Report Liam Gallagher

Le 2 mars à l’Olympia / Paris


Direction l’Olympia pour voir et écouter le très controversé bad boy britannique d’origine irlandaise d’Oasis, Liam Gallagher. Après quelques déconvenues, l’une des figures charismatiques de la britpop des années 90 – avec son frère Noël – est de retour sur les planches avec son premier opus solo « As You Were » sorti le 6 octobre 2017 et salué unanimement par la critique. Pour cette soirée très attendue, Liam ne possède dans son épuisette qu’un seul album solo – décidant de faire volontairement l’impasse sur sa période « Beady Eye » –, il nous offre donc pour l’occasion d’interpréter de nombreux titres d’Oasis pour enchanter un public resté accroché pour la plupart à la période Liam/Noël. L’Olympia est bondé comme jamais et lors de l’extinction des feux, un vent d’impatience souffle dans la mythique salle parisienne accompagné de l’instrumental « Fucking In The Bushes ». La scène reste minimaliste avec les amplis parsemés face à un mur de verre ; seule indication significative, la banderole « rock'n'roll » disposée sur l'avant des claviers imposant par sa simple maxime le retour de l’esprit Rock de Liam. La salle entre en furie avec les deux premiers classiques – période Oasis – « Rock'n'roll star » et « Morning glory » et j’ai beaucoup de mal à shooter le bonhomme tellement l’Olympia a pris l’apparence d’un gigantesque trampoline, d’une mer déchaînée me donnant presque le mal de mer. Pourtant, j’aime à dire : « Mr Gallagher en impose en ce début de set et nous sommes prêts à naviguer capitaine ! » N’oublions pas la tenue adéquate et très rock’n’roll de Liam avec sa parka bleue façon « pêcheur breton » venu à la pêche aux fans, mais vu les appâts déjà en place, la pêche est forcément bonne et les « Liam, Liam, Liam ! » parcourent la salle à l’unisson, sans parler des hurlements, sautillements, etc. D’ailleurs Liam sécurise les planches car le garçon n’est pas très expressif, ni très mobile – mais nous propose une posture entrée dans l’histoire du rock’n’roll, mains dans le dos, voûté, le visage dressé vers son micro haut perché – et se laisse volontiers porter par le public reprenant à tue-tête les refrains du capitaine de soirée. Liam attaquera son dernier méfait dès le troisième titre avec « Greedy Soul » et enchaîne les titres : « Wall of Glass », «  Paper Crown », « Bold » et l’incontournable « For What It's Worth », pure ballade pop sentimentale, avant de revenir sur « Some Might Say » d’Oasis. La transition entre les deux périodes se fait sans effort aussi bien pour le combo que pour le public. Liam est bien de retour, dans une forme créative exceptionnelle, sa voix rauque et ce timbre si particulier à l’accent à couper au couteau est au diapason et je reste d’accord sur ces déclarations de 2013 lorsqu’il disait : « J'en ai assez de ces crétins qui disent que je ne sais pas chanter. » Malgré sa décontraction apparente, mains dans les poches, Liam s’armera pour l’occasion d’un tambourin noir en début de concert et de maracas par la suite qu’il agitera visiblement sans grande conviction, mais ce genre d’instrument se manie avec précision et parcimonie, alors… Le set est donc bien équilibré entre les guitares électriques acerbes pour un univers rock et celles bien dosées dans un esprit plus pop. Remerciement entre autres à Jay Mehler (guitariste, ex Kasabian / Beady eye), Mike Moore (guitariste), Dan McDougall (batterie), Chris Madden (clavier) et Drew Mc Connell (basse, ex Babyshambles) pour l’accompagnement au métronome et en toute discrétion de Mr Gallagher en leader incontestable. La fin du concert se fera sous les notes d’Oasis avec des incontournables comme « Wonderwall », « Supersonic » et, pour terminer en apothéose avec une note d’optimisme, « Live Forever » (Vivre pour toujours), « Je veux peut-être simplement voler / Je veux vivre / Je ne veux pas mourir / Je veux peut-être simplement respirer… ». À bonne entendeur !

Texte et photos : © Chantepie Hugues / boosteleson
Merci à Valentin de Warner


Setlist Liam Gallagher : 1- Rock 'n' Roll Star (Oasis), 2- Morning Glory (Oasis), 3- Greedy Soul, 4- Wall of Glass, 5- Paper Crown, 6- Bold, 7- For What It's Worth, 8- Some Might Say (Oasis), 9- Slide Away (Oasis), 10- Come Back to Me, 11- You Better Run, 12- Universal Gleam, 13- Be Here Now (Oasis), 14- Wonderwall (Oasis), Rappel : 15- Supersonic (Oasis), 16- Cigarettes & Alcohol (Oasis), 17- Live Forever (Oasis)

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