Report live Alestorm

L’Elysée Montmartre / Paris / 21 Octobre 2017


J’arrive en bas des marches de la salle de l’Élysée Montmartre (Paris) en ce soir du 21 octobre et j’apprends que des fans font la queue depuis très tôt ce matin, pour avoir le privilège d’embarquer au plus près de nos joyeux pirates écossais. L’Élysée ça se mérite ! J’emprunte le grand escalier pour pouvoir accéder à la salle et je croise des personnages étrangement déguisés montant quatre à quatre les marches comme s’ils allaient louper l’embarquement.
Après une petite attente près du pit photo à observer certains phénomènes, les lumières s’éteignent pour la première fois, c’est l’apparition sous la ferveur générale d’Æther Realm, groupe de death mélodique originaire de Caroline du Nord. Ils nous reviennent sur le devant de la scène, prêts à en découdre avec leur dernier album « Tarot ». Dès le premier titre, nous sommes dans un registre plutôt metal classique avec des ambiances presque folkloriques agrémentées parfois de chœurs épiques. Les deux guitaristes offrent des leads et des riffs brutaux mais bien enveloppés. Le growler de Vincent Jones (chant/basse) est impeccable, mais reste un peu linéaire à mon goût. L’ambiance générale du set restera un peu statique – peut-être faute de place – et sans grain de folie, à part ce moment bien précis où Chris Bowes, le chanteur d’Alestorm, vient prêter sa voix sur le titre « King Of Cups » déguisé en tranche de bacon géante et caleçon. Le combo a abattu ses cartes de tarot ce soir avec justesse devant une salle hélas encore bien parsemée mais déjà dans les starting-blocks en ce début de soirée vu l’accueil qu’ils ont réservé à Æther Realm.

 

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Première pause au bar avant l’Ovni du jour, les Australiens de Troldhaugen (leur musique se définit comme du Crab Slab Core [noyau de crabe !]) qui viennent défendre leur dernier album en date, « Idio+syncrasies ». Un gloubiboulga de sons électro-dance, de guitares groovys et de chant caricatural. Un frontman grimacier au jeu de scène épileptique et aux danses désarticulées, en collant et k-way latex noir avec la touche de couleur Verte indispensable et le sac banane. Pour rester dans l’ambiance dancing, couleur aluminium brillant pour le bassiste et le guitariste – très peu expressif et statique durant le set. Malgré l’esprit dancefloor, le public reste de marbre, s’interpelle et certains sont même gênés par tant de grimaces, de gestuelles dérangeantes, parfois proches du handicap… Est-ce politiquement correct, est-ce artistique ? Ou tout simplement facile ? En tous les cas pas vraiment classable, disco, rock, funk, pop métal… Barré ou non, chacun de vous saura juger la performance ! Y aurait-il dans ce joyeux bordel un grain de folie à la Philippe Catherine ? Nous restons sur notre faim et un peu estomaqué par cette deuxième partie, mais le but est peut-être atteint !

 

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Après une pause bien méritée, c’est le grand moment temps attendu par un Elysée Montmartre déjà monté sur ressorts, le désormais cultisme combo de pirates écossais apparaît sur les planches. En quelques secondes, dès les premières notes de « Keelhauled », la salle est conquise, toute l’assistance connaît déjà les paroles et accompagne le groupe sur le refrain, sautille bras levés pendant que Chris Bowes (chant/clavier), vêtu de sa casquette bleue de skateur et son kilt rouge Alestorm, arrangue déjà la foule, le tout dans un décor coloré digne du club Dorothée ! Des ballons de baudruche volent, des couleurs électriques parsèment les planches avec un fond de scène habillé d’un énorme tag à l’effigie du nom d’Alestorm. Nous aurons même droit à un distributeur d’alcool sur le kit de batterie en déco. Pour couronner le tout, un énorme canard jaune gonflable trône en vedette en milieu de la scène. On est vraiment là pour faire la fête et s’envoyer en l’air au port de l’Elysée ce soir ! Chris Bowes occupe l’essentiel de la scène en frontman clownesque, exécutant des danses avec levé de jambe obligatoire lorsque l’on porte un kilt et un caleçon à carreaux, mais où est donc passée la légende ! Le reste de l’espace étant réservé à Gareth Murdock (basse) et Maté Borod (guitare), suivis à l’étage du clavier et du batteur pour une mini-scène très chargée en accessoires. Suite à leur cinquième album, nous aurons droit à quatre nouveaux titres tirés de « No Grave But The Sea » : « Alestorm », « Mexico », « No Grave But The Sea » ou le gracieux « Fucked with an Anchor » lors du rappel pour une petite balade poétique de marin qui se terminera avec un joyeux « Fuck you Paris ! » de la part de Chris Bowes et accompagné tout au long du titre par une marée de doigts d’honneur sautillants. Les tubes se succèdent (voir setlist) sans interruption comme « That Famous Ol' Spiced » ou « Captain Morgan's Revenge » telle une musique épique à reprendre en chœur. Sur le titre « Nancy the Tavern Wench », le public assis sur le sol orchestre un ballet avec un mouvement de va-et-vient d’avant en arrière les bras en l’air pour simuler une vague géante, tandis que pour la fameuse reprise de « Hangover », un technicien apparaît en guest à la sèche et l’armoire à glace "Beef Man" nous fera sous les hurlements, un petit cul-sec en même temps de deux binouzes et prendra le micro pour un petit couplé râpé sous les « oh oh, ho ho, ho ! » d’un public en transe. On pourra signaler que pour une fois le combo, à la différence de beaucoup de ses confrères, passera de la Cristaline à l’abondance de bière sur scène ! Pour l’anecdote, de nombreux pirates dans la salle et je me demande si je ne suis pas sur un tournage de clip ! Mention spécial à Maté Borod (guitare) pour ses solos de guitare bien maîtrisés cassant l’effet festif un peu trop présent et nous rappelant au bon souvenir d’une musique plus enveloppée. On peut largement donner une mention spéciale au public de ce soir en folie, tous les ingrédients du bonheur étaient présents, ça sautait, chantait, criait, pogotait, slamait avec une ambiance de fête géante sur le vieux port où l’esprit vagabonde vers des contrées lointaines. On ressort mouillé (et pas que par les embruns) et heureux d’un tel concert aux saveurs d’alcool et de laisser-aller ! Un joli voyage…

 

Texte & photos : © Hugues Chantepie pour boosteleson.com

Merci à Tangui et Garmonbozia

 

Setlist Alestorm : 1- Keelhauled, 2- Alestorm, 3- Magnetic North, 4- Mexico, 5- That Famous Ol' Spiced, 6- The Sunk'n Norwegian, 7- No Grave But The Sea, 8- Nancy the Tavern Wench, 9- Rumpelkombo, 10- 1741 (The Battle of Cartagena), 11- Hangover, 12- Pegleg Potion, 13- Bar ünd Imbiss, 14- Captain Morgan's Revenge, 15- Shipwrecked - Encore : 16- Drink, 17- Wenches & Mead, 18- Fucked with an Anchor

 

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