Report live Molly Hatchet / Dezperadoz

Le 21 décembre 2017 au Trabendo / Paris


Direction le Trabendo pour une affiche qui sent bon le sud des États-Unis, la country, le blues et le bon vieux rock de légende avec les incontournables Molly Hatchet, malgré la disparition de Dave Hlubek en septembre dernier, créateur du combo en 1971 et dernier membre fondateur. Mais rien ne peut arrêter la magie du rock sudiste de Jacksonville désormais dirigé de main de maître par Bobby Ingram leader/guitariste du groupe depuis 1985 et incarnant aujourd’hui le cœur et l'âme de ce mythique combo. En arrivant sur les lieux, première constatation, nous sommes plutôt dans une ambiance quinquagénaire pour l’occasion, le Southern rock ne semble pas intéresser les plus jeunes générations, mais qu’importe, place à l’histoire ce soir et aux odeurs d’alcool ! Malgré tout, je me permets d’entrer dans l’antre du Trabendo sans mes santiags, ni mon chapeau, mais armé de mon appareil photo pour ma leçon d’histoire.


Il est temps de monter en selle pour un voyage au cœur de la plaine du Trabendo avec Dezperadoz, groupe allemand de Western/Metal à l’inspiration filmographique qui sent bon le spaghetti des années seventies dont le dernier opus en date « Call Of The Wild » date du 5 mai dernier inspiré par l'un des célèbres hors-la-loi du Wild West, Billy the Kid. En attendant la montée sur scène nous ne pouvons ignorer en front de scène le pied de micro du chanteur-guitariste Alex Kraft constitué d’une winchester, canon dressé vers le ciel. Sans conteste, les cowboys allemands vont nous faire voyager au sein de leur dernier méfait, à travers des titres aux senteurs de poussière et de grands espaces comme « 600 Miles (The Escape) », « Silver City Shuffle », « All the Long Way Home » et « Back in the Saddle (Hello Bob) ». Affublés de costumes de scène tout droit sortis d’un parc à thème, le combo nous immerge dans son univers Western/Metal, comme si Ennio Morricone avait craqué pour la puissance du metal et la musique crasseuse ! Dans un sentiment de liberté totale, le combo électrise le public ce soir pour une chevauchée sauvage, puissante, lourde, mais à la musique festive, entraînante et diablement énergisante. Enfilez votre levis, vos santiags, votre chapeau, servez-vous un grand verre et fermez les yeux… Hihhhhaaaaaaa...! 

 

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Après cette mise en bouche musclée aux senteurs de whisky, les lumières s’éteignent pour la seconde fois et l’attente dans le noir est assez pesante avant de laisser apparaître le groupe de rock sudiste venu nous distiller aux oreilles plus de 40 ans d’histoire du rock. Phil McCormack au chant apparaîtra avec son chapeau visé sur le crâne et nous balancera tout au long du set une voix bien grasse, grave et encore bien maitrisée, même si un peu trop mise en retrait par rapport aux instruments. Shawn Beamer à la batterie, crinière au vent face à son ventilo, en véritable chef d’orchestre, mènera ses acolytes à la baguette, de main de maître avec la précision d’un métronome. Bobby Ingram, le seul survivant à la guitare nous transporte avec une série de solos de haute volée, mobile sur scène, n’oubliant pas d’haranguer le public en front de scène et venant régulièrement au contact des autres membres du combo sourire aux lèvres. Nous aurons d’ailleurs le plaisir d’assister à des chorégraphies synchronisées à la ZZ Top aux saveurs bien vintage, un régal pour les yeux et nos souvenirs d’enfance. Pour l’anecdote, j’ai trébuché dans le mini-pit photo, frôlant la catastrophe et Bobby me pointera du doigt avec le sourire et me tendra un médiator ! Merci Mr Ingram ! Le combo jouera ce soir dans un esprit communautaire, complice, une musique généreuse et traditionnelle agrémentée de leur plus gros succès dont « Flirtin ’with Disaster », « Whiskey Man » ou « Gator Country ». Précisons que « Flirtin ’with Disaster » reste encore, à ce jour, leur titre le plus populaire - issu de leur deuxième album du même nom - et ce sera comme une évidence qu’il viendra ponctuer cette chaude soirée. Mon seul regret aura été qu’il manquait peut-être cruellement d’une deuxième guitare sur laquelle le parcours musical de Molly Hatchet s’est développé, même si le couple Bobby Ingram / Tim Lindsey remplit largement son rôle au niveau de la rythmique. Le public restera dans l’ensemble plutôt sage, secouant la tête en rythme, verre de bière à la main, écoutant religieusement ce son vintage tellement électrisant. J’ai eu le privilège de remonter le temps ce soir, à la source d’une histoire musicale devenue intemporelle depuis les seventies ! Une chevauchée fantastique !


Texte & photos : © Hugues Chantepie pour boosteleson.com
Merci à Tangui et Garmonbozia

Setlist Molly Hatchet : 1- Whiskey Man, 2- Bounty Hunter, 3- Gator Country, 4- One Man's Pleasure, 5- Fall of the Peacemakers, 6- Devil's Canyon, 7- Beatin' the Odds, 8- Son of the South, 9- Jukin' City, 10- Dreams I'll Never See (The Allman Brothers Band). Rappel : 11- It's All Over Now (The Valentinos), 12- Boogie No More, 13- Flirtin' With Disaster

 

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