Pascal Pacaly (Auteur)


Paris Rock Underground

18 juillet 2017
de Pascal Pacaly

La France est Rock !

4 janvier 2016
de Pascal Pacaly



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Edition Black-out



« Paris Rock Underground »

Interview  par Christophe Favière ©Stof

© DR

" Même si la France n’a jamais été très Rock, ce n’est pas une raison pour laisser tomber. "


Interview Pascal Pacaly pour son livre « Paris Rock Underground »
Réalisée à « La Féline » - Paris 20e


Pascal Pacaly écrit sur le Rock depuis quelques années déjà, ce Stéphanois de 40 ans est déjà l’auteur de « La France est Rock », « Rock Attitude », « Rock Stories » ou encore « Rock Addictions ». Il est aussi l’auteur de plusieurs recueils de poésies. Nous l’avons rencontré au bar La Féline à Paris à l’occasion de son nouvel opus « Paris Rock Underground ». Ce bouquin est composé de portraits et d’interview d’artistes allant de Mass Hysteria à Stef Zen (bassiste de Parabellum) en passant par Napo Romero (ex-Chihuahua, Les Frères Misère avec Mano Solo), les Washington Dead Cats ou encore Sanseverino. Mais on y trouve aussi quelques bars, salles et autres associations qui ont fait et continus de faire vivre le Rock à Paris contre vents et marées. De véritables tranches de vies en Rock bourrées de témoignages et anecdotes en tout genre. Loin des paillettes des grandes salles et des gros concerts, « Paris Rock Underground » rend hommage aux hommes et femmes de l’ombre qui défendent une certaine idée de la liberté à travers une seule et même passion : le Rock !

Texte : C. Favière

Boosteleson : Salut Pascal, comment tu es venu au Rock ?
Pascal Pacaly : Tout seul en fait ! Je suis d’une petite ville à côté de Saint-Étienne où il n’y avait rien. Même pas une MJC ! Donc tu mets la radio et tu tournes le bouton jusqu’à trouver ce qui te plais. Je suis d’abord tombé amoureux de la Brit-Pop avec Oasis, Blur, Pulp ou Suede, puis j’ai découvert Noir Désir, Eiffel et enfin le Metal. Je suis quelqu’un de très curieux, j’aime écouter et découvrir le maximum de groupes. Et au niveau de la littérature c’est pareil, j’adore découvrir différents auteurs car il y a toujours quelque chose à apprendre des gens.

Boosteleson : Comment t’es venue l’idée d’écrire sur le Rock ?
Pascal Pacaly : Pour l’anecdote c’est venu il y a quelques années, j’écrivait une nouvelle sur une bande d’amis qui montaient un groupe pour draguer les filles ! Un pote est tombé dessus et m’as demandé « Mais pourquoi tu n’irais pas voir de vrais groupes en leur demandant de raconter leurs souvenirs ? ». Je me suis dis que ce n’était pas une mauvaise idée et j’ai donc contacté des groupes. A l’époque, les premiers que j’ai contactés c’était Kaolin et Subway, puis de fil en aiguille tu rencontre d’autres personnes qui te présentent d’autres personnes etc. Alors tu écris un livre et un deuxième…

Boosteleson : Quel est le but d’un tel ouvrage ?
Pascal Pacaly : C’est avant tout de montrer qu’en France, sur le plan médiatique, il ne se passe plus grand chose au niveau du Rock, comparé aux Etats-Unis ou à l’Angleterre. Dans les années 80 nous avions Chorus, Les Enfants Du Rock… Aujourd’hui malheureusement c’est très, très dur, mais ce n’est pas une raison pour baisser les bras. Je suis fan de Rock en tous les genres, et j’ai eu envie d’écrire sur ces groupes indés qui selon moi méritent une autre vitrine que celle qui leur est proposés actuellement

Boosteleson : La plupart des groupes dans le livre sont tout de même assez connus ?
Pascal Pacaly : Les gens connaissent de nom, mais ils n’ont pas forcément écouté. Donc je veux faire découvrir ou redécouvrir des groupes comme Metal Urbain, Washington Dead Cats, Mass Hysteria… Et puis il y a aussi les lieux comme La Féline, La Miroiterie ou Le Gibus…

Boosteleson : Donc pour mettre en avant le réseau Rock à Paris ?
Pascal Pacaly : Je n’aime pas trop le terme de réseau. Pour moi se sont plus des chevilles ouvrières, des « agitateurs Rock ». Le livre part des années 70 à aujourd’hui et montre toute l’évolution. Mais cela montre aussi que ce n’est pas parce que tu es à Paris que c’est plus facile. J’ai rencontré pas mal de groupes, et il en ressort que ce n’est pas toujours évident d’y faire sa place. Il y a beaucoup de concurrence, il faut parfois louer les salles pour faire un concert. Il faut vraiment se battre pour exister. Peut-être plus à Paris qu’en province.

Boosteleson : C’est un peu un constat général en France, il y a plein de groupes, mais peu de lieux où ils peuvent s’exprimer ?
Pascal Pacaly : De mon point de vue, nous vivons dans une société qui n’est pas Rock du tout. Il y a eu les lois sur les limitations de bruit à cause des riverains qui se plaignaient, il y a aussi internet qui fait que les gens préfèrent rester chez eux pour découvrir un groupe au lieu de soutenir la scène en allant aux concerts. À Saint-Étienne il y à trois groupes pour 5 euros, mais les gens n’y vont pas parce que ce ne sont pas des groupes connus. Si tu ne soutient pas la scène alternative Françaises, les lieux ferment ou se décourages. Donc même si la France n’a jamais été très Rock, ce n’est pas une raison pour laisser tomber.

Boosteleson : Tu penses qu’on peu encore inverser la tendance ?
Pascal Pacaly : La génération qui arrive c’est la génération internet, ils découvrent par internet. Moi je suis de 1977 on sort beaucoup, malheureusement out le monde ne fait pas la démarche. Après il y a aussi les histoires de politiques, de municipalités qui n’ont plus les moyens de soutenir les lieux culturels. C’est aussi pour cela que j’ai écris ce livre. Il y a de plus en plus de groupes, il faut continuer à ce battre ! Il y a des gens formidables à rencontrer, ils ont le mérite d’exister, alors essayons de faire vivre tout ça !

Boosteleson : Ce n’est pas trop dur de rencontrer tous ces groupes ? De ce faire accepter et qu’ils acceptent de te parler ?
Pascal Pacaly : Oui et non. En fait non. Il y a eu la crise de l’industrie musicale, les groupes ne vendent plus de disque, donc cela leur fait un peu de pub d’être dans un livre. Et même si ce n’est pas la meilleure exposition médiatique, avec les réseaux sociaux, on arrive à faire connaître le livre et du coup ça fait de la pub pour les groupes. Certains vont l’acheter pour tel groupe et du coup découvrir un autre groupe qu’ils ne connaissaient pas forcément. Et puis ça flatte toujours d’être dans un livre ! Donc les groupes sont assez ouverts pour ça.

Boosteleson : Cela t’a pris beaucoup de temps ?
Pascal Pacaly : Pour « Paris Rock Underground » j’ai mis 4 ans. Mais j’ai écris « La France est Rock » entre temps. J’avais commencé par Sanseverino et Metal Urbain, puis j’ai fini par Mass Hysteria et Washington Dead Cats.

Boosteleson : Donc pas de méfiance envers le côté journalistique ?
Pascal Pacaly : Non, c’est un milieu très ouvert et super solidaire. Même si parfois c’est un peu chacun pour sa peau, dans l’ensemble c’est plutôt amical. Et puis je pense qu’ils aiment la démarche. Que quelqu’un montre qu’ils existent ou qu’ils ont existés, les mettre en avant ça leur fait plaisir.

Boosteleson : Tu écris aussi de la poésie accompagnée d’illustrations, ce sont celles-ci qui t’inspirent ?
Pascal Pacaly : Oui, au début ce n’était que de petits recueils classiques, tout simples. Puis pour ne pas être redondant, j’ai contacté des illustrateurs, des graphistes, des peintres et des photographes de partout dans le monde. Lorsqu’une illustration me plaît, je demande à l’auteur l’autorisation d’utiliser son œuvre pour écrire un texte en rapport. Et tout ça a fini dans deux recueils de poésies, « Cadavres Exquis » et « Playboy ». Une fois de plus c’est une question de connections et de richesses de ces cultures différentes.

Boosteleson : Et le futur ? D’autres projets ?
Pascal Pacaly : Je pense faire une suite à « La France est Rock ». Les gens ont bien aimé le concept de parler de groupes Indés. Et comme ce sont de petites nouvelles de 10 pages, tu en apprends un peu plus sur un groupe sans te taper un bio de 500 pages ! J’ai déjà interviewé Trio, Matmatah, Radio Elvis… Donc je continu sur ma lancée…