Bagdad Rodeo - Mellino

Le Backstage - Paris


Pratiquement trois ans que nous n'avions plus beaucoup de nouvelles des Parisiens de Bagdad Rodeo, et pour cause, puisqu'ils se sont exilés du côté de Montpellier. Trois années à peaufiner leur troisième album judicieusement nommé "Trois". L'occasion pour eux de fêter la sortie sur leurs terres "natale" au Backstage de Paris. Premier concert qui promet une soirée pleine décibels, de sueur, de hargne et de gros mots !

C'est Mellino qui ouvre les hostilités, Stéfane et Iza (ex-Négresses Vertes) nous livrent une prestation à mi-chemin entre flamenco et punk rageur (!). Oui c'est possible ! Preuve en est avec leur reprise sur vitaminée de "Sous le soleil de Bodega" et de "Zobi la mouche" des mêmes Négresses Vertes, mêlant guitares manouche et gros son plein de distos. Un set assez court, mais qui à l'avantage de mettre en température une foule qui commence à se faire de plus en plus nombreuse.
C'est donc au tour des stars de la soirée de monter sur scène et de nous livrer une prestation de presque 2h30 ! Un concert de Bagdad Rodeo c'est un peu comme une réunion de famille, tout le monde connaît les paroles, et tout le monde se connait. Même si on sent que les sales gosses du Rock sont un peu à court de scène, et donc sur la réserve sur les deux premiers morceaux, la convivialité et l'entrain du public font vite oublier ce bémol et motive le groupe à se lâcher complètement. Et à partir de là, on sent bien que les choses sérieuses commencent. Ludo (le chanteur) retrouve sa gouaille et assène ses vannes bien grasses comme un cornet de frites entre chaque morceau, n'hésitant pas à provoquer le public ravi de se faire bâcher. Et oui, c'est ça le petit plus des Bagdad en live, on en prend plein la tête et on est content !!! Une courte pause - histoire que les musiciens reprennent leur souffle - verra les Pin-Up d'Alsace nous offrir un petit show burlesque avec effeuillage dans les règles de l'art. Super raccord avec la soirée !!! À peine le temps de se poser au bar avec une bière (la température a soudainement grimpé dans la salle !) que c'est reparti pour la deuxième partie du set des cinq joyeux drilles. Et joyeux ils le sont. La complicité entre les musiciens est permanente, les sourires, les clins d'œil et autres petits signes de tête montrent que les Bagdad Rodeo ne sont plus des amateurs, mais bel et bien un pilier de la scène indépendante qu'ils revendiquent haut et fort ! Après tout, nous sommes ici devant le plus grand groupe de Rock 'N' Roll du monde, et ce sont eux qui le disent, alors…
Côté musique, c'est propre carré et méchamment puissant. Christobal Sanchez Del Rodéo manie sa Gibson avec une facilité déconcertante passant du Rock au Blues, et du punk à des rythmiques dignes des plus grands westerns spaghetti. Rien ne lui faire peur ! Stenson vissé sur la tête, il assure les chœurs en plein solo sans broncher et avec une aisance un poil agaçante. Arthur (producteur et mufti instrumentiste) alterne claviers et guitare rythmiques. David leur ancien nouveau batteur martèle le rythme avec force et finesse à la fois. Quant à Bertrand, le petit nouveau, il impose ses quatre cordes de manière puissante renforçant l'importance des lignes de basse dans les compos de Bagdad Rodeo.
Côté public, autant vous dire que c'est un joyeux bordel ! Ça pogote, ça chante, ça danse, ça transpire… Bref tout le monde est au taquet ! Nous même proche de l'hystérie collective lorsque Ludo saute dans le public pour donner un petit cour de chant à l'assistance et finira le morceau en pogotant avec tout le monde avant de remonter sur scène et de s'effondrer de fatigue (Et oui ma bonne-dame, on a plus 40 ans !)
En résumé, un concert de Bagdad Rodeo ça se vit, ça se transpire. Alors n'hésitez pas une seule seconde s’ils passent près de chez vous.

Texte & photos : © Christophe Favière (Stof) pour boosteleson.com

 

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