Report live Stoned Jesus – Mothership

Jeudi 27 septembre 2018 à Petit Bain – Paris avec Garmonbozia



Une fois de plus direction Petit Bain, salle flottante située sur la Seine pour mouiller la chemise avec en tête d’affiche le combo tout droit venu d’Ukraine Stoned Jesus, pour distiller un Stoner aux influences Doom. Mais avant l’Ukraine, une belle surprise déferle tel un typhon sur les planches avec un autre trio de choix et complètement disjoncté, les Texans de Mothership. Composé des frères Kyle Juett au micro et à la basse, Kelley Juett à la guitare et Judge Smith à la batterie, les trois lascars vont redonner ce soir ses lettres de noblesse au style rock classique des années 70. Kelley Juett tout particulièrement va nous offrir des frissons, ainsi qu’aux vieux briscards seventies encore vivants, et risque de détrôner avec brio le revival style Airbourne. Sur les planches, ce garçon est possédé par les dieux du rock’n’roll, faisant corps avec sa guitare, il vous inonde d’histoire musicale et vous téléporte sur les terres d’une certaine époque psychédélique où tout paraissait possible. Look seventies, corps tatoué et yeux souvent révulsés, Juett transcende l’histoire et retourne la fosse de Petit Bain où nous avons le sentiment d’être en apnée, entre deux mondes à la fois si proches, mais tellement lointains ! Comment ne pas croire en Mothership, au véritable retour du « live » oublié il y a bien longtemps sur les terres d’un certain Woodstock. Dans ce monde d’aujourd’hui où rien ne nous paraît plus possible, Mothership m’a ouvert ce soir les portes d’un espoir oublié transcendé par un homme en apparence libre et heureux de partager avec ses riffs acérés. D’ailleurs comme le dit si bien Kyle Juett : « La chose la plus importante que vous puissiez faire est de jouer en live… c’est la véritable énergie Rock’n’roll ». Au milieu de tant d’énergie, la montée sur scène du leader de Stoned Jesus pour le titre « Serpent Thrones » permet d’en rajouter une couche et le sourire est à la fois sur les planches et dans la salle. Je suis au bord de la scène et je résiste aux coups réguliers dans le dos afin de garder ma place stratégique pour vous rapporter quelques clichés de ce moment d’anthologie. Courrez vous procurer leur dernier album High Strangeness sorti en 2017 pour remplacer, le temps de quelques microsillons, vos vieux disques usés par tant d’années d’attente !

 

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C’est terminé pour Mothership et c’est vraiment dommage ! Pas facile de prendre la suite pour Stoned Jesus après un tel rouleau compresseur. Pourtant il est temps d’assumer la suite de ce voyage en terre sainte du rock’n’roll. Dès les premiers pas sur les planches, on se rend compte que le trio ukrainien n’est pas là pour la démonstration physique, tels ses prédécesseurs, mais avant tout musicale. Mais un peu grâce à Mothership, la salle est en apesanteur et rentre dans le bain instantanément dès les premières notes ! Malgré une certaine impatience de certains fans d’entendre de plus vieux titres, Stoned Jesus est avant tout venu là pour défendre son tout dernier opus Pilgrims, dans les bacs depuis début septembre. Malgré tout, la folie est bien présente ce soir, d’ailleurs au bout de trois morceaux devant la scène, me prenant tellement de coups, je suis obligé de fuir à toutes jambes, chose pratiquement impossible à réaliser et je décolle du sol malgré moi ! Dommage pour les clichés, mais la fosse est déchaînée, ça pogote, slame, hurle et balance de la bière à tout va ! Igor Sidorenko et ses sbires feront tout de même un énorme plaisir aux fans en interprétant leur titre emblématique « In the mountain » de 2012 (album Seven Thunders Roar) de 13 mn, considéré par beaucoup comme un « chef-d'œuvre ». À ce moment précis le Petit Bain chante à l’unisson et vogue dans les sphères d’un groupe de Stoner devenu incontournable depuis 10 ans. Pour une osmose à son paroxysme, petit saut dans les bras des fans pour un slam électrique et musical, la planète stoner en redemande. Laissant la foule hébétée, le set à la fois lourd et mélodieux s’est terminé sur le titre « Water me », marque d’humour peut-être ! Un concert sur la Seine baignant dans la sueur et le tout arrosé par une pluie de bières, bravo Stoned Jesus ! Une soirée « Made In Perfect » pour la musique, l’ambiance, mais nettement moins pour les courbatures !


Setlist : 1- Distant light, 2- Excited, 3- Feel, 4- Hands resist him, 5- Here comes the robots, 6- Thessalia, 7- In the mountain, 8- Apathy – Encore : 9- Black woods, 10- Water me

Texte et photos : © Chantepie Hugues / boosteleson.com

 

Merci à Tangui et Garmonbozia pour cette accréditation

 

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