Peter Doherty & The Puta Madres, le Report Live !

 

Mercredi 15 mais 2019 à Le Bataclan / Concert Speakeasy


Direction le Bataclan (Paris) pour participer et écouter un artiste rock de génie, par son attitude, ses compositions ou tout simplement son jeu de guitare. Accompagné de The Puta Madres, il va nous emporter une fois de plus dans un tourbillon de classe, de folie, flirtant entre poésie destructive, renouveau et rock décousu à l’esprit punk. J’ai nommé l’artiste sulfureux un temps, plus assagi avec les années, Peter Doherty. Le Bataclan fait salle comble ce soir, pas vraiment étonnant, car ce diamant brut est imprévisible sur les planches et nous sommes assurés d’un véritable live à l’image des plus grands artistes seventies. N’espérez pas entendre une vulgaire version de votre CD, un live de Peter Doherty c’est autre chose, ça respire la liberté et l’improvisation.


Il est temps d’abaisser les lumières, le parquet trépigne sous mes pieds et les cris font rage au sein du Bataclan lors de l’arrivée du Dandy rock sur les planches accompagné des The Puta Madres. En costume, cravate et chemise blanche, façon crooner, Peter attrape sa guitare et tourne en rond avec impatience pendant que ses musiciens prennent place. C’est parti avec « All at Sea » présent sur le dernier album « Peter Doherty & The Puta Madres » sorti le 26 avril dernier. Ce premier titre laisse déjà la part belle  aux cordes et une première jolie complicité s’installe entre Peter et son vieux compère artistique Jack Jones à la guitare. Il enchainera sur la chanson désormais estampillée à l’encre rouge « Hell To Pay At The Gates Of Heaven » écrite suite aux attentats du 13 novembre 2015 et le fil sur son épaule, prendra la pose, micro dressé vers le ciel sur les dernière notes. S’ensuivra tout naturellement le thème de l’amour avec « I Don't Love Anyone », le doux son de l’harmonica en prime et il fera tomber la cravate sur le titre « Who's Been Having You Over ». Notre Dandy trouvera son rythme à l’image d’un poète maudit à la Baudelaire, chargé de fragilité, titubant parfois et flirtant sur le fil du rasoir avec les notes et les mots. Cette imperfection parfaite fait de Peter Doherty un artiste à fleur de peau, portant les stigmates d’une vie tumultueuse et nous arrosant d’un rock empreint de liberté, de mélancolie et d’un parfum de bonheur. Me voilà sorti du pit photo et la veste du dandy tombe sur « Kolly Kibber » et ses mythiques bretelles so British trônent sur sa chemise blanche souillée de sueur en témoignage s’il en faut que Peter doit réguler sa température corporelle pour la suite du partage ! Le set ce soir est imprégné à la fois d’un esprit punk, drogue et rock’n’roll des années 90 /2000 de cet auteur-compositeur le plus prometteur de cette époque avec les titres les plus emblématiques des Libertines comme « You're My Waterloo »  ou « Fuck Forever » des Babyshambles. Mais sa carrière solo sous le nom de « Peter » et non plus « Pete », est majoritairement représentée (voir setlist) ce soir et nous assistons à un patchwork sonore d’un quadra apparemment assagi mais dont la fragilité humaine et musicale inonde l’atmosphère du Bataclan. Le plat nous est servi avec des riffs aux sons de guitares estampillés à l’anglaise ou des touches subtiles de clavier pour une recette confectionnée à la perfection entre passages rapides et mélancoliques. L’apothéose du concert s’exprimera sur le très punk « Fuck Forever » où l’on retrouve sur la scène un mini-Peter affublé d’un tee-shirt du groupe et des fameuses bretelles pour un duo complice de deux générations plein d’excitation et de promesses. Peter Doherty nous a offert un spectacle moins décousu, peut-être avec moins de folie qu’en 2016 lors de la réouverture du Bataclan, mais tellement imprégné d’une « Poésie » profonde et sensible. Votre « drogue » musicale est suffisante pour me faire planer, oublier l’espace d’un instant le poids du quotidien et retrouver l’essence même de l’être humain, le bien être et le besoin de créativité. Chapeau bas Monsieur l’Artiste !


Texte et photos : © Chantepie Hugues / Merci à Marion pour l’accréditation.

Setlist : 1- All at Sea, 2- Hell to Pay at the Gates of Heaven (Album Hamburg Demonstration),

3- I Don't Love Anyone (But You're Not Just Anyone) (Album Hamburg Demonstration), 4- Who's Been Having You Over, 5- Kolly Kibber (Album Hamburg Demonstration), 6- The Whole World Is Our Playground (Album Hamburg Demonstration), 7- Travelling Tinker, 8- Last of the English Roses (Album Grace Wastelands), 9- Someone Else to Be by, 10- You're My Waterloo (The Libertines),

11- The Steam, 12- Paradise Is Under Your Nose, 13- Fuck Forever (Babyshambles), 14- Albion (Babyshambles)

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Petit retour en images sur la 1ère partie Dan Lyons !