Artiste : Yann Armellino & El Butcho

Album : « Better Way »

Label : Note a Bene

Sortie : 14 octobre 2016

 

1 Better Way
2 Never Ever
3 Soldier of Rain (feat Jacques Méhard-Baudot de Jésus Volt)
4 Desert’s Song
5 Coming Home
6 Inner Strives
7 Selfish Ego
8 Signed Sealed Delivered ( reprise de Stevie Wonder)
9 Hellcome Baby
10 The Train
11 Another Day
12 Suits Revisited
13 Road to the Core


Genre : Projet Hard Rock Blues


YANN ARMELLINO & EL BUTCHO teaser


TEASER WITH EL BUTCHO & YANN ARMELLINO BY REPLICA PROMOTION



L'alchimie !


L’alchimie entre Yann Armellino (Guitariste Rock instrumental) &

El Butcho (ex : WATCHA) n’est sûrement pas le fruit du hasard et

« Better Way » en est la preuve. Le croisement de ces deux personnages aux univers contradictoires, se retrouve comme une évidence face à une passion commune, un hard rock Oldschool intemporel, typique des années 70/80. Un feeling Vocal et des riffs accrocheurs transcendent nos souvenirs en revisitant un rock nostalgique maitrisé à la perfection. Régalez-vous de cette madeleine de Proust pour un instant et laissez-vous porter dans les tréfonds de votre mémoire car force est de constater : « le Rock Oldschool is not dead ». Rencontre avec nos deux chimistes pour essayer de comprendre leurs motivations profondes. 

Interview Hugues (Ugo) Chantepie


" …Les gens doivent se dire, acheter de la musique aujourd'hui c'est une contribution, un véritable acte militant."  El Butcho


Pourquoi le choix d’un tel mode d’expression artistique pour votre rencontre musicale ?
El Butcho : on se connaît depuis pas mal de temps, la rencontre s'est faite au Paris Metal Fest et nous nous sommes rendus compte rapidement que nous avions les mêmes goûts, le Rock seventies / eighties. Yann m'a recontacté un peu plus tard et m’a proposé de réaliser ce projet. A la base, nous devions réaliser un Ep et la question d'un album s’est vite présentée à nous comme une évidence.
Yann Armellino : au début, le seul but était de concrétiser une collaboration. Je lui ai transmis trois idées et le lendemain, il m’a renvoyé le tout en ayant posé sa voix et c’était pile poil ce que j’avais imaginé en amont. 

Pourtant vous êtes d’un univers très différent ?
El Butcho : déjà à l’époque de Watcha, j’écoutais énormément de Hard Rock des années 80. On n’arrêtait pas de me charrier dans le camion car je n’écoutais que du Hard Rock bien oldschool. Lors de l’arrêt de Watcha, je désirais prendre cette direction et la rencontre avec Yann m’a permis de réaliser un certain fantasme. Pourtant, avant de le croiser, je ne connaissais même pas son travail.
Yann Armellino : tu n’écoutes pas beaucoup d’instrumental non plus !
El Butcho : j’écoutais l’album de Tony MacAlpine avec George Lynch (guitariste de rock américain et auteur-compositeur) dont je suis un grand fan.

Depuis votre rencontre, comment pensez-vous que les choses ont évolué musicalement et humainement entre vous ?
El Butcho : déjà par l’aboutissement de cet album et la préparation de shows en acoustique pour une première tournée et par la suite en électrique pour le début 2017 plus représentatif de l’album.
Yann Armellino : on va faire des shows acoustiques dans les magasins Cultura, car nous avons un partenariat commercial avec eux. Finalement, c’est très intéressant, ça nous permet d’avoir une interprétation très différente des titres, comme les lignes de chant, même si elle reste très proche, la façon de les interpréter est très différente, beaucoup plus rentre dedans. C’est encore une autre étape de notre collaboration. Ça reste un challenge intéressant pour Butcho, il n’est pas très Unplugged !
El Butcho : c’est vrai, il faut s’adapter à avoir des voix très poussées et j’ai vraiment eu besoin de travailler pour réorienter ma tessiture pour l’acoustique et je l’avoue ce n’était pas dans ma culture musicale. Ça me permet de m’ouvrir à un nouveau style.

Tu découvres ta voix différemment ?
El Butcho : non, je la connais bien. De toute façon, je n’ai jamais aimé écouter d’unplugged comme celui de Nirvana.
Yann Armellino : tu n’as pas écouté les bons ! L’unplugged de Kiss est excellent, il fait date et c’est un gros travail des groupes pour réinterpréter leurs titres. En ce qui concerne cette tournée en acoustique, nous n'avions pas d’autre choix que de se diriger vers cette solution, autrement, en électrique dans les Cultura, les plafonds risquent de s’effondrer !

Avant de continuer, vos premiers contacts avec votre instrument, le chant pour Butcho et la guitare pour Yann ?
Yann Armellino : la guitare, pendant l’adolescence, mon frère joue déjà de la batterie dans un groupe un peu punk, je vais le voir en répétition et un de ses copains lui fait écouter « Destroyer » de Kiss et là Bada Boum ! Ce sera ça ou rien, tout simplement.
El Butcho : je n'ai jamais voulu être chanteur, à la base je désirais être guitariste, j’ai commencé jeune, mais j’étais tellement mauvais que j’ai très vite stoppé. Je ne voulais pas faire de batterie ni de basse, alors il me restait quoi ? Le chant ! De plus ça tombait très bien, car je n’avais pas d’argent, le chant ça ne coute rien et à force d’essayer des choses je me suis découvert une passion.

Musicalement ? Les défis particuliers à relever avec « Better Way » ? ton dernier album « Revisited »  date de décembre 2010, pourquoi 6 ans ?
Yann Armellino : parce que tu n’as pas toujours des choses à dire. Il vaut mieux attendre et prendre le temps. Entre-temps, j’ai tout de même réalisé toute une série de DVD, beaucoup de master classe, etc. J’étais toujours dans la musique, mais sur une voie parallèle. Egalement beaucoup de doutes car le métier va à vau-l’eau, la crise du disque, pas facile de s’y retrouver dans tout ça. Tu te poses beaucoup d’interrogation avec toutes les plateformes de streaming qui ne te rémunèrent pas, les gens écoutent de la zic sur Youtube, les disquaires ferment les uns après les autres. Un magasin comme New mégastore ferme à Paris, j’y achetais tous mes imports japonais, c’était ma caverne d’Ali Baba.
Tu te dis pourquoi ? mais finalement tout n’est qu’une histoire de rencontres et d’envie. L’envie ne te quitte pas, mais il faut absolument des déclencheurs. Après notre rencontre, tout s’est enchainé assez vite. J’ai aussi un avantage, j’ai toujours eu le soutien d’Ibanez au niveau guitare depuis dix ans et même lorsque je ne sortais pas d’album nous faisions des choses ensemble, ce qui permet d’exister en tant qu’artiste et c’est important. J’en profite d’ailleurs pour les remercier.

Qu’est-ce qui vous a poussés à jouer la carte Hard Rock / Classic Rock années 80 ?
El Butcho : c’est juste une affaire de goût.
Yann Armellino : lorsque l’on parle du Hard Rock des années 80, mis à part les productions qui ont parfois mal vieilli avec trop de réserve sur la caisse claire, la plupart des albums sont des mines d’or au niveau des compos. Il y a du chorus, du blues et ça n’a absolument pas vieilli. Je ne me replonge pas dans ce style de musique, en fait je ne l’ai jamais quitté et on n'est pas les seuls. Je pense que c’est un style intemporel. Les groupes qui remplissent le plus sont des groupes de classique rock comme AC/DC, Kiss ou Guns N’Roses.
El Butcho : bien sur, mais AC/DC c’est une institution et c’est vrai que ce public devrait prendre le temps de se déplacer pour des concerts plus intimistes. Ces groupes vont finir par disparaître, alors il faut penser à la relève !

Butcho tu nous montres que tu peux varier ta voix selon le contexte musical comme dans « Inner Strives », ça reste un gros travail pour toi ?
El Butcho : je travaille tous les jours ma voix depuis la fin de Watcha et j’ai encore progressé. Aujourd’hui, je ne fais que m’amuser en montant sur scène, passer du bon temps et partager. Pas de pression technique !

Butcho, Pour l’écriture d’où vient ton inspiration ?
El Butcho : dans un premier temps j’aime bien avoir l’instrumental et il m’inspire pour créer ma ligne de chant sans paroles. Une fois en accord avec Yann, je me mets à l’écriture des textes. Et c’est l’émotion que me procurent ces deux éléments qui me permet de trouver l’inspiration pour écrire mes textes. Chaque musique peut m’inspirer un texte différent, d’où la variété des thèmes sur l’album.

Aucune censure de la part de Yann ?
Yann Armellino : non aucune, ma musique et ses textes matchent bien. Aucune tension !

« The Train », très Aerosmith ? Votre album reste une ballade au sein des groupes qui ont fait l’histoire du rock ? Ça ne vous dérange pas d’être assimilés à cette époque et que l’on vous reproche un manque de modernité ?
El Butcho : dans tous les cas, on a rien inventé et on le dit haut et fort.
Yann Armellino : je suis tenté de dire que je ne sais pas faire autre chose. Je pourrais me forcer à jouer dans un autre style, mais le but premier c’est d’être honnête avec ta démarche. On peut toujours faire illusion, mais ça ne dure jamais.

Deux  morceaux instrumentaux avec beaucoup de technique, on laisse tomber Butcho ? Le performeur revient en force en fin d’album ? Pourquoi le choix de finir l’album comme cela ?
Yann Armellino : j’en avais tout de même parlé à Butcho, je voulais que ce soit un choix commun. J'avais envie de faire un petit clin d’œil à ma base fan. Lors des sets, il y aura d’ailleurs un ou deux intrus qui permettront à Butcho de souffler un peu.
El Butcho : j’irai boire un coca !

Parler-moi du réalisateur, producteur, arrangeur Erick Benzi, pourquoi ce choix ? Que vous a-t-il apporté ?
Yann Armellino : en fait, je le connais depuis longtemps, je lui ai fait écouter les premières démos faites avec Butcho et il m’a dit tout de suite : « je suis ok pour produire l’album » et je n’en attendais pas tant. Je connais bien son travail, même s’il est un peu éloigné de cette production. Il a même produit l’album de Gildas Arzel qui avait collaboré avec moi sur un titre il y a deux albums de ça. Il nous a surtout apporté le son, sa propre marque de fabrique même si nous l’avions un peu à la base.

Vous pouvez me parler rapidement de l’ambiance de travail ?
El Butcho : en fait on a travaillé chacun de notre côté. J’étais seul dans ma chambre avec ma carte son, mon ordinateur et je faisais des pauses de temps en temps pour boire un petit thé ! Ce n'est pas très rock’n’roll tout ça ! Je travaillais à mon rythme et surtout j’ai plusieurs groupes à gérer dans mon emploi du temps.
Yann Armellino : mais ce n'est pas si mal d’avoir travaillé de cette façon. Je lui disais toujours, surtout pas de pression. Nous n'étions pas dans un studio à se dire : « le temps c’est de l’argent ».
El Butcho : le premier morceau que j’ai enregistré avec la voix c’est « The Train ».

Ce duo, c’est une collaboration qui peut perdurer dans le temps ?
El Butcho : on n’y a pas pensé pour l’instant, mais pourquoi pas et c’est envisageable malgré mon emploi du temps très très chargé. Ça m’est arrivé de faire des doublons, de dire oui à deux groupes différents, mais les deux étaient en Suisse à 30 km de distance, j’ai eu du bol. Même une fois j’ai fait région parisienne et fin fond de la Belgique, plus de 500 km, je me suis fait engueuler !

Vous cherchez plutôt à être porteurs de liberté à travers la musique ?
El Butcho : un message de paix, donner du plaisir aux gens, qu'ils puissent se rappeler des années 80 à travers notre musique.
Yann Armellino : et puis surtout il faut l'acheter l'album, ça s'écoute pas sur un ordinateur, on fait des efforts de production, de mastering.
El Butcho : ça a évolué depuis les années 70/80, la prod coûte toujours aussi cher, mais à l'époque tu vendais des albums, aujourd'hui c'est terminé et c'est vraiment la grosse différence. Je serais pour la gratuité des albums si les productions nous coûtaient zéro. On a besoin de soutien pour en faire un autre, ce n'est même pas l'histoire de gagner de l'argent. Les gens doivent se dire, acheter de la musique aujourd'hui c'est une contribution, un véritable acte militant.
Yann Armellino : d'ailleurs on ne sera pas sur les plate-formes type Deezer, Spotify, ect, il n'y aura qu'un seul titre. C'est une des conditions avec notre label. On libérera peut-être l'album courant 2017, mais je veux qu'il ait une vraie vie en magasin et en concert.

Tu penses que ça fera une réelle différence ?
Yann Armellino : j'en ai aucune idée, jusqu'à présent mes albums étaient tout de suite disponibles sur ces plate-formes, il faut savoir que l'on gagne 0,004 centime d'euro par écoute, donc ça ou rien c'est pareil. Tu fais 100 000 écoutes et tu t'achètes un coca 0 ou un paquet de cigarettes. Ce n'est pas viable, on s'est tiré une balle dans le pied en acceptant. J'ai peut-être tort, on fera peut-être aucune vente de plus, mais j'ai envie de tenter l'expérience. Malgré tout, si les gens sont curieux, il y a un titre. Un album c'est moins de quinze balles quand même !

Butcho m'interpelle et me demande le titre qui pour moi pourrait être le single
Moi : « Comin home » sans hésitation, un esprit FM, c'est celui qui ressort tout de suite en terme de grand public. Tout est fait pour l'avoir en tête.
El Butcho : oui, moi aussi
Yann Armellino : j'aime beaucoup ce titre avec toutes les déclinaisons sur le refrain. Dans la progression des accords, il a un côté Beatles.
El Butcho : oui, c'est vrai, Beatles
Moi : il est plus facile d'accès à l'oreille, autrement « The train » est très bien, mais je suis trop rapidement dans l'univers d'Aerosmith, je trouve.
El Butcho : ce qui est drôle, c'est que je n'écoute pas du tout Aerosmith
Moi : même dans ta voix, j'y retrouve quelque chose
El Butcho : c'est marrant, car il y a un tribute anglais Aerosmith qui m'a proposé d'être chanteur. Je lui ai demandé : « pourquoi moi ? » et ils m'ont répondu : « car ta voix colle parfaitement ». C'est troublant d'ailleurs.

Le petit mot de la fin
El Butcho : continuez à soutenir les groupes que vous aimez en achetant leurs albums et en vous déplaçant en concert. On compte sur vous pour venir en masse !