, à la lourdeur d' « Incognito » avec son riff final très speed/trash, sans oublier le côté très hard rock de « Let's Die Together » et son solo à la wah et le côté très aérien de « Only When Darkness Falls »... Nous sommes constamment entre plusieurs styles de jeu particuliers, ce qui rend le tout très agréable à jouer. « Mother » reste ma préférée en concert, de part son introduction acoustique qui part sur une double guitare, rebondissant sur un riff bien heavy. Elle est vraiment agréable à jouer, avec ce côté épique et rentre dedans. Je ne m'en lasserai jamais.
Raphaël : Tout ça me paraît compliqué. Je vais parler de « Moly », car c’est le plus compliqué à appréhender. Il possède un tempo très rapide, avec des passages très énervés, mais aussi des moments plus aériens. Il faut réussir à garder la même intention tout au long du morceau tout en switchant entre différentes intensités sans ralentir ou accélérer, pas simple !

MERCI À TOI !!!