Caliban / Suicide Silence - La Flèche d'or

Organisateur : Alternative Live - 1er décembre 2016

 

Nous voilà le 1er décembre à La Flèche d'Or, ancienne gare désaffectée de Paris, pour un voyage musical en l'honneur de la tournée européenne commune de Caliban et Suicide Silence. La salle se remplit timidement, mais on sent dès les premières notes de To The Rats and Wolves (metalcore/électro allemand) (Photo ICI), premier groupe à ouvrir les hostilités, que l'ambiance va être très chaude, festive et les deux frontmen avec de beaux effets vocaux se partageront aisément la tâche pour exciter une fosse prête à en découdre. Il réaliseront une prestation plus qu'honorable, avant l'apparition tant attendue des pionniers du Deathcore made in USA, Suicide Silence, à travers peu de lumière et d'imposants fumigènes, de quoi faire grimacer les photographes présents pour l'occasion. Le set du combo se poursuivra, hélas, dans cette ambiance londonienne et la chaleur deviendra vite insoutenable. C'est donc un Hernan « Eddie » Hermida toujours aux commandes depuis le décès du chanteur emblématique Mitch Lucker qui transportera en frontman efficace le public dans une ambiance musicale violente, d'apocalypse, entre grognements et cris. On relèvera la prestation du guitariste barbu, chevelu, Mark Heylmun, sans aucun doute l'homme du set par ses grimaces permanentes, son attitude clownesque, ses tirages de langue incessants, mais avec un jeu de cordes à la hauteur de ses prouesses physiques. On assiste à un show où l'on sent un groupe prêt à mettre le feu à la Flèche d'Or et la magie va opérer. Sous une furie de décibels, le public plutôt jeune est en transe, joue avec énergie des cervicales et de tous les codes du metal. Si certains ne sont venus que pour Suicide Silence, il seront comblés, mais c'est sans compter sur un certain Caliban, avec qui les véritables hostilités vont débuter. Après quatre ans d'absence, le groupe de metalcore allemand va nous offrir en ce premier jour de décembre un moment de grâce, une bonne claque, une véritable tuerie scénique orchestrée par le chanteur Andy Dörner, délivrant un chant clair et guttural de précision. L'énergie ne diminue pas, sur scène comme dans la fosse, aucun membre du groupe ne s'économise et chacun se rapproche en bord de scène continuellement, pour le plus grand bonheur des fans. Une communion sans faille s'opère avec le public, c'est la valse des pogos, des cercles pit et des vagues continues de slameurs montant sur les planches, profitant de leur petit moment de gloire au côté d'une formation ravie du phénomène. Andy passera une partie du temps à tendre la main afin d'aider ces warriors de l’extrême. Caliban réalisera une prouesse musicale lourde par ses riffs, ses screams, mais mélodique par le chant clair d'Andy et du guitariste Denis Schmidt (comme sur « Paralyzed »), et scénique par une énergie, une ambiance toujours en mouvement. Andy se jettera dans le public pour un petit slam, porté avec enthousiasme avec un sourire qui en dit long. Il faut signaler qu'ils joueront cinq titres de leur dernière mouture Gravity dont «Walk Alone» «Paralyzed» «Inferno» «The Ocean's Heatt » et dans leur langue maternelle «Mein schwares Herz». Ovation d'un public en nage et transcendé par tant de partage et de générosité. On peut dire qu'il y avait un petit moment qu'un concert ne m'avait pas donné des frissons, eh bien c'était le bon soir ! Festif à souhait !
Texte et photos Hugues Chantepie

 

Setlist Caliban pour les puristes : Memorial - Walk Alone – Love Song – Paralyzed – Devil's Nigtt -  «Inferno» - nedeL – Davy Jones - The Ocean's Heatt – Encore : King - Mein schwares Herz – We Are the Many – Sonne (Rammstein cover) – Nothing is Forever

 

 

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