Report live Pain / Corroded / Sawthis

Le Petit Bain / Paris / Vendredi 27 octobre 2017


Je suis arrivé tôt en bord de Seine, ce vendredi soir d’octobre, pour le concert de Pain (groupe de metal industriel suédois), qui fut déjà un véritable succès, il y a un an jour pour jour, dans ces mêmes entrailles de la salle "Petit Bain". D’ailleurs, des fans attendent déjà sur le quai, surexcités et fiers de posséder les premières places pour réussir à approcher au plus près l’artiste Peter Tägtgren. Nous entendons les groupes faire leur balance de l’extérieur de la salle, les choses sont donc en train de se préparer et les sourires sont de rigueur dans les premiers rangs. Le froid s’installe, l’heure approche, la file d’attente s’allonge et à l’entrée, les organisateurs s’activent pour accueillir les fans de la première heure. C’est le moment de monter – ou plutôt descendre – vers la salle flottante "Petit Bain", pour essayer de trouver la meilleure place stratégique et vous rapporter les meilleurs clichés possibles. La salle se remplit doucement, la faute aux fouilles systématiques à l’entrée des salles, mais on ne va pas s’en plaindre ! Trois groupes sont à l’affiche ce soir : Sawthis (groupe de thrash metal italien) avec leur dernier album en date « Babhell », suivra la belle découverte, en ce qui me concerne, avec le groupe Corroded (groupe de heavy metal suédois) et leur dernière galette « Defcon Zéro », et en vedette de la soirée le génialissime Pain (groupe de metal industriel suédois) et ses rythmes à la fois dansants et endiablés.
C’est parti pour Sawthis. On est sans aucun doute dans le
thrash, chant hurlé maîtrisé d’Alessandro Falà, guitares acerbes, ça cogne dur mais ça groove tout de même avec des sections de chœurs bienvenues. Mention spéciale au bassiste Gaettano Ettorre avec une présence hors du commun et qui à lui seul donne l’énergie au groupe, harangue le public, se contorsionne, tire la langue… Un premier échauffement réussi devant une salle parsemée, même si le choix me paraît un peu éloigné de la suite de la programmation.

 

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Petite pause avant la découverte de la soirée, même s’ils ont déjà 4 albums à leur actif ! Entrée en scène des gaillards de Corroded, lookés comme un club de bikers avec leurs cuirs sans manches siglés de Sweden, leurs noms, leur poste au sein du groupe… sans oublier tatouages, chaînes, gros godillots et barbe bien taillée pour le leader Jens Westin, chanteur/guitariste ! Sont-ils venus en Harley-Davidson depuis la Suède, je ne crois pas ! À signaler tout de même que le combo a déjà créé du son pour une émission de télé suédoise, « Survivor », et pour l’énorme jeu vidéo « Battlefield », et s’offre le privilège de bons classements dans les charts suédois. Ce qui n’est pas forcément facile aujourd’hui ! Le début des hostilités se fait de dos avec « Carry me my Bones » et ce sentiment que nous allons prendre une grosse claque. Un set bien heavy mais énormément mélodique avec de légères cassures et changements de rythme bienvenus pour ne pas se retrouver dans le classicisme, dont « Gun and a Bullet», « Vessels of Hate », « Burn it to the Ground », « Retract and Disconnect » du dernier opus en date, à vos platines. Comment encore penser que les Suédois n’auraient pas le metal dans leur ADN ! La voix de Jens Westin est juste, rocailleuse à souhait et sensuelle pour les lignes de chant plus romantiques ! Un set parfait entre gros rock et heavy metal avec des partitions riches, agrémentées de beaucoup de cassures, de changements de rythme, de riffs lourds, épais et bien gras pour ces durs à cuire au cœur tendre. Dans cette belle ambiance à la « Sons of Anarchy », je me vois un bon whisky à la main, dans la fumée moite d’un vieux bar au bord d’une route américaine, Corroded jouant derrière un grillage en fond de bar… mais je m’égare ! Belle surprise donc pour cette boîte à tubes de qualité et un public enchanté, les premiers rangs euphoriques, les bras tendus vers le graal ! “Sex & Drugs & Rock & Roll” Ian Dury (1977) !

 

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Nouvelle petite pause – trop courte, mais le show doit continuer – pendant qu’on s’active sur les planches pour l’arrivée tant attendue de Pain. Les lumières s’éteignent, et une longue intro va mettre le public en transe. Le charismatique Peter Tägtgren entre alors en scène pour un show court mais millimétré dans une épaisse fumée. Pain attaque nos oreilles avec « Dancing with the dead », ses envolées lyriques et son refrain entêtant. Suivra « Monkey Business » et ses rythmiques plus lourdes pour enflammer définitivement le "Petit Bain", qui devient bouillonnant avec les premiers pogos, dans une chorégraphie metal aux odeurs non pas de chlore mais bel et bien de sueur et de bière. Un set en forme de best of Pain (voir setlist), qui culmine avec la reprise d’« Eleanor Rigby ». Mais finalement, j’aimerais donc les Beatles !?! Le salle se transforme donc pendant 1h15 en gros dancing metal avec en front de scène trois musiciens alignés, en osmose devant leurs micros respectifs ou en train de faire des circular swings lors des solos de guitare. Un public aux anges ce soir avec une prestation directe, des riffs musclés, une ligne de chant de Peter maîtrisée à la perfection et le tout dans une ambiance bon enfant, pleine de joie et de cris, arrosés comme il se doit de bière !

 

Texte & photos : © Hugues Chantepie pour boosteleson.com

Merci à Tangui et Garmonbozia

 

Setlist Pain : 01. Dancing with the dead, 02. Monkey Business, 03. Black Knight Satellite, 04. Suicide Machine, 05. Dirty Woman, 06. The Great Pretender, 07. Save Me, 08. Zombie Slam, 09. Call Me, 10. Same Old Song, 11. End Of The Line, 12. Nailed to the Ground, 13. Coming Home, 14. On And On, 15. You Only Live Twice, 16. Eleanor Rigby, 17. Shut Your Mouth

 

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