Stolen Memories



 Artiste : Stolen Memories

CD : « Paradox »

Genre : Genre Progressive

Metal Maison de disques :
BRENNUS MUSIC -

DOOWEET AGENCY

 

01. Red Spring
02. The Badge
03. Obedience
04. Constant Liar
05. Hidden Hurt
06. Exile
07. A Second Chance
08. No Cure For This
09. Lack Of Clarity
10. Only The Brave


Membres :

Najib MAFTAH - Vocals
Baptiste BRUN - Guitars and Keys
Antoine BRUN - Drums and Backing Vocals
Olivier DALMAS - Bass


Exile


À l’occasion de la sortie de leur troisième album « Paradox » le 27 Octobre, nous avons rencontré Baptiste le guitariste-chef d’orchestre de Stolen Memories.

Interview Christophe Favière alias Stof

Replica Promotion



Pour commencer, tu nous présentes le groupe ?
Nous sommes originaire de Lyon. Stolen Memories est né en 2007 sur les cendres d’un projet instrumental nommé Equinoxe. On a fait appel à Najib pour le chant, un ami avec qui nous avions déjà joué dans un groupe quelques années auparavant. Nous avions aussi recruté un bassiste et un claviériste qui sont partis depuis. Nous avons enregistré notre premier album « The Strange Order » en 2010 sur le label Pervade. Puis un deuxième sur le label Brennus en 2013 « Blind consequence ». Ensuite nous avons fait une pause d’une année histoire de mettre certaines choses au clair, de changer notre méthode de travail et prendre un peu de recul car nous n’étions pas tout à fait satisfait de l’évolution du groupe.

Dans quel sens ?
Nous aspirions à plus. Et finalement nous sommes reparti de plus bel un an plus tard sur la préparation de cet album. Et maintenant nous y sommes.

Pourquoi ce style le Metal Progressif ? C’est ta culture musicale ?
Nous sommes des musiciens qui aiment jouer du Metal, ça c’est sûr, mais nous aimons aussi faire autre chose et goûter à d’autres styles que le Metal. L’avantage dans le Prog’, c’est que tu as ta dose de Metal, mais cela t’ouvre aussi d’autres horizons. Le Prog’ nous a parlé et nous sommes donc partis dans cette voie.

Et donc ta culture musicale se situe où ?
Elle est assez vaste, les premiers groupes dont j’étais fan gamin, c’était Queen, Led Zeppelin, plutôt Classic Rock, mais aussi des groupes comme U2 et des trucs New-Wave. Puis je suis parti dans le Hard FM avec Van Halen et ensuite des trucs plus Trash avec Megadeth, Metallica, Pantera, Annihilator. Et puis ça a continué avec du Power mélodique enfin j’ai découvert le Prog’ avec Dream Theater, Symphony X et compagnie. Depuis je ne suis pas resté sur un style, j’écoute un peu de tout, c’est ça qui m’inspire.

D’ailleurs sur l’album, on retrouve ça, notamment sur le deuxième morceau « The Badge » où il y a ce break de Free Jazz, tu en écoute aussi ?
Occasionnellement, mais cela fait partie des choses que j’aime beaucoup, comme Greg Howe un guitariste de Fusion, et ce passage-là est un peu inspiré de tout ça. Et de Steve Vai que j’adore et qui fait beaucoup d’expérimental. Nous avions envie de faire quelque chose d’osé et ce passage à une particularité, c’est qu’il n’y a pas de basse, c’est la guitare huit cordes qui fait les graves.

Justement, comment es-tu arrivé à la guitare ?
Lorsque j’ai commencé à être vraiment intéressé par la musique à l’adolescence, j’avais une petite guitare sèche dans ma chambre. J’ai commencé à bidouiller dessus pour essayer de rejouer des morceaux de U2, Queen, ou les musiques de ma frangine. Petit à petit j’ai commencé à développer mon oreille et je suis devenu guitariste autodidacte. D’ailleurs dans le groupe nous le sommes tous plus ou moins. Donc comme je fonctionnais plutôt pas mal comme ça, je n’ai jamais eu envie de prendre des cours et de rentrer dans un schéma classique. Peut-être que c’était une erreur car j’en ai plus chié que d’autres, mais en faisant ça je pense que tu développes un peu plus ta personnalité. J’ai commencé à progresser et j’ai procédé de la même manière pour le clavier jusqu’à réussir à composer des morceaux pour le groupe.

Tu joues maintenant sur des huit cordes, ça t’apporte quoi ?
J’ai commencé comme tout le monde sur des six cordes, lorsque je suis passé aux sept cordes par curiosité, la transition m’a beaucoup plus. Cela m’a vraiment apporté quelque chose de plus, mais ce n’était pas encore ce que je recherchais. Pour cet album, il me fallait un écart important entre les graves pour les rythmiques et les aiguës pour les solos. Comme le passage à la sept cordes m’avait plus, il fallait que j’essaye la huit, et là j’ai été bluffé. J’aurais dû m’y mettre avant, j’ai adoré la possibilité de pouvoir jouer de la guitare comme de la basse, créer des ambiances en s’amusant avec des effets comme les Flanger ou les Delay. C’est génial d’avoir une tessiture aussi large sur le même instrument. Ça a aussi développé mon imagination et mon inspiration pour composer cet album.

Depuis 2007, comment pense-tu que le groupe à évolué ?
Depuis le début nous avons toujours été trois impliqué dans le groupe. Mon frère Antoine, Najib le chanteur et moi-même. Nous sommes le noyau dur du groupe. Les autres sont arrivés avant l’enregistrement du premier album. Le claviériste est arrivé alors que l’album été déjà composé, mais il avait vraiment un bon niveau et il voulait ajouter des sons, c’était plutôt cool. Finalement il n’a pas voulu rester. On s’est dit qu’on n’allait pas s’emmerder, et nous avons décidé de jouer avec des samples en live, donc pour l’instant on ne prendra plus de claviériste. Le Bassiste, lui, est resté un peu plus longtemps, mais il n’était pas très impliqué et il a quitté le groupe avant la sortie du deuxième album. Ce qui nous a un peu plombé et conduit à faire une pause. De toute façon on ne pouvait pas tourner car nous n’avions pas de bassiste ! On ne pouvait pas trouver quelqu’un rapidement pour jouer avec nous. Le Metal Progressif est tout de même un style assez pointilleux et précis, cela demande beaucoup de répétitions. Donc pour le troisième album, nous n’avions pas envie de nous prendre la tête avec ça, nous n’avons toujours été réellement que trois dans le groupe. Donc on a fait l’album, et nous avons cherché un bassiste en amont juste pour les concerts. Au fil des auditions nous sommes tombé sur Olivier qui est maintenant le bassiste de Stolen Memories et qui va assurer les concerts. Ça se passe super bien, donc on espère tous qu’il restera longtemps, pas seulement pour les concerts de « Paradox », maispour les albums suivants aussi ! L’avenir nous le dira !

Et musicalement ?
Sur le premier album, nous avions trouvé notre style, mais c’était un peu trop cliché par rapport au Metal Progressif. Sur le deuxième, nous avons eu envie d’explorer d’autres univers, de partir plus sur l’expérimental. De mettre une dose un peu plus Trash histoire d’être plus accrocheur et plus accessible. Mais je pense que nous avons un peu trop forcé les choses et nous avons perdu le côté naturel. Il y a pourtant eu de très bonnes chroniques à l’époque, mais avec du recul, ce n’était pas encore ce que nous recherchions. En fait nous voulions le mélange des deux. Quelque chose de plus accessible, de mieux réussi, mais plus naturel, sans se mentir. Donc sur le troisième nous ne nous sommes pas posé de questions. Lorsque j’ai composé les morceaux, j’ai fait ce que j’avais envie. Je me suis juste fixé deux choses dans le cahier des charges, pas de morceaux trop longs, et que cela ressemble à des chansons quand même ! Et les autres ont fait pareil. Le chanteur ne s’est pas imposé de chanter dans tel ou tel style. Il a été lui-même. Nous sommes Stolen Memories et rien d’autre. Et c’est ce que nous avons essayé de faire.

Vous réarrangez les morceaux pour la scène
Non, nous essayons de coller au maximum à l’album. Nous considérons que si un album plait au public, c’est ce qu’il veut entendre en concert. Maintenant nous avons déjà réarrangé deux ou trois morceaux pour la scène histoire de nous donner une marge de manœuvre par rapport à l’album. Mais ce ne sont que des broutilles, comme une batterie électronique à la fin d’un morceau qui sera joué en vrai par le batteur. C’est plus une adaptation.

Les samples ça ne restreint pas les live ? Vu ta technique, ça ne te laisse pas trop de place à l’impro ?
Non, les samples sont là uniquement pour créer des ambiances, il n’y a pas de parties de claviers proéminentes sur l’album. Par contre cela nous oblige à être super carré en live, nous n’avons pas le droit à l’erreur.

Votre musique est très riche et complexe, au niveau des arrangements, cela doit être un sacré travail ?
Oui, ça a été très prise de tête ! J’y ai passé de bonnes nuits !

C’est toi qui fais tout ?
Oui, le fait de jouer plusieurs instruments me donne beaucoup de boulot. Les claviers représentent énormément de travail pour moi, tous les petits sons qui interviennent dix secondes dans un morceau. J’en ai créé plein, je ne voulais pas que ce soit des trucs qui sortent directement du clavier. Avoir une vraie personnalité. Pareil pour la guitare, ça représente beaucoup de boulot. Mais en même temps c’est réel un plaisir.

Donc c’est toi qui compose tout ?
La musique oui, je compose tout, je fais une maquette où il y a déjà les arrangements clavier et guitare. Même le solo est composé à la note près. Je mets juste une boîte à rythme histoire que les autres puissent se rendre compte, et lorsqu’ils écoutent le morceau, ils s’en imprègnent et commencent à travailler dessus. Antoine refait sa batterie de façon méthodique, avec son style. Il propose des choses différentes pour sublimer le morceau.

Le morceau évolue donc, tu es ouvert aux critiques dans le sens constructif ?
Carrément ! Je fais les choses le plus abouti possible sur la démo, mais basiquement au niveau de la batterie. Après à lui de faire son boulot.

Donc ce n’est pas une relation « dictatoriale » ? S’ils n’aiment pas un passage ou un solo, ça se passe comment ?
Ben en fait ce n’est jamais dictatorial, ils aiment tout ! C’est chiant parfois ! S’ils me disent qu’ils n’aiment pas un passage ou un morceau, je ne peux pas les forcer à le jouer. Mais ils sont contents de la manière dont cela se passe, ils trouvent que nous travaillons plus vite, mes compositions leur parlent. Donc du coup c’est cool car ils ne se plaignent jamais ! D’un autre côté c’est rare que moi je n’aime pas ce qu’ils font sur les morceaux ! Pour le chant, c’est pareil, je fredonne les lignes à Najib et lui les fait évoluer. En général ça n’a plus rien à voir avec mes mélodies. C’est tout de suite mieux ! Nous sommes vraiment sur la même longueur d’ondes. Même lors du mixage, nous sommes raccord sur les effets à mettre sur telle partie, ou quelle piste mettre en avant. Nous sommes vraiment fusionnels !

Pour ce troisième album, quel à été votre plus gros défi ?
Bonne question. Nous voulions une grosse production histoire d’être plus crédible et de mettre en valeur notre musique comme il se doit. Mais le hic c’est que tu n’as pas le controle de ça. Tu choisis la personne qui va enregistrer et faire la prod’, mais derrière il faut qu’elle assure. Et elle a assuré. Tu ne peux pas passer un cran au-dessus si les compositions et les arrangements sont mieux, les performances des gars meilleures et qu’à côté de ça tu as production équivalente, le pari est raté. Et là nous sommes carrément monté d’un cran avec Olivier Didillon de Record Did’Studio, qui est aussi notre ingé-son pour les concerts.

Les thèmes abordés sont plutôt sombres, tu peux nous en parler ?
Oui effectivement. Ils tournent pas mal autour des thèmes d’actualité, tous les trucs un peu pouraves ! En fait les trois/quarts du journal télé ! Sur cet album Najib a vraiment mis l’accent là-dessus. Ce n’est pas autobiographique, c’est plus une réflexion sur le monde d’aujourd’hui. Un monde qui devient n’importe quoi.

Mais au final il y a un peu d’espoir où le pire reste à venir selon toi ?
Disons que oui, il y a un peu d’espoir, mais il faudrait demander à Najib si lui il a de l’espoir (rires) !

Le choix de l’Anglais plutôt que le Français ?
Disons que si tu chantes en Français en faisant du Metal Prog’, tu te suicide tout de suite (rires) ! Non, plus sérieusement, c’est déjà un style un peu fermé, c’est dur de plaire, si en plus tu te rajoutes cette barrière du Français, c’est juste pas possible. Personnellement lorsque j’écoute des groupes de Metal qui chantent en Français, ça me gonfle très vite ! Je trouve que le Français n’est pas lyrique pour du Metal. Et puis c’est impossible de s’exporter. Par exemple en Allemagne, ça marche bien mieux qu’en France, donc si tu chantes en Français, je pense que tu as tout faux ! Mais on ne s’est jamais posé la question, nous avons choisi l’Anglais naturellement.

Vous avez sorti un clip très esthétique pour la chanson « Exile », tu peux nous en parler ?
Oui, c’est la société Block 8 qui l’a réalisé. Ils sont de la région Rhône-Alpes et nous connaissons le patron de longue date. Nous lui avons parlé du projet, et ils nous ont proposés plusieurs scénarios jusqu’à trouver le bon. Puis nous leur avons laissé carte blanche. Ils avaient la chanson avec les paroles et leur réalisateur nous a concocté ça.

Où a-t-il été tourné ?
C’est une ancienne rotonde qui servait à faire demi-tour aux locomotives, il y a très longtemps, et les scènes avec l’enfant dans la forêt ont été tournées près d’un barrage désaffecté et où la végétation à repoussé. Les gens de Block 8 ont fait plein de recherche pour trouver les lieux adéquats et ont trouvé tout ça près de Saint Estienne.

Les réseaux sociaux, c’est important pour vous ?
Ben c’est surtout obligatoire ! On y passe du temps mais sans plus. Nous avons des retours du publique, mais nous ne sommes pas encore au stade de pouvoir mesurer ça. Le clip vient de sortir, la promo vient de commencer, y compris à l’étranger et qui assurée par Christophe de Dooweet (NDR : leur manager et leur label). Donc pour l’instant c’est un peu dur de se rendre compte de l’impact des choses.

Vous n’avez pas commencé votre tournée ?
Non, notre premier concert sera le 24 novembre près de Lyon, et, pour la suite, notre manager est en train de finaliser des dates, mais nous n’avons pas tous les détails. On attend de voir, mais on espère que ça va s’enchaîner. Mais ce n’est pas évident de nos jours de trouver des dates.

Justement, tu n’es pas inquiet du manque de lieux pour jouer ?
Le problème c’est qu’il y a de moins en moins de lieux et de plus en plus de groupes. À Lyon comme partout, il y a beaucoup de lieux qui ont fermé. Je pense que nous sommes à la période la plus dure pour faire carrière dans la musique. Je bosse à la poste et j’ai la chance d’avoir une femme compréhensive et qui me soutient dans ce que je fais, mais entre le boulot et les enfants, c’est vite compliqué. C’est triste cette situation en France.

Le petit mot de la fin ?
Allez jeter une oreille à cet album ! Et un œil sur ce clip ! Et merci pour cette interview !

Merci à toi et à bientôt sur scène.