6:33 + Acyl + Malemort

Le Divan du Monde – Paris – 20 Avril 2017

Organisateur : Base Productions

 

Le Divan du Monde se remplit étonnamment tôt en ce mercredi pour accueillir une soirée qui promet d’être hétéroclite et riche en émotions.
Malemort ouvre le bal devant un public qui comprend quelques uns de leurs fervents supporters. Leur Metal rapide et rageur étonne par le fait que les textes sont en Français, ce qui est plutôt rare dans ce style musical. La complicité et les sourires affichés par le groupe font plaisir à voir. Complicité nullement entamée par le remplacement du guitariste rythmique à la dernière minute pour cause d’entorse du poignet du titulaire du poste. Côté publique, hormis les fans du groupe qui s’en donnent à cœur joie dès le départ, c’est un peu long à se chauffer, mais l’ambiance s’installe, la température augmente peu à peu et les têtes commencent à bouger dans l’assemblée. La prestation scénique du chanteur est impressionnante. Et il assume pleinement son rôle de front Man. Un set plutôt agréable à suivre, même si je ne suis pas fan de ce style musical.

 

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Malemort finit son set en ayant atteint l’objectif de chauffer le public et laisse la place à Acyl. Nous passons alors à un tout autre registre. À la rapidité du premier combo, Acyl oppose une lourdeur et une puissance de tous les instants. Leur mélange des genres étonne lui aussi. Leur Death Metal teinté de sonorités orientales laisse présager de très bonnes choses dans le futur. Le groupe d’origine algérienne est en progrès constant. Leur style s’affine et se perfectionne de concert en concert. Ils sont heureux d’être sur scène et transmettent leur énergie positive à un public qui slamme et pogote à tout va. Nous avons même droit à un petit cours de danse traditionnelle algérienne. Autant vous dire qu’avec leur musique qui dégage une énorme puissance, cela donne un mélange surprenant et la température de la salle s’en ressent. Et si une bonne partie du public était déjà acquise à la cause Acyl, nul doute, aux vues des réactions, que ceux qui découvraient le groupe ont été conquis par ce mélange improbable.

 

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Deuxième pause de la soirée, les 6:33 prennent possession de la scène du Divan du Monde. L’installation de leurs décors prend un peu plus de temps que prévu et le public ne tarde pas à leur faire savoir. Mais bon, c’est une première donc l’indulgence est de mise. La scène est masquée derrière les rideaux, ce qui est plutôt rare, mais préserve l’effet de surprise voulu par le groupe parisien. Et lorsque les rideaux s’ouvrent c’est parti pour 1h30 de spectacle grandiose. Un écran géant en forme de cadre (que n’aurait pas renié Tim Burton !) trône en plein milieu de la scène et envoie des images qui amplifient l’univers musical de 6:33 à la base déjà très théâtral grâce à l’utilisation de masques. Le chanteur Rorschach, en vrai show Man, occupe la scène de manière peu habituelle et est en interaction permanente avec les images diffusées. Les deux claviers assurent aussi le spectacle en vivant véritablement la musique derrière leurs machines. La section guitare-basse n’est pas en reste et tout cela donne un spectacle digne des grosses machines américaines (à l’échelle du Divan du Monde !). Deux ans que leur album « Deadly scenes » était sorti, et l’on comprend mieux maintenant pourquoi les 6:33 ne l’ont pas plus défendu sur scène. Ils ont pris leur temps pour peaufiner ce qui s’apparente plus à une comédie musicale Metal qu’à un simple concert. Les images tournées spécialement pour l’occasion permettent de donner vie aux différents protagonistes (chœurs féminins, personnages interprétés par Rorschach…). Les 6 :33 se sont lancés dans un projet grandiose et audacieux. Et aux vues des réactions dans l’assistance, nous pouvons sans risque affirmer qu’ils ont réussi un véritable coup de Maître. Imaginez une immense partouze entre Mr Bungle, Devin Townsend et Tim Burton… Vous imaginez ? Non ? Alors foncez sans hésitation assister au Asylum Picture Show 2.0. Vous allez en prendre plein les oreilles mais aussi plein les yeux. On regrettera juste deux petits incidents qui ont perturbé le groupe. Le premier dû aux slammers (et il y en a eu un paquet !) qui ont pulvérisé les lumières autour de l’avant scène, ce qui a passablement énervé Rorchard (le chanteur), et le second dû à deux-trois imbéciles qui ont confondu la fosse avec un ring de boxe et qui ont fini par coller accidentellement une droite à une jeune fille. Là encore le chanteur est intervenu en sautant directement dans la foule pour calmer les perturbateurs avec succès, mais il a eu du mal à se remettre dans le show et son énervement était palpable. Gros dommage car la musique de 6:33 est plutôt festive. Mais au final tout se terminera dans une ambiance bon enfant avec un public ravi, et un groupe en sueur, mais heureux de cette première représentation qui nous l’espérons leur apportera, dans un avenir proche, le succès qu’ils méritent largement. Ne reste plus qu’à attendre une nouvelle date parisienne…

 

Texte : © Stof pour boosteleson

Photos : © Hugues chantepie

 

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