Humour et coquelicot !

grandiloquent

et sombre…

Interview Huxgues Chantepie (Ugo)


Interview au Hard Rock Café (Paris)


Libre de ses choix artistiques, cette bande d'amis respire

la joie d'être ensemble,

ne s'interdit rien et concocte

un album concept, « Disclosure »,où

le personnage central

est mis à mal et prend conscience de son mal-être au fil des notes. Avec beaucoup moins d'orchestres, beaucoup plus de metal, de guitares,

plutôt mi-tempo…

afin de faire bouger notre tête et nos sens ! Ils ne font pas de la musique pour être riches, mais pour être écoutés et partager des émotions… “Romantisme” orchestral et puissance d’une musique plus électronique, la nouvelle

image symphonique

du metal made in France labellise un style très personnel. Entretien avec Olivier (guitare), Mathias (guitare), Pierre (batterie), Nicolas (basse),

dans un joyeux bordel

au Hard Rock Café (Paris).



Photos Wildpath :

Huxgues Chantepie (Ugo)


Commander l'album sur :
http://www.wildpath-music.com/


Artiste : Wildpath
Album : Disclosure

Label : Autoproduction
Date : 2015 - dans les bacs

1. Concealed
2. Outcast
3. Ignited
4. Excinere
5. Petrichor
6. Confined
7. Delusion
8. Unborn
9. Hollow
10. Absentia
11. Disclosure


Underneath - 2011

Non omnis moriar - 2009

Nyx Secrets - 2006


Wildpath's BURIED MOON


Wildpath - Petrichor



Pouvez-vous nous briefer rapidement sur la petite histoire de la formation ?
Formée en 2001 à l'initiative d’Alexis (claviériste) et Olivier (guitariste) et un premier album « Nyx Secrets » en 2006 avec le line-up de l'époque, la formation a beaucoup changé entre 2006 et 2009, date de la sortie du deuxième album « Non Omnis Moriar » avec l'arrivée d'une nouvelle chanteuse, Marjolaine. Nous avons fait trois albums avec cette formation, « Non Omnis Moriar » donc, « Underneath » en 2011 et « Disclosure » aujourd'hui. Il y a une très bonne ambiance, un véritable groupe d'amis, très souvent ensemble, proches les uns des autres et on répète plusieurs fois par semaine, une vraie FAMILLE !

Autoproducteur c’est un souhait et une évidence pour vous ?
On est autoproducteur, c'est un souhait, on est libre de tous nos choix au niveau artistique aussi bien pour la durée de l'album, le style musical, l'artwork, etc. Mais avec un tel choix, financièrement ça reste plus difficile. Nous ne sommes pas réfractaires à l'idée de nous lier à un label mais nous voulons absolument rester libre de nos propres choix artistiques. Nous préférons rester maîtres de notre musique que courir après l'argent.

Pourquoi le choix du speed metal symphonique comme mode d’expression artistique ? Comment définissez-vous votre musique en quelques mots ?
Nous n’aimons pas trop les étiquettes, on fait du metal, on nous a alloué pas mal de qualificatifs sur nos premiers albums : metal symphonique, speed metal… Mais globalement cela ne nous définit pas vraiment. Lorsque nous entendons des appellations comme metal sympho, on a tout de suite des références en tête, Nightwish, Epica, etc. Lorsque l'on porte une oreille attentive à Wildpath, nous ne sommes pas du tout dans cette veine-là. C'est très facile de dire : « Il y a un orchestre, donc symphonique », je comprends l'analyse, mais je ne suis pas d'accord. Nous avons une chanteuse donc « metal à chanteuse » je ne suis pas d'accord non plus. On fait du metal, point à la ligne ! À chaque nouveau projet d'album, on essaye de se poser et de réfléchir ensemble à la direction que l'on souhaite prendre. Après réflexion, c'est peut-être vrai, en écoutant les albums précédents on peut éventuellement nous classer dans le metal speed symphonique, mais ce n'est pas quelque chose de programmé. En revanche, sur « Disclosure » nous disons carrément non ! En fait on s'en fout complètement ! (rire collégial)

Dans quel état d'esprit avez-vous commencé à penser à ce quatrième album ?
Le troisième album, « Underneath », a été notre plus petite vente, a connu moins de succès, et pourtant tout le monde le cite comme une référence. Mais depuis ce troisième opus, nous nous sommes tous retrouvés et avons réfléchi à ce que nous allions créer musicalement.
Précédemment, dans le processus de création, Alexis et Olivier composaient toute la partie orchestre au préalable et nous y rajoutions le metal ensuite. Pour faire court, pour ce nouvel album, nous avons travaillé dans l'autre sens, nous sommes partis d'un instrument pour chaque morceau. Même pour le chant, c'est la première fois que nous avions des paroles avant la mélodie. Ensuite nous avons tous rajouté nos propres instruments, finalement nous avons construit les titres en équipe, rajouté le symphonique et même l'électro après.

Musicalement, avez-vous eu des défis particuliers à relever avec ce nouvel album ?
Nous nous sommes dit dans un premier temps que nous voulions faire un album pour la scène, mais c'est difficile en France de trouver des grosses salles où l'on puisse tenir à six avec tout le matos, c'est assez contraignant et nous n'avons pas beaucoup d'aide. Comme nous écoutons des choses différentes et que l'on partage tout, ce mélange de goûts crée une émulation et donne à chacun l'envie d'inclure ses propres influences sur les titres, dont l'électro. Nous avons mis un point d'honneur à rendre le discours plus lisible et plus simple à gérer afin de pouvoir l'adapter pour le live ; on va même pousser plus loin, nous nous sommes rendu compte que l'on avait un petit intermède acoustique dans notre set, nous avons eu de super retours suite au show et nous avons désormais l'envie de monter des showcases en acoustique. Nous allons y travailler.
Le deuxième défi était d'attendre le retour des fans, « ça va jaser dans les chaumières ! ». Nous avons eu des réactions en deux temps. Ceux qui ont vite réagi sont les fans qui nous suivent depuis longtemps et leur première réaction fut « Beurk ! », « Qu’est-ce qu'ils foutent, qu’est-ce qu'ils branlent, c'était vachement bien avant et ils nous font n'importe quoi ! », « Wildpath c'est fini, c'est mort ! ». La deuxième réaction, après avoir pris le temps de réécouter l’album plusieurs fois, fut : « En fait c'est bien, ce n’est juste pas pareil ». Nous avions un peu peur en proposant cet opus, nous nous sommes dit que nous allions perdre des fans en route et au final nous avons gagné l’adhésion de gens qui n'écoutent pas de symphoniques. D'ailleurs, c'est de loin notre meilleur départ en France, la galette est très bien perçue et nous avons même des commandes internationales. Marjolaine a relevé le troisième défi : nous ne voulions pas d’une voix lyrique, haute, avec des notes imprenables, mais un chant plus grave, plus assumé, plus percussif et ce fut un véritable défi en soi.

Qu'avez-vous réellement intégré de nouveau sur cet opus ?
C'est plutôt ce que l'on a retiré ! (rires) Beaucoup moins d'orchestres, beaucoup plus de metal, de guitares… On a baissé le tempo : avant il était toujours à 180, super-rapide, là nous y avons intégré des trucs plutôt mi-tempo, qui font bouger la tête ! Et une atmosphère plus sombre… Nous voulions une voix féminine qui contraste bien avec tout ce qui se passe musicalement en arrière-plan. C'est pour cela que nous ne sommes pas très fans de l'étiquette « metal à chanteuse », car pour nous le chant fait partie intégrante du groupe comme un instrument à part entière. Par exemple, sur le titre « Delusion », nous voulions rendre les passages de Marjo bizarres, dérangeants avec une harmonie chancelante, on a programmé beaucoup d’effets sur sa voix, elle a doublé ou triplé ses prises pour pouvoir les tordre et les mixer comme des réponses éthérées à ses propres angoisses.

Pouvez-vous nous faire une petite explication de texte des titres de l’album ?
C'est un album concept, à parcourir un peu comme un film, et c'est très motivant dans un processus de création de posséder un fil rouge. La voix de Marjo correspond au personnage principal du concept : mise à mal, confrontée à ses propres démons, elle tente de les vaincre (le titre « Petrichor » reste la pierre angulaire de l’album et de son concept, la clé de l’histoire y est cachée !). Nico chante sa propre chanson, « Hollow », une “vraie” ballade avec guitare acoustique et tout le toutim à laquelle nous étions très attachés ! C'est le point de vue du personnage masculin (Nico) qui donne une autre interprétation de ce qui arrive à l'héroïne, laquelle sombre peu à peu (une couleur très “early baroque” pour coller à ses sentiments). Et c'est pour cela qu'il intervient sur les autres morceaux, pour faire entendre raison à l’héroïne, mais jamais en lead.

Nico, tu es chanteur à la base ?
Je suis bassiste aussi, au-delà de Wildpath j'ai travaillé dans pas mal de projets aux styles très différents.

Pourquoi faire le choix de la langue anglaise pour vos textes en tant que groupe français ?
C'est un vrai choix artistique, ça se prête bien au rock, c'est une langue rythmée qui sonne mieux que le français. C'est également un choix de promotion qui parle à beaucoup plus de monde. Le metal en France ne marche pas très bien alors si on y rajoute la langue française, on risque de se fermer beaucoup de portes. Cette langue est dure à gérer rythmiquement, beaucoup de consonnes, c'est un langage articulé, finalement ce n'est pas facile du tout ! Cumuler la rythmique de la musique et de la langue n'est pas évident et au niveau du sens on ne peut pas dire les mêmes choses, il y a une certaine permissivité lorsque l'on chante en anglais qui est impossible en français. Si on s'amuse à traduire littéralement, au secours : « Je t'aime toujours » des Scorpions, ça ne marche pas ! (rires et petite démo a capella). Nous avons même parfois utilisé du latin sur certains passages et on a été jusqu'à jouer et chanter une chanson a l’envers afin de faire un clin d'œil à l'album d'avant, « Underneath ».

Vous vous êtes un peu lâchés en studio, une anecdote ?
On voulait également essayer quelque chose au niveau des percussions et nous nous sommes lâchés sur un morceau au niveau des percussions. « Vas-y Pierrot, lâche-toi, éclate-toi. » Il a joué des variations autour de l’ostinato sur tout ce qu’il a trouvé, des toms basse. Il lui restait une grosse caisse dans un coin dont il ne se sert plus, on l’a montée sur un pied de synthé en équilibre et il a joué en faisant plein de percussions un peu n'importe comment et c'est ce qui fait le début d'« Excinere » (thème du morceau : le mal a atteint le personnage principal, et c’est l’heure du constat).

Pensez-vous avoir quelque chose qui vous démarque des autres groupes de metal symphonique ou ça vous passe au-dessus de la tête ?
Déjà on est beaux ! Plus forts, plus beaux, plus intelligents ! (rires). Puisque que l'on est stylistiquement assez libres, on ne s'interdit rien, où l'on veut et quand on veut. « Disclosure » ne peut être fait que par nous six, avec toutes nos sensibilités et nos diversités. Ça rend notre musique unique, car on se fiche totalement de ce à quoi on veut ressembler et nous avons une grande proximité avec notre public, entre les albums on a toujours donné de petits trucs, de petits enregistrements sur le net à l'arrache.

Existe-t-il d’autres cultures musicales ou artistiques que vous souhaiteriez inclure dans votre démarche ?
Advienne que pourra ! Comme nous ne savons pas ce que nous écouterons au moment du prochain projet, nous ne pouvons pas dire aujourd'hui vers quoi nous allons tendre. Nous ne nous projetons pas dans l’avenir, si on a tous une furieuse envie d'écouter de la musette d'ici le prochain opus, eh bien il y aura de la musette ! (rires)

Vivre à Paris, vous le considérez comme un avantage ou un inconvénient ?
On est du Val-d'Oise (nord de Pontoise) ; la proximité de Paris c'est plus simple pour les contacts et organiser un réseau. Finalement, être proche de Paris ou pas, avec internet ce n'est pas vraiment important. Par contre, être en banlieue nous a permis de monter notre propre studio.

Quel est votre point de vue sur le téléchargement illégal en tant qu’artistes, mais aussi en tant que consommateurs ?
Franchement, le téléchargement illégal de notre musique, rien à foutre ! C'est de la promo gratuite. Si tu vas sur notre chaîne Youtube, tu peux écouter tous nos albums gratuitement. Aujourd'hui, c'est facile d'avoir de la musique sans payer. Je citerai Alexandre Astier sur le piratage : ça ne coûte pas cher la musique, mais les gens ne se rendent pas compte que ça représente énormément de travail. Un MP3 qui coûte 1 euro reste écoutable à vie, est transmissible de génération en génération alors que ce sont des heures et des heures de travail pour le prix d'un café et ça me paraît incroyable que les gens ne veuillent même plus mettre si peu d'argent dans la musique. Mais bon, l'avantage c’est que ça fait de la promotion… En revanche, ça me fait mal au cul de filet du fric à des peigne-culs qui se procurent la musique des autres pour la vendre pour leurs pommes. La musique gratuite sur internet, pas de problème, si les gens aiment vraiment, surtout dans notre style musical, je pense qu'ils finiront par acheter et venir nous voir sur les planches. Pour « Disclosure », on voulait le distribuer comme cela, ne pas se faire d'argent dessus, nous nous sommes vraiment posé la question. On se rembourse, mais on voulait avant tout faire un super objet, le côté collection. En ce qui nous concerne, nous achetons les CDs des groupes que l'on aime. Pour les gens qui ne désirent pas acheter notre album, on va diffuser un message : passez par nous pour l'écouter et surtout ne passez pas par des individus qui nous ont volés. Nous n’allons pas faire des pétitions pour que le piratage s'arrête, c'est ridicule ! Mais il y a des solutions à trouver. On ne fait pas de la musique pour être riches, mais pour être écoutés et partager des émotions… Mais on a peut-être encore une chance, c'est que les gens qui aiment le metal en France sont prêts à acheter encore des albums.

Vous êtes présents sur Facebook, ce contact avec vos fans via les réseaux sociaux est-il important ?
On est un peu geeks, nous aimons bien cette proximité, on s'amuse sur scène et j'ai l'impression que cela se ressent. On est une vraie bande de potes, on ne s'est pas connus seulement pour la musique, du coup sur scène nous ne préparons rien du point de vue scénique, nous nous laissons aller, nous rigolons, les gens ressentent l'intimité. On boit des coups et on discute avec certaines personnes nous suivent depuis le début… On a une vraie proximité avec notre public et ça fait partie de ce pour quoi on fait de la musique. « La musique ça marche toujours dans les deux sens, tout le monde est content, youpi, youpi, amours et coquelicot ! » (rires)

Vous sortez d'une école de musique, vous êtes autodidactes… ?
« Formation, formation ! » Globalement, la moitié du groupe est passée par la fac de musicologie. L'autre moitié du groupe, dont la moitié de cette moitié… (rires) a fait également une école de jazz et on s'est beaucoup formés par nous-mêmes. Nico est plutôt autodidacte, mais depuis longtemps on bosse par nous-mêmes, même sur les enregistrements. Depuis nos 15/16 ans, nous nous sommes formés en partie sur le tas et c'est le plus important. Ensuite, nous avons affiné notre formation en piochant un peu partout et nous avons joué beaucoup ensemble.

Des projets de vidéos ?
Oui, on bosse actuellement sur un report, un mini-clip acoustique dans une ambiance studio, réalisé par nos soins. On s'est associé à une boîte de production vidéo pour nos deux derniers clips, mais ça reste la seule chose que l'on ait sous-traitée faute de certaines connaissances en la matière.

Vous vivez de votre musique ?
Nous ne vivons pas de notre musique, mais de la musique. On fait des concerts pour d'autres et nous donnons des cours…

Pour finir, un petit mot ?
Je dirais bien « choucroute », mais… (rires) Réagissez, même si vous trouvez que c'est de la merde, on préfère que ne vous écoutiez que l'inverse. La musique reste un échange entre ceux qui la font et ceux qui l'écoutent. Alors, si vous trouvez ça bien dites-le et si vous trouvez ça « naze », dites-le également. Et pour terminer, on a mis sur notre site tous nos albums précédents en écoute LIBRE, on va mettre plein de contenu exclusif, il va y avoir des partitions de morceaux du dernier album, plein de contenu EXCLUSIF et… « Youpi ! » (rires)