Artiste : Nightmare

Album : « Dead Sun »

Label : AFM Records

Sortie : 25/11/2016
Production : Patrick Liotard

 

01. Infected
02. Of Sleepless mind
03. Tangled In The Roots
04. Red Marble & Gold
05. Ikarus
06. Indifference
07. Dead Sun
08. Seeds Of Agony
09. Inner Sanctum
10. Serpentine
11. Starry Skies Gone Black


Genre : Power Heavy Metal

Originaire :

Grenoble, Rhône-Alpes

 

Line-up :

Matt Asselberghs : Guitare

Magali Luyten : Chant

Olivier Casula : Batterie

Franck Millileri : Guitare

Yves Campion : Chant, Basse

 

Discographie :

Waiting For The Twilight (1984)
Power Of The Universe (1985)
Astral Deliverance - EP (1999)
Live Deliverance - 2CD (2000)
Cosmovision (2001)
Silent Room (2003)
The Dominion Gate (2005)
Generic Disorder (2007)
Insurrection (2009)
The Burden Of God (2012)
The Aftermath (2014)
Dead Sun (2016)


NIGHTMARE - Ikarus


NIGHTMARE Hellfest 2016 Serpentine - Duo with

Kelly Sundown




Tour de force !


Sans renier son héritage historique, le défi est relevé pour Nightmare, un nouveau line up féminisé avec au micro la nouvelle chanteuse Maggy Luyten, un nouvel opus « Dead Sun » plus incisif, rentre dedans et ponctué d'un fin mélange des genres. Le Heavy / metal à la française n'est pas mort et rayonne encore sur nos contrées. Rencontre avec Yves Campion figure emblématique de la formation à l'Hotel Alba Opéra de Paris.

Interview Hugues (Ugo) Chantepie


" …Il ne faut pas occulter notre notoriété avec un nouveau nom sinon tu redeviens anonyme ! " Yves Campion


Pourquoi un tel mode/choix d’expression artistique, le Heavy/Metal ?
Au départ, en 79, on était encore collégiens, beaucoup plus dans un esprit punk, dans la mouvance Johnny Rotten, Sex pistols, The Damned, le tout premier line up était donc très influencé par cette vague punk rock anglaise et puis on aimait surtout le côté Rebel ! Mais la vraie rencontre s’est faite avec Niko (Nicolas De Dominicis – guitare) cofondateur de Nighmare avec moi, il était plongé à l’époque dans l’univers musical de Iron Maiden et il m’a entrainé naturellement avec lui dans ses influences de l’époque. Les premiers Nightmare sonnaient un peu Metal avec un esprit Punk/Heavy Metal, c’était les balbutiements. Il faut surtout retenir que nous étions dans un esprit de rébellion dans les années 1979 !

20 anciens membres, ça représente beaucoup de mouvements ?
Il y a quand même des membres clefs au sein du groupe, donnant une véritable couleur actuelle et moderne, comme Franck Milleliri (guitariste) parmi nous depuis plus de dix ans. À l’époque Nicolas De Dominicis (guitare) donnait une influence très eighties, old-school et finalement on a évolué en fonction des formations. Du fait de l’apport des riffs, les guitaristes dans Nightmare ont une position créatrice prépondérante. Aujourd’hui avec Franck et Matt Asselberghs on ne peut plus dire « le line up est tout neuf ! ».

Avant de continuer, de venir sur l’album, alors ton premier contact avec ton instrument, la basse ?
J’ai toujours été bassiste, j’ai toujours été branché chant, mais sans être chanteur, mais désormais je propose des lignes de chant et je chante des backings vocaux. J’ai peut-être pris la simplicité avec la basse ! (rire), malgré tout je participe à beaucoup de choses, texte, ligne de chant, etc. Finalement à l’époque c’était complètement bidon, on s’est posé simplement la question de savoir qui faisait quoi ! Et je me suis mis à la basse car il fallait un bassiste tout simplement. Je suis tombé dans une routine avec ma basse et on est aujourd’hui en 2016 ! (rire)

Avec « Dead Sun », c’était quoi le grand défi à relever s’il y en avait un seul ? Depuis 2014 « the aftermath »
Le plus gros défi c’était de revenir avec un nouveau line up. Si une cartomancienne m’avait affirmé après le départ de Jo et David le 4 juillet, notre retour un an après avec un album complet et présent sur les planches du Hellfest en 2016, je lui aurai dit : « tes cartes son foireuses ! » (rire)

Comment as-tu ressenti ce retour au Hellfest avec ce nouveau line up ?
Tout s’est très bien passé avec un bon retour du public et des médias. Un vrai nouveau tremplin !

Justement parle moi de Maggy Luyten ? Elle avait déjà chanté en 2012, sur le morceau « The Dominion Gate (Part III) » de l’album « The Burden Of God », vos chemins artistiques s’étaient donc croisés ?
À l’époque des grandes chanteuses épiques comme Nightwish, je l’avais déjà repérée, aucune nana ne chante comme elle. Suite à 2012, j’avais juste gardé son téléphone, chacun suit sa route. Et puis en juillet on s’est posé la question avec le label de tenter autre chose stratégiquement. Prendre le risque avec un mec, se voir souffrir de comparaison, on s’est dit : « il y a un coup à jouer ». Une nana ça se vend mieux qu’un mec et ça fonctionne plutôt bien aujourd’hui ! Par contre si on avait fait le choix de prendre une chanteuse à la Nightwish on se tirait une balle dans le pied. Le hasard a donc bien fait les choses avec Magali et on a eu la chance qu’elle soit dispo. Ce qui est important, c’est qu’elle ne renie pas l’héritage du groupe, mais n’en a pas le poids, ni la pression. Ce n’est pas comme pour moi, pour Magali c’est un nouveau groupe et c’est une force pour elle et pour nous. De plus, on n’avait pas dix ans pour rebondir et le label ne nous laissait pas 2/3 ans pour revenir avec un nouveau line up.

La batterie est très présente tout au long de l'album dans des versions différentes, comme les deux premiers morceaux sonnant plus Death Metal ? Explique-moi ça ?
C’est un choix d’avoir un batteur ultra-moderne jouant avec la double. Frank et Mat avaient quelques titres en réserve où il voulait mettre deux trois blasts. Même si l’album n’est pas Death Metal, il a un côté beaucoup plus agressif. Notre ancien batteur était plus Old-shool, et les guitaristes ont aujourd’hui un batteur avec lequel ils peuvent créer des choses plus concrètes.

Deux univers de guitares diffèrent sur certains morceaux, est-ce une volonté ? Une guitare plus Heavy et une autre plus brute, plus lourde, plus Trash.
Franck est plus dans l’esprit Nevermore (Thrash Metal) et Mat est plus Old-school, plus classique. Ils ont une complicité qui matche bien, c’est une richesse pour le groupe. Si nous avions deux guitaristes identiques, avec le même jeu, l’album s’en ressentirait.

Vos morceaux sont complexes, surtout dans l'orchestration, beaucoup d'univers différents, c'est voulu, cela vient de vos influences différentes ou une volonté de créer votre propre univers ?
On a voulu mettre des choses plus soft sur cet album comme des coups de pinceau car les guitares amènent déjà les harmoniques. On ne voulait pas des morceaux bruts de pomme, mais amener une multitude de touches en référence à diverses époques, donner du corps et de la richesse musicale. Malgré tout, sur scène on peut jouer des titres sans sample et leur donner une atmosphère plus brute.

On peut résumer l’album par sombre par les textes, malgré tout très mélodique et même très FM ? Finalement ce n’est pas contradictoire ?
Le but était de garder des refrains catchy. On a été au-delà de ce que l’on faisait avant dans l’approche mélodique. Les gens vont pouvoir les chanter dans leur douche ! (rire)

Comment tu te places aujourd’hui par rapport à la formation ?
Je tiens mon rôle de bassiste, mais cela va bien au-delà, je suis le seul rescapé de l’époque et je m’occupe de tout le côté management, gestion. C’est une partie assez lourde pour un groupe comme cela.

Comment cela se passe pour l’écriture au sein du groupe ?
C’est une affaire collégiale, pour l’écriture des textes j’en ai apporté un peu et Magali énormément avec des sujets assez personnels. Elle a la chance de travailler avec Kelly Sundown Carpenter qui chante en duo sur un titre, chanteur américain, parolier qui a pu corriger, coacher pour éviter tout défaut au niveau de l’anglais. On peut ne pas aimer, mais sur ce sujet il n’y a pas de faille.

Le studio : Tu peux me parler rapidement de l’ambiance de travail ? Et me parler de ce que vous a apporté Joost Van Der Broek (EPICA…) ?
Grâce à lui, on a la meilleure prod de Nightmare. Le batteur a fait ses parties en six heures, une véritable machine et il a bluffé tout le monde. Autrement des cuites mémorables bien sûr et puis surtout après seulement un an, on a l’impression d'exister depuis beaucoup plus longtemps, c’est peut-être le fait de vivre les choses à 100 à l’heure.

Penses-tu que la musique peut jouer un rôle important dans notre société et redonner de l’espoir ?
J’espère, autrement il ne reste plus qu’à se pendre ! Nous avons encore cette liberté par rapport à certains pays où les guitares sont remplacées par des kalachnikovs. Si on nous supprimait cela, la vie deviendrait morne !

Le groupe rock français d’aujourd’hui qui t’inspire ?
Je suis content du succès de Gojira, car je pense que c’est une véritable machine de guerre et jouant en tête d’affiche aux États Unis.

Et les groupes engagés en France ?
Je respecte leur choix artistique, après chacun son truc. On a eu aussi quelques textes piquants. Mais si la musique peut être une rébellion en ouvrant sa gueule en chantant pourquoi pas.

Qu’est-ce qui démarque Nightmare aujourd’hui pour toi ?
C’est surtout que ce n’est plus du tout le même Nightmare et Mag c'est une nana chantant avec des couilles ! Il n’y a pas 50 000 chanteuses dans ce créneau de chant, un peu la chanteuse de Battle Beast, mais c’est plus aigu, Mag n’a pas un chant répandu avec ses nombreuses variantes et tessitures.

Pourquoi avoir finalement gardé l’entité Nightmare ?
C’est tout simplement une histoire de marketing, de stratégie. On n’est pas James Hetfield de Metallica et pouvoir se permettre un nom différent ! Si tu arrives dans un festival avec un nom différent avec les mentions « ex machin, ex machin », tu joueras pas à 20 heures, en gardant Nightmare tu le pourras. Sur un petit festival tu peux jouer en tête d’affiche, autrement ça reste difficile. Il ne faut pas occulter notre notoriété avec un nouveau nom sinon tu redeviens anonyme ! Par rapport aux réseaux sociaux on sent un vrai potentiel depuis la sortie de notre premier clip, espérons que les choses se concrétisent dans l’avenir.

Le petit mot de la fin alors.
Merci pour votre soutien.