Report Live Eluveitie / Amaranthe…

Cabaret Sauvage / Paris / Jeudi 02 Novembre 2017


Que la route est longue pour accéder au Cabaret Sauvage, le bout du monde… mais la motivation est de mise quand je pense à la soirée à venir, où la promesse d’un voyage au sein d’une lointaine contrée celtique nous a été faite. À mon arrivée sur les lieux, grille fermée, mais déjà une petite file de fans motivés se forme ! Hé oui, toujours des fans prêts à tout pour être au pied de la scène afin de profiter au maximum des musiciens, mais également de la pression constante d’un public en folie, des slameurs, des pogos… et éventuellement des pintes de bière sur le crâne ! Qu’importe, les portes s’ouvrent enfin, les premiers arrivés trépignent pour accéder à la meilleure place. Mon tour arrive et je fais la grimace lorsque je m’aperçois qu’il n’y aura pas de pit photo. Vite, essayons de trouver un endroit stratégique ! Ce sera à gauche de la scène ; pas idéal, mais il faudra bien que ça le fasse. Pas toujours chouchoutés les photographes ! Sous le chapiteau tout de rouge vêtu vont se produire ce soir trois groupes pas réellement similaires. Tout d’abord, les Hollandais de The Charm the Fury, venus défendre leur dernier opus « The Sick, Dumb & Happy » à grand coups de metalcore. Suivront les Suédois d’Amaranthe et leur trio de vocalistes pour un panaché de sonorités électro, pop et deathcore/mélodique à l’impact direct plutôt FM. Le clou de la soirée sera assuré par Eluveitie avec son folk celtique – plutôt à la mode actuellement – et son dernier album en date, « Evocation II – Pantheon », promesse d’un voyage initiatique dans un imaginaire aux vapeurs de magie et d’histoires enchanteresses.
À la première extinction des feux, une petite moitié de la salle seulement est remplie lorsqu’apparaît The Charm the Fury. La position de premier n’est pas la plus facile, mais le groupe a son arme secrète : la charismatique et énergique Caroline Westendorp. Sa voix puissante, agressive, passant du scream au chant clair avec une extrême facilité accompagnera chaque titre, habillée de riffs bien agressifs. Caroline et ses musiciens lanceront toute leur énergie pour haranguer le public mais ne réussiront finalement qu’à captiver les premiers rangs. Malgré tout, ça tabasse dur avec un son puissant, ça groove, mais on est tout de même très éloigné du celtique metal enjoué et festif très attendu ce soir et ça se ressent à travers le public déjà présent. Le combo aurait peut-être été plus à son aise en première partie d’Arch Enemy, leader du genre ! Une belle prestation scénique et musicale malgré tout, devant une salle loin d’être conquise. Première pause, première bière pendant que les roadies s’activent…

 

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Le temps est venu d’accueillir le groupe Amaranthe, parfois controversé et étiqueté comme trop commercial. Pourtant, difficile de critiquer lorsque l’ont voit l’engouement de la salle dès les premières notes de « Maximize », titre à l’odeur de poudre. Le public est conquis, saute, crie, lève les bras vers ce trio de voix parfaitement en adéquation pour un set metalcore mélodique, pop metal, dance metal au mélange d'influences parfois indéfinissable. Les Suédois proposent une collection de leurs titres les plus célèbres dont « That Song », «Drop Dead Cynical », « Boomerang », « Digital World », ne niant pas quelques moments pour un petit slow à l’ancienne comme « Endlessly » mettant à l'honneur la voix d'Elize ou des ballades puissantes comme « Amaranthine ». D’ailleurs le petit plus de la soirée sera pour Céline Le Vu, qui a pu réaliser son rêve et chanter en duo avec Elize Ryd sur « Amaranthine » pour une expérience incroyable, saluée par un public enthousiaste et sûrement un peu jaloux (à voir sur Youtube, ici) ! Force est de constater que la prestation fut incroyable car impossible de ne pas danser dans cette atmosphère de disco métallique, énergisant, et toute cette folie positive fait énormément de bien ! Le groupe sait transmettre, n’hésite pas à aller au contact du public en front de scène et n’est pas avare pour serrer les mains tendues. Sans aucune malice, on peut dire aisément qu’Amaranthe est un véritable groupe de live et l’a prouvé ce soir. Mention spéciale au bassiste Johan Andreassen, arrivé en béquilles suite à un petit incident et qui, la jambe dans un plâtre décoré, jouera le set en font de scène, assis sur un tabouret comme à la maison, sa canette de bière à ses côtés ! On aurait réellement pu se croire face à la tête d’affiche et la barre reste haute pour Eluveitie.

 

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Après une courte pause sous le grand chapiteau, il est temps de recevoir les stars du folk metal suisse Eluveitie, son chanteur emblématique et historique Chrigel Glanzmann entouré de sa bande de troubadours pour une nouvelle tempête épique. Une arrivée plus que remarquée de la troupe sur les planches du Cabaret Sauvage, vu le peu d’espace pour les accueillir avec leur multitude d'instruments traditionnels comme la flûte irlandaise, la cornemuse, la vielle à roue ou le violon. Le combo est assurément bien de retour avec son line-up remanié – dont la jolie Fabienne Erni à la harpe et au chant pour les leads au féminin – venu défendre un son entre folk celtique et death metal mélodique. Eluveitie enchante une fois de plus un public pourtant déjà bien éprouvé physiquement par la prestation d’Amaranthe. Malgré tout, le chaudron magique entre en effervescence et la salle sold out communie dès le premier titre « Your Gaulish War », avec les dieux celtes qui nous emportent dans un tourbillon, au sein d’un monde magique teinté de contes et de légendes ! L’équilibre est parfait entre les différentes couches d’instruments et permet à chacun des musiciens de donner la pleine expression de ses talents. Un set (voire set list) à la pure magie celtique comme sur « Epona », avec la superbe prestation de la rousse Fabienne Erni tout sourire, repris en chœur par une foule criant des « Hé, hé, hé » bras levés appuyée par les cris growlés de Chrigel. Fabienne aura également son petit moment de gloire personnel sur « Artio », a capella s’il vous plaît ! Chrigel Glanzmann ne sera pas en reste entre le chant, la flûte, la mandoline… le front man en chef d’orchestre se donne à 100% et harangue un public acquis à sa cause. Le concert se terminera sur l’excellent « Inis Mona », un hymne commun fédérateur et loin d’être inconnu même pour un non-initié. C’est la faute à Manau ! À mon grand regret ils ne joueront que quatre titres du dernier opus : « Lvgvs », « Catvrix », « Artio », « Epona ». Le chaudron magique fut bouillonnant et salutaire ce soir !

 

Texte & photos : © Hugues Chantepie pour boosteleson.com

Merci à live Nation

 

Set list Eluveitie : 1- Your Gaulish War, 2- King, 3- Nil, 4- Omnos, 5- Lvgvs, 6- Catvrix, 7- Artio, 8- Epona, 9- Thousandfold, 10- The Call of the Mountains, 11- A Rose for Epona, 12- Kingdom Come Undone, 13- Tegernakô, 14- Drum Solo , 15- Havoc, 16- Helvetios, Encore : 17- Inis Mona

 

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