Report live Sepultura

L’Élysée Montmartre le 20 Mars 2018 avec Garmonbozia


Je me dirige vers l’Élysée Montmartre pour un groupe au nom mythique pour tout amateur d’histoire de la musique, plus particulièrement de Metal ou plus précisément de Thrash Metal / Groove Metal. Les précurseurs et fondateurs Max et Igor Cavalera ont bousculé les codes dans les années 80 – où, faut-il le rappeler, le pays commençait à sortir d’une dictature militaire - malgré tout ils finiront par quitter le combo, mais cette machine de guerre a résisté à la tempête et possède aujourd’hui un leader incontestable au travers de Derrick Green. Depuis 20 ans déjà, Derrick donne de sa voix, de sa puissance et aujourd’hui, sans aucune contestation, il est devenu le leader charismatique à l’imposante musculature de Sepultura. Ce soir, les rois du groove viennent combattre et nous faire danser avec leur quatorzième album studio dans leur musette depuis plus d’un an maintenant, l’excellent « Machine Messiah ». Mais avant l’apothéose, un mini résumé de ce qui s’est passé avant la fameuse et tant attendue fête brésilienne !


Vu l’heure d’ouverture de cette imposante programmation de Garmonbozia, je ne pourrai assister à la prestation de Fit for an Autopsy, groupe de Deathcore américain ayant pris racine en 2008 et titulaire d’un dernier opus (mars 2017) « The Great Collapse ». On dit d’eux qu’ils naviguent entre modernisme et traditionnel, le tout bien burné, tout un programme ! Suivra Goatwhore, groupe de Black Thrash Metal américain avec déjà 20 ans d’existence et un nouvel opus « Vengeful Ascension ». Nous serons immédiatement immergés dans une atmosphère lourde et sombre pleine de sens, c’est sûrement la faute à Lucifer ! Ce sera d’ailleurs l’occasion de voir les premiers remous sur le parquet encore parsemé des metalleux avides et impatients d’action. Ça bastonne et la batterie avec Zack Simmons reste un élément central de la prestation et pour l’anecdote Louis Benjamin Falgoust II (Chanteur) réalisera sa performance installé sur une flight case renversée le pied dans le plâtre, mais cela ne retirera en rien son énergie à vouloir en découdre avec ses hurlements, poing dressé vers le ciel, Lucifer veut rejoindre le paradis ce soir ! Je ne vais pas vous mentir pour les photos, noir c’est noir et franchement il n’y a plus d’espoir comme pour le prochain combo se présentant sur les planches portant bien son nom « Obscura ». Le combo Allemand de Death Metal technique progressif paraît attendu ce soir et jouit désormais d’une solide réputation. Pas de doute, les lascars sont de grands techniciens et Steffen Kummerer alterne chant guttural et aigu avec une précision déconcertante guitare à la main. Le set se fera sans accroc et le combo n’est pas très mobile restant plutôt concentré sur leur technicité et force est de constater que visuellement c’est un peu ennuyeux surtout que pour les groupes de première partie je n’ai pas trouvé le son exceptionnel, mais plutôt brouillon. Mais qu’importe, pour moi ce sera Sepultura avant tout !


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Goatwhore

Obscura


Vu l’heure, c’est incroyable, le plancher de l’Élysée Montmartre ne sera pas complet ce soir, mais heureusement le public présent rentrera en communion et Sepultura passera le mur du son pour fêter ses 20 ans avec « la montagne » Derrick Green vêtu tel un sportif en quête d’une médaille ! Le plancher va trembler sous les résonnances des percussions et le groove va emporter les fans dans une transe où le dédoublement de personnalité est assuré. Non le public n’est pas fou, mais connecté instantanément au son tribal rapide et agressif de « I Am The Enemy » tiré du dernier opus « Machine Messiah » et suivra le son massif et imposant du titre « Phantom Self ». Le set commence très fort et va droit au but dans nos esgourdes, la gestion du rythme est impeccable et la voix grave, puissante de Derrick raisonne à travers l’Élysée et le transforme en dancefloor tribal où les corps bougent tels des vulgaires pantins désarticulés. Suivront « Kairos » puis « Territory » de l’album « Chaos A.D. » de 1993 aux saveurs de réminiscence d’un temps plus ancien où Sepultura résonnait Cavelera Brothers tout comme « Desperate Cry » (album « Arise » de 1991). Le set restera parfaitement équilibré avec six titres du dernier opus et les titres plus anciens à l’odeur du passé. Les passages de Derrick derrière les percussions apportent un jeu de scène supplémentaire nous permettant de ne pas oublier que ces virtuoses viennent du Brésil où le rythme, la danse sont essentiels à la vie, vive le soleil et la plage ! Notre rescapé le plus ancien du combo Paulo Jr. (1985) reste discret mais bien présent sur toutes les sessions rythmiques. Andreas Kisser, survolté, guitare en main, rayonne par son charisme et son jeu appuyant la puissance du groupe par ses leads ciselés. Ne pas oublier les quelques drapeaux Brésiliens qui fleuriront dans la salle au milieu des pogos, slams et gesticulations désordonnées ponctuant le plaisir non dissimulé des aficionados du carnaval Trash Metal / groove brésilien. Impossible pour Sepultura de ne pas terminer le set par deux titres de l’album cultissime « Roots » de 1996 avec « Ratamahatta » et « Roots Bloody Roots » et finir sur ces paroles «  Je Crois en notre destin / Nous n'avons pas besoin d'en rajouter / C'est tout ce que nous voulons être / Regarde-moi monnnssstre ! » L’ambiance est à son comble à ce moment précis dans la salle et je patauge dans la sueur, la bière recouvrant le parquet ciré et ça colle aux semelles ! La soirée fut mémorable au son des percussions et des rythmiques sans faille du combo au « Nom » légendaire, qu’importe les membres, Sepultura restera Sepultura à tout jamais ! 

Texte et Photos : © Chantepie
Hugues  /  Merci à Tangui et Garmonbozia

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