Report live Paramore

le 9 janvier 2018 à l'Olympia / Paris


Direction l’Olympia pour la tournée « Tour Three » des américains de Paramore à l’Olympia. L’arrivée sur les lieux une heure avant le début du concert et je me rends compte que ça risque d’être de la pure folie tant la file d’attente est longue. Le trio américain de nouveau emmené par Hayley Williams au chant, Taylor York à la guitare et Zac Farro à la batterie est armé de 6 albums studio depuis 2005 dont le dernier opus en date « After Laughter ». le combo est en possession de tous les ingrédients pour enflammer l’Olympia ce soir. J’emprunte donc le long couloir de l’Olympia suite à la fouille habituelle pour entrer dans l’antre de la bête déjà bien compacte pour l’occasion, Paramore fait sans aucun doute partie des formations qui font sortir les parisiens de leur tanière !

« Bonsoir, nous sommes Bagarre ! », c’est sous cette maxime que peut démarrer la soirée avec « le club des 5 » atypiques parisiens Bagarre et son mélange de techno, pop, rap, hip-hop… afin de faire bouger ton corps avec leur son qu’ils qualifient de « musique de club » ! Spécificité du combo, chacun des membres passe d’un instrument à l’autre et endosse le rôle de frontman pour s’approprier la scène avec sa propre chanson. Mention spéciale à Emmaï Dee pour son énergie, son aisance sur les planches et ses déplacements scéniques. Pour l’anecdote, le combo paraît sponsorisé par Adidas, mais le live ne reste-t-il pas du sport ! Malgré leur thématique de vouloir « briser la frontière entre la scène et le public », pas sûr que le challenge soit relevé ce soir à l’Olympia. Le public restera en majorité de marbre, mais qu’importe, le succès ne s’acquière pas d’un coup de baguette magique, mais l’énergie est bien présente !

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Changement de décor et d’ambiance et c’est le tour de MewithoutYou, petit protégé de la chanteuse de Paramore, d’investir les planches. Le frontman tout droit sorti des bronzés font du ski fait son apparition sur les planches pour un rock Indie et expérimental, déstructuré, barré et son spoken word /« mot parlé ». La poésie est donc de mise avec Aaron Weiss et ce combo plutôt inclassable, à la prestation décalée et puissante, ne parvient pas à faire monter la sauce dans la fosse de l’Olympia. La prestation musicale fut de qualité, du véritable Art rock, mais l’important réside également dans les textes et la langue de Shakespeare en live n’est pas toujours très audible ! Belle prestation tout de même, avec de nombreux points d’accroche mais loin d’être accessible à la première écoute en live. Assurément une formation à éplucher, décortiquer et découvrir dans l’intimité.

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L’heure tant attendue est enfin arrivée, les lumières s’éteignent et mes oreilles sont immédiatement explosées par les hurlements des fans, surexcités à l’approche de la montée en scène de Paramore. Le placement se fait dans le noir en ombre chinoise, la marmite est près d’exploser tant l’introduction est longue ! Sur les premières notes du tube « Hard Times » issu du dernier opus, je n’ai plus d’oreilles et la prise de vue devient compliquée car lorsque le public saute à l’Olympia, le sol devient tout simplement un sympathique trampoline ! Hayley Williams est tout simplement magistrale dans sa façon d’occuper la scène, tel un zébulon, elle enflamme l’Olympia par son charisme, son énergie et impossible d’en détourner les yeux ! Elle haranguera le public à de nombreuses reprises et déclamera sa joie d’être à Paris. La part belle sera faite à “After Laughter” avec 9 titres pour une soirée sous le signe de la pop/dance avec « Fake Happy », « Idle Worship », « Caught in the Middle » ou « Rose-Colored Boy » et nous emportera sur le dancefloor très éloigné de l’album « Riot ! » résolument pop/rock énervé qui a fait leur succès en 2007. Nous sonnerons donc années 80 et synthé pour une grande partie du set et à voir l’assistance chanter, danser et hurler, le nouveau virage de Paramore n’a pas l’air de déstabiliser grand monde. L’Olympia s’électrisera tout de même un cran au-dessus avec « That's What You Get » et «Misery Business » issus de ce fameux « Riot! » et force est de constater que la majorité des fans de la première heure sont toujours là. La performance vocale d’Hayley est parfaite entre voix naturelle et cassée avec parfois peut-être un peu trop d’écho dans le micro !  Mise en avant du frontman Aaron Weiss de MeWithoutYou sur le titre atypique « No Friend » - Hayley s’offrira une pause allongée sur la scène ! -  qui emporte la salle dans une toute autre dimension musicale, entre rock et metal progressif, un titre résolument taillé pour le live. Pour l’anecdote, ce ne sera pas une première pour le combo, mais une fois de plus sur « Misery Business » Hayley stoppera le titre pour faire monter sur les planches deux fans aux anges, près des larmes, surexcitées et la prestation sera belle et pleine de vie, à se demander si elles sont vraiment montées par hasard ! Durant le set, les musiciens restent sages, statiques et laissent à Hayley le soin d’occuper l’espace sur les planches.
Même si le virage musical du combo est plutôt à angle droit, la force de leurs textes reste constante et ce soir la prestation de Paramore nous a apporté une belle sensation de légèreté et d’envie de danser ! « We are Paramore ! »


Texte & photos : © Hugues Chantepie pour boosteleson.com
Merci à Valentin (Warner)

Setlist:
1- Hard Times, 2- Ignorance, 3- Still Into You, 4- Forgiveness, 5- Fake Happy, 6- That's What You Get, 7- I Caught Myself, 8- Pool, 9- Hate to See Your Heart Break, 10- Caught in the Middle, 11- Told You So, 12- Idle Worship, 13- No Friend (With Aaron Weiss), 14- Misery Business, 15- Ain't It Fun, Encore: 16- Grow Up, 17- French Class (HalfNoise cover), 18- Rose-Colored Boy

 

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