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Seyminhol groupe de Rock-Opéra-Symphonique revisite La tragique Histoire sombre et dramatique d’Hamlet avec un album concept à l’inspiration shakespearienne. Une œuvre metal aux multiples univers, aux envolées lyriques musclées pour une future représentation mélangeant musique et théâtre réalisée à l’Opéra, en compagnie d’un orchestre philharmonique. Et pour couronner le tout un ep 5 titres à l’automne, une interaction avec l’au-delà pour une suite d’Hamlet aux tréfonds des limbes. Christophe (Bassiste) et Thomas (batteur) en acteurs confirmés m’offrent une représentation verbale pour mon plus grand plaisir.


Membres :

Kevin (Voices and concepts)

Chris (Bass)

Nico (Composing, Guitars, Keys & Orchestrations)

Tom (Drums & Percussions)



Artiste : SEYMINHOL

Album : “The Wayward Son”

Label : Brennus Music

1. A Night at Elseneur
2. Marcellus’s Ascertaining
3. The Spectre’s Confidence
4. The Oath of the Sword
5. Mantle of Madness
6. The Comedian’s Parade
7. Theatre of the Dream
8. The Agony of a King
9. To Die, to Sleep
10. Into the Black Chamber
11. The Death of Polonius
12. Shadows of Death
13. Poem for a Maid
14. The Conspiracy
15. Into the Cemetery
16. A Disguised Corpse
17. The Great Hall of the Castle
18. The Duellis
19. The Last March of a Prince


Seyminhol ACT II Scene 1

"The Mantle of Madness" 


Seyminhol Live

Photos Dr © Alexandre Maeder

Choristes


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" Je pense que les nouvelles générations ont tellement de choses à leur portée

que personne ne prend plus le temps d’apprécier quoi que ce soit. " Thomas


Pourquoi six ans d’absence ?
Christophe : On était peut-être fatigués ! (Rires), Non !

Vous avez d’autres projets ?
Christophe : On a participé à d’autres projets, mais ce n’était pas le but, je pense que l’on c’est un petit peu essoufflé avec un dernier album et de mauvaises critiques, ça nous a mis un coup derrière les oreilles. Maintenant on est bien reposés, de retour et prêts à tout arracher ! (Rires)

Donc, pour quelle raison avez-vous eu envie de reprendre ce projet après six ans d’absence ?
Thomas : par passion !
Christophe : Il y avait une réelle envie de jouer en groupe, on ne s’est jamais quittés, de vrais amis.
Thomas : on a bu 25 millions de verres ensemble le week-end et puis un jour, on s’est dit : « On se refait un album » et  l’aventure a recommencée. C’est aussi simple que ça !

Vous définissez comment votre musique en quelques mots ?
Thomas : orchestral avec une touche de rock progressif et un zeste de metal. Le concept d’Hamlet nous a permis de balayer pas mal d’influence, d’avoir l’occasion de retranscrire énormément de couleurs et de transmettre une multitude d’émotions. On avait une grande marge de manœuvre pour se faire plaisir, naviguer entre les styles avec des passages purement orchestraux, mélodiques et envoyer le bois quand il le fallait.

Pourquoi le choix d’Hamlet ? Vous restez toujours attaché aux thèmes historiques ?
Christophe : Hamlet nous permet d’aborder tous les thèmes. Il y a de l’amour, des meurtres, des fratricides, tout ce qui représente le metal !
Thomas : la vie après la mort, la folie, la nécrophilie, un savant mélange de la représentation de l’être humain.

Essayez-vous de faire un parallèle avec notre société d’aujourd’hui, mais sans en parler réellement ou pas du tout ?
Christophe : non, moi je ne le prends pas comme ça.
Thomas : absolument, on peut lire entre les lignes, mais le but c’était vraiment de retranscrire Hamlet et poser en musique cet univers balayant énormément de sujet.
Christophe : ça été passionnant de s’ouvrir à la création avec une si large palette de couleurs. Quand il meurt ça déboîte de tous les côtés ! (rires)

Vous avez vu plusieurs versions d’Hamlet avant de vous attacher à cette histoire, vous avez rencontré des historiens, des pros du sujet ?
Christophe : notre chanteur est le conservateur du musée de Metz et Dr en Histoire !

Je commence à comprendre
Christophe : Nico est prof aussi, il lit énormément et je crois qu’il a dû parcourir une douzaine de fois Hamlet. Ce sont eux qui nous ont soumis cette idée et on a adhéré, car on s’y est retrouvé immédiatement. Mais oui, tu as raison, il y a bien un historien dans le groupe ! (rires) C’est un peu l’univers littéraire de Nico et Kevin.
Thomas : Kevin amène le concept et Nico le retranscrit en musique.

Vous deux vous intervenez comment ?
Christophe : on est toujours d’accord de toute façon ! (gros rires)
Thomas : Il y a quand même une belle orientation rythmique à poser sur l’orchestration de base, plusieurs pistes exploitables, on essaie de faire des choses qui nous correspondent sans dénaturer le concept.

Donc, pas de dictature dans Seyminhol, vous avez un droit à la parole ?
Christophe : bien sûr, on enlève et rajoute des choses. Par exemple : Nico nous propose un rythme et puis au final on lui dit : "attends, on va essayer comme ça", on a notre mot à dire, de toute façon on doit tous être d’accord, si l’un de nous n’est pas totalement satisfait, on devra trouver la solution ensemble.

Ils travaillent plutôt dans leurs coins et reviennent vers vous après ?
Christophe : voilà c’est ça, au tout début c’est Kevin qui compose les textes, il y a un vrai travail de réadaptation de la pièce « Hamlet », comme c’était impossible de faire comme dans la pièce de théâtre il s’est positionné comme narrateur. En fonction de chaque acte, chaque interlude, il a réfléchi à l’ambiance qu’il voulait y transmettre, mais certains passages restent fidèles au livre, par la suite Nico a mis en musique en s’attaquant à la composition. À chaque passage, il nous a fait écouter le résultat et on disait : « on peut faire ça

ou rajouter cela, ou bien c’est trop long il faut l’enlever, etc. ». On a passé à peu près un an et demi, depuis le début du concept.

Christophe, de quelle manière penses-tu que le groupe a évolué musicalement et humainement depuis les débuts ? Thomas, tu es arrivé en 2013 ?
Thomas : oui c’est ça.
Christophe : musicalement, le groupe a bien évolué, on est plus ouverts, moins bloqués. Techniquement, on a progressé et j’espère qu’au prochain album on progressera encore.

Bloqués dans quel sens ?
Christophe : je ne sais pas s’il y a quatre ans on aurait pu composer un album comme ça. Je pense que l’on n’avait pas les capacités. Humainement l’arrivée de Thomas a été très importante, le groupe s’est plus ouvert, c’est quelqu’un de très sympa et je ne dis pas ça parce qu’il est là ! c’est un grand plaisir de travailler avec lui.

Il est le médiateur ? Il apaise les tensions ?
Christophe : figure-toi que depuis qu’il nous a rejoints il n’y a pas eu de tensions. On en a eu quelques unes avant son arrivée. Alors, est-ce que l’on s’assagit en vieillissant où est-il trop gentil ?

 

Parfois un tempérament calme, apaise.
Christophe : Peut être, mais bon, c’est comme dans tous les groupes, les prises de bec à la con pour des conneries… avec Tom, c’est comme une lettre a la poste !

Parle-moi de ton arrivée dans le groupe alors !
Thomas : en 2013, Kevin m’a proposé le projet. Je l’ai connu en 2011 à la période de Symakya et on a sorti un album ensemble, en studio c’est moi qui avais fait les prises chants pour l’album et le courant était bien passé. Le groupe de l’époque a splitté et puis il m’a recontacté en 2013 pour me proposer ce nouveau projet ambitieux et puis l’ambiance de Seyminhol m'a motivé.

Il n’y a pas eu de longs castings ? (Rires)
Thomas : non, non, ils m’ont juste proposé le poste de batteur.

Quels sont les défis particuliers à relever avec cet album il y a un an et demi, quand vous avez décidé de redémarrer ?
Christophe : On se posait beaucoup de questions, comment cela allait être accueilli, le retour de Seyminhol avec un nouvel album après six ans d’absence. Est-ce que l’on nous a oubliés ? est-ce que ce retour va être bien vu ?, mais au final ça à l’air d’aller.

Et autrement ?
Christophe : le vrai défi c’est d’être à la hauteur de la pièce, très compliqué. Il ne fallait pas dénaturer la pièce et pouvoir faire quelque chose à la hauteur du chef-d’œuvre. Suivre ce fil conducteur et réussir à le faire sonner comme une pièce de théâtre. J’espère qu’on aura atteint l’objectif. Il y a un lien fort entre l’histoire et la musique et le fait pour Seyminhol de mélanger faits historiques et narrations restera une véritable marque de fabrique.

Et derrière, monter un opéra rock, ça vous interpelle ?
Christophe : on est en train de voir ça, on aimerait réaliser notre projet à l’Opéra avec un orchestre philharmonique si possible.

Seulement musical, pas d’acteurs ?
Christophe : Oui scénarisé avec des costumes, la totale. On a la chance d’avoir Kevin, Docteur en histoire, conservateur du musée de Metz, connaissant les gens de l’Opéra, alors pourquoi ne pas l’envisager. On a déjà tourné des scènes du clip à l’opéra qui sortira normalement en septembre.

C’est un vrai boulot de retranscrire tous les morceaux avec un orchestre philharmonique ?
Christophe : il faut tout reprendre à zéro, c’est cool, c’est un nouveau défi !

Ça vous arrive de jouer en acoustique où ça reste compliqué ?
Thomas : On a seulement quelques morceaux qui peuvent se prêter à un show acoustique. On en a déjà discuté pour les refaire sur scène, avec Nico à la guitare et Christophe avec une basse acoustique, mais il y aurait un max de boulot.
Christophe : Enfin, ce n’est pas pour demain, mais c’est faisable, c’est vrai qu’on en a discuté et c’est un truc qui nous brancherait bien.

Justement à traduire sur scène, ce n’est pas trop compliqué, car il y a une certaine complexité au niveau de votre musique. Sur les planches le son est plus direct, plus brut.
Thomas : non, on utilise des samples pour l’orchestration…

Donc vous essayez vraiment de retranscrire l’univers de l’album ?
Thomas : On a deux choristes Amandine Kazmierczak et Audrey Adornato sur scène, on essaie d’avoir un univers proche de notre album. On ne simplifie pas. Si l’on veut recréer l’ambiance de l’album sur scène, on est obligé de sampler et cela évite que les morceaux sortent trop bruts.

Que pouvez-vous nous dire sur ce qui s’est passé en studio lors de l’élaboration de l’album ? Quelques anecdotes ?
Christophe : Pas vraiment eu de galères. Ça s’est très bien passé, on a mis un peu plus de temps, car Tom est un peu loin en distance, il a donc enregistré la batterie chez lui et le mix a été enregistré chez Nico.

On a un emploi du temps très chargé donc on arrivait chacun notre tour, on n‘était jamais en studio tous ensemble. On n’a pas vraiment d’anecdotes à te raconter sur cette période. C’est moche hein ! (rires)

Une petite question technique, peux-tu nous dire ce que tu utilises comme basse ?
Christophe : je joue avec le même matériel sur scène et en studio. Je joue avec une Gibson Thunderbird.

La petite histoire ?
Christophe : je suis seulement bassiste, j’ai démarré en 1988, je bidouillais tout seul, puis j’ai rencontré des mecs dans les cafés qui grattouillaient, par la suite j’ai croisé le premier guitariste du groupe et on a formé Seyminhol en 1990. Je me suis mis à la basse parce que je suis fan de Sid Vicious alors j’ai bossé

du Sex pistols ! (rires)

Et toi Thomas ?
Thomas : j’avais six ans, j’ai pris un an de cours parce que je voulais faire de la batterie depuis toujours et en fait je ne touchais pas les pédales. Je ne me servais que de mes mains, puis j’ai arrêté au bout d’un an et j’ai repris à douze ans. Mon premier morceau "Should I Stay Or Should I Go" de The Clash, puis du Metallica, ensuite j’ai commencé à jouer avec mes frères musiciens également. J’ai fait une école de musique à Nancy et suivi des cours depuis mes douze ans.

Vous avez déjà une belle expérience de la scène. Un souvenir ?
Christophe : j’en ai un, Kevin a toujours l’habitude d’avoir une bouteille d’eau pour sa gorge, ce soir-là on jouait avec Karelia, je me retourne vers le batteur et je prends la bouteille d’eau de Kevin, je le vois avec un petit sourire en coin, je prends une grosse lampée, c’était du vin blanc et j’ai failli tous balancer,

car je ne m’attendais pas du tout à cela ! (rires)

Pourquoi avoir choisi de faire du rock ?
Christophe : tu ne le choisis pas, tu plonges dedans lorsque tu es petit, tu ne te dis pas : « tiens je vais être rockeur ! ». Je suis tellement fan de rock que j’ai ouvert un café-concert où l’on ne joue que du rock, le « Sid bar » à Algrange, c’est bizarre, hein ! (rires). Je l’ai ouvert il y a deux ans et j’ai envie de faire découvrir le rock aux gens. Un jour, les mecs de Judas Priest ont dit : « on fait du metal à cause des usines d’acier en Angleterre » et bien chez nous, ce sont les mines de fer et on a plein de groupes d’heavy metal, est-ce que celà a un rapport, on ne sait jamais ! (rires)
Thomas : j’habite Besançon et ce n’est pas forcément très rock’n’roll ! (rires)

Vous faites quoi en dehors de la musique ?
Christophe : on bosse tous, moi je suis déménageur, je tiens mon bar, alors j’ai des journées bien remplies. Kévin notre chanteur est conservateur de musée et Nico est prof de sport, enfin prof de ballon ! (rires)
Thomas : je suis dans le multimédia, tout ce qui est plateforme d’enseignement en ligne, retransmission de conférences, etc.

Vous êtes présent sur Facebook, que s’est-il passé par rapport à votre absence ?
Christophe : il y a eu une demande durant un moment et comme ils ont vu que l’on ne donnait pas de suite ils se sont lassés. Quand on a annoncé le retour, ils sont tous revenus et ça fait chaud au cœur. Facebook permet une véritable visibilité. C’est Nico qui gère le facebook en même temps, il est prof, il joue

au ballon ! (rires)

Votre point de vue sur le téléchargement .
Christophe : je ne suis pas consommateur, mais c’est vrai, c’est une bonne solution pour découvrir des groupes, même si cela peut faire chuter les ventes de disques. Je suis de la vIeille époque, je vais acheter mon album, tu as un véritable objet entre les mains, l’écoute c’est autre chose qu’un mp3 et les mecs ont sué pour nous offrir un véritable produit avec du travail et de l’énergie. Mes fils, je crois qu’ils n’ont jamais acheté un cd, c’est la nouvelle génération.
Thomas : je pense que les nouvelles générations ont tellement de choses à leur portée que personne ne prend plus le temps d’apprécier quoi que ce soit. À l’époque tu achetais un album et tu l’écoutais quinze fois de suite.
Christophe : on a pas grand-chose à dire, on a du monde à nos concerts pour l’instant ! on vend pas mal de merchandising, on a beaucoup de femmes et elles consomment peut-être un peu plus. Mais je ne sais pas pourquoi, je ne peux pas te l’expliquer.

Le mot de la fin
Christophe : On va ressortir un ep 5 titres à paraître avec la sortie du premier clip « the Duellist » scénarisé, avec des costumes, comme dans Hamlet. On a tourné dans des univers aussi différent que l’Opéra, un château ou une bibliothèque bénédictine prévu pour le mois de septembre (photos du tournage sur la page Facebook). Nico et Kevin sans vouloir se prendre pour Shakespeare, sont en train de nous écrire une suite « le passage dans l’au-delà, d’Ophélie » une interaction dans l’au-delà entre les personnages

qui ont disparu. On ne peut pas encore te dire ce que cela va donner ! (rires). Merci à tous les gens qui répondent présent à nos concerts.