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à carreaux !

Interview Hugues (Ugo) Chantepie


Interview au Dr Feelgood (Paris)


 Mêlant les influences de chacun des membres,

Wild Dawn melting-pot rock tantôt festif, tantôt sombre raconte des histoires suivant leurs humeurs. Greg guitariste et chanteur s’est acheté une paire de couilles et son grain de voix si particulier s'affirme au fil

des compos comme un instrument indispensable

à cette alchimie. Le roi du tricot, comme il aime le dire parle avec sincérité, conviction de

sa passion musicale et touche du doigt avec « Bloody Jane’s Shore » l’énergie du live. Discussion autour d’un verre avec le charismatique Greg, gros fan de Metallica au

Dr Feelgood de Paris.

Le rock se réinvente musicalement et Wild Dawn frappe fort en digne représentant made in France.


Membres :
GREG (Rhythm Guitar/Lead Vocals)
ROMAIN (Lead Guitar)
ALEX (Bass Guitar/Back Vocals)
MORGAN (Drums)



"Bloody Jane's Shore"


"Acoustic session"


"Sometimes"

Extrait de l'album

"Pay Your Dues"


Artiste : Wild Dawn

Album : Bloody Jane's Shore

Label :

1. Decay
2. Smite
3. Bloody Jane's Shore
4. The end of everything
5. King of an empty castle
6. War
7. S.A.D.
8. Stone cold motherfucker
9. Better days


Écoute sur deezer.com



Briefe nous rapidement sur l’histoire de la formation ?
Je faisais de la gratte, je voulais faire de la musique avec Romain le guitariste, à l’époque il avait un groupe, je le tannais : « Romain, je veux que l’on fasse de la zic, non tu es nul, bon d’accord, c’était plié ! ». Plus tard, J’apprenais la guitare, c’était le baccalauréat, je lui ai dit : « Bon Romain, tu ne me fais pas chier, ton groupe a splitté, on fait de la musique ». On a formé un groupe, mais ça manquait d’une basse et d’une batterie. On a trouvé Alex sur internet, Morgan est venu ce greffer à la formation en pleine répète, bourré d’ailleurs pour la petite anecdote. En fait, il est arrivé, il s’est barré et il est revenu à la répétition suivante !

Donc Greg et Romain ils sont amis depuis longtemps ?
OUI, ils sont amis depuis dix piges facile !

Ton premier contact avec ton instrument, la guitare ?
Je ne connaissais pas la guitare électrique et j’allais chez un pote Thomas, il avait sa première guitare, une Yamaha EG112, je le voyais jouer et je trouvais cela cool. Un jour il a racheté une guitare, il m’a proposé de me la revendre et j’ai donc commencé à jouer à ce moment-là, à mes seize ans. J’ai donc fait mes armes, je suis monté sur Paris et en tant que fan de Metallica j’ai acheté ma première Gibson Explorer, mon premier véritable instrument et je me suis mis sérieusement à la guitare.

Et le chant Greg ?
Le groupe était formé, mais pas de chanteur et nous avions des concerts en préparation. On s’est donc tous mis derrière un micro et je chantais le moins faux ! Romain me tannait pour que je fasse le chant et la guitare, mais je n’arrivais pas à maitriser les deux en même temps et puis finalement c’est venu avec le temps.

Alors, pourquoi le choix d’un tel mode d’expression artistique, le Rock ?
Mon père écoutait beaucoup de rock, mais moi, pas plus que cela et puis un peu tardivement j’ai écouté des trucs comme Dire Straits, etc. le choix du Rock est venu un peu naturellement avec une guitare électrique, j’ai découvert l’album de Metallica « master of puppets », j’ai été scotché et j’ai voulu faire la même chose !

Depuis votre première démo en 2008 « We gonna rock you » et votre premier EP « Old school machine) en 2009, de quelle manière le groupe a évolué, musicalement et humainement ?
On a réussi à développer une alchimie, une osmose. Ça fait six ans que l’on existe et désormais, on arrive à retomber sur les mêmes points lors de nos compositions. On est arrivé à un point où en répète, Romain ou moi, on amène un riff simple de guitare, la basse vient se greffer naturellement ainsi que la batterie. On brode, on brode, on mélange nos influences et on finalise un truc qui nous plaît à tous.

Vous avez des influences très différentes ?
On est tous sous le même étendard Rock, Romain et Morgan sont très branchés AC/DC, Alex est plus Seventies, Deep Purple, les Beatles et moi Metallica et Gojira.

Ton opinion sur le rock à travers notre société en 2015 ?
C’est fédérateur, écoutez du rock ou allez voir un concert, si vous avez passé une journée de merde, c’est salvateur.

Aujourd’hui, pensez-vous avoir quelque chose qui vous démarque des autres groupes de Rock ou ça vous passe au-dessus de la tête ?
Je m’en fous un peu, bien sûr on essaye d’avoir notre propre identité en terme de son et de composition. Après, ça reste difficile de faire un truc complètement atypique. Au moins on a une image cohérente avec nos chemises à carreaux, comme Metallica, les hommes en noir ou les beatles en costard et les gens ont adhéré à ce truc-là. On a peut-être trouvé notre créneau en matière d’image !

Musicalement, avez-vous eu des défis particuliers à relever avec ce nouvel album « Bloody Jane’s Shore » ?
Dans cet album on a essayé de toucher du doigt l’énergie du live. On nous disait souvent : « les gars vous avez la gouache, vous jouer plus vite, mais lorsque l’on écoute l’album c’est plus scolaire, plus studio » et du coup sur cet EP on a réussi à donner cette essence. On a changé la méthode d’enregistrement, au début on voulait le faire complètement live, les contraintes techniques on fait que la chose est restée impossible. On a essayé la basse et la batterie en live avec une guitare témoin dans le casque, on c’est retrouvé avec une énergie supplémentaire sur cette EP et cela marche plutôt bien. C’est humain, seulement une batterie, tu vas te la jouer un peu scolaire, carré, mais pas avec la fougue, la hargne que tu peux avoir en concert.

Comment se passe le processus de création au sein du groupe ?
On amène un riff au départ ou bien, j’arrive tout simplement avec une mélodie de chant, on cale un instru dessus et après on brode. On répète beaucoup, on agrémente jusqu'à ce que ça nous plaise et ensuite on l’enregistre en numérique. On laisse décanter une à deux semaines et puis on réécoute. On revient dessus et on se pose de vraies questions et on opère les transformations. On dégrossit avant et entre nous on invente ! Une vraie complicité musicale, c’est une vraie force que l’on essaye d’exploiter.

C’est toi qui écris, peux-tu nous faire une petite explication de texte ?
Ce n’est pas un concept album qui parle d’une même histoire, mais ça raconte des histoires. L’écriture est souvent influencée suivant mes humeurs, si j’ai la tête dans le cul ça va être des ambiances un peu plus sombre !, si j’ai la patate ça va être un peu plus festif. Par exemple le titre « Bloody jane’s shore » je visualisais dans ma tête une ambiance aride, un peu Mad Max, le mec perdu dans le dessert, il s’arrête devant un rade où il se passe des choses dedans. Une ambiance « Une nuit en enfer » de Tarantino et Rodriguez, ce genre de choses. Un titre comme « The end of everything » peut paraître sombre, mais lorsque tu traduis les paroles, c’est un type qui se réveille, il y a des zombies partout et roule à tombereau ouvert en ville en mode walking dead. Ce ne sont que des histoires, de petit scénario. J’aime beaucoup regarder les films, mais je suis une brèle en terme de cinéma, mais je suis plutôt un gros gamer et j’adore l’univers des jeux. Je fais beaucoup de tricot !

L’album contient des titres vraiment très différents. Pourquoi cette diversité ?
« decay » plutôt stoner, « smite » Heavy metal, « Bloody jane’s shure » hard rock /stoner
« The end of everything » rock, « king of an empty castle », « War » plutôt une synthèse de l’ensemble J’ai du mal à mettre des étiquettes, le fil conducteur, c’est plutôt l’énergie. On a été à l’essentiel tout en restant mélodique. On a réduit un peu le tempo avec des influences un peu stoner, pourquoi pas. Enfin, je ne sais pas, un CD ça s’écoute du début à la fin. J’aime bien l’avant-dernier morceau « King of an empty Castle », plus long rythmiquement.

En tant que chanteur tu travailles ta voix ? Et pourquoi l’anglais ?
Je suis un peu obligé, je n’ai jamais pris de cour de chant ni de guitare. Je suis une bille au niveau du solfège ! Je joue et je vis la musique un peu comme elle vient. Au niveau de la voix j’ai essayé de prendre compte des retours des précédents opus. Sur « Bloody Jane’s Shore » j’ai essayé de m’acheter une paire de couilles ! j’essaye d’avoir cette énergie dans la voix, de travailler les textes car l’anglais n’est pas ma langue maternelle. Je veux insuffler de l’abstrait dans mes paroles pour que les gens puissent l’interpréter de la façon dont ils veulent. On a chanté en anglais parce que nos références sont anglaises, mais je trouve, au niveau de la richesse de la langue française, c’est parfois compliqué de l’adapter sur une rythmique très binaire comme le rock, les mots vont dépasser de la rythmique, un peu plus gutturale que l’anglais, ça se chante un peu moins. Cela a été plutôt naturel de chanter en anglais et ça te permet de te faire écouter à l’étranger.

Pourquoi le choix de reprendre en acoustique trois titres tirés de l’album « Pay Your Dues » (2013) ?
On les a arrangés bien en amont, durant la promo de « Pay Your Dues » on avait des interventions en radio, ils sont très friand de groupes en live et ils nous ont demandé d’arranger des titres en acoustique. On les a enregistrés et on les a lâchés en pâture aux gens sur internet. On les a remastérisés et décidés de les intégrer à l’EP. Artistiquement, sur la pochette on les a intégrée en gris sur fond gris, ce n’est pas ce que l’on essaye de promouvoir le plus, mais ça fait plaisir et sa montre une autre facette du groupe.

En quoi c’est compliqué de jouer en acoustique ?
Il y a déjà un gros fil conducteur, le morceau existe déjà, tu essayes de le faire groover, de le chanter différemment, c’est un autre processus de création.

Qu’est ce qui s’est passé en studio lors de l’élaboration de l’album ? Vous vous êtes un peu lâchés en studio, une anecdote ?
C’est un EP à base de potes, on voulait s’entourer d’amis proches. On a proposé à Nicolas Sarda d’enregistrer « Bloody Jane’s Shore » d’une façon rapide, sans passer par un studio pro et il a dit ok de suite. Le fait de travailler entre copains on est décomplexé, les messages passent plus vite. De plus, on était dans notre studio, sans contrainte de temps, un vrai laboratoire de recherche. Sur les autres albums on avait une plage de 15 jours, c’est plus compliqué et plus de stress. Avant on était conseillé par des puristes du son, par exemple « Non Greg ne double pas ta voix donne lui juste un bon feeling ». Là, si on voulait doubler ou tripler la guitare, on la joue sur une Gibson sur un ampli Marshall, une Fender sur un ampli X et Ping ! On double la guitare et ça fait deux sonorités différentes. J’ai pu doubler ma voix sur des refrains pour les rendre plus captif. Tout cela, on ne pouvait pas le faire avant et je suis ravi d’avoir pu le faire sur cette EP.

Le fait de vivre dans une ville de province (Orléans), un avantage ou un inconvénient ?
C’est moins stressant, mais sur Paris il y a pléthore de groupes, des concerts il y en a chaque soir, tout se passe un peu à Paris. Orléans on est un peu au centre de tout, les déplacements sont plus faciles.

Et Orléans, c’est une ville rock ?
Il y a des gens avides de rock, il y a une grosse scène en matière de groupes, mais on manque drastiquement de lieu pour jouer.

Dites-moi maintenant un mot sur l’illustration de votre pochette ?
Toujours à base de potes, un graphiste très talentueux. Je lui est dit : « tu veux me faire la cover de l’EP », il m’a dit : « ok, donne-moi des mots-clefs » et j’ai répondu «  je n’ai pas vraiment de mots clefs, je veux l’appeler « Bloody Jane’s Shore », je te file le texte, tu le lis et fais suivant ton inspiration ». Il s’est enfermé pendant un mois, « je vous sors le truc, si cela ne vous plaît pas demander à quelqu’un d’autre ». Au bout d’un mois il m’a sortie les planches et c’est absolument ce que j’avais en tête visuellement lors de l’écriture des paroles. Il est très fort !

Vous avez joué au festival du Hellfest en 2013, le lieu saint du Metal Extrême ?

Comment vous avez vécu cela à l’époque ?
C’était énorme, on était sur la scène du Metal Corner, sur la scène du camping, mais il y a tout de même du monde ! On était sur une scène très extrême hardcore, on s’est dit : « on va passer pour des blues man, au final on a été super bien accueilli ». Une petite anecdote, nous avions notre ingé son devant et il me dit : « Greg vérifie que les micros fonctionnent, tu me fais juste du bruit », je fais donc Hé, Hé, Hé et tous les gens reprennent avec moi Hé, Hé, Hé et là j’ai vu qu’ils étaient vraiment très chauds. C’était vraiment bien ! Grosse pression, je me suis super mal entendu sur scène mais j’ai pris un pied phénoménal. On s’est retrouvé là avec notre réseau, les connaissances et puis on avait fait une tournée avec un groupe Australien, Electric Mary en 2011, 2012. On avait joué sur Nantes et on avait vu Yoann qui s’occupe de la programmation du Metal Corner, on lui a donné un album et ça c’est fait un peu comme ça.

Vous avez déjà une belle expérience de la scène. Un souvenir, une anecdote ?
Le bon et le mauvais sur le même concert. On a fait deux dates avec Girl School, on devait prêter le matos au groupe, on joue sur des Marshall Jcm800, matériel sur lesquelles elles jouent également, une référence en terme d’ampli années 80. Elles n’étaient pas arrivées, mais leur équipe était déjà là. Il branche l’ampli, il essaye de faire des sons de guitare, le mec je ne sais pas ce qui branlait, mais il jouait super mal. Il était collé à l’ampli pour régler le son, alors que l’on ne règle pas du tout un ampli comme cela et il vient me voir et me dit : « ton ampli c’est de la merde », je lui réponds : « non, je trouve que ça sonne quand même pas mal ». Il avait mis tous les potards à 10, ça ne peut pas marcher. « Ton ampli c’est de la merde, vire-moi ça, on va se débrouiller ! » et là je me suis dit : « Débrouille toi mon vieux ! ». Suite à cela le groupe arrive et la guitariste regarde l’ampli et dit : « chouette un Jcm 800 » elle commence à toucher les potards, « super ça sonne bien » « Hé ouaih, voilà du con ! ». L’équipe est très spéciale, il ne fallait même pas les regarder !

Finalement, la sortie d’un album est-il un prétexte à faire de la scène ?
Oui et non. Personnellement j’adore faire des albums, car j’adore partager ma musique. Après ce n’est que de la musique, on ne se prend pas trop au sérieux, on fait ça sérieusement, mais il faut désacraliser le fait d’être des rocks stars. On aime bien avoir des retours, bon ou mauvais, tout est constructif. J’ai pu me faire allumer sur mon accent franchouillard, ou sur ma voix qui manquait un peu de couillasse et du coup j’en ai acheté, je les ai installé et c’est vachement bien ! Sa marche fort, ça dépote ! Du moment qu’il y a un partage et que les gens vivent une expérience on est content.

Quelles ont été les rencontres déterminantes dans votre parcours ?
Les Australiens d’Electric Mary, on était jeune à l’époque et on a pu faire 30 dates avec eux. On a énormément appris, la manière de faire les balances rapidement et efficacement, comment s’installer, comment gérer sa forme physique, ta manière de bouffer, car tu aurais tendance à boire et bouffer n’importe quoi, etc. On a passé un super moment sur la route. Au bout de 30 dates on avait vraiment la sensation d’avoir appris et progressé.

Donc une certaine hygiène en tournée ?
On essaye ! lors la tournée avec Electric Mary, on s’est mis une grosse caisse au bout de deux dates et les 27 d’après furent très longue, très très longue. Tu n’arrives jamais à récupérer de la cuite que tu t’es faite au démarrage ! l’erreur de débutant, on apprend beaucoup.

Existe-t-il d’autres cultures musicales ou artistiques que vous souhaiteriez inclure dans votre démarche ?
On a foutu une cithare sur le premier album. Moi sur le prochain album, au moins ponctuellement sur un morceau je métrais bien de l’orgue sans l’inclure dans Wild Dawn. J’aime bien le côté revival, j’adore ce son. On n’a pas encore essayé, mais on va s’y atteler !

Vous êtes présent sur Facebook, ce contact avec vos fans via les réseaux sociaux est-il important ?
On essaye de briser ce mur qu’il peut y avoir avec les réseaux sociaux, la meilleure façon de le casser s’est de venir en concert et on est très fan de rencontrer les gens afin de connaître leurs impressions aussi bien sûr l’album que sur le live. On essaye de rester au même niveau qu’eux, car nous sommes également de gros fans de musique.

Pour finir, un petit mot sur la suite de Wild Dawn ?
Pour rien te cacher, on va retourner en studio bientôt, car on est dans ce délire de composition. On ne va pas le sortir tout de suite, car il faut laisser le temps à l’EP de faire son trou. En fait on a notre ingé son qui va devenir papa et il nous a dit : « Si vous voulez enchaîner c’est maintenant après j’aurai un marmot qui me fera chier ! ». On y retourne dans deux semaines. Je vais chercher un orgue et un joueur d’orgue sur e-bay ! continué de faire vivre cette musique qui nous anime tous.