The Walking Dead Orchestra / l'interview !



Artiste :  The Walking Dead Orchestra

CD : « RESURRECT »

Genre : Death Metal

Ville d’origine :

Grenoble (France)

Label : Unique Leader Records

 

01- Calvaire
02- Resurrect The Scourge
03- Through The Realm Of Chaos
04- Vengeful Flavors
05- Dogmes Anxiogenesis
06- Area Of Desolation
07- Demoligarchie
08- Siamese Traitors
09- Apostate
10- Necrosphere
11- Spread The Chaos And Terror
12- Desecrate


Membres :

Vocals : Florian Gatta
Guitar : Jean-Baptiste Machon
Guitar : Kevin Reymond
Bass : Pierrick Debeaux
Drums : Cédric Ciulli


Vengeful Flavors


Dogmes Anxiogenesis


Resurrect the Scourge



« Le Death Metal ce n’est pas seulement la musique de la mort, mais du live et le live c’est vivant ! »

Hugues Chantepie rencontre Cédric Ciulli / Drums et

Pierrick Debeaux / Bass pour boosteleson.com au Black Dogs de Paris


Pourquoi un tel mode/choix d’expression artistique, le Rock au sens large et plus précisément le deathcore ? C'est culturel chez vous ?
Cédric Ciulli : gamins, on a découvert nos premiers vinyles avec Black Sabbath, Santana, Led Zeppelin et ça te familiarise l’oreille à ce type de musique un peu énergique. C’est aussi une histoire de tempérament afin de canaliser une certaine fougue ! Ma mère écoutait Elvis Presley et les premiers vinyles de mes parents c’étaient Tangerine Dream, Dio, Raimbow, etc. Par la suite, ils sont passés du côté obscur et je n’ai pas voulu suivre !
Pierrick Debeaux : mon père me faisait découvrir énormément d’artistes dans des styles différents. Plus tard, mon frère faisant de la guitare et bien, je m’y suis mis aussi et puis de fil en aiguille avec les copains, tu découvres des groupes comme AC/DC…

Parlez-moi de votre rencontre artistique ?
Cédric : bien avant que je fasse le groupe avec Jean-Baptiste, les autres avaient déjà des groupes d’ados !
Pierrick : vers 11/12 ans avec Kevin et Jean-Baptiste nous avons eu notre premier groupe ensemble et nous faisions des reprises. La fibre musicale est vraiment née à ce moment-là de ma vie. Ensuite, on a eu chacun de notre côté un groupe et Jean Baptiste a rencontré Cédric à Grenoble. Dans le milieu Rhône Alpes tous les groupes se connaissent !
Cédric : c’est aussi une question d’affinité personnelle, lorsque tu montes un projet, tu as envie de le défendre avec des gens avec lesquels tu te sens bien, ça aide beaucoup à être créatif et motivé ! Par la suite, j’ai été contacté par Jean-Baptiste pour un projet complètement parallèle de Thrash Metal et au final n’a pas vu le jour. Lorsque l’on a commencé à jouer ensemble, ce fut la découverte d’une affinité musicale. On a alors lâché le Thrash pour se diriger vers un Death Metal qui est devenu Walking Dead Orchestra.

Alors pourquoi 4 ans entre les deux albums ?
Cédric : déjà l’album précédent, nous l’avons énormément défendu en live et c’était plutôt une expérience sympa où l’on a vraiment vibré. Etre enfermé dans un local de répétition où ça sent la sueur, c’est bien, mais ça ne fait pas tout ! On a voulu également prendre le temps pour concrétiser un album plus abouti, car entre-temps, on avait pris de la maturité dans notre façon de créer. Avec Jean-Baptiste, ça fait un moment que l’on joue ensemble et l’on voulait aborder la structure de nos morceaux d’une façon différente. On a eu également des changements de line up, chaque fois c’est une véritable reconstruction pour continuer à composer et honorer nos dates en live. Tu ne peux pas gérer toutes les problématiques en même temps et finalement, on est très heureux d’avoir pris le temps. On a surtout commencé au retour de la tournée d’il y a deux ans, on était gonflé à bloc, on est rentré en studio et on s’est dit : « allez on tabasse ! ». On a réalisé 80% des morceaux, ensuite on a refait des dates, géré les changements de line up et pour finir, on a consacré six mois uniquement à l’aboutissement de l’album.

Les thèmes de l’album laissent peu de place à la réjouissance, il y a encore de l’espoir ?
Cédric : tout à fait, lorsque tu commences à traiter des sujets sur le mode science-fiction, le post-apocalypse, la nature hostile, les comportements humains qui se développent pour savoir si tu peux sauver ton territoire, ta vie, effectivement, c’est un peu nihiliste. Mais il y a des espoirs prépondérants, ne serait-ce que sur le dernier morceau, la dernière phrase est « tant que mes fils vivront je continuerai d’exister ». On souhaite qu’Il se passe maintes et maintes péripéties grâce à cet album, qu’il va nous emmener vers le prochain car on a déjà réfléchi à de nombreuses thématiques. On est fasciné par la science-fiction des années soixante dix, comme « soleil vert » où les gens traitaient de sujets qui au final, si tu le traduis avec ce qui se passe depuis des années, étaient de vrais visionnaires. Traiter de faits d’actualité par une histoire en parallèle, nous permet d’avoir une vrai travail de réflexion et de réfléchir autour de tout cela. Mais oui, nous avons toujours de l’espoir ! Le Death Metal ce n’est pas seulement la musique de la mort, mais du live et le live c’est vivant !

Ca reste tout de même sous le signe de la brutalité, la sauvagerie, malgré tout c’est bien calé, bien maitrisé, pourquoi ce besoin de brutalité, un exorcisme ?
Cédric : c’est une bonne psychanalyse, lorsque tu vas en répétition, tu relâches la pression et une fois chez toi, tu es plus réceptif aux gens qui t’entourent et tu peux être à 100% avec eux. Après effectivement, c’est une musique violente dans sa sonorité, par les tempos, mais mine de rien, il y a quand même des choses mélodieuses. Certains auditeurs n’ont peut-être pas encore l’oreille familiarisée avec ce type de sonorité, car elles ont été très enclavées et misent de côté. Si on l’expose de manière plus démocratique, il y a des gens qui vont se familiariser à ces sonorités et découvriront peut-être des choses qu’ils ne soupçonnaient même pas.

Le passage de la voix aigue au grave se passe sans difficulté, votre frontman gère ça assez facilement ?
Cédric : c’est quelqu’un qui bosse quand même !
Pierrick : il a une vraie palette bien maîtrisée, une belle sonorité, il est loin d’être mauvais techniquement !
Cédric : lui, son instrument ce sont ses cordes vocales, moi en tant que batteur je vais utiliser mes tomes, ma pédale, ma caisse claire, mes cymbales et bien lui il utilise ses cordes vocales avec différentes tessitures pour amener quelque chose qui n’est pas plat ou uniforme.
Pierrick : c’est du relief !
Cédric : l’univers que l’on a voulu retranscrire sur cet album, c’est une histoire et le fait de posséder plusieurs voix, ça théâtralise encore un peu plus la façon d’amener le sujet. Comme s’il y avait plusieurs personnages et une petite une voix intérieure !

La batterie est très présente par sa violence en lien avec la basse. Vous me paraissez très liés musicalement au niveau de la rythmique ?
Cédric : eh bien, ça nous fait super plaisir !
Pierrick : oui, c’est ça, de toute façon basse/batterie c’est le squelette.
Cédric : c’était voulu, on a envie que chacun puisse avoir sa place, parce que mine de rien, c’est une musique qui est dense comme tu l’as dit, parfois on rajoute quatre guitares, deux petites leads, une guitare harmonisée, etc., plus la batterie, le chant avec différentes voix, plus la basse et on voulait absolument que tout le monde y trouve sa place. Et la basse/batterie amène l’assise rythmique.
Pierrick : on voulait vraiment discerner tous les éléments, c’est-à-dire qu’à l’écoute, une personne qui n’est pas familiarisée à ce style puisse au moins entendre tous les instruments.

Je trouve quand même que les guitares sont en retrait
Pierrick : c’est vrai qu’avec la batterie et la basse ça appuie sur les notes et je pense que l’on arrive à comprendre les riffs sans que ça soit trop noyé. Dans ce style, on ne comprend pas toujours ce qui se passe, ça va très vite, beaucoup de notes à la seconde et là, on a essayé de faire quelque chose de très organique, très aéré pour que l’auditeur puisse s’y retrouver.
Cédric : on  a pris beaucoup de temps pour travailler le basse/batterie avec l’arrivée de Pierrick, c’était important pour nous, car j’ai souvent le métronome dans les oreilles et les copains se calent sur moi, c’est donc très important que la basse soit avec moi car elle appuie beaucoup la batterie. Quand Jean-Baptiste a fait le mix et le master de l’album, il avait envie de montrer le travail fourni à ce niveau-là.
Pierrick : ça apporte le côté vivant de ce style. Comme c’est très rapide, ça peut paraître très linéaire et le basse/batterie va apporter du relief, du groove. C’est-là où tu peux faire ressortir tes influences AC/DC et compagnie pour que ça soit bien carré et groovy. Lorsque l’on se retrouve pour bosser le Basse/Batterie on essaye de faire vivre les morceaux au maximum, en faire ressortir la quintessence pour trouver un maximum de vie. Si on se retrouve en concert que tous les deux, sans guitare, il faut que ça smatche !

Sur l’album il y a plusieurs plans, mais sur scène je ne vous ai pas vus, le live est plus brut que l’album ? êtes-vous un groupe calé sur scène ou vous gardez une part d’impro ?
Cédric : on joue tout au métronome, c’est le parti pris depuis la création de ce projet. En live, j’ai le métronome sur les oreilles et les autres se greffent sur ce que je fais. On trouve que c’est une musique qui a besoin d’une certaine chirurgie dans l’exécution. Lorsque tu arrives sur scène, tu es à 2000 de tension, au taquet de l’adrénaline et tu as envie de blaster deux fois plus vite et ça fait des trucs trop en vague et ça ne nous permet plus d’avoir le morceau dans son authenticité. On essaye d’être le plus fidèle à l’album dans l’exécution et le son. Car on travaille avec Dédé qui est en haut en ce moment et il doit dormir !
Pierrick : oui, on bosse avec lui sur le son en essayant de faire ressortir tout cela de la manière la plus fidèle possible. On apporte tout de même un esprit plus vivant avec le live car le public metal ne te fait pas de cadeau sur l’exécution !

Alors justement, tu dis que vous vous permettez tout de même quelques libertés sur scène ?
Cédric : oui, certaines accentuations, on n’hésite pas non plus à rallonger certaines parties, mais tout est calé avant le show. C’est vrai que l’on ne fait pas du free jazz ! On travaille en résidence pour tout calibrer avant.

Vous travaillez tout de même des versions pour le live ?
Cédric : oui et parfois on fait des choix, car il y a quatre guitares sur un morceau et on choisit de garder les deux les plus intéressantes à présenter au public en live, sans perdre le fil conducteur du morceau. Il y a des lignes de guitare sur l’album qui sont de la valeur ajoutée, mais ça fonctionne également sans. C’est un peu plus brut effectivement sur scène.
Pierrick : ce que l’on retire, ce ne sont que des leads très légères, que l’auditeur entend s’il a une oreille aiguisée ! Donc les enlever en live, ce n’est pas très grave, ça ne change en rien l’essence même du morceau. En live on va chercher l’énergie et la communication.

Quel est le sentiment que vous voulez transmettre en live ?
Cédric : on a envie que ce que l’on a créé puisse susciter une émotion quelle qu’elle soit auprès des gens qui vont l’écouter. Dernièrement on a connu, dans des salles déjà importantes, une communion avec le public super intéressante. Tout cela ça te donne des ailes.
Pierrick : on essaye vraiment d’ouvrir ce style-là et une personne qui hoche la tête ou sourit, c’est le ticket gagnant !

Et toi, tu es un bassiste très présent sur scène ?
Pierrick : c’est un peu les deux, car c’est avant tout le rôle de Flo. C’est vrai que j’ai une tendance à être plus avenant avec les gens, j’aime bien être devant, mais ce n’est pas mon rôle non plus. On a tous notre part de partage avec le public, mais je sais me mettre en retrait lorsqu’il le faut.
Cédric : moi, j’essaye de me mettre devant parfois, mais c’est plus compliqué !

Tu n’es pas frustré parfois, par rapport à ton retrait sur scène ?
Cédric : alors non, pas du tout, la batterie c’est un peu le chef d’orchestre, comme ils se calent sur moi, j’ai déjà beaucoup de responsabilités et je ne me verrais pas aller faire des choses en plus en front de scène.
Pierrick : mais on ne l’oublie pas lorsque l’on est sur scène. Comme on a une bonne alchimie entre nous, on le met en avant en allant le voir ou par des regards.
Cédric : il y a une anecdote rigolote, une jeune fille nous a vus en concert à Grenoble, j’ai une boutique, elle vient vers moi et me dit : « tiens, j’ai vu Walking Dead Orchestra en concert, c’était bien » je lui réponds : « c’est mon groupe » et elle me dit : « ah bon, mais tu fais quoi dans le groupe ». Mais en fait, ça ne me gêne pas, je n’ai pas voulu être frontman, gamin je voulais faire de la batterie, je regardais les solos de fou, après j’ai découvert Metallica, je voulais faire comme Lars Ulrich. Après j’ai réussi à jouer ce qu’il jouait et je n’ai donc plus voulu faire ce qu’il faisait. J’ai découvert d’autres batteurs qui m’ont encore plus influencé, en fait c’est génial, mon défouloir.

Au niveau de la créativité, ça fonctionne comment au sein du groupe ? Un dictateur ou pas ?
Cédric : il y a en a deux !
Pierrick : c’est un peu une dictature, mais également une démocratie, c’est un peu bizarre.
Cédric : avec Jean-Baptiste on va faire quasiment la totalité de la création musicale et de l’écriture des lyriques. Suite à ce travail, on fait une sorte de Brainstorming pour les lyriques, on a des thématiques, et chacun apporte des choses qu’il souhaiterait y voir figurer. Ensuite, les textes s’écrivent autour des mots que chacun aura voulu rajouter et c’est Jean-Baptiste qui va écrire le texte global. Une fois cette phase terminée, avec Pierrick, on y remet un peu notre touche personnelle et on procède au découpage rythmique avec Flo, JB. Avec Jean-Baptiste, on réalise quasiment la totalité de l’instru et les autres nous amènent un regard extérieur. Parfois, on a du mal à trancher car on a la tête dans le guidon et là, ils peuvent nous dire : « eh les gars ce riff, il ne faut pas le mettre si peu », c’est une vraie discussion avec le groupe qui s’engage. On a tellement bossé à deux depuis le début de ce projet que c’est difficile de complaire cinq personnes dans la création en apportant cinq idées différentes. On préfère donc amener les choses comme cela et ça n’a pas l’air de déplaire !
Pierrick : En fait on s’écoute, si on voit que quelque chose à de l’intérêt pour le projet, on en discute et on essaye de faire les choses en fonction. Après on a tous nos rôles, on leur fait confiance sur la composition et ils n’empiètent pas sur notre terrain. On ne s’interdit en aucun cas de faire des propositions. C’est aussi ça l’enjeu d’un groupe, il faut aller dans le même sens, mais il faut surtout apporter des choses allant dans le sens du projet. Il suffit qu’un membre change d’optique, ça freine la dynamique et on perd énormément de temps.

Au niveau de la créativité, c’est dur de savoir s’arrêter au bon moment ?
Cédric : quand tu commences toi-même à vouloir faire ton enregistrement, tout le processus de production, etc, c’est compliqué. C’est comme un artiste peintre, s’il garde son œuvre 50 heures chez lui alors qu’il devrait ne la garder que 30, et bien les 20 heures restantes, il voudra toujours faire une bidouille et souvent la surenchère n’est pas forcément la meilleure chose. A un moment, il a fallu dire stop ! Décider que cette version était assez aboutie, effectivement peut-être que dans un an, on va réécouter les morceaux et on se dira : « on aurait pu faire ça ». Mais, si un artiste est content à 100% de ce qu’il fait, il faut qu’il arrête de suite de faire ce qu’il fait. On sera toujours un peu frustré, c’est le concept de l’artiste ! C’est pour ça que le regard extérieur de nos collègues est très important car parfois on peut être en conflit avec Jean-Baptiste, ils arrivent et hop plus de conflit ! Les choses se régulent bien au sein de Walking Dead Orchestra !

Parlez-moi du 6ème morceau, le petit interlude, il vient calmer tout le monde !
Cédric : c’est un peu effectivement le calme avant la tempête ! Il fallait que l’auditeur puisse se poser un peu et nos personnages ne peuvent pas tout le temps se taper sur la gueule ! Ils sont comme tout le monde, ils ont besoin de dormir !
Pierrick : tu me fais penser à Dédé en fait !
Cédric : c’est quand même important que cet interlude garde ce côté angoissant, il ne fallait pas non plus se dire : « c’est cool, ça va se calmer, ils vont tous se réconcilier et faire un bon gueuleton comme dans Astérix et Obélix ». On est sur une dynamique où sur la deuxième partie de l’album, il se passe dans les textes des trucs super forts, du conflit avec une grosse baston de fin. Comme notre musique est dense, cet interlude fait du bien aux conduits auditifs ! C’est comme manger un bout de gingembre entre deux sushis !

Vous avez senti dans l’album, qu’il fallait un temps de pause ?
Cédric : on aime bien oui, même lorsque l’on écoute tout un album ! Je te donne un exemple, je suis fan d’« Origin » (groupe de Death Metal technique américain) et je trouve que sur le dernier album, ils ont réussi à faire ce qu’ils n’avaient pas réussi à faire sur les autres, mettre des éléments qui « pausent » un peu l’ensemble. Le groupe Origin c’est blast, double, chant, guitare à fond, ça pulse du début à la fin. Bon, après moi, j’adore, mais c’est difficile de les écouter en boucle ! Nous voulions créer un sas de décompression, nous n’avions  pas envie que l’auditeur se dise : « j’en ai tellement pris plein la gueule, il faut que j’aille désormais en phase de désintox ! ».
Pierrick : on passe la pommade et on leur dit : « tu vois ça se passe bien, on peut continuer ensemble ! »

Aujourd’hui vous vous sentez fermés musicalement dans l’avenir où il y a d’autres cultures musicales qui peuvent vous intéresser à intégrer ?
Pierrick : j’espère que l’on va s’ouvrir juste pour notre bien artistique. Creuser un peu plus l’identité du groupe. Il y a toujours un album dans un groupe qui amène à exploser artistiquement et ainsi pouvoir aller un peu plus loin. J’espère que l’on arrivera à gratter dans ce sens-là !
Cédric : moi, je vends un peu l’info, on en a beaucoup parlé avec Jean-Baptiste. En composant cet album et en faisant la phase d’arrangement que l’on a rajoutée sur cet opus, on s’est découvert des nouveautés. Il y a des choses qui nous titillent et on a envie de les exploiter dans de futurs albums, si on continue l’aventure. On espère que cet album va permettre d’asseoir le projet Walking Dead Orchestra sur la scène nationale et internationale pour pouvoir aller encore plus loin dans cette recherche de sonorités. Avant, on faisait des choses en répète que l’on ne gardait pas, maintenant avec l’ordi on peut facilement mettre des choses de côté, on a du matos, on a de quoi faire. C’est notre boîte noire.
Pierrick : le but d’un artiste, chercher toujours plus loin, creuser à des endroits encore inconnus.

Vous avez des petites anecdotes de studio ou de scène à nous confier ?
Cédric : en gros, en république Tchèque, il y a un certain nombre de bookers qui se sont dit qu’il y avait un filon à prendre avec les groupes de metal comme nous ayant la rage de partir en tournée. Sauf que ce sont de gros escrocs, tu te retrouves dans des concerts où il n’y a aucune promo, tu es à 1600 km de ton lieu d’habitation et tu as déjà claqué un max de tunes dans le camion. On te promet de te payer à la date, mais quand tu t’aperçois qu’il n’y a pas eu de promo, tu te demandes comment le mec va pouvoir te payer, le promoteur ne se déplace même pas sur les dates car il sait qu’autrement tu vas lui faire une tête au carré. Au final tu te retrouves sur une date où tu es censé être la tête d’affiche et comme les groupes locaux d’ouverture sont venus en retard, ont pris leur temps et que l’association n’a pas su calibrer et bien on te dit que tu ne peux pas jouer, tu montes sur scène, tu t’installes et le Dj vient te dire non, mais là, ce n’est pas possible c’est soirée DJ, tu te casses. Tu es à Prague, un peu loin de chez toi, je vais peut-être te faire une tête au carré ! En plus tu dois tout faire, mais pas dans la langue de Molière car ils ne comprennent pas et tu te découvres des qualités linguistiques en Tchèque très rapidement !
Pierrick : c’était un peu compliqué, mais heureusement, on l’a pris après un peu à la rigolade, c’est une expérience de plus.
Cédric : c’est dans ces moments là que la force du groupe est importante, on a eu plein de galères, on a crevé un pneu sur l’autoroute parce qu’ils ont perdu une poutre de chantier car ils n’attachent rien. Enfin bref on a failli se tuer, on a évité le drame !
Pierrick : faut savoir qu’en République Tchèque tu croises aussi bien des chars d’assaut que des charrettes sur l’autoroute et il y a des gros trous d’obus partout.
Cédric : bon, on a finalement réussi à jouer là-bas, mais pas cette date-là !
Bassiste : On a quand même eu des choses beaucoup mieux, dernièrement on a fait les 4 métalliques en Rhône Alpes. A Clermont Ferrand, c’était super cool, pour la première fois le public criait le nom du groupe avant notre montée sur scène.
Cédric : ah oui, les gens étaient venus pour écouter du metal et ils avaient vraiment envie que l’on arrive. Je vais terminer l’anecdote, comme Dédé dort ! Donc Dédé un peu en stress car même si c’est l’ingé son c’est un peu le sixième membre du groupe, il est indispensable à ce que l’on va proposer. Il doit lancer l’intro du concert et il nous dit : « il faut que je mette le son de mon ordi » et il pensait vraiment l’avoir fait. Arrive le moment où tout le monde gueule, le noir dans la salle et finalement l’intro ne se lance pas, nous on attend et on voit Dédé en panique. On entend le « clic clic clic » de l’ordi, il montait le son de l’ordi et les gens ont cru que l’on était sponsorisé par Apple !

Bon, c’est déjà terminé, le petit mot de la fin ?
Cédric : merci, longue vie à ton projet et au notre !