Report Live Trust / David Sparte

 Trianon / Paris / le 9 novembre 2017


Pour ses 40 ans de carrière, tournée marathon de cinq dates parisiennes pour le groupe mythique français Trust. Bernard Bonvoisin (chant), alias Bernie et Norbert Krief (guitare), alias Nono sont donc revenus le 6 novembre 2017 au Bus Palladium, le 7 à La Maroquinerie, le 8 au Bataclan, le 9 au Trianon puis le 10 à L’Elysée Montmartre. Le combo tiendra le devant de la scène en 1980 avec l’album « Répression » et l’incontournable titre, hymne de toute une génération « Antisocial ». Allons nous perdre notre sang-froid ce soir au Trianon, allons nous rattraper « le temps perdu qu'on ne rattrape plus », la réponse est à l’intérieur de la salle. Mais pour l’instant, j’arrive sur les lieux de la 4ème date du combo, le Trianon. Des vieux briscards attentent déjà avec plein de souvenirs dans la tête et des étoiles dans les yeux. Un groupe d’hyper fans est déjà sur le pied de guerre avec leurs passes cinq jours, ce qui va leur permettre de passer en priorité pour accéder au-devant de la scène. Le sourire est de mise pour tant de privilège, espérons que Bernie et Nono feront un geste pour ces fans inconditionnels. La sécurité se met en mouvement et l’ouverture des portes vers les nombreux souvenirs est imminente. Je récupère mon pass photo et je monte quatre à quatre les escaliers pour pouvoir me placer devant la scène, pas de pit photo pour les photographes ce soir ! Trust a besoin d’être au plus proche de ses fans !

Extinction des feux pour une première partie familiale avec David Sparte, fils de Norbert Krief. En 2014, il signera d’ailleurs la composition et la production du nouvel album de son père « Father n’ Son ». L’entrée en scène reste plutôt sage devant une salle encore parsemée. David Sparte nous distille une musique Blues, Pop, Rock et Hip Hop. L’attention reste palpable dans la salle car c’est tout de même le fils de Nono ! Et en discutant avec les fans autour de moi, personne ne se permettra de critiquer… Une prestation en demi-teinte, les déplacements manquent de naturel, malgré tout, la voix est maitrisée et chaude. Notre attention se tourne plus particulièrement vers le guitariste Brice Delage (EZ Top (cover Band de ZZ Top) et de Dogtown (Groupe de reprises avec Florent, le chanteur de 6 :33)), pièce maitresse du combo qui se contorsionne et envoie quelques riffs bien soutenus avec une attitude très rock’n’roll. Il faut laisser encore murir le projet et la prestation scénique, mais tout cela est prometteur ! Comme à l’accoutumée, direction le bar en fin de set pour la boisson locale, la bière !

 

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Les roadies débarrassent la scène et opèrent les derniers réglages. On espère revoir ce soir la même hargne, fureur et folie que durant les années 80 ! Vu l’attente de la salle, « Pour rien au monde, je ne céderais ma place ! ». Extinction des feux, c’est parti pour le show. Arrivée sous les cris et les hurlements du combo et entrée en matière avec le nouveau titre « L'Archange ». Bernie nous fera le plaisir d’un look un peu particulier, avec son Bob à fleurs indéboulonnable, la chemise assortie et les lunettes de soleil. Sans commentaires ! Quant à Nono, identique à lui-même, classique, mais incontestablement virtuose de la guitare dès ses premiers riffs. Trust s’impose dès le 2e morceau « Marche ou crève », bien pêchu, issu du 3e album de Trust en 1981. La salle a désormais du répondant, ça chante et ça lève les bras. Le public est téléporté dans ses souvenirs et comme le dit si bien Bernie dans sa chanson : « Je suis chanteur de Trust et crois-moi j'ai confiance / Dans la ténacité qui fait tout arriver ». Il avait raison d’avoir confiance et le retour de Trust sur les planches a bien l’air d’une réussite cette fois-ci. La présence de trois choristes en surplomb de la scène apporte un côté soul aux versions de Trust, un véritable plus aux dires du combo voulant apporter une touche de fraicheur et de puissance vocale. Est-ce un bien ou un mal, le public aura jugé ce soir. Bernie a de l’aisance, danse et harangue le public en front de scène. Les tubes s’enchaînent sous des lights soignées et colorées, le combo utilise la scène dans son intégralité et l’harmonie a l’air de régner, au vu des rapprochements nombreux entre nos deux compères. Sur la reprise de « The Hunter » de Albert King, juste avant le rappel, Bernie fera la part belle à ses trois choristes qui descendront en front de scène. Bernie quittera sa veste pour faire apparaître un tee-shirt à l’effigie « Justice pour Adama… », Incorrigible, mais c’est bien ! Tout au long de la prestation, Nono est dans son élément, alignant ses solos avec aisance et décontraction. On ne va pas se le cacher, toute la soirée, on a attendu le morceau qui va clore le spectacle, le mystique « Antisocial ». Les premières notes raisonnent sous les « Ho Ho, Ho Ho ! », ce sera le titre le plus hard rock de la soirée et le public reprendra le refrain à l’unisson. A ce moment précis, la fête est à son paroxysme. Pour ma part, le show est resté trop éloigné de l’essence même du Hard Rock et a frôlé dangereusement ce soir avec une ambiance variété. Mais sans conteste, on peut assurer avoir passé une soirée groovy et riche en nouveautés, vieux titres et réarrangements. A la sortie, les avis seront partagés entre les fans admiratifs, enchantés et les autres ronchons, en faute la set list et les arrangements choisis. Trust fait parler et déplacer, résultat : c’est gagné ! Le retour de Trust est en marche !

 

Texte & photos : © Hugues Chantepie pour boosteleson.com

Merci à Sabrina de Verycords / Veryshow

 

Set List Trust : L'Archange, Marche ou crève, Fais où on te dit de faire, Au nom de la race, L'exterminateur, La mort rôde, Le temps efface tout, Déjà servie, Démocrassie, Surveille ton look, Comme un damné, The Hunter (Albert King, cover), Préfabriqués, Certitude... Solitude..., Antisocial.

 

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