Smash Hit Combo


Artiste :  Smash Hit Combo

CD : L33t

Label : Dark Tunes

 

Disc 1
01 - Rise And Fall
02 - Spin The Wheel
03 - Falls Appart
04 - Must Divide
05 - Evil Within
06 - Blinded
07 - Parasite
08 - No One To Save
09 - Mind Split
10 - The Prayer
11 - Again
12 - Plan B (English Version)

Disc 2
01 - RPG
02 - Spécimen
03 - Die And Retry
04 - Blackout
05 - Ras Le Bol
06 - Point De Non Retour
07 - Arkham Asylum
08 - Game Over
09 - New Challenger
10 - Inclassable
11 - Court Métrage
12 - Plan B (French Edition)


Membres :
Paul « HP » Henry

(chant)
Maxime « Maxence » Keller - (chant)
Brice « James »

Hincker - (batterie)
Matthieu « Bulldozer » Willer - (basse)
Baptiste « Bat » Ory

(guitare)
Anthony « Chon » Chognard - (guitare)


SMASH HIT COMBO - RPG


SMASH HIT COMBO

Spin The Wheel


SMASH HIT COMBO - Blackout



« Par accident »

Interview  par Christophe Favière (Stof)

Forts de leur nouveau double album L33T, les Smash Hit Combo tracent leur route sans se soucier des modes en mélangeant les styles et les influences. Rencontre avec Brice batteur de son état. Pour info, cette interview a été réalisée avant le décès de Chester Bennington les références à Linkin Park sont donc le fruit du hasard. 


Pour commencer, comment vous définissez votre musique ?
C’est marrant que tu me poses la question parce qu’aujourd’hui il y a quelqu’un qui m’a parlé de Nu Metal 2.0. J’ai trouvé génial. C’est la première fois qu’on me l’a sorti. C’est vrai que nous avons beaucoup d’éléments Néo Metal, mais nous mélangeons avec des musiques plus actuelles comme du Death, même du Death Core. C’est vrai que jusqu’à présent on nous parlait de Rap Metal, mais Nu Metal 2.0 j’aime bien.

À la première écoute de votre dernier album (L33T), c’est vrai qu’on pense beaucoup à ce style. Le premier truc qui m’est venu à l’esprit, c’est que vous avez repris là où Linkin Park ce sont arrêtés, après Meteora, tout en incorporant des choses beaucoup plus Hard Core y compris au niveau du Rap. Ça vous convient comme comparaison ?
C’est vrai que plein de gens nous on dit que nous avions fait l’album que Linkin Park auraient dû faire. Mais c’est un accident. En fait l’album anglais était une expérience. Sur l’album précédent, nous avions fait un feat avec un rappeur Américain Joshua (NLJ) qui est dans le même esprit que nous, genre geek, jeux vidéo etc. Nous sommes resté en contact, et nous avons aussi fait un clip ensemble. Pour le nouvel album, nous avons voulu rééditer l’expérience.

D’où le double album ?
Oui, car c’est compliqué de faire du Rap en Anglais avec l’accent Français. Notre Rappeur n’a pas forcément les bonnes intonations, ni la maîtrise du vocabulaire. Puis au milieu de l’enregistrement de l’album en Français, nous nous sommes dit que comme le morceau en Anglais nous plaisait vraiment pourquoi ne pas ré enregistrer l’album mais entièrement en Anglais.

Et la cohabitation s’est bien passée ?
Le truc c’est qu’on les a séparés, ils ont travaillé chacun de leur côté, comme ça nous pouvions avoir deux visions de l’album. Nous ne voulions pas faire une traduction des textes, cela aurait été nul. Même si l’univers reste le même (l’univers des jeux vidéo), les textes de Paul ça reste toujours le syndrome de Peter Pan, l’éternel adolescent qui ne veut pas grandir, mais qui est dépassé par la vie et donc obligé de suivre. Mais chacun a développé de son côté son ressenti par rapport à la chanson.

Pourtant on a vraiment l’impression de deux albums différents.
La base musicale reste la même, c’est donc uniquement le chant qui change l’instru. Nous avons aussi modifié l’ordre des chansons. Donc c’est cool que tu aies cette impression !
Pour revenir sur ta question de tout à l’heure, c’est une fois que nous avons fini l’album en Anglais que nous nous sommes rendu compte que nous avions fait notre petit album de Linkin Park à nous !

C’était donc complètement inconscient ?
Totalement, on s’est fait notre petit cadeau !

Comment on tombe dans ce genre musical lorsqu’on vient d’un petit village d’Alsace ? Les amis ? Les grands frères ?
C’est dur, c’est pour ça qu’on a mis dix ans pour en arriver là (rires) ! Non, nous avons la chance d’avoir une petite scène Metal par chez nous grâce à la proximité avec l’Allemagne. Il y a quelques salles qui passent pas mal de Metal et cela nous a aidé. Après on en a quand même chier pendant longtemps, même si au début on faisait ça pour s’amuser. Puis nous avons fait une vidéo qui a fait beaucoup de vues, et plein de gens nous on dit « c’est bien ce que vous faites » sans qu’on s’y attende plus que ça. C’est à partir de là qu’on s’est dit qu’on allait essayer de tourner hors Alsace, les petits bistrots du coin on les connaît tous !

Comment vous travaillez ?
Nous faisons tout nous-même. Je fais les clips, le guitariste fait les enregistrements et les prods et c’est comme ça depuis dix ans ! Maintenant il y a des gens qui nous aident. Mais ça a pris du temps. En même temps c’est hyper formateur !

Comment vous avez évolué musicalement depuis 2004 ?
Déjà au début nous faisions du Hardcore/Deathcore, pas de Rap. Il se trouve que dans la salle d’en face dans notre studio de répet’, il y avait  Paul qui répétait avec son groupe de Rap et parfois il passait nous voir car il aimait bien ce que nous faisions. De temps en temps il prenait le micro et rappait sur nos morceaux. Puis un jour nous avons enregistré un morceau que nous avons adoré. À ce moment, certaines personnes nous ont dit que nous devrions abandonner le Hardcore/Deathcore —plein de groupe le font déjà— et explorer plus cette voie. Nous avons tenté le truc avec cette fameuse vidéo, et c’était parti ! Donc une fois de plus, c’était un accident !

Et humainement ?
Nous sommes d’une toute petite ville, donc tes musiciens c’est tes potes. Tu as un bassiste, il ne joue pas très bien, mais ce n’est pas grave c’est ton pote ! Mais de la bande de pote du début, nous ne sommes plus que trois. La vie fait qu’il y a eu pas mal de changement de Line up, mais le noyau dur est toujours là.

Et toi, comment tu es venu à la batterie ?
En fait, mon grand-père faisait du saxo, et donc je voulais faire comme lui et qu’il m’apprenne à en jouer. Il m’a dit d’accord, mais d’abord tu vas apprendre la batterie pour comprendre les rythmiques. Et il avait raison, car du coup à la batterie tu dois être beaucoup plus carré dans ce que tu fais. Donc il m’a dit tu fais 6 mois ou un an de batterie et après seulement je t’enseignerai le saxo. Sauf qu’au bout d’un an, je me suis dit que la batterie c’était mieux et donc je n’ai jamais fais de saxo de ma vie. Je suis resté sur la batterie et quant des potes sont venus chez moi avec des guitares, ils m’ont dit laisse tombé le saxo, viens, on va faire du Metal, ça va être mieux !!! Donc c’était encore une fois un accident ! Ma vie est une longue suite d’accidents (rires) !

Votre musique est très complexe au niveau de l’orchestration, comment se passe le processus créatif ?
On met tous un peu la main à la pâte. En général les guitaristes trouvent les mélodies. Moi je bosse beaucoup avec le bassiste sur la partie rythmique et je m’occupe aussi de toutes les parties un peu bizarres, les sons, les samples… Donc chacun apporte son truc. Un des guitaristes adore les trucs très Jazz, donc c’est lui qui emmène toutes les parties un peu dissonantes, les sonorités un peu étranges et le côté déstructuré. Chacun a des influences différentes, et même si ça ne marche toujours, on essaye de mêler tout ça et de créer des variations dans les rythmiques et dans les sonorités. On a un PC en commun sur lequel on balance toutes les idées. Donc tout ça c’est de la petite cuisine quoi !!!

Donc pas de dictateur dans le groupe ?
Non, c’est vraiment un travail d’équipe. Même si parfois il y en a un qui vient avec un truc tout fait, on le joue, on l’enregistre, et si ça plait à tout le monde, on garde. Il n’y a pas de loi, enfin si, la loi c’est nous !

Il y a beaucoup de samples et de sons sur l’album, sur scène  vous retranscrivez ça comment, vous avez quelqu’un qui s’en occupe ?
Non, c’est moi qui balance les boucles sur la batterie. Tout est calé au millimètre et tout part en même temps.

Du coup peu de place pour l’impro en live…
Il n’y a zéro improvisation. Au début j’étais contre, je me suis battu de longues années contre le « clic » et puis sous la pression de tout le monde j’ai cédé, j J’étais tout seul, et en général lorsque tu es tout seul, tu as tort ! Mais au final, ça laisse quand même pas mal de possibilité au niveau du show. Et puis rien ne nous empêche d’enlever le sample à la fin du morceau et de nous faire plaisir.

Malgré votre côté geek, vous avez dans vos textes une vision assez noire de la société, ce qui est paradoxal aux vues de votre activité de gamer ?
C’est vrai que lorsque nos portes sortaient en boîte ou allaient boire des coups, nous on restait dans nos chambres à jouer toute la nuit. Ce n’est qu’après que tu te dis, c’est vrai qu’on a un peu abusé.

Une chanson comme « Point de rupture », c’est du vécu donc ?
Je pense que, pour Paul, c’est du vécu. Les jeux vidéos peuvent avoir un côté convivial lorsque tu joues avec tes potes. Mais parfois c’est aussi une manière de fuir la réalité et de se replier sur soi-même. Il est passé par ces étapes où tu n’es pas bien, tu t’en fous de ta vie. Tu te fous de ce qui se passe autour, ta vie est bien dans la télé, tu es dans ton truc. C’est un peu comme une drogue.

C’est une sorte de thérapie pour lui de coucher sur le papier ces expériences ?
Tout à fait, il est très dans l’émotion. Donc dès qu’il a un truc, il l’écrit tout de suite.

C’est lui qui écrit tout ?
Quasiment, le gros des couplets et les parties Rap c’est lui. Max doit lui écrire un quart des textes.

Il y a quand même du positif qui se dégage de tout ça ?
Oui, malgré les critiques de notre société de consommation, il ressort que nous sommes la génération de demain. Que c’est nous qui pouvons changer les choses. Même si dans l’ensemble effectivement notre vision est assez sombre. Nous ne faisons qu’un état des lieus de notre monde. Nous n’avons pas la prétention de porter des messages. Même si régulièrement des jeunes viennent nous voir pour nous dire que ça leur fait du bien d’écouter notre musique, de savoir que d’autres personnes ont vécu la même chose qu’eux. Mais nous ne sommes pas là pour faire la morale ni pour changer les choses. À chacun de prendre ce qu’il veut dans notre musique.

En tant que geeks, j’imagine que pour vous les réseaux sociaux sont importants ?
Complètement ! Au début de facebook nous avions créé plein de faux compte. Comme nous n’avions pas les moyens de faire de la promo, donc nous avions mis au point une stratégie pour rabattre les gens sur notre vraie page. Du coup on s’est retrouvé avec pas mal de fans en peu de temps. Ça plus les vidéos, ça a créé l’engouement pour le groupe au début. Donc oui, nous étions plus qu’ancré dedans puisque c’est ça qui nous a permis d’exister. Sans tout ça, cela aurait été beaucoup plus compliqué.

Et vous avez donc un bon contacte avec votre publique ?
Il commence à y avoir pas mal de monde qui nous suivent. Notre public est tout de même assez ciblé de par les thèmes qu’on développe, les gens connaissent les textes, ils reviennent très souvent en concert. On n’a pas forcément un public ultra-large, mais c’est un public fidèle.

Vos prochains concerts ?
Nous avons une date à Paris au Trabendo le 11 novembre pour la dernière de The Arrs. C’est vraiment con qu’ils arrêtent. On a fait quelques dates avec eux, on s’entend vraiment bien. Ils n’ont jamais eu autant de succès que depuis l’annonce du splitt. On devrait peut-être splitter nous aussi pour commencer à avoir une grosse notoriété (rires) !

Le petit mot de la fin ?
Merci à ceux qui ont écouté l’album, venez nous voir en concert, boire une bière avec nous et n’oubliez pas de rester des grands enfants comme nous !