Être soi-même !

Interview Hugues (Ugo) Chantepie


Laissez-vous porter par le souffle et l'atmosphère

des années 90's avec le son sensuel et rageux de

The Distance, digne représentant d'un revival à la française. Aucune limite à

la création artistique avec « Radio Bad Receiver », le combo se libère de ses influences et distille une véritable onde de choc dans les rouages radiophoniques aseptisés. Armé aujourd'hui d'une véritable puissance de feu avec Hervé Lauzanne, le groupe devrait toucher du doigt un plus large public et entrer au Nirvana des sons. Rencontre avec Duff (Bass) et Dagulard (Drums and vocals) dans la moiteur de la Boule Noire.


Genre :

Rock/Stoner rock/ Alternatif

 

Originaire : Paris

 

Line-up :

 Mike (Vocals and guitars), Sylvain (Guitars),

Duff (Bass)

Dagulard (Drums and vocals)


Artiste : THE DISTANCE

Album : « Radio Bad Receiver »

Label : Wagram


The Distance

"Trouble End"


Ecoutez gratuitement l'album "Radio Bad Receiver"

de The Distance sur Deezer


© Photos Hugues Chantepie

 

Plus de photos ICI


" La musique c’est avant tout une qualité d’écoute, on est là pour proposer du Rock et dérouter un peu si cela est possible."  Duff


Pourquoi le choix d'un tel mode d’expression artistique le « Rock » ?
Duff : Rock alternatif post grunge
Dagulard : Je ne sais pas trop, c’est du rock avec des petit bouts de famille à droite et à gauche, on a grandi avec le rock des années 90, ce sont nos influences premières et elles se sont retrouvées le plus naturellement dans notre musique. On a une culture Rock avec un grand « R » des seventies au Rock actuel. Finalement l’étiquette Rock alternatif pourrait bien correspondre. Ce côté bien tranché entre les grosses guitares brutes, bien grasses tout en gardant cette petite mélodie venant cimenter le tout. Rock alternatif dans la démarche, mais Post Grunge également. En France il n’y a pas eu encore de revival pour ces années là.

Depuis vos débuts en 2008 de quelle manière pensez-vous que vous avez évolué, musicalement et humainement ?
Duff : plein de trucs se sont passés depuis la création du groupe avec Mike et Sylvain, moi je suis arrivé en 2009 et Dagulard en 2012. Avec cet album, on a vraiment progressé tous ensemble dans la proximité et c’est ce qui caractérise « Radio bad receiver ».
Dagulard : avec Duff, on jouait déjà dans un groupe, les SCD pour les intimes ! ils ont eu besoin d’un batteur après leur premier album, ça s’est fait assez naturellement et j’ai rejoins une véritable bande de potes. Humainement parlant, nous avons des valeurs assez communes, nous essayons de ne pas trop se la péter et de jouer notre musique le plus sérieusement possible ! La démarche entre le premier album et le second reste toujours la même et nous sommes auto-producteurs. Entre temps on a croisé la route d’Hervé Lauzanne (Indochine) directeur artistique et manager ayant réalisé un excellent boulot avec une foi sans borne pour un groupe à guitare saturée. Par rapport au premier album on a atteint le « do it yourself » (faites-le vous même). On travaille aujourd’hui avec des gens nous permettant de gravir un échelon supplémentaire. On apprend plein de choses, on peut avoir des interviews comme aujourd’hui avec toi et ce sont des choses très nouvelles pour nous (Rires)

Que vous apporte réellement Hervé Lauzanne aujourd’hui ?
Duff : la réalisation des choses, l’accès au monde extérieur à la musique et ça nous apprend une certaine collaboration.
Dagulard : on est tout de même reliés à la maison Wagram, comme puissance de feu c’est quand même pas mal, il a été directeur artistique chez Sony et lui même musicien avec une véritable l’oreille. Grâce à lui on peut atteindre le grand public et ne plus tout gérer seuls, Facebook, l’événementiel, etc et ainsi pouvoir se concentrer exclusivement sur notre musique. Par contre, on produit toujours notre zic, mais avec de vrais professionnels pour nous aider à franchir l’étape supérieure.

l’EP "Mesmerise" en 2015, pourquoi reprendre 3 titres ?
Duff : l’EP existe pour annoncer l’après, mais les trois titres ont un master différent pour l’album. L’EP va pouvoir exister tout de même, malgré tout, avec un titre inédit !

Parlez moi de Francis Caste en charge du mastering au studio parisien Sainte-Marthe ? Que vous a-t-il apporté ? Et de quelle manière avez vous abordé le mastering ?
Duff : on le connaît bien, c’est un pote, j’ai déjà enregistré là-bas avec mon ancien groupe, il a le savoir faire et nous apporte une certaine maitrise. La phase de mixe est un moment très artistique pour nous et lors du mastering, Francis nous apporte une oreille et nous rassure sur le résultat final. C'est réellement au mastering que les premières personnes en dehors de toi commencent à écouter ta musique.
Dagulard : c’est là que l’on a atteint le « do it yourself » !

Que pouvez-vous nous dire sur ce qui s’est passé lors de l’élaboration de l’album avant le mastering ? L'ambiance de travail ? Quelques anecdotes ?
Duff : des anecdotes, non, on est très terre à terre, on débarque en répète, un riff de guitare, une idée et on fait écouter aux copains. On commence à faire des canevas, réorchestrer, etc, et on travaille plusieurs fois dans la semaine. Finalement, l’album s’est fait très rapidement car il y a eu certains moments où l'on a eu énormément d'idées et de vision sur la musique.


Les Thématiques principales des textes un peu pessimistes à la lecture des titres, qu’en est-il réellement ?
Duff : on n’est pas forcément des mecs ultra pessimistes. On peut être extrêmement décalés par rapport à nos textes !
Dagulard : c’est l’époque qui pourrait l’être. C’est vrai, lorsque l’on parle de groupe dit pessimiste comme Type O Negative, les gars en vérité étaient des joyeux lurons. Sans revendication aucune, c’est juste un constat de notre vie actuelle, mais c'est vrai, un peu sombre. Être témoin de son époque ne veut pas forcément dire être quelqu’un de pessimiste, il y a une différence entre  observer et être critique de ce que l’on peut constater dans la vie de tous les jours.


Vous essayez de transmettre quoi à travers votre musique ?
Duff : la musique c’est avant tout une qualité d’écoute, on est là pour proposer du Rock et dérouter un peu si cela est possible.
Dagulard : l’envie d'être un porte-voix d'un Rock non représenté en France, le revival 90.

Beaucoup d’incursions pop, est-ce une volonté de votre part ?
Duff : on a un chanteur un peu pop sur les bords !
Dagulard : ça dépend de quelle pop on parle, car il y a la bonne pop et la mauvaise (Rires). La référence Franz Ferdinand en terme de guitare c’est plutôt intéressant. Tu prends un morceau comme « Mesmerise », la mélodie de voix fait très Beatles, le riff fait très Nirvana et le mélange des deux fait un truc énorme. Alors je dis oui pour l'influence Pop. Kurt Cobain était connu pour être un énorme fan des Beatles et ça se ressentait dans sa manière de chanter. Par exemple Mike est un gros fan de Michael Jackson et moi, Mike et Sylvain aimons les Beatles. La chose qui pourrait élargir le spectre musical de The Distance serait le fait de mélanger des lignes de chant faussement naïves avec en arrière plan des gros riffs et inversement.

Comment appréhendez vous le live, vous jouez différemment ?
Dagulard : ce qui va être surtout intéressant, c’est qu’en live les morceaux les plus Pop vont devenir beaucoup plus vénères ! (rires)

Vos premiers contacts avec votre instrument et quel rapport entretenez-vous avec celui-ci ?
Duff : je faisais de la guitare et j'ai eu l'envie de prendre une basse, un concert et puis c’est parti ! Ca a sonné grave et j’ai trouvé cela marrant. Je joue tout de même de la guitare à la maison, mais sur scène je reste simplement bassiste ! J’aime bien bouger selon l’ambiance, mais pas me mettre en avant, le chanteur reste le patron !
Dagulard : je ne couche pas encore avec ma batterie ! (rires) Mon père est un ancien pasteur, à l’église où il prêchait il y avait une batterie et petit à petit j'y suis venu pour m’entraîner avec mon cousin au piano. Par la suite, vers 11/12 ans j’ai découvert les Guns’n’roses et il y a tout autre chose dans ma tête et mon père m’a dit : «  tu ne peux pas jouer cela à l’église ! ». J’ai donc attendu 15/16 ans et j'ai joué avec tous ceux (blousons noirs) qui avaient besoin d’un batteur, voilà tout simplement comment j’ai commencé petit à petit la batterie. Parmi les musiciens m'ayant amené à la batterie, il y a Lars Ulrich, son jeu c'est un truc qui marque à vie ! Pour la petite anecdote, je commence à me mettre sérieusement à la basse.

Faire du rock, ça posait un problème à ton père ?
Dagulard : oui, mais c’est terminé, malgré tout, il ne saute pas de joie non plus ! Par opposition, peut-être le fait d'avoir eu cette éducation, je me suis mis plus facilement au Rock qu’au Hip-Hop ! (rires) c’est un peu comme Little Richard, homosexuel dans les années 50, le gars ne pouvait faire que du Rock. (Rires)

Un petit mot sur l’artwork, le graphisme ?
Duff : c’est Nicolas Dhormes, l’idée, un cerf sur fond noir désertique. Je suis fan du Black Album, donc si notre album est au maximum du noir, je suis super content ! Cet animal représente le désert pour nous où l’on devra jouer à un moment ou un autre.

Vous avez déjà une belle expérience de la scène. Un souvenir, une anecdote ?
Duff : Pas vraiment, il y a trois ans à l’Olympia, on était fiers car les gens ont vraiment accroché malgré notre son un peu plus brut de décoffrage par rapport à une soirée plutôt Pop. Un super souvenir.

Ce contact avec vos fans via les réseaux sociaux est-il important ?
Duff : bien sûr. Ils nous permettent de vivre et d’y croire, car nous sommes avant tout, un groupe de concert. On réussit à entretenir de vrais contacts avec nos fans, mais le mieux, c’est évidemment lorsqu’on les croise en concert. On fait attention aux gens, car ça peut devenir des potes du jour au lendemain !