Report live Accept

Le 3 février 2018 à l’Élysée Montmartre / Paris


C’est parti pour la machine à remonter le temps ce 3 février 2018 à l’Élysée Montmartre en plein cœur de Pigalle. Je sens déjà la métamorphose s’opérer plus je me rapproche de la salle et je l’Accept ! Me voilà poussant la porte du passé des belles années 80 où tout me paraissait encore joyeux, créatif et possible ! Mais avant la plongée dans les couloirs du temps, un combo s’invite à la fête Night Demon, trio metal formé en 2011, premier palier de décompression avant le grand saut !
Les premières notes des Californiens Night Demon retentissent et oscillent entre Heavy et Trash. Le combo affiche une énergie électrique débordante héritée de la NWOBHM (New Wave of British Heavy Metal), mais qui opère difficilement sur le public de l’Élysée ce soir. La fosse reste impassible et sans grande motivation, il faut dire que visuellement c’est plutôt bonjour tristesse, on est tout de même dans une salle mythique ! Le groupe interprétera trois titres de son dernier opus « Darkness Remains » sorti en 2017 avec « Welcome to the Night » « Hallowed Ground » et « Black Widow » ainsi qu’un panaché de leurs albums précédents. Malgré les démonstrations sans faille de Jarvis Leatherby à la basse/chant et Brent Woodward à la guitare, le set restera essentiellement sur la scène. Un sursaut tout de même lors de la reprise Motörhead « Born To Kill » l’effet Lemmy Kilmister qui frappe encore le cœur de tous les metalleux ! Pourtant Night Demon réalisera un set de qualité et sera venu bousculer le public en avant-scène avec un réel besoin d’en découdre. Mais le saut était peut-être trop court pour l’assistance et l’impatience était assurément trop grande de rejoindre les années 80.

 

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Nous étions donc en 2011 (date de création du groupe !) et nous nous préparons à rejoindre les années 80. Attention Mesdames et Messieurs, extinction des feux, lumière et je tourne la tête, mes amis photographes sont tous des gamins, banane aux lèvres ! Le rouleau compresseur mythique du Heavy metal allemand Accept a fait retentir les décibels sur les planches de l’Élysée Montmartre tel un boulet de canon. Dès les premières notes de« Die by the Sword » instantanément la fosse entre en ébullition. La scène se découvre en pleine light, affiche un combo tout sourire venu défendre en partie son dernier méfait - seulement cinq titres (voir setlist) -  dont le titre du même nom « The Rise Of Chaos ». Pour le public déjà présent sur la tournée précédente en compagnie de Sabaton aucun changement de décors de scène, mais qu’importe, les véritables fans sont nombreux ce soir et cela reste un point de détail. Avant tout, ce sont nos souvenirs qui priment et au regard du public, les corps quadra où quinqua retrouvent l’insolence de leur jeunesse avec des sautillements, des mouvements de tête énergiques et de bras levés, sans oublier les sourires béats de bonheur ! Assurément c’est une réussite ce soir, la boîte à souvenirs et à musique est ouverte et nous livre un show lumineux, magique, au millimètre tel un métronome. Il faut reconnaître que les titres choisis pour le set explosent en live et seront servis par un son de bonne facture, quoique un peu fort, dans ce nouvel Élysée parisien. Dès le deuxième titre « Stalingrad » de 2012, Mark Tornillo apparaît sur les planches, tel un conquérant ayant déjà gagné la bataille en brandissant à bout de bras l'étendard du groupe sous les cris et les applaudissements. Sans surprise Wolf Hoffmann tient la palme d’or du contact avec le public, par son jeu de guitare, ses solos magiques, ses grimaces et ses regards complices. La complicité entre les musiciens est grande et les rapprochements sont nombreux à l’image de Wolf Hoffmann et Peter Baltes à la basse. L’anecdote, le solo de Wolf  sur le « Bolero » de Ravel prouvera une fois de plus la dextérité de ce guitariste hors pair ! La salle s’enflammera un peu plus sur les classiques du groupe comme « Restless and Wild » de 1982 ou « London Leatherboys » de 1983, mais ce qui permettra d’entendre un public en osmose et à l’unisson ce soir et prouvera une fois de plus les bienfaits de la musique sur le cerveau humain. Une soirée Made In Perfect, pour tous les vieux brisquards du Heavy Metal et les plus jeunes avides d’histoire et de légende ! D’ailleurs, cerise sur le gâteau, les deux heures de show se termineront sur « Balls to the Wall » de 1983. « Thank you Paris, we’ll see you at Hellfest ! ». C’est l’heure de retrouver la réalité et de retrouver son corps d’aujourd’hui, ah merde j’avais oublié, on n’est plus en 1980 !

 

Texte et photos : © Hugues Chantepie
Merci à Tangui et Cartel

Setlist ACCEPT : 1. Die by the Sword, 2. Stalingrad, 3. Restless and Wild, 4. London Leatherboys, 5. Breaker, 6. The Rise of Chaos, 7. Koolaid, 8. No Regrets, 9. Analog Man, 10. Final Journey, 11. Shadow Soldiers, 12. Bolero (Ravel) (Wolf Hoffmann solo), 13. Neon Nights, 14. Princess of the Dawn, 15. Midnight Mover, 16. Up to the Limit, 17. Objection Overruled, 18. Pandemic, 19. Fast as a Shark, 20. Metal Heart, 21. Teutonic Terror, 22. Balls to the Wall

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