Un fluide fédérateur

Interview Hugues (Ugo) Chantepie


Interview au Dr Feelgood (Paris)


Un nouveau magicien

illumine les remparts

de Longwy édifiés par

Vauban de sa baguette magique et réalise

des merveilles. À force

de formules magiques,

il impose un choc culturel

entre les âmes errantes et

le metal qualifié parfois injustement de barbare et

de bruyant, mais quand est-il des guerres qui hantent ces lieux historiques. Fondateur

du Rock 'N' Roll Train Festival Vincent Todeschini nous convie à une mise en bouche sur ses pouvoirs d’organiser un programme musical haut

en couleur dans les couloirs

du temps. Courez-en masse chaque mois de juillet pour deux jours d’Histoire pacifique au fluide magnétique universel afin de perpétuer une certaine magie ancestrale.


Montage du Festival

dans les remparts…

Photos : DR


 Ne manquez pas

la troisième édition du

Rock 'N 'Roll Train Festival !

Le samedi 11 et le dimanche

12 juillet 2015, vous ferez le plein de Rock et de Metal

avec des groupes prestigieux sur la Scène Principale et des groupes « Découvertes »

sur la Scène Secondaire.


Le Festival en action…

Photos : DR


TRAILER


PRO-PAIN

concert live in Lünen 2015


CRUCIFIED BARBARA

at Masters at Rock

Festival 2014


BIOHAZARD

Live at Matanza Fest 2014


LOUDBLAST

Trabendo 2015


PORN QUEEN

"Killer Machine"


"On met un studio photo sur le site du festival et les artistes viennent une demi-heure

dans la journée pour faire des photos avec les fans, c’est sympa !"


Avant de devenir dirigeant et programmateur du Rock 'N' Roll Train Festival, que faisais-tu ?
En fait, ce n’est pas mon métier ! Quand je ne suis pas en chômage technique, je bosse ! (rire). Mon véritable boulot est chef de projet dans l’informatique, la numérisation, mais je suis directeur bénévole
du festival et d’une association. Mais pour les mois de mai, juin, juillet et août, je suis à 100% sur le festival.

Comment a germée l’idée du Rock 'N' Roll Train Festival ?
J’ai animé et produit une émission de radio intitulée Rock 'N' Roll Train, je dirige une association

« All Inclusive » organisatrice entre autres de concerts (Aqme, Black Bomb A, My Dark Project chez Paulette.) d’où l’évidence à un certain moment de monter, créer un festival de musiques vivantes en déclinant mon émission de la Radio Aria. Pour la première édition du festival en 2013, on avait demandé au public de voter parmi trois groupes  Clawfinger, Crucified Barbara, 69 Chambers, comme ma voix compte pour mille on a signé avec 69 Chambers et Georges Garage + Big Moustache Bandits. On l'a organisé dans une salle à Longlaville de 500 personnes « sold-out » où l’on vient d’ailleurs d’organiser The Crystoner Fest. Ce succès nous a permis de monter une seconde édition payante le samedi pour les groupes internationaux et gratuite le dimanche pour les formations régionales sur un site classé au patrimoine mondial de l’Unesco à Longwy et nous en sommes désormais à la troisième édition. Je voulais depuis longtemps monter ce festival au sein des remparts. À l’époque, j’en avais parlé à un pote organisateur de concert et il m’a dit : « Oui ok, voilà le budget, il y a moyen de faire les choses comme cela, mais ça va être chaud ! », finalement cela a mis une quinzaine d’années.

Comment s’est déroulée ta toute première "rencontre" avec le rock et le metal ?
Première rencontre auditive, à 13 ans avec un cd rapporté des États-Unis par un pote, l’album « trash » d'Alice Cooper et Megadeth… la première rencontre visuelle, c’est à l’hippodrome de Vincennes Guns N’Roses, Faith no more, Soundgarden, Metallica et Aerosmith. En tant que professionnel entre guillemets, j’ai commencé à rencontrer les artistes avec tout ce que cela comporte humainement. Rencontrer ses idoles, c’est excellent ! Et puis tu finis par travailler avec eux et tu leurs donnes de l’argent ! (rire) C’est passionnant !

Quelle est la forme de financement pour un tel festival ?
On a des subventions des collectivités locales, la région Lorraine, le département Meurthe-et-Moselle, la ville de Longwy, etc. Certaines entreprises locales nous donnent de l’argent pour du sponsoring, de la visibilité sur nos moyens de communication. On est encore avec des prêts bancaires, mais il y a la vente de billets, de boissons au bar et quelques évènements créés par l’association.

Le festival est-il profitable à la région et comment est-il perçu ?
On est super bien perçu, car on a créé de l’animation toute l’année pour financer le festival. Ça permet aux gens de sortir et de bouger. Ils sont très heureux que les remparts prennent vie toute l’année et au moment du festival. On a aucun bâton dans les roues, même si c’est du métal tout est très bien toléré par la population et elle nous soutient. Bien sûr certains aimeraient plus de rock, de pop, on a fait tout de même les Stranglers l’année dernière ! Ils comprennent notre identité musicale, ils ne vont pas nous demander de faire Kanye West ! (rire)

Le premier Rock 'N' Roll Train Festival à organiser, j’imagine que cela n’a pas dû être facile ?
Surtout la deuxième édition en plein air, elle a été compliquée. On ne connaissait pas le site à part y avoir trainé lorsque l’on était gamin pour faire la java ! (rire). Il a fallu mettre en place toutes les barrières, toute l’infrastructure, etc. On avait tout sur le papier, mais rien sur le terrain, la mise en place s’est finalement faite, mais on ne partait vraiment de rien avec ce site. Maintenant tout est plus simple, on a l’expérience et l’on connaît tous nos prestataires.

Tu as des souvenirs, des anecdotes ?
Une mauvaise alors ! (rire) le tour manager des Stranglers, autant le groupe est très sympa, des crèmes, ils nous ont remerciés sur scène et ont même été voir le maire et lui on dit : « Faut les encourager les jeunes, c’est vachement bien ce qui se passe ».

Le son monte au Dr Feelgood, on ne s’entend plus. Vincent se lève pour intervenir !
Donc le tour manager vient me faire chier, il manquait une bouteille de sirop bien spécifique, on a été lui chercher en faisant plusieurs magasins, il y avait déjà beaucoup de choses dans les loges, mais bon, ce n’était même pas voulu, on avait juste oublié cette demande. Mais c’est surtout qu’il m’a cassé les couilles sur la logistique, la scène, le transport du matériel. On avait défini les choses, mais il y avait une chose qui ne lui plaisait pas, une broutille. Il a commencé à monter en tension (en anglais) je lui ai dit : « Écoute mon grand, calme toi, j’ai la solution et c’est comme cela que les choses se passent ici » après, il s’est calmé, mais sur le coup, j’étais contrarié « Qu’est-ce qu’il vient m’emmerder » avec n’importe quel autre groupe il n’y aurait eu aucun problème. Ce sont des gens un peu imbus d’eux-même, se prenant pour les rois du pétrole. Autrement, ce ne sont que de bons souvenirs, la chanteuse de Delain qui prend le micro et dit : « Good evening Rock 'N' Roll Train Festival » à ce moment-là, tu as le frisson, tu te dis, on y est ! (rire)

Quels sont les critères pour entrer dans la programmation ?
Être bon ! (rire) et puis il faut que cela me plaise. On fait beaucoup de demandes auprès des groupes que l’on a envie de recevoir et on a également énormément de demandes de formations inconnues. On se fixe tous les ans un budget artiste avec une actualité, une certaine notoriété et on arrive à se faire une affiche comme cette année Biohazard, Pro-pain, Crucified Barbara, etc.

Tu fréquentes beaucoup les concerts ?
Oui, énormément de concerts et de festival. Je ne pourrai pas faire du booking si je restais dans mon coin, il faut s’intéresser, s’ouvrir et se forger une certaine culture.

Des groupes comme Loudblast, Zuul Fx, tu vas les chercher où pas ?
On va les chercher ! les groupes qui viennent vers moi, ce sont les groupes découverts. On est encore au stade où on doit aller chercher les gens ! (rire)

As-tu souvent des refus ?
Eh oui. Malgré tout, l’image du site, classé au patrimoine de l’Unesco, c’est un plus et la troisième édition du festival également. Ce qui bloque, c’est notre offre financière, inférieure à ce que certains groupes tentent d’obtenir.

Comment gères-tu le compromis entre ta foi pour certains groupes et les risques commerciaux ?
Je me dis : « C’est pour le bien du festival, c’est comme cela que je le gère. » J’adorerai faire The Inspector Cluzo depuis des années, mais pour l’instant, je n’ai pas trop envie de prendre le risque, manquant un peu de notoriété en France à mon sens. Parfois, je me dis : « Il ne vaut mieux pas ! » (rire). Il faut garder à l’esprit qu’il faut une programmation alléchante autrement le public ne reviendra pas. Les attentes des gens, on a un peu de mal à les connaître, si, peut être en faisant venir Dagoba ça plairait. On aimerait bien faire jouer Mass Hysteria, mais à chaque fois il y a un empêchement, ça dépend également de la disponibilité des groupes.

Tu es en contact direct avec les groupes ?
Non jamais, avec l’agent ou le tour booker. Même si je peux être le meilleur ami de la chanteuse

Mia Coldheart de Crucified Barbara, elle va me dire : « C’est avec mon tour booker qu’il faut dealer »

Te sers-tu des réseaux sociaux pour te donner une idée des attentes d’un public potentiel ?
Oui, cela aide quand on a fait la sélection sur Prong, Terror, Madball je me sers des réseaux sociaux pour me rendre compte du nombre de fans. Je l’utilise, je l’avoue, ce n’est pas une priorité, mais c’est un bon étalon pour le cachet. Par contre, pour la promotion et la communication, c’est primordial aujourd’hui, c’est un outil très important. Si on devait revenir aux veilles méthodes, ça serait un peu compliqué.

La logistique doit être assez importante, combien de personnes travaillent sur le festival ?
120 bénévoles pour le samedi et le dimanche. Une trentaine sur le montage sur une semaine et idem sur le démontage. Sur l’organisation pendant dix mois, c’est dix personnes dont quatre booker. J’ai seulement un salarié embauché il y a deux ans,
Crystèle Renaudin coordinatrice administrative en 20 heures semaines. On essaye de faire vivre le site comme cela en espérant qu’il y aura un temps plein un jour avec Crystèle, voir un ou deux salariés de plus.

Et toi, tu ne cherches pas à en vivre ?
Ce n’est pas mon métier pour l’instant, pourquoi pas un jour, mais pour l’instant, ce n’est pas possible. (rire)

Penses-tu que le festival a atteint sa taille maximale où il est voué à s'étendre encore ?
Oui, c’est un endroit offrant de grandes capacités, pour le moment, on exploite entre un quart et un tiers du site. On pourrait mettre des scènes partout et faire un gros truc. Ce ne sera jamais le Hellfest, mais si on est à 4000 prés ventes au bout de vingt jours, je me dirais : « Il faudrait peut-être en vendre plus et faire grossir le site ». Ça peut évoluer !


Comment définirais-tu l'esprit du festival en quelques mots  ?
Convivial, Heavy metal, un très bon état d’esprit, on se tape tous dans la main, on se connaît tous, c’est bon enfant et on se sent vraiment bien.

Alors, justement, sur Rock’n’roll train les groupes se côtoient ? Quelle est l’ambiance ?
On met un studio photo sur le site du festival et les artistes viennent une demi-heure dans la journée pour faire des photos avec les fans, c’est sympa. Les photos sont disponibles sur Facebook la semaine suivante et on a de super retours par rapport à la démarche. Les artistes jouent le jeu, aiment cela et le public est très demandeur. Ce n’est pas imposé aux artistes, on demande au tour manager, mais la plupart disent oui. Les Stranglers ne l’ont pas fait, c’est con parce qu’ils ont été tellement adorables, ça fait chier de parler d’eux comme cela.

Vincent encore une petite anecdote ?
Une anecdote ! Manu Lanvin, il a joué l’année dernière, il était avec toute son équipe et le batteur s’amusait sur sa bestiole. Manu dit : « Bon maintenant, on va rentrer à l’hôtel, on est tannés les gars », ils montent tous dans le bus et une heure après je vois revenir le batteur, je lui dis : « Qu’est-ce que tu fous là, tu es revenu à pied (3 km) » il dit : « Oui, mais c’est trop cool ici, je reviens faire la fête avec vous. »


Quels sont tes meilleurs souvenirs sur le festival ?
Les moments passés avec les artistes et ce qui me remplit de joie, c’est la réaction et les encouragements du public. « Vas-y mec continu comme ça ».


Sans mentionner ton festival… Quelles sont les choses auxquelles tu es addict ?
Suicidal Tendencies, Lacuna Coil, c’est ça mes addictions. (rire) Je n’ai pas eu encore l’occasion de les faire venir, mais je le tente tous les ans, mais ça ne le fait pas ! (rire)


Ils te répondent ?
Le tour manager de Lacuna Coil ne me répond pas, mais Cristina Scabbia me dit : « j’ai envie de venir » mais l’agent rien à faire, il s’en branle complet. Je n’ai même pas eu l’occasion de faire une proposition financière. C’est un groupe qui ne tourne pratiquement pas en France, le jour où il y trouvera un intérêt à notre pays peut-être s’intéressera-t-il à ma demande. Suicidal Tendencies ce n’est qu’une histoire d’agenda, je pense pouvoir y arriver un jour, je l’espère.

Tu as des disques de chevet, des coups de cœur musicaux ?
Tu connais le groupe toulonnais Oil Carter, c’est mon kif du moment et le dernier Crusified Barbara.


J’ai été un peu déçu de leur set au divan du monde
Écoute-moi aussi, un peu expédié, c’était un peu la date qui tombait comme un cheveu sur la soupe. Il était à l’énorme télé le matin et ils se sont dit : « On va faire le divan du monde le soir » dommage.


Et la bière sur le site, tu as des accords ?
On paye notre bière, on n’a pas vraiment d’accord, mais lorsque l’on achètera 4000 fûts par an, il y aura peut-être des accords envisageables. Ah si on a la Rock 'N' Roll Train Festival bière, la 4/21 de la brasserie artisanale belge MilleVertus. Ils servent la bière en fût sur le festival et moi, j’ai des cartons de bouteilles que je distribue aux cafetiers de Longwy et ils vendent la 4/21 du festival. C’est génial ! (rire)


Une dernière anecdote ?
Toujours autour des artistes. En passant dans l’espace loges, tu as la chanteuse de Delain Charlotte Wessels en train de se dessaper, tu es un peu gêné alors tu refermes le truc. Les artistes qui te tombent dans les bras et te remercient de les avoir fait jouer. Et puis parfois, les petits caprices sur les listes, le rider qu’il t’envoie avant leur arrivée. Tu lis le rider de Motörhead tu hallucines, deux bouteilles de Jack, quatre paquets de cigarettes, des chips et tout le bordel, alors tu essayes de t’adapter à la liste, tu ne prends pas tout autrement ça te coûte un bras, mais tu souhaites faire plaisir à l’artiste. Quand Charlotte d’Aqme me demande un pot de Nutella, je lui rapporte son pot de Nutella, j’ai coupé les champignons frais de la chanteuse Mina Vetterli-Treml de 69 Chambers et ma collaboratrice me regarde et me dit : « Tu fais quoi là ? » Eh bien, j’ai promis à Mina qu’elle aurait ses champignons. Ce sont de petites demandes que l’on a plaisir à réaliser

et tout le monde est content. Ah oui, une anecdote sympa, Manu Lanvin voulait un mannequin polonais dans sa loge.

Un mannequin, mannequin ?!
Justement, c’est ça la blague ! (rire) je ne sais pas ce qu’il voulait faire avec une Polonaise ! (rire) mais on voulait lui mettre un mannequin avec écrit Made in Pologne en travers. On ne l’a pas fait par faute de temps. Dommage ! (rire) Dans un rider de Metallica, c’est une connerie ! « On veut des M&M's, mais que des rouges ». En fait, ils en ont rien à foutre ! (rire)

Le maître des lieux arrive, je dois mettre fin à l’entretien !

Alors, le mot de la fin Vincent…
Merci de t’intéresser et de promouvoir le festival, j’espère t’y voir un jour, tu es le bienvenu et invité. Longue vie à Vous et venez en masse, vous amuser avec nous.